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1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 14:31
par quo vadis
.

En 2018, un siècle après la fin de la Première guerre mondiale, on ne connait toujours pas précisément les noms des quelque
45 000 soldats africains morts ou disparus à Verdun, au Chemin des Dames, aux Dardanelles... Ce que l’on sait, c’est que l'Afrique a payé un lourd tribut dans ce conflit sur le sol européen.

Ils s’appelaient Ouédraogo, Traore, Ouattara, Belkacem ou Harbi mais aucun monument aux morts ne recense leurs noms. Environ 400.000 soldats africains, dont 172.000 Algériens ont été recrutés au cours de la Première guerre mondiale, dont plus de 60.000 en 1915-1916, pour compenser les lourdes pertes de l'armée française. Au total, «l’armée d’Afrique» a perdu près de 45 000 hommes, ce qui représente un peu plus de 3% des morts français de la Grande guerre.

Soutenu par son empire, la France a pourtant longtemps occulté la mobilisation de ces hommes venus d’Afrique. Le continent noir a fourni à la France 165.000 citoyens de l’Afrique ­Occidentale française (AOF), 18.000 de l’Afrique Equatoriale française (AEF), plus de 172.000 Algériens musulmans, près de 100.000 Tunisiens et Marocains, et 40.000 Malgaches.

Ils ont été engagés à la fois sur le front de France, aux Dardanelles et sur le front d’Orient (les Balkans).

L'hécatombe du Chemin des Dames

Le 16 avril 1917, 15.000 tirailleurs sénégalais sont lancés, en première ligne, à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames. Incorporés à la VIe armée, ils sont placés sous le commandement du général Mangin qui espère démontrer la valeur de la «Force noire», décrite dans son livre paru en 1910.

Au côté de Mangin, le général Nivelle promet la victoire «en 24 ou 48 heures». Une dizaine de jours plus tard, l'offensive n'est toujours pas terminée, les combats ont entraîné la mort de 30.000 soldats français, dont 7.500 tirailleurs sénégalais, soit environ 45% des effectifs engagés.

Une telle hécatombe, ajoutée à l’espoir déçu d’une fin de la guerre, provoque une série de mutineries. Dès 1915, les résistances face au recrutement forcé de tirailleurs en Afrique prennent la forme de révoltes ouvertes comme dans le Bélédougou (Mali), dans l’Ouest-Volta (Burkina Faso), au nord du Dahomey (Bénin) en 1916, ou encore à Madagascar.

Corps expéditionnaire d’Orient

De nombreux tirailleurs sénégalais seront également tués sur le front d’Orient, lors de la bataille des Dardanelles en Turquie. Pour attaquer les Turcs (alliés des Allemands), les alliés occidentaux créent un nouveau corps expéditionnaire sous les ordres du général anglais Hamil­ton. Ce corps comporte quatre divisions britanniques (12.000 hommes), et le groupe­ment français du général d’Amade, dénommé CEO (Corps expéditionnaire d’Orient) dans lequel figure la 2ème brigade mixte coloniale (6000 hommes répartis en deux bataillons de «coloniaux»- essentiellement des Pieds-Noirs, des Algériens musulmans et des Tirailleurs sénégalais).

Le débarquement a lieu sur les deux rives des Dardanelles. Côté asiatique, c’est un succès : les troupes françaises prennent une à une les tranchées turques lors de combats au corps à corps grâce aux Sénégalais. Malgré les pertes sévères (770 morts côté français), les assaillants sont maîtres du fort.

Sur la rive européenne, les Britanniques auront moins de succès. La bataille des Dardanelles sera au final un fiasco
militaire pour les alliés.

Durant la Grande guerre, les tirailleurs sénégalais se battent également dans les Balkans, contre l’Allemagne et la Bulgarie. En 1918, ils permettent aux alliés occidentaux de remporter une victoire déterminante sur la Bulgarie.

Des bras pour les usines

Le Maghreb n’a pas seulement contribué à l’effort de guerre dans les tranchées mais également en fournissant des milliers de bras pour les usines.

Durant quatre ans, l’Afrique du Nord va envoyer 180.000 travailleurs dans l’Hexagone, dont beaucoup vont rester sur place après la fin des hostilités. 100.000 Algériens et 40 000 Marocains ont été envoyés en métropole, essentiellement dans les grandes villes comme Paris, Marseille, Lyon et Saint-Étienne, mais aussi quelquefois dans les campagnes, afin de remplacer la main-d’œuvre masculine partie au front.

Les premiers quartiers historiques maghrébins de France se sont constitués à cette époque : la Goutte-d ’Or à Paris ou encore Vénissieux à Lyon. C’est de la Première guerre mondiale que date l’immigration maghrébine en France.

Image

Un peu plus de 800.000 «indigènes» ont été enrôlés comme soldats ou comme travailleurs dans l'ensemble des territoires constituant l'empire colonial français (Afrique, Indochine, notamment). Près de 57.000 d'entre eux ont été tués et plus de 14.000 portés disparus (source Histoire et mémoires des deux guerres mondiales).

Image

Naufrage du paquebot «Sequana» (1917). 198 tirailleurs africains y perdront la vie.

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Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 14:45
par Lion blanc
C'était de la chair à canon très bon marché.
Aucun d'entres-eux n'est rentré au panthéon.

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 15:01
par sofasurfer
Ceux qui ont été envoyés au front étaient de la chair a canon comme les autres. Ceux qui étaient envoyés en usine étaient des travailleurs forcés comme nombre de femmes au foyer de la métropole.

Pourquoi vouloir toujours faire une distinction entre les races? Décidément c'est a la mode...

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 15:02
par voileux
Lion blanc a écrit : C'était de la chair à canon très bon marché.
Aucun d'entres-eux n'est rentré au panthéon.

jamais personne n'a vu un mort au combat investir le panthéon...Les héros l'intelligencia ne perçoit que les planqués, les autres les vrais sont morts pour la France...

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 15:04
par oups
quo vadis a écrit : .

En 2018, un siècle après la fin de la Première guerre mondiale, on ne connait toujours pas précisément les noms des quelque
45 000 soldats africains morts ou disparus à Verdun, au Chemin des Dames, aux Dardanelles... Ce que l’on sait, c’est que l'Afrique a payé un lourd tribut dans ce conflit sur le sol européen.

Ils s’appelaient Ouédraogo, Traore, Ouattara, Belkacem ou Harbi mais aucun monument aux morts ne recense leurs noms. Environ 400.000 soldats africains, dont 172.000 Algériens ont été recrutés au cours de la Première guerre mondiale, dont plus de 60.000 en 1915-1916, pour compenser les lourdes pertes de l'armée française. Au total, «l’armée d’Afrique» a perdu près de 45 000 hommes, ce qui représente un peu plus de 3% des morts français de la Grande guerre.

Soutenu par son empire, la France a pourtant longtemps occulté la mobilisation de ces hommes venus d’Afrique. Le continent noir a fourni à la France 165.000 citoyens de l’Afrique ­Occidentale française (AOF), 18.000 de l’Afrique Equatoriale française (AEF), plus de 172.000 Algériens musulmans, près de 100.000 Tunisiens et Marocains, et 40.000 Malgaches.

Ils ont été engagés à la fois sur le front de France, aux Dardanelles et sur le front d’Orient (les Balkans).

L'hécatombe du Chemin des Dames

Le 16 avril 1917, 15.000 tirailleurs sénégalais sont lancés, en première ligne, à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames. Incorporés à la VIe armée, ils sont placés sous le commandement du général Mangin qui espère démontrer la valeur de la «Force noire», décrite dans son livre paru en 1910.

Au côté de Mangin, le général Nivelle promet la victoire «en 24 ou 48 heures». Une dizaine de jours plus tard, l'offensive n'est toujours pas terminée, les combats ont entraîné la mort de 30.000 soldats français, dont 7.500 tirailleurs sénégalais, soit environ 45% des effectifs engagés.

Une telle hécatombe, ajoutée à l’espoir déçu d’une fin de la guerre, provoque une série de mutineries. Dès 1915, les résistances face au recrutement forcé de tirailleurs en Afrique prennent la forme de révoltes ouvertes comme dans le Bélédougou (Mali), dans l’Ouest-Volta (Burkina Faso), au nord du Dahomey (Bénin) en 1916, ou encore à Madagascar.

Corps expéditionnaire d’Orient

De nombreux tirailleurs sénégalais seront également tués sur le front d’Orient, lors de la bataille des Dardanelles en Turquie. Pour attaquer les Turcs (alliés des Allemands), les alliés occidentaux créent un nouveau corps expéditionnaire sous les ordres du général anglais Hamil­ton. Ce corps comporte quatre divisions britanniques (12.000 hommes), et le groupe­ment français du général d’Amade, dénommé CEO (Corps expéditionnaire d’Orient) dans lequel figure la 2ème brigade mixte coloniale (6000 hommes répartis en deux bataillons de «coloniaux»- essentiellement des Pieds-Noirs, des Algériens musulmans et des Tirailleurs sénégalais).

Le débarquement a lieu sur les deux rives des Dardanelles. Côté asiatique, c’est un succès : les troupes françaises prennent une à une les tranchées turques lors de combats au corps à corps grâce aux Sénégalais. Malgré les pertes sévères (770 morts côté français), les assaillants sont maîtres du fort.

Sur la rive européenne, les Britanniques auront moins de succès. La bataille des Dardanelles sera au final un fiasco
militaire pour les alliés.

Durant la Grande guerre, les tirailleurs sénégalais se battent également dans les Balkans, contre l’Allemagne et la Bulgarie. En 1918, ils permettent aux alliés occidentaux de remporter une victoire déterminante sur la Bulgarie.

Des bras pour les usines

Le Maghreb n’a pas seulement contribué à l’effort de guerre dans les tranchées mais également en fournissant des milliers de bras pour les usines.

Durant quatre ans, l’Afrique du Nord va envoyer 180.000 travailleurs dans l’Hexagone, dont beaucoup vont rester sur place après la fin des hostilités. 100.000 Algériens et 40 000 Marocains ont été envoyés en métropole, essentiellement dans les grandes villes comme Paris, Marseille, Lyon et Saint-Étienne, mais aussi quelquefois dans les campagnes, afin de remplacer la main-d’œuvre masculine partie au front.

Les premiers quartiers historiques maghrébins de France se sont constitués à cette époque : la Goutte-d ’Or à Paris ou encore Vénissieux à Lyon. C’est de la Première guerre mondiale que date l’immigration maghrébine en France.

Image

Un peu plus de 800.000 «indigènes» ont été enrôlés comme soldats ou comme travailleurs dans l'ensemble des territoires constituant l'empire colonial français (Afrique, Indochine, notamment). Près de 57.000 d'entre eux ont été tués et plus de 14.000 portés disparus (source Histoire et mémoires des deux guerres mondiales).

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Naufrage du paquebot «Sequana» (1917). 198 tirailleurs africains y perdront la vie.

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C'est vrai que ce bon Blaise Diagne a eu la main particulierement lourde en "optimisant :icon_winks: les recrutements en AOF :(

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 15:23
par Anne32
Le texte de Quo Vadis est de Michel Lachkar, le 18/03/2018 dans Société-Afrique
Voici un autre texte qui démolit catégoriquement les affirmations de ce Monsieur

La France n’a pas gagné la Première guerre mondiale grâce à l’Afrique et aux Africains

Dans la grande entreprise de réécriture de l’histoire de France par les partisans du « grand remplacement », la Première Guerre mondiale, et plus particulièrement la bataille de Verdun, constitue un argument de poids. Son résumé est clair : les Africains ayant permis la victoire française, leurs descendants ont donc des droits sur nous.
Voilà qui explique pourquoi ces ardents défenseurs du « vivre ensemble » que sont MM. Samuel Hazard, maire socialiste de Verdun, et Joseph Zimet, à la ville époux de Madame Rama Yade, et en charge de la Mission du centenaire de la Grande Guerre, ont voulu mettre le sacrifice de millions de Poilus au service de leur idéologie.

Laissons donc parler les chiffres[1] :

1) Effectifs français (métropolitains et coloniaux)

- Durant le premier conflit mondial, 7,8 millions de Français furent mobilisés, soit 20% de la population française totale.
- Parmi ces 7,8 millions de Français, figuraient 73.000 Français d’Algérie, soit environ 20% de la population « pied-noir ».
- Les pertes françaises furent de 1.300 000 morts, soit 16,67% des effectifs.
- Les pertes des Français d’Algérie furent de 12.000 morts, soit 16,44% des effectifs.

2) Effectifs africains

- L’Afrique fournit dans son ensemble 407.000 hommes, soit 5,22 % de l’effectif global de l’armée française.
- Sur ces 407.000 hommes, 218.000 étaient des « indigènes » originaires du Maroc, d’Algérie et de Tunisie, soit 2% de la population de ces trois pays.
- Sur ces 218.000 hommes, on comptait 178.000 Algériens, soit 2,28 % de tous les effectifs français.
- L’Afrique noire fournit quant à elle, 189.000 hommes, soit 1,6% de la population totale et 2,42% des effectifs français.
- Les pertes des unités nord africaines furent de 35.900 hommes, soit 16,47% des effectifs.
- Sur ces 35.900 morts, 23.000 étaient Algériens. Les pertes algériennes atteignirent donc 17.98 % des effectifs mobilisés ou engagés.
- Les chiffres des pertes au sein des unités composées d’Africains sud-sahariens sont imprécis. L’estimation haute est de 35.000 morts, soit 18,51% des effectifs ; l’estimation basse est de 30 000 morts, soit 15.87%.

Pour importants qu’ils soient, ces chiffres contredisent donc l’idée-reçue de « chair à canon » africaine. D’ailleurs, en 1917, aucune mutinerie ne se produisit dans les régiments coloniaux, qu’ils fussent composés d’Européens ou d’Africains.

Des Africains ont donc courageusement et même héroïquement participé aux combats de la « Grande Guerre ». Gloire à eux.
Cependant, compte tenu des effectifs engagés, il est faux de prétendre qu’ils ont permis à la France de remporter la victoire. Un seul exemple : le 2° Corps colonial engagé à Verdun en 1916 était composé de 16 régiments. Les 2/3 d’entre eux étaient formés de Français mobilisés, dont 10 régiments de Zouaves composés très majoritairement de Français d’Algérie, et du RICM (Régiment d’infanterie coloniale du Maroc), unité alors très majoritairement européenne.

Autre idée-reçue utilisée par l’idéologie dominante : ce serait grâce aux ressources de l’Afrique que la France fut capable de soutenir l’effort de guerre.
Cette affirmation est également fausse car, durant tout le conflit, si la France importa six millions de tonnes de marchandises diverses de son Empire, elle en importa 170 millions du reste du monde.

Conclusion : durant la guerre de 1914-1918, l’Afrique fournit à la France 3,5% de toutes ses importations et 5,22 % de ses soldats. Ces chiffres sont respectables et il n’est naturellement pas question de les négliger. Mais prétendre qu’ils furent déterminants est un mensonge doublé d’une manipulation.

Bernard Lugan
13/05/2016

[1] Les références de ces chiffres sont données dans mon livre Histoire de l’Afrique du Nord des origines à nos jours. Le Rocher, en librairie le 2 juin 2016.

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 15:27
par oldeagle
Lion blanc a écrit : C'était de la chair à canon très bon marché.
Aucun d'entres-eux n'est rentré au panthéon.
Sans doutes parce qu'aucun d'entre eux n'a obtenu la nationalité française comme l'avait promis un certain Georges Clémenceau !

Cela a crée un ressentiment dans les colonies et cela a amené à l'indépendance !!!!

L'indépendance de nos colonies est le résultat d'une promesse non tenue par Clémenceau et l'état français.

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 15:34
par Georges61
oldeagle a écrit :
Lion blanc a écrit : C'était de la chair à canon très bon marché.
Aucun d'entres-eux n'est rentré au panthéon.
Sans doutes parce qu'aucun d'entre eux n'a obtenu la nationalité française comme l'avait promis un certain Georges Clémenceau !

Cela a crée un ressentiment dans les colonies et cela a amené à l'indépendance !!!!

L'indépendance de nos colonies est le résultat d'une promesse non tenue par Clémenceau et l'état français.
Et aucuns ne figurent sur les monuments aux morts, il est vrai que pour beaucoup de Français ces hommes étaient des sous-hommes.

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 15:45
par Fonck1
les chiffres de morts africains ne sont pas comparables au tribu qu'ont payés nombre de pays.
ils sont même dérisoires.

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 15:56
par oldeagle
Fonck1 a écrit : les chiffres de morts africains ne sont pas comparables au tribu qu'ont payés nombre de pays.
ils sont même dérisoires.
Oui mais ce n'est pas une raison pour les oubliers !

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 16:29
par The Rat Pack
Anne32 a écrit : Le texte de Quo Vadis est de Michel Lachkar, le 18/03/2018 dans Société-Afrique
Voici un autre texte qui démolit catégoriquement les affirmations de ce Monsieur

La France n’a pas gagné la Première guerre mondiale grâce à l’Afrique et aux Africains

Dans la grande entreprise de réécriture de l’histoire de France par les partisans du « grand remplacement », la Première Guerre mondiale, et plus particulièrement la bataille de Verdun, constitue un argument de poids. Son résumé est clair : les Africains ayant permis la victoire française, leurs descendants ont donc des droits sur nous.
Voilà qui explique pourquoi ces ardents défenseurs du « vivre ensemble » que sont MM. Samuel Hazard, maire socialiste de Verdun, et Joseph Zimet, à la ville époux de Madame Rama Yade, et en charge de la Mission du centenaire de la Grande Guerre, ont voulu mettre le sacrifice de millions de Poilus au service de leur idéologie.

Laissons donc parler les chiffres[1] :

1) Effectifs français (métropolitains et coloniaux)

- Durant le premier conflit mondial, 7,8 millions de Français furent mobilisés, soit 20% de la population française totale.
- Parmi ces 7,8 millions de Français, figuraient 73.000 Français d’Algérie, soit environ 20% de la population « pied-noir ».
- Les pertes françaises furent de 1.300 000 morts, soit 16,67% des effectifs.
- Les pertes des Français d’Algérie furent de 12.000 morts, soit 16,44% des effectifs.

2) Effectifs africains

- L’Afrique fournit dans son ensemble 407.000 hommes, soit 5,22 % de l’effectif global de l’armée française.
- Sur ces 407.000 hommes, 218.000 étaient des « indigènes » originaires du Maroc, d’Algérie et de Tunisie, soit 2% de la population de ces trois pays.
- Sur ces 218.000 hommes, on comptait 178.000 Algériens, soit 2,28 % de tous les effectifs français.
- L’Afrique noire fournit quant à elle, 189.000 hommes, soit 1,6% de la population totale et 2,42% des effectifs français.
- Les pertes des unités nord africaines furent de 35.900 hommes, soit 16,47% des effectifs.
- Sur ces 35.900 morts, 23.000 étaient Algériens. Les pertes algériennes atteignirent donc 17.98 % des effectifs mobilisés ou engagés.
- Les chiffres des pertes au sein des unités composées d’Africains sud-sahariens sont imprécis. L’estimation haute est de 35.000 morts, soit 18,51% des effectifs ; l’estimation basse est de 30 000 morts, soit 15.87%.

Pour importants qu’ils soient, ces chiffres contredisent donc l’idée-reçue de « chair à canon » africaine. D’ailleurs, en 1917, aucune mutinerie ne se produisit dans les régiments coloniaux, qu’ils fussent composés d’Européens ou d’Africains.

Des Africains ont donc courageusement et même héroïquement participé aux combats de la « Grande Guerre ». Gloire à eux.
Cependant, compte tenu des effectifs engagés, il est faux de prétendre qu’ils ont permis à la France de remporter la victoire. Un seul exemple : le 2° Corps colonial engagé à Verdun en 1916 était composé de 16 régiments. Les 2/3 d’entre eux étaient formés de Français mobilisés, dont 10 régiments de Zouaves composés très majoritairement de Français d’Algérie, et du RICM (Régiment d’infanterie coloniale du Maroc), unité alors très majoritairement européenne.

Autre idée-reçue utilisée par l’idéologie dominante : ce serait grâce aux ressources de l’Afrique que la France fut capable de soutenir l’effort de guerre.
Cette affirmation est également fausse car, durant tout le conflit, si la France importa six millions de tonnes de marchandises diverses de son Empire, elle en importa 170 millions du reste du monde.

Conclusion : durant la guerre de 1914-1918, l’Afrique fournit à la France 3,5% de toutes ses importations et 5,22 % de ses soldats. Ces chiffres sont respectables et il n’est naturellement pas question de les négliger. Mais prétendre qu’ils furent déterminants est un mensonge doublé d’une manipulation.

Bernard Lugan
13/05/2016

[1] Les références de ces chiffres sont données dans mon livre Histoire de l’Afrique du Nord des origines à nos jours. Le Rocher, en librairie le 2 juin 2016.
Et n'oublions pas que l'hiver, les troupes coloniales étaient retirées du front pour aller dans le sud de la France, l'état-major estimant qu'ils étaient incapables de supporter les rigueurs de l'hiver...
Et il nous a fait exactement le même coup avec WWII...
Mais bon, tout ça, c'est encore les lubies de notre bon quo vadis et de son esprit revanchard...! Encore un petit ex-colonisé qui n'a pas réussi à faire sa mue et à devenir adulte...

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 16:43
par lepicard
bonjour
il ne faut pas oublier que c'est grace à toutes les voies de communications (train route port ) construites sous notre egide , avec les competances de nos ingenieurs métropolitains ,que la plupart sont arrivés pour contribuer en bonne santé grace aussi à la presence d'installations sanitaires ( hopitaux ,dispensaire de brousse ....) , certains avaient meme un peu d'instruction due à nos écoles
imaginons des bataillons en haillons armés de machettes , recrutés à coup de fouet .......
Non ! ,L'Afrique equatoriale Française , a rendu à sa mère patrie d'adoption ,un juste tribut en qualité de bénéficiaire des améliorations apportées à ces contrées en jachère
Paix à leurs ames , ils étaient certainement moins ingrats que les génerations suivantes

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 17:02
par hornby
Décompte des pertes françaises entre 1914-1919
1 320 000 Français métropolitains morts aux armées, dont 28000 (suite à leurs blessures ou maladies contractées aux armées) entre le 12/11/1918 et le 30/06/1919 date à laquelle le décompte s'est arrété
70000 coloniaux
50000 civils (sur la ligne de front)
60000 alsaciens-lorrains morts sous l'uniforme allemand
Total 1 500 000 morts dans les frontières de 1919 après le traité de Versailles
Chiffres visible au SHAT de Vincennes

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 17:20
par Fonck1
oldeagle a écrit :
Fonck1 a écrit : les chiffres de morts africains ne sont pas comparables au tribu qu'ont payés nombre de pays.
ils sont même dérisoires.
Oui mais ce n'est pas une raison pour les oubliers !
mais personne ne les oublie.

Re: 1914-1918: l'Afrique a payé un lourd tribut

Posté : 08 novembre 2018 17:23
par oups
Georges61 a écrit :
oldeagle a écrit :

Sans doutes parce qu'aucun d'entre eux n'a obtenu la nationalité française comme l'avait promis un certain Georges Clémenceau !

Cela a crée un ressentiment dans les colonies et cela a amené à l'indépendance !!!!

L'indépendance de nos colonies est le résultat d'une promesse non tenue par Clémenceau et l'état français.
Et aucuns ne figurent sur les monuments aux morts, il est vrai que pour beaucoup de Français ces hommes étaient des sous-hommes.



Ah bon , vous pensez que les autorites locales de leurs lieux de residences ou de naissances n'ont rien fait depuis ? :(
Passez donc une tete au monument aux morts de votre commune , vous pensez y trouver less noms de ceux qui " de passage " y sont morts .Si oui vous vous trompez certainement , je vous laisse le verifier
Vous savez c'est la ou c'est ecrit " aux enfants de .........suivi du nom de la commune ...morts pour la France " :]