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La grande distribution fait toujours la loi sur les prix.

Posté : 03 avril 2019 05:33
par Crapulax
Malgré la loi, la grande distribution impose toujours ses prix aux entreprises alimentaires.

Les négociations entre les entreprises de l’agroalimentaire et les centrales d’achat de la grande distribution avaient pour but de mieux rémunérer les agriculteurs.

Le premier bilan des négociations entre industriels et grandes enseignes ne montre pas d’évolution malgré le vote de la loi Egalim fin 2018 : 77% des entreprises du secteur se sont vu demander des baisses de tarifs.

Serait-ce une belle et grande idée en train de virer au fiasco ? Alors que la loi Alimentation - dite Egalim - votée fin 2018 après des mois de concertation, autorisait les distributeurs à relever jusqu’à 10 % leurs marges sur certains produits (Coca, Nutella, lait Guiguoz, etc.) afin de mieux rémunérer les agriculteurs, mais aussi afin d’apaiser la ravageuse guerre des prix avec les industriels, l’un comme l’autre de ces objectifs ne semblent pour l’heure que très peu atteints.

17 600 entreprises concernées:

Telles sont, en tout cas, les lapidaires conclusions de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), qui publie un premier bilan des négociations commerciales qui se sont achevées le 1er mars, entre d’un côté les quelque 17 600 entreprises du secteur, et, de l’autre, les imposantes centrales d’achat de la grande distribution.

Dans ce bilan, que le Parisien - Aujourd’hui en France a pu consulter, « les négociations ont été aussi violentes que par le passé, 77 % des entreprises alimentaires se voyant demander de fortes baisses de tarifs, et 22 % d’entre elles étant même déréférencées, c’est-à-dire retirées des rayons, le temps de la « négo » », énumère Richard Girardot, le Monsieur économie de l’Ania. Et ce, souligne-t-il, alors même que « la hausse de 10 % du seuil de revente à perte sur certains produits - qui se traduit par une hausse des prix - a rapporté 500 millions d’euros à la grande distribution ! »

Une baisse de 6,1% depuis 2013:

Plus inquiétant encore, selon l’Ania : guerre commerciale oblige, entre 2013 et 2018, les prix dans le secteur alimentaire ont été rabotés de 6,1 %, « et pour la première fois depuis quarante ans, les marges dans notre secteur sont passées sous le niveau de l’industrie », insiste Richard Girardot. Ce climat tendu, ces rapports de force très déséquilibrés, deux industriels nous les ont racontés, avec moult détails, mais de façon anonyme tant ils redoutent d’être exclus des rayons.

Autant de critiques que le lobby de la grande distribution, la FCD (Fédération du commerce et la distribution), balaie d’un revers de main : « non seulement, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a souligné que cette année, le climat lors des négociations avait été moins tendu, rappelle Jacques Creyssel, délégué général de la FCD, mais sur certains produits agricoles, les prix sont repartis à la hausse ».

Des hausses limitées à certains produits:

De fait, « le climat général paraît plus apaisé qu’en 2018, les distributeurs adoptant un comportement plus constructif et moins agressif, surtout avec les PME », a reconnu il y a quelques jours la secrétaire d’Etat Agnès Pannier Runacher. Une affirmation que Christiane Lambert, la patronne de la FNSEA (premier syndicat agricole) tempère : « oui sur certains produits laitiers, les producteurs ont bénéficié de hausses de tarifs, mais cela portait sur de tout petits volumes, et nous attendons toujours un bilan global ».

Christiane Lambert demande que la DGCCRF fasse davantage de contrôles : « quand on voit des pommes Golden à 4,50 € le kilo en magasin, alors qu’on les paye 0,70 € au producteur, il y a toujours un gros problème… »

Une Commission d’enquête va se pencher sur ces pratiques:

En parallèle de la DGCCRF, les députés vont être amenés à décortiquer ces pratiques dans les semaines à venir, car une commission d’enquête sur ce sujet explosif a été créée sous l’égide de la République en marche. L’enjeu est aussi simple à énoncer que complexe à atteindre : en finir avec ce bras de fer commercial, qui a fait plonger les prix à des niveaux intenables sur le long terme.
Source:Le Parisien.
http://www.leparisien.fr/economie/malgr ... 044968.php

Re: La grande distribution fait toujours la loi sur les prix.

Posté : 03 avril 2019 09:53
par vivarais
qui pouvaient penser qu'il en serait différemment :mdr3:

Re: La grande distribution fait toujours la loi sur les prix.

Posté : 03 avril 2019 13:25
par Jarod1
N'est-ce pas plutôt le consommateur qui fait la Loi ?

Re: La grande distribution fait toujours la loi sur les prix.

Posté : 03 avril 2019 13:31
par Georges61
J'ai du mal à voir en quoi cela pourrait avantager les agriculteurs français que les grandes surfaces augmentnt le prix du coca et du nutella.

Re: La grande distribution fait toujours la loi sur les prix.

Posté : 03 avril 2019 14:27
par sofasurfer
Jarod1 a écrit : N'est-ce pas plutôt le consommateur qui fait la Loi ?
Dans un systeme libéral, c'est le jeu de l'offre et la demande par le biais de la concurrence qui fait loi. Sauf que dans notre systeme ultralibéral, ce qui fait loi c'est surtout l'offre organisée en oligopole. La grande distribution est un bon exemple,4 centrales d'achat se partagent le gâteau sur le dos de 17 000 fournisseurs et possèdent un pouvoir immense pour faire pression sur eux et surtout sur des concepts concurrents.

Il y a 15 ans, un ami et son associé ont créé un concept de magasin sans chariot et sans stock, simplement un showroom avec une douchette pour scanner les produits ,on valide sa commande et un préparateur vous apporte vos courses dans votre coffre de voiture, on avait également la possibilité de commander sur internet et de récupérer la commande sur place.

C'était en fait le prototype du drive de supermarché.

L'idée était géniale et visionnaire, mais aucune banque n'a voulu financer leur projet et les investisseurs ont été influencés pour ne pas mettre leurs billes dans ce projet. Et comme par hasard ils ont été contactés par un groupe de grande distribution, qui leur a fait une proposition financière ridicule pour pouvoir exploiter leur concept, et sans financement ils ne pouvaient pas refuser.

C'est un exemple pour expliquer que dans l’extrême concentration d'un marché, le consommateur n'a que peu d'impact sur l'offre...