4,6 millions d'appels au SAMU sont restés sans réponses.
Posté : 26 août 2018 14:47
La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) pointe des "erreurs de méthodologie et de raisonnement".
La sortie du nouveau palmarès des 50 meilleurs hôpitaux publics, publié jeudi dans Le Point, s’est accompagnée d’une enquête intitulée "Quand le Samu ne répond pas" (également disponible en ligne). Un chiffre en particulier a fait vivement réagir.
Explications.
Que dit l’enquête du Point ?
Dans son "classement des SAMU", l’hebdomadaire affirme qu’en 2016, sur les 29,2 millions d’appels passés aux 101 centres du SAMU, 4,6 millions n’ont pas reçu de réponse. L’article s’appuie sur les chiffres de la statistique annuelle des établissements de santé (SAE) collectés chaque année par le ministère de la Santé dans les hôpitaux.
Selon Le Point, seuls 20 SAMU ont atteint le seuil de 99% d’appels pris, recommandé par le syndicat Samu-Urgences de France, le taux moyen d’appels décrochés par les assistants de régulation médical (ARM) se situant à 84%.
Le SAMU de Paris 75 AP-HP est avant-dernier dans le classement des appels décrochés par les 94 centres ayant communiqué leurs données avec un taux de 49,8%, soit moins d’un appel sur deux.
Pourquoi ces chiffres sont contestés ?
"Il n’y a pas 4,6 millions de nos concitoyens qui essaient d’appeler le SAMU et qui n’arrivent pas à le joindre. (…) Dans ces appels, un certain nombre sont raccrochés immédiatement, c’est une erreur", a expliqué jeudi sur France Info François Braun, président du syndicat Samu-Urgences de France. Même si "ça ne veut pas dire que tout va bien, loin de là. (…) Il y a, parmi tous ces appels, certainement des appels que les gens ont fait et qui ne peuvent pas aboutir", a-t-il reconnu.
Dans un communiqué publié jeudi, l’Assistance publique-hôpitaux de Paris a pointé le même problème méthodologique :
"Il n’est pas exact de compter comme appel non décroché un appel qui s’est interrompu dans un délai inférieur à 15 secondes, (…), le SAMU de Paris estime que ce taux est plutôt de 76% d’appels décrochés et de 86,8% pour les quatre SAMU de l’AP-HP."
Vendredi, la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a indiqué que les 4,6 millions d’appels sans réponse ne pouvaient "en aucun cas" être confirmés.
"Les conclusions de l’article du Point sont entachées de plusieurs erreurs de méthodologie et de raisonnement. (…) Il n’est pas (…) tenu compte des appels adressés par erreur aux centres 15, pour lesquels les appelants raccrochent spontanément en entendant la réponse automatique dont sont dotés certains SAMU", a expliqué la DGOS. "Pour cette raison – mais aussi parce qu’une même personne peut passer des appels multiples – on ne peut en aucun cas affirmer que 4,6 millions de personnes n’ont pas reçu de réponse", a-t-elle souligné.
Que préconisent les urgentistes ?
"On n’apprend rien, on sait qu’on a un problème", a observé jeudi sur Europe 1 Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). "Il faut recruter du personnel pour décrocher plus rapidement et pour répondre plus rapidement aux appels des personnes", a-t-il souligné, estimant que 2 500 assistants de régulation médicale (ARM) travaillant dans les SAMU, ce n’est "pas assez".
Ces ARM doivent être mieux formés, selon François Braun, qui a aussi réclamé une nouvelle fois que les centres d’appels du SAMU soient certifiés par la Haute autorité de santé et suivent la norme ISO 9001, "le niveau de certification internationale le plus haut".
Selon Patrick Pelloux, "il faut mieux répartir la tâche de travail" mais pas créer des "grandes plateformes régionales" d’appel. "Si vous faites des plateformes régionales, ça va forcément dysfonctionner", a-t-il jugé, soulignant qu’il n’y a pas le même service informatique entre la police, les pompiers et le SAMU. Pour lui, l’essentiel est de "sacraliser les appels du SAMU vers l’urgence et pas faire que le SAMU réponde à toutes les problématiques médicales, psychosociales qu’il y a en France".
Autre problème : avec 13 numéros d’urgence référencés, du 15 au 18, en passant par le 17, le 112 européen, le 115 du SAMU social, ou les associations de secours, le système est aujourd’hui complexe et peu lisible pour l’usager. "Pourquoi pas un numéro unique mais ce numéro unique doit être un aiguillage qui immédiatement va renvoyer vers le SAMU tout appel concernant la santé", a insisté François Braun.
Source:Sud-Ouest.
https://www.sudouest.fr/2018/08/26/4-6- ... 1-4696.php
La sortie du nouveau palmarès des 50 meilleurs hôpitaux publics, publié jeudi dans Le Point, s’est accompagnée d’une enquête intitulée "Quand le Samu ne répond pas" (également disponible en ligne). Un chiffre en particulier a fait vivement réagir.
Explications.
Que dit l’enquête du Point ?
Dans son "classement des SAMU", l’hebdomadaire affirme qu’en 2016, sur les 29,2 millions d’appels passés aux 101 centres du SAMU, 4,6 millions n’ont pas reçu de réponse. L’article s’appuie sur les chiffres de la statistique annuelle des établissements de santé (SAE) collectés chaque année par le ministère de la Santé dans les hôpitaux.
Selon Le Point, seuls 20 SAMU ont atteint le seuil de 99% d’appels pris, recommandé par le syndicat Samu-Urgences de France, le taux moyen d’appels décrochés par les assistants de régulation médical (ARM) se situant à 84%.
Le SAMU de Paris 75 AP-HP est avant-dernier dans le classement des appels décrochés par les 94 centres ayant communiqué leurs données avec un taux de 49,8%, soit moins d’un appel sur deux.
Pourquoi ces chiffres sont contestés ?
"Il n’y a pas 4,6 millions de nos concitoyens qui essaient d’appeler le SAMU et qui n’arrivent pas à le joindre. (…) Dans ces appels, un certain nombre sont raccrochés immédiatement, c’est une erreur", a expliqué jeudi sur France Info François Braun, président du syndicat Samu-Urgences de France. Même si "ça ne veut pas dire que tout va bien, loin de là. (…) Il y a, parmi tous ces appels, certainement des appels que les gens ont fait et qui ne peuvent pas aboutir", a-t-il reconnu.
Dans un communiqué publié jeudi, l’Assistance publique-hôpitaux de Paris a pointé le même problème méthodologique :
"Il n’est pas exact de compter comme appel non décroché un appel qui s’est interrompu dans un délai inférieur à 15 secondes, (…), le SAMU de Paris estime que ce taux est plutôt de 76% d’appels décrochés et de 86,8% pour les quatre SAMU de l’AP-HP."
Vendredi, la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a indiqué que les 4,6 millions d’appels sans réponse ne pouvaient "en aucun cas" être confirmés.
"Les conclusions de l’article du Point sont entachées de plusieurs erreurs de méthodologie et de raisonnement. (…) Il n’est pas (…) tenu compte des appels adressés par erreur aux centres 15, pour lesquels les appelants raccrochent spontanément en entendant la réponse automatique dont sont dotés certains SAMU", a expliqué la DGOS. "Pour cette raison – mais aussi parce qu’une même personne peut passer des appels multiples – on ne peut en aucun cas affirmer que 4,6 millions de personnes n’ont pas reçu de réponse", a-t-elle souligné.
Que préconisent les urgentistes ?
"On n’apprend rien, on sait qu’on a un problème", a observé jeudi sur Europe 1 Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). "Il faut recruter du personnel pour décrocher plus rapidement et pour répondre plus rapidement aux appels des personnes", a-t-il souligné, estimant que 2 500 assistants de régulation médicale (ARM) travaillant dans les SAMU, ce n’est "pas assez".
Ces ARM doivent être mieux formés, selon François Braun, qui a aussi réclamé une nouvelle fois que les centres d’appels du SAMU soient certifiés par la Haute autorité de santé et suivent la norme ISO 9001, "le niveau de certification internationale le plus haut".
Selon Patrick Pelloux, "il faut mieux répartir la tâche de travail" mais pas créer des "grandes plateformes régionales" d’appel. "Si vous faites des plateformes régionales, ça va forcément dysfonctionner", a-t-il jugé, soulignant qu’il n’y a pas le même service informatique entre la police, les pompiers et le SAMU. Pour lui, l’essentiel est de "sacraliser les appels du SAMU vers l’urgence et pas faire que le SAMU réponde à toutes les problématiques médicales, psychosociales qu’il y a en France".
Autre problème : avec 13 numéros d’urgence référencés, du 15 au 18, en passant par le 17, le 112 européen, le 115 du SAMU social, ou les associations de secours, le système est aujourd’hui complexe et peu lisible pour l’usager. "Pourquoi pas un numéro unique mais ce numéro unique doit être un aiguillage qui immédiatement va renvoyer vers le SAMU tout appel concernant la santé", a insisté François Braun.
Source:Sud-Ouest.
https://www.sudouest.fr/2018/08/26/4-6- ... 1-4696.php

