Gilets jaunes racisme homophobie violences et dérapages
Posté : 13 décembre 2018 10:56
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Insultes et agression racistes, agression homophobe, violences... "L'Obs" revient sur ces débordements, particulièrement inquiétants.
"Retourne chez toi !" "Retourne dans ton pays !" "Dégage !" "Casse-toi pouffiasse !" A Cognac, en Charente-Maritime, une automobiliste noire a été la cible de propos racistes, comme le montre une vidéo sidérante diffusée par le quotidien régional "La Charente libre".
Sur les images, on voit des personnes portant des gilets jaunes bloquer le passage à cette conductrice en l'invectivant.
Sous le regard de ses enfants, la jeune femme sort de sa voiture, avant d'être repoussée violemment par un "gilet jaune".
"La mère de famille, elle aussi énervée, revient au contact puis essuie une bordée d'insultes, dont certaines racistes et inadmissibles", décrit "la Charente libre".
"L'histoire des Noirs, on ne veut plus entendre parler de ça !", lance par exemple un manifestant, particulièrement virulent."
Interrogé par le quotidien régional, un des organisateurs des "gilets jaunes" de Cognac, Thierry Arnaudet, se désolidarise totalement des faits :
Sur Twitter, la préfecture de la Charente annonce que la police nationale a aussitôt fait un signalement au procureur de la République d'Angoulême.
Un autre incident s'est produit sur le barrage filtrant de Châteaufarine, le plus grand centre commercial de Franche-Comté.
"Un reporter bénévole de la radio associative locale Bip" a en effet été "pris à partie par un manifestant, a essuyé des injures racistes" puis "a été frappé au visage", rapporte "l'Est républicain". Le journaliste est allé aux urgences faire constater ses blessures.
Sur Twitter, la radio a condamné une "agression raciste" et "abjecte".
"Ils lui ont fait retirer son voile"
"Là, ça commence à dégénérer"… Au rond-point d'Auchan-Fayet à Saint-Quentin, dans l'Aisne, les automobilistes qui ont osé tenter de passer ont samedi été "moqués","vilipendés" et "parfois bloqués quelques instants", notamment pour ne pas avoir mis leur gilet jaune. Mais selon "le Courrier picard", une conductrice voilée a, elle, été traitée différemment.
"Sur le côté, il y a une dame garée depuis une heure… Ils lui ont fait retirer son voile", a raconté au journal une manifestante, qui a assisté à la scène.
Un autre témoin de la scène assure qu'il a vu plusieurs individus mettre leurs gilets jaunes sur leurs têtes "pour mimer le voile islamique, insulter l'automobiliste et lui faire des grimaces de singe".
L'organisateur du rassemblement s'est dit scandalisé. "Ce n'est pas normal ! Je suis contre ça. Nous allons arrêter tout ça", a-t-il réagi dans les colonnes du quotidien local.
"Je le reconnais, c'est un pédé"
A Bourg-en-Bresse, c'est l'agression homophobe présumée d'un conseiller municipal par des "gilets jaunes" qui a suscité l'indignation, notamment du ministre de l'Intérieur lequel a condamné des "actes odieux".
Samedi, Raphaël Duret et son compagnon arrivent sur un barrage de "gilets jaunes". Une fois sur le rond-point, les manifestants retiennent leur véhicule.
"J'ai entendu certains manifestants dire : 'Je le reconnais, c'est un pédé'. A partir de là, ils nous ont menacés", explique Raphaël Duret à l'hebdomadaire régional "la Voix de l'Ain", qui a révélé l'affaire.
Les manifestants s'en prennent alors à leur véhicule, une Twingo, et brisent notamment leur pare-brise arrière, avant que deux policiers présents sur place n'interviennent, rapporte le journal.
"J'ai eu Raphaël Duret au téléphone ce matin qui m'a indiqué son intention de porter plainte et qui m'a dit :
'On a été pris à partie comme d'autres mais on a eu un peu plus à partir du moment où ils ont su qu'on était gay'", explique à l'AFP le maire PS de Bourg-en-Bresse Jean-François Debat.
Depuis, les réactions indignées se multiplient. D'abord Jean-François Debat qui dénonce des "bavures d'un certain nombre de 'gilets jaunes'". Selon lui, d'autres véhicules ont été dégradés à ce barrage et des propos racistes auraient été tenus sur un autre…
"Rien. Absolument rien ne saurait justifier ces actes odieux. Chaque insulte, chaque agression homophobe est une injure à notre pacte républicain. Solidarité avec les victimes. Confiance en nos enquêteurs qui feront toute la lumière sur ces faits", a réagi de son côté le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner sur Twitter.
Pour le président de SOS homophobie, Joël Deumier, il s'agit d'un "effet de meute" signe de l'"homophobie ordinaire inadmissible", écrit-il, sur Twitter également.
Des "débordements inacceptables"
Ce samedi, deux policiers ont en outre été blessés à Quimper après avoir été volontairement heurtés par un véhicule qui prenait part à la manifestation des "gilets jaunes", a annoncé la préfecture du Finistère dans un communiqué.
Les deux policiers ont été pris en charge par les secours et l'un d'eux a été hospitalisé, a indiqué la préfecture sans pouvoir préciser le degré de gravité de leurs blessures. Le conducteur du véhicule a été interpellé.
Le préfet du Finistère, Pascal Lelarge, a condamné "fermement ces débordements inacceptables" et appelé "chacun à faire preuve de responsabilité et de prudence, en veillant notamment à ce que ses actions ne soient pas sources de risques pour les usagers de la route".
A Paris, c'est le journaliste de BFMTV Raphaël Maillochon qui a été agressé lors d'un duplex à proximité d'un lieu de rassemblement.
"Il y a un certain nombre de pratiques qui ont eu lieu ce week-end qui sont inquiétantes", a réagi sur RTL le numéro un de la CFDT. "Moi, j'ose le dire, tant pis si cela ne plaît pas."
"Qu'on soit obligé" d'être "d'accord avec ceux qui manifestent pour pouvoir passer, c'est une forme de totalitarisme qui n'est pas acceptable", a conclu le leader syndical.
https://www.nouvelobs.com/societe/20181 ... pages.html
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Insultes et agression racistes, agression homophobe, violences... "L'Obs" revient sur ces débordements, particulièrement inquiétants.
"Retourne chez toi !" "Retourne dans ton pays !" "Dégage !" "Casse-toi pouffiasse !" A Cognac, en Charente-Maritime, une automobiliste noire a été la cible de propos racistes, comme le montre une vidéo sidérante diffusée par le quotidien régional "La Charente libre".
Sur les images, on voit des personnes portant des gilets jaunes bloquer le passage à cette conductrice en l'invectivant.
Sous le regard de ses enfants, la jeune femme sort de sa voiture, avant d'être repoussée violemment par un "gilet jaune".
"La mère de famille, elle aussi énervée, revient au contact puis essuie une bordée d'insultes, dont certaines racistes et inadmissibles", décrit "la Charente libre".
"L'histoire des Noirs, on ne veut plus entendre parler de ça !", lance par exemple un manifestant, particulièrement virulent."
Interrogé par le quotidien régional, un des organisateurs des "gilets jaunes" de Cognac, Thierry Arnaudet, se désolidarise totalement des faits :
Sur Twitter, la préfecture de la Charente annonce que la police nationale a aussitôt fait un signalement au procureur de la République d'Angoulême.
Un autre incident s'est produit sur le barrage filtrant de Châteaufarine, le plus grand centre commercial de Franche-Comté.
"Un reporter bénévole de la radio associative locale Bip" a en effet été "pris à partie par un manifestant, a essuyé des injures racistes" puis "a été frappé au visage", rapporte "l'Est républicain". Le journaliste est allé aux urgences faire constater ses blessures.
Sur Twitter, la radio a condamné une "agression raciste" et "abjecte".
"Ils lui ont fait retirer son voile"
"Là, ça commence à dégénérer"… Au rond-point d'Auchan-Fayet à Saint-Quentin, dans l'Aisne, les automobilistes qui ont osé tenter de passer ont samedi été "moqués","vilipendés" et "parfois bloqués quelques instants", notamment pour ne pas avoir mis leur gilet jaune. Mais selon "le Courrier picard", une conductrice voilée a, elle, été traitée différemment.
"Sur le côté, il y a une dame garée depuis une heure… Ils lui ont fait retirer son voile", a raconté au journal une manifestante, qui a assisté à la scène.
Un autre témoin de la scène assure qu'il a vu plusieurs individus mettre leurs gilets jaunes sur leurs têtes "pour mimer le voile islamique, insulter l'automobiliste et lui faire des grimaces de singe".
L'organisateur du rassemblement s'est dit scandalisé. "Ce n'est pas normal ! Je suis contre ça. Nous allons arrêter tout ça", a-t-il réagi dans les colonnes du quotidien local.
"Je le reconnais, c'est un pédé"
A Bourg-en-Bresse, c'est l'agression homophobe présumée d'un conseiller municipal par des "gilets jaunes" qui a suscité l'indignation, notamment du ministre de l'Intérieur lequel a condamné des "actes odieux".
Samedi, Raphaël Duret et son compagnon arrivent sur un barrage de "gilets jaunes". Une fois sur le rond-point, les manifestants retiennent leur véhicule.
"J'ai entendu certains manifestants dire : 'Je le reconnais, c'est un pédé'. A partir de là, ils nous ont menacés", explique Raphaël Duret à l'hebdomadaire régional "la Voix de l'Ain", qui a révélé l'affaire.
Les manifestants s'en prennent alors à leur véhicule, une Twingo, et brisent notamment leur pare-brise arrière, avant que deux policiers présents sur place n'interviennent, rapporte le journal.
"J'ai eu Raphaël Duret au téléphone ce matin qui m'a indiqué son intention de porter plainte et qui m'a dit :
'On a été pris à partie comme d'autres mais on a eu un peu plus à partir du moment où ils ont su qu'on était gay'", explique à l'AFP le maire PS de Bourg-en-Bresse Jean-François Debat.
Depuis, les réactions indignées se multiplient. D'abord Jean-François Debat qui dénonce des "bavures d'un certain nombre de 'gilets jaunes'". Selon lui, d'autres véhicules ont été dégradés à ce barrage et des propos racistes auraient été tenus sur un autre…
"Rien. Absolument rien ne saurait justifier ces actes odieux. Chaque insulte, chaque agression homophobe est une injure à notre pacte républicain. Solidarité avec les victimes. Confiance en nos enquêteurs qui feront toute la lumière sur ces faits", a réagi de son côté le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner sur Twitter.
Pour le président de SOS homophobie, Joël Deumier, il s'agit d'un "effet de meute" signe de l'"homophobie ordinaire inadmissible", écrit-il, sur Twitter également.
Des "débordements inacceptables"
Ce samedi, deux policiers ont en outre été blessés à Quimper après avoir été volontairement heurtés par un véhicule qui prenait part à la manifestation des "gilets jaunes", a annoncé la préfecture du Finistère dans un communiqué.
Les deux policiers ont été pris en charge par les secours et l'un d'eux a été hospitalisé, a indiqué la préfecture sans pouvoir préciser le degré de gravité de leurs blessures. Le conducteur du véhicule a été interpellé.
Le préfet du Finistère, Pascal Lelarge, a condamné "fermement ces débordements inacceptables" et appelé "chacun à faire preuve de responsabilité et de prudence, en veillant notamment à ce que ses actions ne soient pas sources de risques pour les usagers de la route".
A Paris, c'est le journaliste de BFMTV Raphaël Maillochon qui a été agressé lors d'un duplex à proximité d'un lieu de rassemblement.
"Il y a un certain nombre de pratiques qui ont eu lieu ce week-end qui sont inquiétantes", a réagi sur RTL le numéro un de la CFDT. "Moi, j'ose le dire, tant pis si cela ne plaît pas."
"Qu'on soit obligé" d'être "d'accord avec ceux qui manifestent pour pouvoir passer, c'est une forme de totalitarisme qui n'est pas acceptable", a conclu le leader syndical.
https://www.nouvelobs.com/societe/20181 ... pages.html
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