La CGT fait fermer Renault Sandouville
Posté : 08 mai 2020 14:51
https://www.lepoint.fr/economie/covid-1 ... _BT=110352
Covid-19 : la CGT parvient à faire fermer l'usine Renault de Sandouville
VIDÉO. La justice a sanctionné Renault principalement pour une affaire de courriels non reçus. La CFDT dénonce « une démarche politique » et s'inquiète pour le futur du site.
Après l'américain Amazon, le français Renault est mis sur le banc des accusés par la CGT. Saisi en référé par le syndicat, le tribunal du Havre a condamné le constructeur « à suspendre la reprise de la production » sur son usine de Sandouville, en Seine-Maritime, où travaillent près de 2 000 personnes. Selon l'ordonnance, que Le Point s'est procurée, cette relance ne « permet pas d'assurer (…) la sécurité des travailleurs de l'usine face au risque lié au Covid-19 ». La justice réclame la mise en œuvre « des actions de prévention ainsi que des méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs ». Elle demande au Losange « une régularisation de la procédure de consultation du CSE » et de « modifier tous les plans de prévention ainsi que les protocoles de sécurité ». L'usine, qui avait repris partiellement l'activité le 28 avril après l'avoir arrêtée le 16 mars à cause de l'épidémie du Covid-19, a stoppé net la production jeudi 7 mai. « Le temps de la mise en place effective » de mesures comme « organiser et dispenser pour chacun (des) salariés avant qu'ils ne reprennent le travail une formation pratique et appropriée ».
Selon nos informations, le juge du Havre n'a travaillé que sur dossier, sans recevoir les parties prenantes ni aller sur le site de Sandouville pour constater les formations effectivement dispensées aux salariés de Renault.
Dans l'ordonnance, la CGT pointe des problèmes de formes, arguant ne pas avoir reçu certains courriels de convocation. Par exemple, un comité social et économique d'établissement (CSE ) s'est tenu le 23 avril 2020. En raison de la pandémie et des problèmes de livraison de courrier, il a été convoqué par l'entreprise par voie électronique. Cela n'est pas n'interdit par le Code du travail, comme relève le tribunal judiciaire.
Cependant, la CGT estime que la procédure n'a pas été « régulière ». Le syndicat « verse aux débats des attestations de plusieurs membres du CSE qui affirment ne pas avoir eu connaissance de l'existence d'une adresse mail professionnelle à leur nom ou ne pas y avoir eu accès depuis leur domicile, de sorte que leur convocation ne leur pas été remise de manière effective ». Le tribunal en déduit que la convocation est « irrégulière ». « C'est de la mauvaise foi, confie au Point une source à Sandouville, les CGTistes étaient bien présents et informés à toutes les autres réunions de l'usine. »
Le « mécontentement » des autres syndicats
C'est un coup dur pour Renault, dans une situation financière déjà difficile. D'autant que le site Sandouville fabrique surtout des véhicules utilitaires Renault Trafic, dont les carnets de commandes sont pleins. La direction estime avoir été sanctionnée essentiellement pour des questions de procédure et non pour des mesures sanitaires jugées trop faibles. « La décision du tribunal porte principalement sur des modalités de présentation de l'ensemble des mesures de prévention aux institutions représentatives du personnel et ne remet pas en cause le référentiel sanitaire défini par Renault », insiste-t-on. Au Losange, on fait également valoir que l'activité avait repris « dans de bonnes
conditions ». La reprise progressive « s'effectue dans le cadre social défini par le contrat de solidarité et d'avenir signé avec les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC et FO le 2 avril 2020 », ajoute-t-on.
Lire aussi Coronavirus : pan sur le bec de la CGT
Les autres syndicats, CFE-CGC, FO et la CFDT, qui avaient accompagné la reprise de la production, sont sonnés. Ils pointent directement ou indirectement l'irresponsabilité de la CGT. Joint par téléphone, Franck Daoût, délégué syndical central de la CFDT-Renault, ne cache pas son mécontentement. « C'est un véritable gâchis. Pour des raisons politiques de dogmatiques, on se retrouve avec une usine bloquée pour au moins deux semaines alors qu'elle avait la possibilité de repartir dans de bonnes conditions. » Il fustige « une démarche politique » de la CGT, à laquelle il « ne s'associe pas du tout ». D'autant que lundi, l'usine de Sandouville allait tourner à plein régime. Environ 700 intérimaires devaient arriver ce jour-là.
Guillaume Ribeyre, délégué syndical central CFE-CGC, premier syndicat chez Renault, se dit « inquiet » pour le personnel et avoir peur de la durée d'arrêt du site. Le syndicat ne comprend pas cette décision, d'autant qu'il a « participé pour essayer de mettre en place des conditions sanitaires qui semblaient être de bon niveau ».
Donc le gouvernement a doit se battre contre :
le covid19
la CGT
la crise économique
Le "principe de précaution
Ceux qui "profitent " des mesures chômage partiel ( entreprises du bâtiment )
Covid-19 : la CGT parvient à faire fermer l'usine Renault de Sandouville
VIDÉO. La justice a sanctionné Renault principalement pour une affaire de courriels non reçus. La CFDT dénonce « une démarche politique » et s'inquiète pour le futur du site.
Après l'américain Amazon, le français Renault est mis sur le banc des accusés par la CGT. Saisi en référé par le syndicat, le tribunal du Havre a condamné le constructeur « à suspendre la reprise de la production » sur son usine de Sandouville, en Seine-Maritime, où travaillent près de 2 000 personnes. Selon l'ordonnance, que Le Point s'est procurée, cette relance ne « permet pas d'assurer (…) la sécurité des travailleurs de l'usine face au risque lié au Covid-19 ». La justice réclame la mise en œuvre « des actions de prévention ainsi que des méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs ». Elle demande au Losange « une régularisation de la procédure de consultation du CSE » et de « modifier tous les plans de prévention ainsi que les protocoles de sécurité ». L'usine, qui avait repris partiellement l'activité le 28 avril après l'avoir arrêtée le 16 mars à cause de l'épidémie du Covid-19, a stoppé net la production jeudi 7 mai. « Le temps de la mise en place effective » de mesures comme « organiser et dispenser pour chacun (des) salariés avant qu'ils ne reprennent le travail une formation pratique et appropriée ».
Selon nos informations, le juge du Havre n'a travaillé que sur dossier, sans recevoir les parties prenantes ni aller sur le site de Sandouville pour constater les formations effectivement dispensées aux salariés de Renault.
Dans l'ordonnance, la CGT pointe des problèmes de formes, arguant ne pas avoir reçu certains courriels de convocation. Par exemple, un comité social et économique d'établissement (CSE ) s'est tenu le 23 avril 2020. En raison de la pandémie et des problèmes de livraison de courrier, il a été convoqué par l'entreprise par voie électronique. Cela n'est pas n'interdit par le Code du travail, comme relève le tribunal judiciaire.
Cependant, la CGT estime que la procédure n'a pas été « régulière ». Le syndicat « verse aux débats des attestations de plusieurs membres du CSE qui affirment ne pas avoir eu connaissance de l'existence d'une adresse mail professionnelle à leur nom ou ne pas y avoir eu accès depuis leur domicile, de sorte que leur convocation ne leur pas été remise de manière effective ». Le tribunal en déduit que la convocation est « irrégulière ». « C'est de la mauvaise foi, confie au Point une source à Sandouville, les CGTistes étaient bien présents et informés à toutes les autres réunions de l'usine. »
Le « mécontentement » des autres syndicats
C'est un coup dur pour Renault, dans une situation financière déjà difficile. D'autant que le site Sandouville fabrique surtout des véhicules utilitaires Renault Trafic, dont les carnets de commandes sont pleins. La direction estime avoir été sanctionnée essentiellement pour des questions de procédure et non pour des mesures sanitaires jugées trop faibles. « La décision du tribunal porte principalement sur des modalités de présentation de l'ensemble des mesures de prévention aux institutions représentatives du personnel et ne remet pas en cause le référentiel sanitaire défini par Renault », insiste-t-on. Au Losange, on fait également valoir que l'activité avait repris « dans de bonnes
conditions ». La reprise progressive « s'effectue dans le cadre social défini par le contrat de solidarité et d'avenir signé avec les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC et FO le 2 avril 2020 », ajoute-t-on.
Lire aussi Coronavirus : pan sur le bec de la CGT
Les autres syndicats, CFE-CGC, FO et la CFDT, qui avaient accompagné la reprise de la production, sont sonnés. Ils pointent directement ou indirectement l'irresponsabilité de la CGT. Joint par téléphone, Franck Daoût, délégué syndical central de la CFDT-Renault, ne cache pas son mécontentement. « C'est un véritable gâchis. Pour des raisons politiques de dogmatiques, on se retrouve avec une usine bloquée pour au moins deux semaines alors qu'elle avait la possibilité de repartir dans de bonnes conditions. » Il fustige « une démarche politique » de la CGT, à laquelle il « ne s'associe pas du tout ». D'autant que lundi, l'usine de Sandouville allait tourner à plein régime. Environ 700 intérimaires devaient arriver ce jour-là.
Guillaume Ribeyre, délégué syndical central CFE-CGC, premier syndicat chez Renault, se dit « inquiet » pour le personnel et avoir peur de la durée d'arrêt du site. Le syndicat ne comprend pas cette décision, d'autant qu'il a « participé pour essayer de mettre en place des conditions sanitaires qui semblaient être de bon niveau ».
Donc le gouvernement a doit se battre contre :
le covid19
la CGT
la crise économique
Le "principe de précaution
Ceux qui "profitent " des mesures chômage partiel ( entreprises du bâtiment )