Tunisie: Kaïs Saïed, nouveau président très conservateur ..
Posté : 14 octobre 2019 12:39
Tunisie -Elections : des pas en avant puis des pas en arrière .. les démocrates, les progressistes sont perdants
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A la Une: Kaïs Saïed, nouveau président de la Tunisie
« Le train Saïed n’a jamais changé de direction.
Cet apôtre du droit, de la loi et de la constitution, martèle les mêmes idées de journaux télévisés en cafés. Sur un ton saccadé, ce qui lui vaut le surnom de 'Robocop', droit comme un i, économe de ses émotions, il veut l’application de la loi pour et par le peuple.
Il souhaite renverser la pyramide des pouvoirs en défaisant l’Assemblée des représentants du peuple. Il veut que les députés soient désormais élus par des conseils d’élus locaux afin de rapprocher le peuple du pouvoir.
Pour cela, il lui faudra un vote favorable du parlement. »
En tout cas, poursuit Le Point Afrique, « sa large victoire signifie un vaste rejet de la situation politique toxique qui prédomine en Tunisie depuis 2014, de la corruption généralisée et de la marginalisation d’une partie de la population. Il est pour la peine de mort, la poursuite de la criminalisation des homosexuels et contre l’égalité homme-femme devant l’héritage. Il assume son conservatisme, jugeant que la société tunisienne l’est et qu’il est inutile de l’embarquer dans des débats hors-de-propos, de perdre du temps sur ce sujet. »
En effet, pointe Le Monde Afrique, « la 'révolution' de Kaïs Saïed ne se déploie pas dans tous les domaines. Autant il innove au plan institutionnel, autant il demeure d’un conservatisme bon teint sur le terrain socio-religieux. »
Qui plus est, poursuit Le Monde Afrique, « avec les partenaires occidentaux de la Tunisie, les choses ne seront pas non plus très aisées. Le nouveau président tunisien ne cache pas un souverainisme sourcilleux puisé dans une sensibilité nationaliste arabe. Il faut aussi voir là la source de son agacement à l’égard des revendications sur la dépénalisation de l’homosexualité ou l’égalité successorale, des +faux problèmes+ à ses yeux inspirés par des 'recommandations européennes'. (…)
En choisissant Kaïs Saïed, la Tunisie se dote d’un nouveau président davantage en phase avec l’identité arabo-musulmane du pays que n’avait semblé l’être son prédécesseur Béji Caïd Essebsi, formé à l’école d’un bourguibisme pro-occidental.
Alors, Kaïs Saïed aura-t-il les moyens de ses ambitions ?, s’interroge Jeune Afrique. Pour ce qui est de son projet de refonte des institutions, « le dernier mot avant l’adoption de cette réforme reviendrait à l’Assemblée. Tout projet de loi présidentiel pour réformer la Constitution devrait en effet être approuvé à la majorité parlementaire des deux tiers. Or, pointe JA, en l’absence de parti et donc de députés, Kaïs Saïed pourrait peiner à obtenir des soutiens au sein de l’hémicycle. D’autant plus qu’un tel projet exigerait de la prochaine Assemblée qu’elle s’auto-dissolve pour le mettre en place. »
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A la Une: Kaïs Saïed, nouveau président de la Tunisie
« Le train Saïed n’a jamais changé de direction.
Cet apôtre du droit, de la loi et de la constitution, martèle les mêmes idées de journaux télévisés en cafés. Sur un ton saccadé, ce qui lui vaut le surnom de 'Robocop', droit comme un i, économe de ses émotions, il veut l’application de la loi pour et par le peuple.
Il souhaite renverser la pyramide des pouvoirs en défaisant l’Assemblée des représentants du peuple. Il veut que les députés soient désormais élus par des conseils d’élus locaux afin de rapprocher le peuple du pouvoir.
Pour cela, il lui faudra un vote favorable du parlement. »
En tout cas, poursuit Le Point Afrique, « sa large victoire signifie un vaste rejet de la situation politique toxique qui prédomine en Tunisie depuis 2014, de la corruption généralisée et de la marginalisation d’une partie de la population. Il est pour la peine de mort, la poursuite de la criminalisation des homosexuels et contre l’égalité homme-femme devant l’héritage. Il assume son conservatisme, jugeant que la société tunisienne l’est et qu’il est inutile de l’embarquer dans des débats hors-de-propos, de perdre du temps sur ce sujet. »
En effet, pointe Le Monde Afrique, « la 'révolution' de Kaïs Saïed ne se déploie pas dans tous les domaines. Autant il innove au plan institutionnel, autant il demeure d’un conservatisme bon teint sur le terrain socio-religieux. »
Qui plus est, poursuit Le Monde Afrique, « avec les partenaires occidentaux de la Tunisie, les choses ne seront pas non plus très aisées. Le nouveau président tunisien ne cache pas un souverainisme sourcilleux puisé dans une sensibilité nationaliste arabe. Il faut aussi voir là la source de son agacement à l’égard des revendications sur la dépénalisation de l’homosexualité ou l’égalité successorale, des +faux problèmes+ à ses yeux inspirés par des 'recommandations européennes'. (…)
En choisissant Kaïs Saïed, la Tunisie se dote d’un nouveau président davantage en phase avec l’identité arabo-musulmane du pays que n’avait semblé l’être son prédécesseur Béji Caïd Essebsi, formé à l’école d’un bourguibisme pro-occidental.
Alors, Kaïs Saïed aura-t-il les moyens de ses ambitions ?, s’interroge Jeune Afrique. Pour ce qui est de son projet de refonte des institutions, « le dernier mot avant l’adoption de cette réforme reviendrait à l’Assemblée. Tout projet de loi présidentiel pour réformer la Constitution devrait en effet être approuvé à la majorité parlementaire des deux tiers. Or, pointe JA, en l’absence de parti et donc de députés, Kaïs Saïed pourrait peiner à obtenir des soutiens au sein de l’hémicycle. D’autant plus qu’un tel projet exigerait de la prochaine Assemblée qu’elle s’auto-dissolve pour le mettre en place. »