Fin de la décennie dorée pour l'économie Allemande.
Posté : 14 août 2019 13:56
La piètre performance du PIB allemand pourrait relancer la conversation sur la relance budgétaire, à laquelle la Chancelière Angela Merkel se dit encore opposée.
Le produit intérieur brut allemand s'est contracté de 0,1% au deuxième trimestre, heurté par la baisse de ses exportations, élément clef de son succès économique.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/alle ... e-20190814
Le produit intérieur brut allemand s'est contracté de 0,1% au deuxième trimestre, heurté par la baisse de ses exportations, élément clef de son succès économique.
Source:Le Figaro.
Le «modèle allemand» toussote. L'économie du pays s'est légèrement contractée au deuxième trimestre, avec un recul de 0,1% du produit intérieur brut par rapport aux trois mois précédents. Elle est freinée par les moindres performances de son économie extérieure, a annoncé ce mercredi l'Office fédéral des statistiques, Destatis.
La croissance allemande est en dents de scie depuis plusieurs mois. Ce chiffre marque un coup de d'arrêt pour la première économie de la zone euro après le rebond de 0,4% du PIB au premier trimestre et alors que l'Allemagne avait échappé d'un cheveu à la récession pendant la seconde moitié de 2018. Les chiffres, corrigés des variations saisonnières sont conformes aux attentes des analystes interrogés par Factset.
«La fin d'une décennie en or»:
Le chiffre du PIB allemand «marque définitivement la fin d'une décennie en or pour l'économie allemande», commente Carsten Brzeski, économiste chez ING Bank, qui rappelle que depuis la fin de la récession de 2008-2009, l'économie allemande a progressé en moyenne de 0,5% en glissement trimestriel. «Inévitablement, la discussion sur les mesures de relance budgétaire va se raviver», ajoute-t-il, bien que la chancelière allemande Angela Merkel ait d'emblée écarté mardi l'idée d'un plan de relance via de la dette.
L'Allemagne bénéficie toujours d'atouts solides. D'avril à juin, la première économie européenne a principalement été tirée par la demande intérieure, en particulier la consommation privée, la dépense publique et les investissements, avec un léger recul toutefois dans la construction, explique Destatis.
Demande extérieure freinée:
La demande extérieure, moteur traditionnel de l'industrie allemande qui vacille sérieusement depuis un an, a ralenti la croissance économique. «Les exportations ont diminué plus fortement que les importations» par rapport au trimestre précédent, poursuit l'Office des statistiques. La balance commerciale bénéficiaire de l'Allemagne qui faisait sa force, jusqu'à présent, la rend aussi très dépendante de la conjoncture commerciale internationale.
Or les mesures protectionnistes lancées par les États-Unis, en conflit commercial notamment avec la Chine, ainsi que le feuilleton interminable du Brexit au sein de l'Union européenne ont eu pour impact de freiner la demande de biens d'équipement allemands tels que les automobiles et machines-outils. Les Etats-Unis, l'Union européenne et la Chine restent les trois plus importants partenaires commerciaux du pays, et l'Allemagne est plus sensible au ralentissement de la demande externe que ses partenaires : lorsque les échanges ralentissent, son économie suit une évolution similaire.
Le gouvernement allemand pessimiste:
Résultat, l'Allemagne rejoint la Grande-Bretagne, dont l'économie s'est également contractée d'avril à juin (-0,2%). En zone euro, l'élève modèle de la dernière décennie fait désormais moins bien que l'Italie (0%) et la France (+0,2%) lors du trimestre écoulé.
Après avoir progressé de 2,2% en 2017 et 1,4% l'an dernier, le PIB allemand est attendu en hausse de 0,7 % seulement cette année et en progression de 1,7 % l'année suivante, selon le Fonds monétaire international (FMI). Plus pessimiste, le gouvernement allemand anticipe depuis la mi-avril une croissance de 0,5% cette année, avant une ré-accélération à +1,5% l'an prochain.
Ces prévisions d'un redémarrage de l'économie allemande dès l'année prochaine, sont partagées par l'Union européenne qui prévoit une croissance égale à celle de la France et de la zone euro, à 1,5%. Après un moment de faiblesse, le moteur allemand devrait donc repartir, à l'inverse d'autres nations européennes que Bruxelles voit stagner : l'Italie, ainsi, devrait connaître une augmentation limitée de son PIB à 0,7%.
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