Page 1 sur 1

Un ex-entraineur de natation inculpé d'abus sexuels sur 23 enfants.

Posté : 08 novembre 2019 06:08
par Crapulax
Le procès de Dominique Hébert, 52 ans, ex-entraîneur emblématique du club de natation de Pont-Saint-Pierre, s’ouvre ce vendredi devant la cour d’assises de l’Eure.

D’abord dans une forme de déni, Dominique Hébert, qui encourt jusqu’à vingt ans de prison, a reconnu les faits.

« Qui dort avec moi ce soir ? » A chaque compétition, la question revenait, inlassablement, dans la bouche de Dominique Hébert… sans qu'aucun des jeunes qu'il entraînait ne voie le problème.

C'est toute la force du conditionnement mis en place par ce maître nageur, aujourd'hui âgé de 52 ans et qui comparaît, détenu, à partir de ce vendredi aux assises de l'Eure pour des viols et agressions sexuelles sur de jeunes, voire de très jeunes garçons : 23 victimes aujourd'hui adultes, abusées parfois dès l'âge de 9 ans, sur plusieurs générations - les faits se sont étalés sur dix-sept longues années.

Tous ces garçons étaient inscrits en section compétition à la piscine de Pont-Saint-Pierre (Eure), une bourgade d'un peu plus de 1 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Rouen et une quarantaine d'Évreux, mais que Dominique Hébert avait réussi à imposer dans le monde de la natation, obtenant d'excellents résultats dès l'ouverture de l'équipement, en 1994.

Sympathique, drôle, pédagogue, dévoué… En plus de ses succès sportifs, l'homme, surnommé « chouchou », était unanimement apprécié de ses collègues, des parents et des élus - il sera d'ailleurs conseiller municipal pendant dix ans. De quoi lui conférer le statut de véritable « institution » locale, ou selon les mots d'une de ses victimes, de « dieu des maîtres nageurs ».

Des séances de masturbations collectives:

La pluie de louanges cesse lorsqu'en 2014, en proie à une lourde dépression, un ancien élève dépose plainte. La première d'une longue liste. Tous racontent une même mécanique : « la mise en place d'une extrême proximité avec celui qu'ils considéraient comme un grand frère, dans une ambiance hypersexualisée », décrit Me Rodolphe Costantino qui, avec Me Marie Grimaud, défend les intérêts de la plupart des parties civiles.

A la piscine, lors des stages, des compétitions, et même à son domicile, Dominique Hébert proposait des « câlins » et des « chatouilles » sous forme de jeux. Des « chiches ou pas chiches » qui se transformaient peu à peu en agressions sexuelles et viols, alors que l'entraîneur incitait à des séances de masturbations collectives, isolait certains pour pratiquer ou demander des fellations et des pénétrations, parfois à plusieurs. De quoi renforcer encore la culpabilité de ces gamins, déjà pris dans un conflit de loyauté envers cet adulte de confiance - un homme qu'ils connaissaient depuis des années, et qui, pour beaucoup, leur avait appris à nager.

« Ces agissements se déroulaient sans violence, mais avec un conditionnement de l'enfant qui, confronté à une sexualité adulte qu'il méconnaît, fait ce qu'on lui demande sans se poser de questions, et banalise », détaille Me Costantino, insistant sur la notion de « surprise » du consentement, l'une des caractéristiques du viol selon le Code pénal.

Il avait la totale confiance des parents:

Ami de certaines familles au point d'être invité à des mariages, Dominique Hébert avait la totale confiance des parents qui laissaient leur fils passer du temps et même dormir, les week-ends, chez lui. « C'était le paradis pour eux, reprend Me Costantino. Il avait une décapotable, des jeux vidéo, des DVD et Internet, à une époque où cela était encore peu répandu… »

« Ce n'était pas un piège, mais bien son mode de vie », nuance Me Arielle Le Guedes, avocate de l'accusé, dont elle souligne, expertises à l'appui, la grande « immaturité ». « On est là face à un grand ado dont l'orientation sexuelle n'était pas assumée et qui s'est trouvée réalisée sur des jeunes.

Mais il n'y avait pas d'attirance de type pédophile », insiste-elle.

D'abord dans une forme de déni, estimant n'avoir jamais forcé ces garçons qui selon lui étaient « demandeurs », voire pour certains « en couple » avec lui, Dominique Hébert, qui encourt jusqu'à vingt ans de prison, a reconnu les faits. « Ceux-ci avaient cessé en 2011 lors d'une prise de conscience personnelle, trois ans avant la première plainte », appuie encore son avocate.

«L'enfant abusé aussi jeune est une bombe à retardement…»

Trop tard pour les victimes, qui subissent aujourd'hui de graves répercussions au plan personnel et sexuel : « troubles obsessionnels compulsifs (TOC), phobies, problèmes d'alcool. L'enfant abusé aussi jeune est une bombe à retardement… », soupire Me Costantino, habitué de ces dossiers difficiles.

« Ils ne demanderont pas le huis clos, et c'est courageux, souligne pour sa part Me Nathalie Bucquet, avocate de l'association Innocence en danger, également partie civile. Leur désir est que cette parole soit entendue, pour faire barrage aux univers clos comme celui du sport. Car ce qui est notable dans ce dossier et doit nous interroger, c'est la façon dont personne, en dépit du nombre de victimes, n'a su ou voulu voir durant autant d'années. »
Source:Le Parisien.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/l ... 188812.php

Re: Un ex-entraineur de natation inculpé d'abus sexuels sur 23 enfants.

Posté : 08 novembre 2019 10:26
par sofasurfer
Malheureusement, des encadrants sportifs ayant commis des attouchements sexuels sur des enfants, il y en a eu des tonnes, profitant de devoir manipuler les enfants pour commettre leur forfait dégueulasse. Nombre d'entre eux ne seront jamais inquiétés au bénéfice du doute et du silence honteux...

Re: Un ex-entraineur de natation inculpé d'abus sexuels sur 23 enfants.

Posté : 16 novembre 2019 11:06
par Crapulax
.........................................Pédophilie: Le «dieu des maîtres nageurs» condamné à 20 ans de réclusion........................................


Dominique Hébert a dit sa « honte » d’avoir agressé plus de vingt adolescents qu’il entraînait à la piscine.

Il ne fera pas appel.

Plaidoiries des parties civiles, réquisitions de l'avocate générale, plaidoirie de la défense, clôture des débats, une journée au pas de charge. Et à l'issue de sept heures de délibéré, 20 ans de réclusion criminelle.

La cour d'assises de l'Eure, vendredi, a condamné Dominique Hébert, l'ancien maître nageur de Pont-Saint-Pierre, à 20 ans de prison. Entre 1994 et 2011, le chef de bassin de cette commune de 1 000 habitants, à un jet de pierre de Rouen (Seine-Maritime), a été reconnu coupable d'avoir agressé sexuellement et violé 23 garçons. Âgés, au moment des faits, de 8 à 14 ans.

Cette condamnation a été assortie d'une peine de sûreté de dix ans, d'un suivi sociojudiciaire de même durée, d'une interdiction de rentrer en contact avec les victimes ou des mineurs, d'une interdiction d'avoir une activité salariée ou bénévole en rapport avec des mineurs et d'une obligation de réparation. Tout un arsenal pour tenter de réparer un pan de l'incroyable affaire du « dieu des maîtres nageurs » : pendant les dix-sept longues années où il a sévi, la personnalité de Dominique Hébert n'a jamais été mise en cause par quiconque.

« C’est un prédateur sexuel »:

Jeudi, à la barre, une ancienne nageuse avait raconté comment, après des confidences de garçons, qui avaient dit que leur entraîneur leur faisait des fellations, elle avait appelé allô enfance maltraitée. Mais les jeunes n'avaient ensuite pas confirmé leurs dires. « Jusqu'à présent, vous êtes la seule à avoir fait quelque chose. C'est le seul moment dans la procédure où je vois quelqu'un qui ouvre les yeux et qui s'inquiète. Donc vous n'avez rien à vous reprocher », l'a rassurée le président de la cour d'Assises, Jean-Christophe Chazalette.

« C'est un prédateur sexuel », a expliqué l'avocate générale, Rebecca Dreyfus. Au long des quatre premiers jours d'audience, la méthode Hébert a été longuement décortiquée, de cette maison « Disneyland » faite pour donner envie aux enfants de venir chez cet homme loin de faire son âge. Chez lui, à la piscine, lors des stages, des compétitions, il proposait des « chatouilles », « chiche ou pas chiche », toujours avec un air innocent. Peu à peu, les jeux se transformaient en fellations, séances de masturbation, parfois collectives, avant que l'enfant ou le jeune adolescent ne soit isolé avec son maître nageur.

À la barre, l'institution locale, aujourd'hui âgée de 52 ans, en détention depuis décembre 2015, n'affichait plus l'air juvénile des beaux jours. « Au cours de cette semaine, j'ai compris et ressenti leur douleur », a-t-il dit au sujet de ses victimes, alors que d'autres pourraient se faire connaître. « La honte et le sentiment de culpabilité doivent changer de camp. Je suis le seul coupable », a-t-il prononcé, tête baissée, selon France Bleu Normandie. Son avocate a assuré qu'il acceptait sa peine et ne ferait pas appel.
Source:Le Parisien.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/p ... 194599.php