Déblocage anticipé d'aides aux agriculteurs
Posté : 22 juillet 2019 17:43
bonsoir
https://www.francetvinfo.fr/economie/em ... 45705.html
« Le gouvernement va demander le versement anticipé d'une partie des aides européennes aux agriculteurs, a annoncé le ministre de l'Agriculture, dimanche 21 juillet. "En général, 50% des aides liées à la Politique agricole commune (PAC) sont attribuées à la mi-octobre. Nous allons demander à l'Union européenne de faire passer ce pourcentage de 50% à 70% et ce, dès le 16 octobre. Cela représentera un milliard d'euros d'avance de trésorerie supplémentaire", indique Didier Guillaume dans une interview au Parisien.
"Nous devons aider les agriculteurs en difficulté à passer ce cap difficile, notamment ceux qui ont du mal à nourrir leurs bêtes ou utilisent déjà les stocks de foin qui devaient être gardés pour cet automne et cet hiver", poursuit le ministre. »
Débloquer des fonds d'urgence chaque fois (grêles pluie sécheresse etc) n'est pas une solution pour remédier au malaise profond du monde agricole malmené par la mondialisation et qui dure depuis des années
Les précédents gvt et l'actuel n'ont pas toujours porter aux cinq plaies de l'agriculture française.que voici en résumé
1. Une PAC devenue obsolète
Certes, l'Europe est moins protectrice que par le passé et les marchés se sont ouverts, mais la politique agricole commune (PAC) pèse encore 50 milliards d'euros par an. Elle bénéficie largement à la France qui touche 7,44 milliards d'euros de subventions, avec, depuis 2014, une plus grande latitude laissée au gouvernement français sur la façon de redistribuer ces sommes.
Les critères environnementaux ont pris le dessus sur les primes à l'hectare et à la production. Mais ces aides n'ont pas compensé la chute des revenus.
2. Pas assez de bio
C'est une chance historique pour les agriculteurs : problème !: l'agriculture française n'est pas prête, même si les surfaces consacrées au bio sont en constante progression.car historiquement orientée vers un modèle intensif, donc elle n'arrive pas à satisfaire la demande. ( Le retard à l'allumage sur le bio et sur la mise en place de circuits courts est peut-être dû au poids des tenants d'une agriculture orthodoxe.)
3. Le conservatisme de la FNSEA
C'est un tabou que l'on évoque seulement " en off " dans les états-majors mais plus de soixante-dix ans de cogestion entre l'Etat et le syndicat historique ont créé de vieilles habitudes et ne favorisent pas les idées neuves. De la MSA aux Chambres d'agriculture en passant par le Crédit agricole, le Conseil économique et social ou les Safer, les cadres de la FNSEA sont omniprésents et décident de tout, en relation avec des fonctionnaires qu'ils connaissent bien. Seul Jean-Luc Mélenchon a osé rompre le consensus (au lance-flammes) lors d'une réunion sur l'agriculture à Toulouse en août dernier, en dénonçant " l'affairisme " des coopératives toutes-puissantes et " l'espèce de haute industrie liée à la finance et aux grandes transactions internationales " la question du poids de la FNSEA mérite d'être posée .
4. Trop de normes
La journaliste Isabelle Saporta a fait un tabac lorsqu'elle a révélé dans son enquête parue en 2015 Fouteznous la paix ! (Albin Michel) l'existence d'une " Brigade de la végétation concurrentielle ", chargée de mesurer la hauteur de l'herbe entre les rangs de vigne. Cet authentique service de l'administration française, en traquant les herbes folles, incite les viticulteurs à abuser des désherbants chimiques pour ne pas être pris en défaut. La suppression des normes débiles qui tuent l'initiative et grèvent la compétitivité,
5. Une toute-puissante grande distribution
Pas facile de négocier ses prix dans un pays où la grande distribution est aussi puissante et concentrée.
https://www.francetvinfo.fr/economie/em ... 45705.html
« Le gouvernement va demander le versement anticipé d'une partie des aides européennes aux agriculteurs, a annoncé le ministre de l'Agriculture, dimanche 21 juillet. "En général, 50% des aides liées à la Politique agricole commune (PAC) sont attribuées à la mi-octobre. Nous allons demander à l'Union européenne de faire passer ce pourcentage de 50% à 70% et ce, dès le 16 octobre. Cela représentera un milliard d'euros d'avance de trésorerie supplémentaire", indique Didier Guillaume dans une interview au Parisien.
"Nous devons aider les agriculteurs en difficulté à passer ce cap difficile, notamment ceux qui ont du mal à nourrir leurs bêtes ou utilisent déjà les stocks de foin qui devaient être gardés pour cet automne et cet hiver", poursuit le ministre. »
Débloquer des fonds d'urgence chaque fois (grêles pluie sécheresse etc) n'est pas une solution pour remédier au malaise profond du monde agricole malmené par la mondialisation et qui dure depuis des années
Les précédents gvt et l'actuel n'ont pas toujours porter aux cinq plaies de l'agriculture française.que voici en résumé
1. Une PAC devenue obsolète
Certes, l'Europe est moins protectrice que par le passé et les marchés se sont ouverts, mais la politique agricole commune (PAC) pèse encore 50 milliards d'euros par an. Elle bénéficie largement à la France qui touche 7,44 milliards d'euros de subventions, avec, depuis 2014, une plus grande latitude laissée au gouvernement français sur la façon de redistribuer ces sommes.
Les critères environnementaux ont pris le dessus sur les primes à l'hectare et à la production. Mais ces aides n'ont pas compensé la chute des revenus.
2. Pas assez de bio
C'est une chance historique pour les agriculteurs : problème !: l'agriculture française n'est pas prête, même si les surfaces consacrées au bio sont en constante progression.car historiquement orientée vers un modèle intensif, donc elle n'arrive pas à satisfaire la demande. ( Le retard à l'allumage sur le bio et sur la mise en place de circuits courts est peut-être dû au poids des tenants d'une agriculture orthodoxe.)
3. Le conservatisme de la FNSEA
C'est un tabou que l'on évoque seulement " en off " dans les états-majors mais plus de soixante-dix ans de cogestion entre l'Etat et le syndicat historique ont créé de vieilles habitudes et ne favorisent pas les idées neuves. De la MSA aux Chambres d'agriculture en passant par le Crédit agricole, le Conseil économique et social ou les Safer, les cadres de la FNSEA sont omniprésents et décident de tout, en relation avec des fonctionnaires qu'ils connaissent bien. Seul Jean-Luc Mélenchon a osé rompre le consensus (au lance-flammes) lors d'une réunion sur l'agriculture à Toulouse en août dernier, en dénonçant " l'affairisme " des coopératives toutes-puissantes et " l'espèce de haute industrie liée à la finance et aux grandes transactions internationales " la question du poids de la FNSEA mérite d'être posée .
4. Trop de normes
La journaliste Isabelle Saporta a fait un tabac lorsqu'elle a révélé dans son enquête parue en 2015 Fouteznous la paix ! (Albin Michel) l'existence d'une " Brigade de la végétation concurrentielle ", chargée de mesurer la hauteur de l'herbe entre les rangs de vigne. Cet authentique service de l'administration française, en traquant les herbes folles, incite les viticulteurs à abuser des désherbants chimiques pour ne pas être pris en défaut. La suppression des normes débiles qui tuent l'initiative et grèvent la compétitivité,
5. Une toute-puissante grande distribution
Pas facile de négocier ses prix dans un pays où la grande distribution est aussi puissante et concentrée.