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USA, chômage, trôp bas pour être vrai?

Posté : 18 mars 2019 11:21
par crepenutella
https://www.liberation.fr/planete/2018/ ... ai_1682272

Sous-emploi massif, stagnation inquiétante du pouvoir d'achat, inégalités records, que cache le "trop beau" taux de chômage américain? En outre, seul l'emploi des seniors augmente et tire les chiffres vers le haut, preuve de leur précarité et de la fragilité de ces chiffres.

"Premier bémol : le taux de participation au marché du travail, passé de 66 % en 2008 à 62,7 % aujourd’hui chez les plus de 15 ans. Les facteurs sont multiples, et pour certains décorrélés de l’état de l’économie : augmentation du nombre d’étudiants, retraite des baby-boomers."

"Les chiffres des 25-54 ans illustrent toutefois une tendance préoccupante : la part croissante d’adultes inactifs, d’hommes en particulier. Au sein de cette catégorie, le taux d’activité est passé de 91 % avant la crise de 2008 à moins de 89 % aujourd’hui. Selon les chiffres du Bureau of Labor Statistics (BLS), ce sont ainsi 23 millions d’adultes inactifs de 25 à 54 ans qui échappent totalement aux statistiques sur l’emploi. Ni chômeurs ni travailleurs, ils incarnent une forme alarmante de rupture sociale. "

"Autre nuance à cette économie «florissante» : de plus en plus de seniors travaillent, certains par choix, la majorité pour raisons financières, n’ayant pas économisé suffisamment pour financer leur retraite, en complément des maigres pensions publiques. La tranche des plus de 65 ans est d’ailleurs la seule où le taux d’activité progresse. Selon le BLS, il est passé de 15,4 % en 2006 à 19,3 % en 2016, et pourrait atteindre 23 % en 2026. Signe supplémentaire de la précarité grandissante des personnes âgées aux Etats-Unis, une récente étude du Consumer Bankruptcy Project conclut que le nombre de faillites de seniors a quintuplé depuis 1991."

"l’augmentation des salaires. En août, ils ont progressé de 2,9 % sur un an, en légère hausse par rapport à juillet (2,7 %). La croissance de la rémunération reste toutefois nettement inférieure aux quelque 4 % d’augmentation qui, pour nombre d’économistes, devraient découler d’un taux de chômage aussi bas."

«Je m’attendais certainement à ce que les salaires réagissent davantage à la réduction très significative du chômage que nous avons eue. […] Je ne dirais pas que c’est un mystère mais c’est un peu déconcertant», reconnaissait en juin le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell."

«Dans la période post-récession, le sous-emploi a remplacé le chômage comme principal indicateur qu’il y a encore du mou dans le marché du travail, écrivent-ils. Une grande quantité de travailleurs à temps partiel, à la fois ceux qui ont choisi ce rythme et ceux qui le subissent et préféreraient un emploi à temps plein, déclarent vouloir davantage d’heures.»

"Entre 2009 et 2015, plus de 50 % des gains salariaux ont bénéficié aux 1 % des Américains les plus riches, selon Emmanuel Saez, économiste à l’université de Berkeley (Californie).
«Les inégalités aux Etats-Unis, aujourd’hui, sont comparables à ce qu’elles étaient ici, en France, avant la Révolution», a déclaré jeudi à Paris Neil Dwane, responsable de la stratégie globale pour Allianz Global Investors."

"A l’autre bout de la pyramide, le BLS a comptabilisé 7,6 millions de «travailleurs pauvres» en 2016, soit 4,9 % de la population active."