La véritable contribution des entreprises du CAC 40.
Posté : 14 mai 2019 15:12
Salaires, impôts, dividendes :La véritable contribution des entreprises du CAC 40.
Pour la seconde année, l'institut économique Molinari montre que les grands groupes français ne sont pas seulement au service de leurs actionnaires.
L'année dernière, les dividendes ont atteint 46,5 milliards d'euros et pourraient dépasser 50 milliards cette année.
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Pour la seconde année, l'institut économique Molinari montre que les grands groupes français ne sont pas seulement au service de leurs actionnaires.
L'année dernière, les dividendes ont atteint 46,5 milliards d'euros et pourraient dépasser 50 milliards cette année.
Source:Le Point.Les entreprises du CAC 40 ne profitent-elles qu'à leurs actionnaires ? C'est la conclusion que l'on pourrait tirer en se focalisant sur le montant des dividendes qu'elles distribuent. L'année dernière, ils ont atteint 46,5 milliards d'euros et pourraient dépasser 50 milliards cette année, selon Facset, une société de gestion de données financières et d'édition de logiciels. Un record. Mais cette focalisation sur les dividendes est trompeuse. L'institut économique Molinari (IEM), un think tank d'inspiration libérale, a donc décidé, pour la seconde année consécutive, de calculer la répartition de la contribution sociale et fiscale des très grandes entreprises entre leurs salariés, les actionnaires et l'État. De quoi changer le regard sur les grands groupes.
L'année dernière, les entreprises du CAC 40 ont créé 373 milliards d'euros de richesses à travers le monde. Sur ce total, 265 milliards d'euros sont allés dans la poche de leurs salariés : 260 milliards au titre des dépenses de personnels (salaires, primes, protection sociale obligatoire et facultative…), 4 milliards au titre de l'épargne et de l'actionnariat salarié et 1 milliard de dividendes au travers des actionnaires salariés. Les États arrivent en deuxième position, selon l'étude de l'IEM. Ils ont empoché 72 milliards via les impôts qu'ils prélèvent sur les entreprises elles-mêmes, mais aussi sur les dividendes distribués aux actionnaires. Ces derniers arrivent en troisième position avec 36 milliards d'euros nets d'impôts.
Les salariés sont les principaux bénéficiaires de la contribution des entreprises, a calculé l'Institut économique Molinari.
Par rapport à la première édition de l'étude de Molinari, portant sur l'année 2016, les États sont ceux qui ont le plus vu leurs revenus progresser (+14 %), devant les salariés (+ 10 %) et les actionnaires (+ 2 %).
Les États, grands bénéficiaires:
L'État français profite largement de cette manne récoltée par les États sur le CAC 40. « D'une part, il bénéficie de recettes liées aux impôts de production deux fois plus élevés qu'en moyenne. Ces impôts, prélevés avant même que les entreprises fassent des bénéfices, représentent 3,2 % du PIB en France, contre 1,6 % du PIB en moyenne dans l'Union européenne et 0,4 % du PIB en Allemagne. Méconnus du grand public, ils constituent pourtant une source de rentrées fiscales deux fois plus significative que l'impôt sur les sociétés, avec 72 milliards d'euros contre 36 milliards d'euros déduction faite des crédits d'impôt », écrivent les deux auteurs de l'étude, Nicolas Marquez et Cécile Philippe.
Le tableau change si l'on se concentre sur la répartition des seuls résultats non réinvestis des entreprises. À cette aune, les États deviennent les premiers bénéficiaires des résultats, devant les actionnaires et les salariés. Mais ils ne représentent, au total, qu'un quart de la contribution des grandes entreprises françaises, soulignent les auteurs.
Les États se partagent l'essentiel des résultats non réinvestis des entreprises via l'imposition des dividendes et l'impôt sur les sociétés.
Une étude menée en commun par les partenaires sociaux*, c'est-à-dire les organisations patronales et syndicales, montre par ailleurs que la part des dividendes versés aux actionnaires et des intérêts payés aux banques dans la valeur ajoutée des entreprises est « restée relativement stable sur le long terme », contrairement à ce que laissait entendre une étude polémique de l'ONG Oxfam sur la distribution des dividendes des très grandes entreprises.
Cette nouvelle étude, parue en 2019, et validée par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC (mais pas la CGT ni FO), élargit la focale à l'ensemble des entreprises françaises et non plus seulement les plus grandes d'entre elles. Les dividendes ont pourtant fortement augmenté, alors que les entreprises se finançaient en levant des fonds propres, plutôt qu'en faisant appel aux banques. Mais les intérêts versés ont reculé en parallèle, reflétant cette évolution.
Le patronat et les syndicats notent que les deux tiers de la valeur ajoutée sont destinés aux salaires et traitements bruts, une proportion « constante depuis 1970 ». Cette proportion a toutefois varié au cours du temps. De 1973 à 1982, les salaires (y compris cotisations sociales salariés et employeurs) ont enregistré une forte augmentation, plus rapide que la valeur ajoutée créée par les entreprises. Ils ont en effet été indexés sur la très forte hausse des prix liée aux chocs pétroliers.
Entre 1982 et 1989, le mouvement s'est inversé avec la modération salariale inaugurée par la gauche sous François Mitterrand. On observe ensuite une relative stabilité de 1990 à 2007. Avec la crise, de 2008 à 2014, la masse des salaires versés a à nouveau progressé plus rapidement que la valeur ajoutée des entreprises. « Ceci est moins le fait d'une augmentation des salaires individuels que d'une évolution de l'emploi moins défavorable que celle de l'activité économique », explique l'étude. Depuis 2015, la progression est à nouveau stable.
Une exception remarquable dans les États riches. « Dans la plupart des pays de l'OCDE, la dynamique à l'œuvre est bien celle d'une déformation permanente du partage de revenus en faveur des profits et au détriment des salariés. Le processus a débuté à la fin des années 1980 », écrit Patrick Artus, chroniqueur au Point, dans un livre paru en 2018, Et si les salariés se révoltaient ? Il faut toutefois noter que ce phénomène est moins fort en Europe qu'aux États-Unis et qu'au Japon, qui peine à se sortir d'une déflation larvée, tant la progression des salaires y est faible.
.....Le podium des bénéficiaires du partage des résultats des entreprises du CAC 40:...Lien du tableau:
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