De la Mairie de Bordeaux au Conseil Constitutionnel.
Posté : 14 février 2019 05:19
L'ancien premier ministre, nommé par le président de l'Assemblée Richard Ferrand, confirmera son départ de la mairie de Bordeaux lors d'une conférence de presse jeudi matin.
Ses proches sont tombés de l'armoire: Alain Juppé va quitter Bordeaux, «sa ville» depuis 1995 pour entrer au Conseil constitutionnel. Beaucoup de ses amis n'étaient pas au courant. «Je suis sidéré», lâche l'un d'entre eux, quand la sénatrice Fabienne Keller l'admet clairement: «Nous sommes tous surpris.»
http://www.lefigaro.fr/politique/2019/0 ... rdeaux.php
Ses proches sont tombés de l'armoire: Alain Juppé va quitter Bordeaux, «sa ville» depuis 1995 pour entrer au Conseil constitutionnel. Beaucoup de ses amis n'étaient pas au courant. «Je suis sidéré», lâche l'un d'entre eux, quand la sénatrice Fabienne Keller l'admet clairement: «Nous sommes tous surpris.»
Source:Le Figaro.
Les amis et soutiens d'Alain Juppé, encore réunis autour de lui fin août aux Vendanges de Bordeaux, étaient «persuadés qu'il serait candidat à un nouveau mandat», comme le reconnaît volontiers Dominique Bussereau auprès du Figaro. «Quand je le voyais en réunion, quand je voyais son enthousiasme pour sa ville, pour les projets, j'avais l'intime conviction qu'il les porterait personnellement», confie encore le président du conseil départemental.
Réunis au sein de l'association Esprit Bordeaux, ses soutiens planchaient d'ailleurs sur les dossiers phares du prochain mandat alors qu'Alain Juppé s'était déjà projeté dans «Bordeaux 2050» et les défis de demain. Le Dictionnaire amoureux qu'Alain Juppé a publié l'année dernière résonnait comme une nouvelle déclaration d'amour.
Une décision prise «il y a plusieurs mois»:
Peu disert, Alain Juppé n'a donc rien dit. «Mais c'est comme l'annonce de sa candidature à la primaire le 20 août 2014. Il ne nous avait pas prévenus», indique un ancien de la campagne. À l'époque, le futur candidat s'était contenté de glisser un petit mot à quelques soutiens: «Si vous voulez regarder… j'ai fait un petit blog.» Plusieurs lignes glissées dans la torpeur de l'été pour annoncer sa candidature à l'élection présidentielle. Par surprise, déjà. «C'est pour ça qu'on l'aime», sourit un proche.
« J'ai considéré que le successeur de Lionel Jospin devait avoir les qualités suivantes : l'expérience de l'État et de la décision publique, et être pétri des valeurs républicaines. Après avoir beaucoup réfléchi, toutes ces raisons m'ont conduit à solliciter Alain Juppé»
(Richard Ferrand)
Alain Juppé avait pourtant pris sa décision de quitter Bordeaux «il y a plusieurs mois», assure-t-il. Très secrètement, il avait prévu de l'annoncer au lendemain des élections européennes. Le maire de Bordeaux tant attaché à sa ville avait donc tranché bien avant que le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, ne lui propose, dimanche, de le nommer au Conseil constitutionnel. «J'ai considéré que le successeur de Lionel Jospin devait avoir les qualités suivantes: l'expérience de l'État et de la décision publique, et être pétri des valeurs républicaines», explique Richard Ferrand au Figaro. «Je voulais également avoir la conviction qu'il serait un sérieux gardien de la Constitution. Après avoir beaucoup réfléchi, toutes ces raisons m'ont conduit à solliciter Alain Juppé», ajoute le président de l'Assemblée nationale.
Après quelques heures de réflexion, Alain Juppé a dit oui mardi. Même s'il reconnaît que c'est avec «une profonde émotion» qu'il se «prépare à quitter [ses] fonctions». «Il s'interrogeait sur le mandat de trop», indique Gilles Boyer, directeur de la campagne d'Alain Juppé pendant la primaire. «Après plus de vingt ans de transformation de la ville, Alain Juppé s'est sans doute demandé s'il avait encore la capacité de faire mieux. Il a probablement préféré arrêter quelques mois trop tôt plutôt que quelques années trop tard!»
Marqué par les «gilets jaunes»:
Juppé, qui avait observé «de près quelques fins de règne difficiles», lâche un de ses amis, et ne voulait pas voir l'histoire se reproduire, a aussi été marqué par les manifestations de «gilets jaunes» ces derniers samedis, émaillées de fortes dégradations dans la ville. «Ça l'a beaucoup atteint», glisse un proche. «Il a été très affecté par ce qu'il voyait et par ce que devenait sa ville pour laquelle il s'est tant battu», ajoute cet interlocuteur convaincu que «le mois de décembre a pesé dans sa décision».
À 73 ans, Alain Juppé entame donc une nouvelle étape de sa carrière. La semaine prochaine, comme Jacques Mézard et François Pillet, le maire de Bordeaux sera auditionné par la commission des lois. Si son mandat de maire s'achève dans un mois, Alain Juppé, encore présent mercredi avec d'autres édiles à Bercy, a déjà son idée sur celui qui doit lui succéder. Ce jeudi, alors qu'il expliquera au cours d'une conférence de presse sa décision de mettre fin à ses fonctions de maire et de président de la métropole de Bordeaux qui lui ont «procuré tant de bonheur», selon son expression, il proposera un nom aux conseillers municipaux pour lui succéder. Si Virginie Calmels faisait encore figure de favorite après la présidentielle, désormais Nicolas Florian, adjoint en charge des finances et ex-président LR de la fédération de Gironde, tient la corde.
La nomination d'Alain Juppé va aussi bouleverser son propre calendrier européen. Alors que l'ancien premier ministre souhaitait exprimer clairement son choix pour la liste et le projet «le plus européen», Alain Juppé sera astreint d'ici un mois à un devoir de neutralité politique. «Mais s'il souhaite parler, il peut le faire d'ici là», sourit un de ses amis…
Des amis justement qui, passé la surprise, accueillent la nouvelle de manière unanime. «C'est une très bonne nouvelle pour la République», fait valoir le premier ministre Édouard Philippe, saluant la «densité» et la «hauteur de vue» de celui qui a été son «mentor» en politique.«Je suis heureuse de voir un sage parmi les Sages…et je sais qu'il sera un protecteur vigilant de nos libertés et des équilibres institutionnels», poursuit Valérie Pécresse. «Il sera un formidable gardien de la Constitution de De Gaulle, un pilier de notre République à un moment où la France est en grande difficulté», réaffirme Fabienne Keller. Après avoir décidé de quitter LR, Alain Juppé tourne une nouvelle page, celle de la vie politique locale, pour écrire un nouveau chapitre… rue de Montpensier.
http://www.lefigaro.fr/politique/2019/0 ... rdeaux.php