Ce que Trump doit à Reagan
Posté : 14 novembre 2018 15:31
https://blogs.alternatives-economiques. ... eaganomics
La situation du monde tel qu'il est aujourd'hui nous la devons notamment à Reagan, et sa comparse britannique Thatcher qui sont à l'origine de la crise financière, et aussi des crises de la dette dont les politiques de cadeaux aux riches sous formes de baisses d’impôts ont fait le terreau en faisant augmenter le déficit.
Pour John Komlos (2018), les deux mandats consécutifs de Ronald Reagan n’ont pas été une simple parenthèse pour l’économie américaine. Ils ont laissé une profonde empreinte sur celle-ci et ouvert par là même la voie à la récente élection de Donald Trump.
"Pour Reagan et ses conseillers, notamment les économistes de l’offre (supply-side economics) comme Arthur Laffer, la fiscalité et la réglementation étaient excessives : elles réduisaient les incitations à travailler, à investir, à épargner et plus largement à prendre des risques, dans la mesure où elles alourdissaient les coûts de production et diminuaient la rentabilité de toute activité économique.
Le remède semblait alors évident : il s’agissait d’assouplir les réglementations et de réduire les impôts, pour inciter la population à travailler plus, épargner plus, investir plus et prendre davantage de risques. Et ces baisses d’impôts devaient être ciblées sur les plus riches, dans la mesure où ce sont ces derniers qui étaient supposés avoir les plus fortes propensions à épargner, investir et créer des emplois. L’ensemble des Américains en profiteraient, puisque les gains qu’obtenaient les plus riches avec les baisses d’impôts finiraient par ruisseler dans le reste de la population. Et selon la « courbe de Laffer », la baisse des impôts pourrait même avoir la vertu d’augmenter les recettes fiscales, via la stimulation de l’activité économique.
La richesse n’a pas ruisselé
Les gains promis par Reagan et les économistes de l’offre ne sont pas manifestés. Les Américains n’ont pas davantage travaillé, ils n’ont ni épargné, ni investi plus. Alors qu’il tournait autour de 11,4 % entre 1951 et 1981, le taux d’épargne commença à chuter en 1985 et atteignit 8,5 % en 1988, puis il poursuivit sa baisse les décennies suivantes. La croissance de l’investissement ne s’est pas accélérée ;
Les fortes baisses d’impôts et la faiblesse de la croissance économique ont conduit à des déficits budgétaires d’une ampleur qui n’avait pas été observée depuis la Seconde Guerre mondiale.
le pouvoir d’achat de celui-ci (les bas revenus) s’est érodé de 25 % sous sa présidence.Cette baisse expliquerait l'essentiel de la hausse des inégalités en bas de la distribution salariale au cours des années quatre-vingt
La part du revenu des 0,1 % les plus riches fluctuait autour de 1,3 % entre 1970 et 1978, si bien que les inégalités atteignirent leur nadir durant cette décennie (cf. graphique 3). Ensuite, cette part augmenta avec l’arrivée de Reagan à la présidence : elle passa de 1,8 % en 1981 à 5,4 % en 1988 [Piketty et Saez, 2006]. La part du revenu détenue par les 10 % les plus riches passa de 34,5 % à 40,6 % entre 1980 et 1988, pour atteindre 50 % à la veille de la crise financière. Les années quatre-vingt marquent ainsi l’ascension d’une véritable « oligarchie » :
C'est exactement la politique que Trump met en place...il se targuera de bons résultats sur deux critères: chômage et croissance en cachant bien la nature de ces chiffres avec le taux de sous emplois, les modalités de comptage du chômage, la structure de la croissance, les bénéficiaires de cette croissance et le taux de "ruissellement" de ces richesses, qui clairement depuis Reagan ruissellent vers le haut et non pas vers le bas.
Macron prend le risque avec sa politique identique au final, d'obtenir les mêmes résultats qu'un Reagan et fait le lit de Le Pen.
La situation du monde tel qu'il est aujourd'hui nous la devons notamment à Reagan, et sa comparse britannique Thatcher qui sont à l'origine de la crise financière, et aussi des crises de la dette dont les politiques de cadeaux aux riches sous formes de baisses d’impôts ont fait le terreau en faisant augmenter le déficit.
Pour John Komlos (2018), les deux mandats consécutifs de Ronald Reagan n’ont pas été une simple parenthèse pour l’économie américaine. Ils ont laissé une profonde empreinte sur celle-ci et ouvert par là même la voie à la récente élection de Donald Trump.
"Pour Reagan et ses conseillers, notamment les économistes de l’offre (supply-side economics) comme Arthur Laffer, la fiscalité et la réglementation étaient excessives : elles réduisaient les incitations à travailler, à investir, à épargner et plus largement à prendre des risques, dans la mesure où elles alourdissaient les coûts de production et diminuaient la rentabilité de toute activité économique.
Le remède semblait alors évident : il s’agissait d’assouplir les réglementations et de réduire les impôts, pour inciter la population à travailler plus, épargner plus, investir plus et prendre davantage de risques. Et ces baisses d’impôts devaient être ciblées sur les plus riches, dans la mesure où ce sont ces derniers qui étaient supposés avoir les plus fortes propensions à épargner, investir et créer des emplois. L’ensemble des Américains en profiteraient, puisque les gains qu’obtenaient les plus riches avec les baisses d’impôts finiraient par ruisseler dans le reste de la population. Et selon la « courbe de Laffer », la baisse des impôts pourrait même avoir la vertu d’augmenter les recettes fiscales, via la stimulation de l’activité économique.
La richesse n’a pas ruisselé
Les gains promis par Reagan et les économistes de l’offre ne sont pas manifestés. Les Américains n’ont pas davantage travaillé, ils n’ont ni épargné, ni investi plus. Alors qu’il tournait autour de 11,4 % entre 1951 et 1981, le taux d’épargne commença à chuter en 1985 et atteignit 8,5 % en 1988, puis il poursuivit sa baisse les décennies suivantes. La croissance de l’investissement ne s’est pas accélérée ;
Les fortes baisses d’impôts et la faiblesse de la croissance économique ont conduit à des déficits budgétaires d’une ampleur qui n’avait pas été observée depuis la Seconde Guerre mondiale.
le pouvoir d’achat de celui-ci (les bas revenus) s’est érodé de 25 % sous sa présidence.Cette baisse expliquerait l'essentiel de la hausse des inégalités en bas de la distribution salariale au cours des années quatre-vingt
La part du revenu des 0,1 % les plus riches fluctuait autour de 1,3 % entre 1970 et 1978, si bien que les inégalités atteignirent leur nadir durant cette décennie (cf. graphique 3). Ensuite, cette part augmenta avec l’arrivée de Reagan à la présidence : elle passa de 1,8 % en 1981 à 5,4 % en 1988 [Piketty et Saez, 2006]. La part du revenu détenue par les 10 % les plus riches passa de 34,5 % à 40,6 % entre 1980 et 1988, pour atteindre 50 % à la veille de la crise financière. Les années quatre-vingt marquent ainsi l’ascension d’une véritable « oligarchie » :
C'est exactement la politique que Trump met en place...il se targuera de bons résultats sur deux critères: chômage et croissance en cachant bien la nature de ces chiffres avec le taux de sous emplois, les modalités de comptage du chômage, la structure de la croissance, les bénéficiaires de cette croissance et le taux de "ruissellement" de ces richesses, qui clairement depuis Reagan ruissellent vers le haut et non pas vers le bas.
Macron prend le risque avec sa politique identique au final, d'obtenir les mêmes résultats qu'un Reagan et fait le lit de Le Pen.