Municipales: le RN a échoué à constituer 20% de ses listes...
Posté : 05 mars 2020 05:49
Quand ça veut pas...
En manque de militants et d'adhérents, la formation de Marine Le Pen n'a pas atteint les objectifs qu'elle affichait au printemps dernier. Au total, le 15 mars, il y aura 411 listes du Rassemblement national.
"Le directeur de campagne du Rassemblement national pour les municipales, Gilles Pennelle, a beau pétarader par communiqué que son mouvement «s’impose comme la première formation politique en nombre de listes déposées», l’homme sait que le compte n’y est pas. Comme sa présidente, Marine Le Pen, quand elle explique sur France Inter que le 15 mars, le RN aura «411 listes, c’est beaucoup plus, en notre nom propre, que LR. C’est encore plus qu’En marche. En réalité, nous sommes le parti qui présente sous notre nom le plus grand nombre de listes». L’élue admet que dans certains endroits, comme par exemple en Ile-de-France, le nombre de listes déposé par la formation d’extrême droite est «décevant».
En lançant en juin sa campagne pour les municipales, le Rassemblement national s’était donné pour objectif d’être «présent partout», et il avait même ajouté «en mieux». Avec cette nuance : «On ne va pas faire de la figuration dans des communes où on a peu de chances d’être élus.» Neuf mois plus tard, le parti d’extrême droite a surtout échoué à composer une centaine de listes sur son objectif de 500, c’est-à-dire 20%, selon l’Opinion, qui a fait le compte à la main, avant la publication des chiffres officiels par le ministère de l’Intérieur mardi. «Le RN avait investi près de 500 têtes de liste pour les municipales», écrit le quotidien et à la fin, «le parti sera présent [en son nom propre] dans [seulement] 400 villes en France». Le chiffre tournait depuis plusieurs semaines en interne.
Pour sauver la face, la formation d’extrême droite raconte avoir voulu privilégier «la qualité à la quantité», à l’image de Jordan Bardella sur France Info. A Libération, un cadre avait aussi raconté que le RN arriverait aux municipales de mars «avec une armée de pros, des têtes de liste avec des stratégies adaptées et conquérantes, et surtout des personnes qu’on va accompagner tout du long, là pour rester». Différence notable avec 2014, où le parti avait multiplié les listes (près de 600) quitte à investir n’importe qui. Et non seulement il n’avait remporté que dix villes – ce qui constituait toutefois une première –, mais en plus, 30% de ses conseillers municipaux avaient quitté le navire par la suite, déçus.
«Les sabots d’un cheval»
Ne pas avoir plus de listes est d’autant plus vécu comme un échec, au sein du RN, que la formation mariniste serait devenue attrayante, selon ses cadres. En tout cas plus qu’à l’époque. Le parti a enquillé une finale de présidentielle avant d’arriver première aux européennes il y a un an. Et puis Marine Le Pen s’est montrée rassurante pour la suite. «Il n’y a pas de meilleure école que les municipales. Voyez-y une chance de progresser», a-t-elle dit aux candidats lors de la convention municipale du parti, en janvier. En 2014, «on avait mis des candidats partout, même dans des grandes villes où on n’avait aucune chance. C’était une autre époque. Aujourd’hui, la configuration est différente : on peut gagner des villes, nos candidats sont de meilleure qualité et ont été formés. Et accessoirement, on part en position de force après une victoire aux européennes», dit-on au RN. Voilà pour les éléments de langage. La réalité est un peu différente. Car selon une étude sur le RN et les municipales de la fondation Jean-Jaurès, le parti «ne dispose pas de forces militantes suffisantes» dans les petites villes pour constituer des listes. Moins de militants et moins d’adhérents, dont le nombre a fondu à 20 000 depuis le débat raté de Marine Le Pen pendant l’entre-deux-tours de la présidentielle.
A Paris et ailleurs, les gens auraient eu «peur» de se montrer sur les listes, a dit à l’AFP le candidat soutenu par le RN, Serge Federbusch. «Il y a une pression sociale et une peur de représailles», a aussi noté l’ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, passé avec le RN pour devenir eurodéputé. Il faudrait en prime «un mental d’acier» dans les territoires pas favorables à l’extrême droite, raconte enfin une élue RN. Une autre, anonyme, résumait le tout à Libération avant la date de clôture des dépôts de candidatures : «On est confiants parce qu’on est mieux préparés que la dernière fois. Mais les colistiers ne se trouvent pas non plus sous les sabots d’un cheval.»"
Dans ma ville point de liste RN !
https://oeilsurlefront.liberation.fr/en ... es_1780549
En manque de militants et d'adhérents, la formation de Marine Le Pen n'a pas atteint les objectifs qu'elle affichait au printemps dernier. Au total, le 15 mars, il y aura 411 listes du Rassemblement national.
"Le directeur de campagne du Rassemblement national pour les municipales, Gilles Pennelle, a beau pétarader par communiqué que son mouvement «s’impose comme la première formation politique en nombre de listes déposées», l’homme sait que le compte n’y est pas. Comme sa présidente, Marine Le Pen, quand elle explique sur France Inter que le 15 mars, le RN aura «411 listes, c’est beaucoup plus, en notre nom propre, que LR. C’est encore plus qu’En marche. En réalité, nous sommes le parti qui présente sous notre nom le plus grand nombre de listes». L’élue admet que dans certains endroits, comme par exemple en Ile-de-France, le nombre de listes déposé par la formation d’extrême droite est «décevant».
En lançant en juin sa campagne pour les municipales, le Rassemblement national s’était donné pour objectif d’être «présent partout», et il avait même ajouté «en mieux». Avec cette nuance : «On ne va pas faire de la figuration dans des communes où on a peu de chances d’être élus.» Neuf mois plus tard, le parti d’extrême droite a surtout échoué à composer une centaine de listes sur son objectif de 500, c’est-à-dire 20%, selon l’Opinion, qui a fait le compte à la main, avant la publication des chiffres officiels par le ministère de l’Intérieur mardi. «Le RN avait investi près de 500 têtes de liste pour les municipales», écrit le quotidien et à la fin, «le parti sera présent [en son nom propre] dans [seulement] 400 villes en France». Le chiffre tournait depuis plusieurs semaines en interne.
Pour sauver la face, la formation d’extrême droite raconte avoir voulu privilégier «la qualité à la quantité», à l’image de Jordan Bardella sur France Info. A Libération, un cadre avait aussi raconté que le RN arriverait aux municipales de mars «avec une armée de pros, des têtes de liste avec des stratégies adaptées et conquérantes, et surtout des personnes qu’on va accompagner tout du long, là pour rester». Différence notable avec 2014, où le parti avait multiplié les listes (près de 600) quitte à investir n’importe qui. Et non seulement il n’avait remporté que dix villes – ce qui constituait toutefois une première –, mais en plus, 30% de ses conseillers municipaux avaient quitté le navire par la suite, déçus.
«Les sabots d’un cheval»
Ne pas avoir plus de listes est d’autant plus vécu comme un échec, au sein du RN, que la formation mariniste serait devenue attrayante, selon ses cadres. En tout cas plus qu’à l’époque. Le parti a enquillé une finale de présidentielle avant d’arriver première aux européennes il y a un an. Et puis Marine Le Pen s’est montrée rassurante pour la suite. «Il n’y a pas de meilleure école que les municipales. Voyez-y une chance de progresser», a-t-elle dit aux candidats lors de la convention municipale du parti, en janvier. En 2014, «on avait mis des candidats partout, même dans des grandes villes où on n’avait aucune chance. C’était une autre époque. Aujourd’hui, la configuration est différente : on peut gagner des villes, nos candidats sont de meilleure qualité et ont été formés. Et accessoirement, on part en position de force après une victoire aux européennes», dit-on au RN. Voilà pour les éléments de langage. La réalité est un peu différente. Car selon une étude sur le RN et les municipales de la fondation Jean-Jaurès, le parti «ne dispose pas de forces militantes suffisantes» dans les petites villes pour constituer des listes. Moins de militants et moins d’adhérents, dont le nombre a fondu à 20 000 depuis le débat raté de Marine Le Pen pendant l’entre-deux-tours de la présidentielle.
A Paris et ailleurs, les gens auraient eu «peur» de se montrer sur les listes, a dit à l’AFP le candidat soutenu par le RN, Serge Federbusch. «Il y a une pression sociale et une peur de représailles», a aussi noté l’ancien ministre sarkozyste Thierry Mariani, passé avec le RN pour devenir eurodéputé. Il faudrait en prime «un mental d’acier» dans les territoires pas favorables à l’extrême droite, raconte enfin une élue RN. Une autre, anonyme, résumait le tout à Libération avant la date de clôture des dépôts de candidatures : «On est confiants parce qu’on est mieux préparés que la dernière fois. Mais les colistiers ne se trouvent pas non plus sous les sabots d’un cheval.»"
Dans ma ville point de liste RN !
https://oeilsurlefront.liberation.fr/en ... es_1780549