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Plusieurs services des Urgences se mettent en grève.

Posté : 13 avril 2019 15:43
par Crapulax
AP-HP : les urgences de plusieurs hôpitaux en grève illimitée à partir de dimanche soir.

Les syndicats souhaitent de meilleures conditions de travail, notamment en terme d’effectifs et de sécurité.

Ils sont en colère et veulent le faire savoir. Des infirmiers et des aides-soignants de plusieurs services d’urgence d’hôpitaux parisiens vont se mettre en grève à partir de dimanche soir, à l’appel notamment de la CGT de l’AP-HP. Dans le détail, les hôpitaux Lariboisière, Pitié-Salpêtrière, Saint-Louis, et Tenon devraient être concernés, rejoignant ainsi celui de Saint-Antoine. Le mouvement se poursuivra lundi et pourrait encore durer, l’appel étant pour une grève illimitée.

« On a appelé tous les services d’urgence à se mettre en grève, je viens d’apprendre que ce sera aussi le cas du personnel de l’hôpital Robert Debré », précise ce samedi Rose-May Rousseau, la secrétaire générale du syndicat, interrogée par le Parisien. Le préavis « est en train de se finaliser, Martin Hirsh [le directeur général de l’AP-HP, NDLR] est passé hier soir mais à moins qu’il ait les poches pleines, ça ne suffira pas », nous précise Yann Guittier, de la CGT de Robert-Debré.

Meilleures conditions de travail:

Ces soignants se plaignent de leurs conditions de travail. Ils souhaitent notamment une revalorisation de leurs salaires, ainsi qu’une hausse des effectifs. Martin Hirsch a déjà promis 45 nouveaux postes pour l’ensemble des 39 hôpitaux. Mais « ça fait à peine un emploi par hôpital, ça ne peut pas suffire », grince Rose-May Rousseau.

Car la fréquentation des services d’urgence des hôpitaux parisiens ne cesse de croître, à hauteur d’environ 3 % par an. « On a des patients qui vivent de plus en plus dans la précarité, et les urgences sont pour certains d’entre eux la porte d’entrée des hôpitaux. D’autant qu’il y a des déserts médicaux aussi à Paris, et que certains patients n’ont pas accès à un médecin », estime la représente syndicale.

Service minimum:

Autre revendication des syndicats : la sécurité. Plusieurs agressions de soignants par des patients ont eu lieu depuis le début de l’année dans hôpitaux franciliens, dont l’une, le 13 janvier, visant deux infirmières et une aide-soignante. « La sécurité ne doit pas être prise en charge par des vigiles mais par du personnel formé habilité à intervenir en contact avec des agresseurs ou des patients agités », revendique Rose-May Rousseau.

« On n’est pas centré sur nous, nos revendications doivent aussi permettre une meilleure prise en charge des patients », précise Yann Guittier.

L’accueil des patients ne devrait pas être affecté dans les services d’urgence en grève, service minimum oblige. Les soignants grévistes seront munis d’un brassard, et certains pourraient installer des piquets de grève, en dehors de leurs temps de travail.

Des négociations pourraient débuter lundi avec, autour de la table, des représentants de la direction, des syndicats, et aussi d’autres porte-paroles du personnel.
Source:Le Parisien.
http://www.leparisien.fr/economie/ap-hp ... 052462.php

Re: Plusieurs services des Urgences se mettent en grève.

Posté : 13 avril 2019 15:47
par Crapulax
.......................................Les hôpitaux français plombés par la dette et les déficits....................................


Les établissements publics de santé continuent de générer du déficit.

Le déficit des établissements publics est évalué à 650 millions d’euros en 2018. En cause, une baisse des tarifs que leur paye l’assurance maladie. En outre, la dette de 30 milliards d’euros limite les investissements.

Depuis plusieurs années le système de santé est sous forte pression budgétaire. Condamnés à faire toujours plus avec toujours moins, beaucoup d’hôpitaux (publics et privés) vivent sous perfusion. Même les paquebots que sont les Centres hospitaliers universitaires (CHU) dérivent. Selon la Conférence des directeurs généraux de CHU, un établissement sur deux est en déficit et leur déficit global a bondi en 2017 de 52 à 268 millions d’euros.

Le ministère de la Santé réfléchit à de nouveaux modes de financement qui prennent mieux en compte le travail des établissements et les besoins de la population. Mais sans hausse des moyens, il est peu probable qu’une simple redistribution suffise à redonner des couleurs à l’hôpital. En neuf ans, les tarifs payés par l’assurance maladie aux hôpitaux pour rémunérer leurs actes ont baissé de 5 % tandis que, dans le même temps, l’inflation grimpait de 9,4 %. « On est à l’os », martèle depuis plusieurs mois le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux.

Une hausse des tarifs des actes qui ne change rien:

Loin de se sortir d’affaires, les établissements publics de santé continuent de générer du déficit. Après un trou de 870 millions d’euros constaté en 2017, la FHF évalue à près de 650 millions d’euros le déficit de 2018. Pour 2019, malgré une légère hausse des tarifs des actes (0,5 %) accordée début mars par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le tableau ne sera guère plus reluisant.

Notamment parce que les hôpitaux vont être de nouveau confrontés à une vague de revalorisation des salaires et des carrières dont l’impact est évalué à 200 millions d’euros en 2019. Depuis 2014, la FHF a calculé qu’il manque 1 milliard d’euros dans les caisses des hôpitaux par rapport à ce qui aurait dû leur être payé et qui a été voté par les parlementaires.

À côté des déficits, il y a un autre boulet : la dette de 30 milliards d’euros. « Cela impacte forcément la capacité d’investissement des hôpitaux », constate Cécile Chevance, responsable des affaires financières à la FHF. De 6 milliards d’euros en 2012, cette enveloppe permettant de rénover et de moderniser l’hôpital est tombée à 3,9 milliards d’euros en 2017.

« Or, poursuit Cécile Chevance, nous avons besoin d’investir, notamment dans le virage numérique, sur lequel la France est en retard, mais aussi dans les bâtiments, qui se dégradent, les matériels qui sont moins à la pointe… » Dans un rapport publié en 2018, la Cour des comptes estimait qu’un tiers des hôpitaux publics étaient en situation d’« endettement excessif », soit 319 établissements.

Incapables de payer leurs charges sociales à l’URSSAF:

Certains hôpitaux sont dans une telle situation financière qu’ils ne peuvent plus payer… leurs charges sociales à l’URSSAF (organismes régionaux chargés de leur recouvrement). Interrogée pour savoir combien d’établissements hospitaliers sont dans cette situation et pour quel montant, l’ACOSS, l’agence centrale qui regroupe les Urssaf, a refusé de lever le voile.

Mais nous avons pu consulter un rapport de la Direction de la statistique, des études et de la prévision, qui dépend de l’Acoss, un document qui dresse un état des lieux au 31 décembre 2018 des charges sociales impayées. S’agissant du secteur de la « santé humaine », sa dette globale atteint 75 millions d’euros, soit un taux d’impayé de 0,77 %. C’est peu comparé aux 9,77 milliards d’euros à collecter en 2018. Mais c’est beaucoup comparé au reste du secteur public, comme les collectivités territoriales et régionales dont le taux d’impayés est dix fois inférieur, ou encore la fonction publique d’Etat, 25 fois inférieur.

Mauvais signe, ce taux d’impayés a progressé en 2018, de 0,14 point, contre seulement 0,02 sur l’ensemble du secteur public. « 87 % des établissements de santé n’ont généré aucune dette sociale et pour 8 % les impayés sont inférieurs à 10 000 euros. 86 % de la dette est portée par 14 établissements seulement », insiste le ministère, sans donner de noms ni la taille de ces débiteurs et encore moins le montant de leur dette.

Mais c’est sans compter la dette sociale des établissements d’Outre-Mer, où l’on compte 38 hôpitaux publics de santé. Ici, la dette atteint 48 millions d’euros et le taux d’impayé est de 12,4 %.
Source:Le Parisien.
http://www.leparisien.fr/economie/les-h ... 052324.php

Re: Plusieurs services des Urgences se mettent en grève.

Posté : 16 avril 2019 05:42
par Crapulax
...........................La grève illimitée des services d’urgence de l’AP-HP prend de l’ampleur..........................


Tous protestent contre les agressions et le manque de personnel.

Plus grand hôpital d’Europe avec 39 établissements, qui accueille plus de 10 millions de patients par an et emploie 120.000 personnes, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est confrontée depuis dimanche à un mouvement de grève. Dénonçant la violence devenue quotidienne, plusieurs services d’urgences ont entamé une grève illimitée, notamment à Lariboisière, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Louis et Tenon. Ils ont rejoint l’hôpital Saint-Antoine, en grève depuis le 18 mars après une série d’agressions (cinq en une nuit).

«Le peuple est devenu violent, il n’y a plus de respect de l’autre, plus de politesse, certains exigent de n’être soignés que par des hommes ou que par des femmes. Le personnel n’en peut plus de se faire insulter et tabasser», affirme Patrick Pelloux, urgentiste et président de l’Association des médecins urgentistes de France. Lundi soir, alors que le taux de grévistes a dépassé les 30% en journée, quatre nouveaux préavis ont été déposés à Cochin, Robert-Debré, Bicêtre et Georges-Pompidou.

Une vraie rupture:

Dès la semaine dernière, le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, a tenté de désamorcer la fronde en promettant notamment 45 postes supplémentaires à répartir selon les besoins des services. Mais selon l’urgentiste CGT Christophe Prudhomme, il manque «700 postes pour assurer la sécurité des patients». Les grévistes réclament aussi une prime de 300 euros net par mois pour tenir compte de la pénibilité du travail aux urgences.

«Les préoccupations exprimées sont prises très au sérieux. On ne nie pas les difficultés et on essaie de voir quelle réponse la plus adaptée peut être apportée», a indiqué au FigaroMartin Hirsch. Lors d’une réunion avec les syndicats, lundi matin, la direction s’est engagée à ce que les effectifs des urgences évoluent désormais proportionnellement à l’activité. Une vraie rupture. Sur la prime pour dangerosité et risque particulier, qui est aujourd’hui très faible (5 à 6 euros mensuels), la direction s’est engagée à la pousser au maximum réglementaire pour tous les personnels des urgences. Sans donner de chiffre.

Seules les questions sécuritaires ont fait l’objet de «quelques avancées», avec la promesse de maintenir des «vigiles 24 heures sur 24» aux urgences. «Une prime d’insalubrité et de dangerosité pourrait éventuellement être proposée aux agents, mais elle atteint au maximum 90 euros brut par mois, c’est insuffisant», estime Christophe Prudhomme.

Mais le malaise est plus profond. Une journée de grève générale est d’ailleurs prévue vendredi prochain, à la veille du week-end de Pâques, pour protester contre la pénurie de personnel alors que les hôpitaux sont contraints depuis des années de faire des économies pour tenir l’envolée des dépenses de santé. Confrontée à une dégradation de ses comptes depuis 2017, l’AP-HP a serré la vis sur ses dépenses de personnel, gelées jusqu’en 2023, ce qui s’est traduit par la suppression de 405 équivalents temps plein (ETP) l’an dernier et une nouvelle coupe prévue de 779 ETP cette année.

Consciente des tensions, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a relâché l’étau fin février en accordant 300 millions d’euros supplémentaires aux hôpitaux et une hausse de 0,5 % des tarifs hospitaliers en 2019 après des années de baisse. Une mesure qui a permis à Martin Hirsch d’annoncer que toute infirmière partant en congé maternité sera désormais remplacée, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.
Source:Le Figaro.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/la-g ... r-20190415[/quote]