Turquie/UE, vers une guerre froide en Méditerranée?
Posté : 16 juillet 2020 23:09
https://www.courrierinternational.com/r ... -la-presse
https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html
La détérioration de nos relations avec la Turquie mérite bien un sujet à part entière.
"La France contre la Turquie, aux racines de l’affrontement
La récente escalade verbale entre Paris et Ankara au sujet de la Libye n’est que le révélateur de divergences plus larges, préexistantes depuis plusieurs années.
Parfois, les crispations sont des préludes aux crises ouvertes. Au printemps 2018, les épouses de trois diplomates turcs, basés à Strasbourg auprès du Conseil de l’Europe et à Paris, doivent remplir des formulaires pour des titres de séjour français. Or, elles refusent d’être photographiées sans leur voile. L’administration bloque la procédure, au nom de la loi. Commence alors, en coulisses, un invraisemblable imbroglio protocolaire et juridique. Ankara prend des mesures de rétorsion radicales. Elles visent les nouveaux fonctionnaires de l’ambassade et du consulat français en Turquie. Ils sont privés des cartes diplomatiques qui permettent de séjourner dans le pays. Le Quai d’Orsay, qui ne peut opérer le renouvellement prévu des effectifs, bloque à son tour l’attribution des titres de séjour pour les diplomates turcs et leurs épouses.
Cette crise étouffée a pris fin au bout de quatorze mois, en juin 2019, lors de la visite de Jean-Yves Le Drian à Ankara. Compromis trouvé : un simple coup de tampon sera donné sur le passeport des épouses concernées, refusant de poser tête nue, à l’instar de la solution adoptée pour les conjointes de diplomates iraniens. Mais cette séquence est riche d’enseignements. Elle révèle le raidissement identitaire de la Turquie, qui se conçoit comme un phare de l’islam politique, comme en témoigne le projet de reclassement de la basilique Sainte-Sophie en mosquée, à Istanbul.
Cette crise illustre aussi l’atmosphère de défiance entre les deux pays, malgré les efforts d’Emmanuel Macron pour nouer une relation de travail avec son homologue Recep Tayyip Erdogan. Le président a découvert les manières turques avec l’arrestation d’un jeune journaliste, Loup Bureau, fin juillet 2017, détenu pendant cinquante-deux jours. Trois ans plus tard, les échanges acrimonieux se multiplient. Face à la Turquie, la France s’avance dorénavant hérissée. Les incriminations retenues contre Ankara sont nombreuses : atteinte à la souveraineté d’Etats membres en Méditerranée, implication massive dans le conflit libyen, chantage aux migrants, achat d’équipements militaires à la Russie,ect"
A cela il faut donc rajouter:
-Les heurts entre nos marines au large de la Libye et de Chypre dans le cadre d'une part, du conflit en Libye, mais aussi d'autre part, de la découverte de pétrole à Chypre et au large d’Israël.
-L'affront de la reconversion de la mosquée Sainte-Sophie, qui est une insulte à tous les chrétiens et en particulier aux grecs/chypriotes, et à tous les orthodoxes.
- L'invasion de la Syrie et la destruction des forces de nos alliées Kurdes
- Le chantage aux migrants.
-l'ingérence (contre nous) dans des pays alliés comme la Tunisie avec le soutien aux frères musulmans de Ennahda.
- La propagande anti-française comme en témoigne un article turc qui dénonce le pillage des archéologues français en Syrie (alors que ceux-ci essaient de protéger ce que les islamistes détruisent, et en accord avec les kurdes). https://www.courrierinternational.com/r ... -la-presse
-Heurts entre l'Arménie (soutenue par la Russie) et l’Azerbaïdjan soutenu par la Turquie (16 morts).
https://www.20minutes.fr/monde/2823335- ... urte-treve
Cela fait beaucoup de signaux faibles (plus tellement faibles à ce niveau là) d'un conflit latent entre la France (et l'UE) et la Turquie. A minima nous sommes dans une situation de guerre froide. Partout où elle le peut la Turquie (sensée être notre allié dans l'OTAN), s'échine à détruire notre influence, notre présence, et affaiblir nos intérêts. Actuellement, elle se bat contre nous, tout simplement.
https://www.lemonde.fr/international/ar ... _3210.html
La détérioration de nos relations avec la Turquie mérite bien un sujet à part entière.
"La France contre la Turquie, aux racines de l’affrontement
La récente escalade verbale entre Paris et Ankara au sujet de la Libye n’est que le révélateur de divergences plus larges, préexistantes depuis plusieurs années.
Parfois, les crispations sont des préludes aux crises ouvertes. Au printemps 2018, les épouses de trois diplomates turcs, basés à Strasbourg auprès du Conseil de l’Europe et à Paris, doivent remplir des formulaires pour des titres de séjour français. Or, elles refusent d’être photographiées sans leur voile. L’administration bloque la procédure, au nom de la loi. Commence alors, en coulisses, un invraisemblable imbroglio protocolaire et juridique. Ankara prend des mesures de rétorsion radicales. Elles visent les nouveaux fonctionnaires de l’ambassade et du consulat français en Turquie. Ils sont privés des cartes diplomatiques qui permettent de séjourner dans le pays. Le Quai d’Orsay, qui ne peut opérer le renouvellement prévu des effectifs, bloque à son tour l’attribution des titres de séjour pour les diplomates turcs et leurs épouses.
Cette crise étouffée a pris fin au bout de quatorze mois, en juin 2019, lors de la visite de Jean-Yves Le Drian à Ankara. Compromis trouvé : un simple coup de tampon sera donné sur le passeport des épouses concernées, refusant de poser tête nue, à l’instar de la solution adoptée pour les conjointes de diplomates iraniens. Mais cette séquence est riche d’enseignements. Elle révèle le raidissement identitaire de la Turquie, qui se conçoit comme un phare de l’islam politique, comme en témoigne le projet de reclassement de la basilique Sainte-Sophie en mosquée, à Istanbul.
Cette crise illustre aussi l’atmosphère de défiance entre les deux pays, malgré les efforts d’Emmanuel Macron pour nouer une relation de travail avec son homologue Recep Tayyip Erdogan. Le président a découvert les manières turques avec l’arrestation d’un jeune journaliste, Loup Bureau, fin juillet 2017, détenu pendant cinquante-deux jours. Trois ans plus tard, les échanges acrimonieux se multiplient. Face à la Turquie, la France s’avance dorénavant hérissée. Les incriminations retenues contre Ankara sont nombreuses : atteinte à la souveraineté d’Etats membres en Méditerranée, implication massive dans le conflit libyen, chantage aux migrants, achat d’équipements militaires à la Russie,ect"
A cela il faut donc rajouter:
-Les heurts entre nos marines au large de la Libye et de Chypre dans le cadre d'une part, du conflit en Libye, mais aussi d'autre part, de la découverte de pétrole à Chypre et au large d’Israël.
-L'affront de la reconversion de la mosquée Sainte-Sophie, qui est une insulte à tous les chrétiens et en particulier aux grecs/chypriotes, et à tous les orthodoxes.
- L'invasion de la Syrie et la destruction des forces de nos alliées Kurdes
- Le chantage aux migrants.
-l'ingérence (contre nous) dans des pays alliés comme la Tunisie avec le soutien aux frères musulmans de Ennahda.
- La propagande anti-française comme en témoigne un article turc qui dénonce le pillage des archéologues français en Syrie (alors que ceux-ci essaient de protéger ce que les islamistes détruisent, et en accord avec les kurdes). https://www.courrierinternational.com/r ... -la-presse
-Heurts entre l'Arménie (soutenue par la Russie) et l’Azerbaïdjan soutenu par la Turquie (16 morts).
https://www.20minutes.fr/monde/2823335- ... urte-treve
Cela fait beaucoup de signaux faibles (plus tellement faibles à ce niveau là) d'un conflit latent entre la France (et l'UE) et la Turquie. A minima nous sommes dans une situation de guerre froide. Partout où elle le peut la Turquie (sensée être notre allié dans l'OTAN), s'échine à détruire notre influence, notre présence, et affaiblir nos intérêts. Actuellement, elle se bat contre nous, tout simplement.