La Floride concentré de l' amérique Trumpienne
Posté : 29 juillet 2020 12:08
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La Floride, symbole de la faillite de l'Amérique face au Covid
VIDÉO. Le gouverneur de l'État, un proche de Trump, imite le président dans sa réponse à l'épidémie. Résultat : des conséquences aussi désastreuses que sur le plan national. De notre correspondante aux États-Unis Hélène Vissière
Modifié le 29/07/2020 à 08:44 - Publié le 28/07/2020 à 15:00 | Le Point.fr
Le gouverneur de Floride est passé maître dans l'art de la méthode Coué. La semaine dernière, alors que le nombre de malades du Covid explosait dans son État avec quelque 12 000 nouveaux cas journaliers, Ron DeSantis expliquait dans une conférence de presse que la situation était « clairement stabilisée ». « Nous nous orientons définitivement dans une meilleure direction… Bien mieux qu'il y a deux semaines. » Deux jours plus tard, on apprenait que le nombre d'individus testés positifs dépassait celui recensé dans l'État de New York. Un Floridien sur cinquante-deux a désormais officiellement été affecté par le virus. Et les chiffres sont sans doute bien plus élevés, car les statistiques ne sont pas très fiables. Seule « bonne nouvelle », un taux de mortalité assez bas en comparaison avec d'autres États.
Dans sa manière de communiquer, Ron DeSantis rappelle Donald Trump. Il ne cache d'ailleurs pas sa source d'inspiration, car cet obscur représentant de Floride doit son élection au poste de gouverneur, en 2018, au soutien du président. Depuis, il suit à la lettre son mentor. Au printemps, Donald Trump minimise le danger, déclarant que le virus allait disparaître… Ron DeSantis fait de même. Puis Trump serine à tout bout de champ qu'il faut déconfiner et relancer l'économie dès le mois d'avril. Le gouverneur de Floride lui emboîte le pas et annonce, début juin, la réouverture des salles de gym et des bars.
Pourtant, la période de confinement semble avoir été plutôt efficace en Floride, qui ne compte alors qu'un nombre de cas limité. Ron DeSantis en profite alors pour se faire mousser, se vantant d'avoir, mieux que quiconque, tenu tête au virus. Mais il crie victoire un peu trop vite. Comme beaucoup d'États, notamment conservateurs, la Floride déconfine rapidement. Sans doute, trop. En un sens, l'État est un condensé de l'extraordinaire cafouillage qui règne au niveau national.
En effet, au lieu d'écouter ses experts de la santé, il les met sur la touche, comme le président Trump. Ron DeSantis croit davantage les avis de sa femme, une ex-présentatrice de télévision, que ceux de son chef de cabinet, ancien cadre à l'hôpital, selon une enquête du Washington Post. Ces dernières semaines, il s'entretient de moins en moins avec son responsable de la santé, boude les modèles d'évolution des spécialistes scientifiques et rejette le port du masque obligatoire.
Résultat, plusieurs employés de la division santé ont démissionné et l'une, Rebekah Jones, a été virée parce qu'elle a critiqué une modification de la manière de rapporter les statistiques qui visait, d'après elle, à minimiser la gravité de la situation.
Tout pareil que Trump
Fin juin, devant la recrudescence de la pandémie, DeSantis finit par imposer de nouveau la fermeture des bars. Mais il parle déjà de les rouvrir. Il a également demandé la réouverture de Disney World à Orlando et, à la suite des exhortations de Trump qui exige une rentrée scolaire, son responsable de l'éducation a pondu une directive qui oblige les établissements à rouvrir au moins cinq jours par semaine à partir d'août. DeSantis s'est attiré les louanges du président : le gouverneur, a-t-il dit, « fait un boulot formidable ».
Mais, avec quelque 10 000 nouveaux cas par jour, et une absence totale de stratégie aussi bien de la part de la Maison-Blanche que de Ron DeSantis, la grogne monte. Le gouverneur s'est fait chahuter dans une conférence de presse il y a quelques jours. Le quotidien The Orlando Sentinel s'est fendu d'un éditorial cinglant : « Si le coronavirus était un ouragan, il aurait, semble-t-il, atteint la catégorie 5 ce week-end. Plus que jamais, la Floride a besoin de directives claires et déterminées pour traverser cette tempête », écrit le journal, qui l'accuse de patauger et d'avoir fait « trop d'erreurs ».
La Floride, symbole de la faillite de l'Amérique face au Covid
VIDÉO. Le gouverneur de l'État, un proche de Trump, imite le président dans sa réponse à l'épidémie. Résultat : des conséquences aussi désastreuses que sur le plan national. De notre correspondante aux États-Unis Hélène Vissière
Modifié le 29/07/2020 à 08:44 - Publié le 28/07/2020 à 15:00 | Le Point.fr
Le gouverneur de Floride est passé maître dans l'art de la méthode Coué. La semaine dernière, alors que le nombre de malades du Covid explosait dans son État avec quelque 12 000 nouveaux cas journaliers, Ron DeSantis expliquait dans une conférence de presse que la situation était « clairement stabilisée ». « Nous nous orientons définitivement dans une meilleure direction… Bien mieux qu'il y a deux semaines. » Deux jours plus tard, on apprenait que le nombre d'individus testés positifs dépassait celui recensé dans l'État de New York. Un Floridien sur cinquante-deux a désormais officiellement été affecté par le virus. Et les chiffres sont sans doute bien plus élevés, car les statistiques ne sont pas très fiables. Seule « bonne nouvelle », un taux de mortalité assez bas en comparaison avec d'autres États.
Dans sa manière de communiquer, Ron DeSantis rappelle Donald Trump. Il ne cache d'ailleurs pas sa source d'inspiration, car cet obscur représentant de Floride doit son élection au poste de gouverneur, en 2018, au soutien du président. Depuis, il suit à la lettre son mentor. Au printemps, Donald Trump minimise le danger, déclarant que le virus allait disparaître… Ron DeSantis fait de même. Puis Trump serine à tout bout de champ qu'il faut déconfiner et relancer l'économie dès le mois d'avril. Le gouverneur de Floride lui emboîte le pas et annonce, début juin, la réouverture des salles de gym et des bars.
Pourtant, la période de confinement semble avoir été plutôt efficace en Floride, qui ne compte alors qu'un nombre de cas limité. Ron DeSantis en profite alors pour se faire mousser, se vantant d'avoir, mieux que quiconque, tenu tête au virus. Mais il crie victoire un peu trop vite. Comme beaucoup d'États, notamment conservateurs, la Floride déconfine rapidement. Sans doute, trop. En un sens, l'État est un condensé de l'extraordinaire cafouillage qui règne au niveau national.
En effet, au lieu d'écouter ses experts de la santé, il les met sur la touche, comme le président Trump. Ron DeSantis croit davantage les avis de sa femme, une ex-présentatrice de télévision, que ceux de son chef de cabinet, ancien cadre à l'hôpital, selon une enquête du Washington Post. Ces dernières semaines, il s'entretient de moins en moins avec son responsable de la santé, boude les modèles d'évolution des spécialistes scientifiques et rejette le port du masque obligatoire.
Résultat, plusieurs employés de la division santé ont démissionné et l'une, Rebekah Jones, a été virée parce qu'elle a critiqué une modification de la manière de rapporter les statistiques qui visait, d'après elle, à minimiser la gravité de la situation.
Tout pareil que Trump
Fin juin, devant la recrudescence de la pandémie, DeSantis finit par imposer de nouveau la fermeture des bars. Mais il parle déjà de les rouvrir. Il a également demandé la réouverture de Disney World à Orlando et, à la suite des exhortations de Trump qui exige une rentrée scolaire, son responsable de l'éducation a pondu une directive qui oblige les établissements à rouvrir au moins cinq jours par semaine à partir d'août. DeSantis s'est attiré les louanges du président : le gouverneur, a-t-il dit, « fait un boulot formidable ».
Mais, avec quelque 10 000 nouveaux cas par jour, et une absence totale de stratégie aussi bien de la part de la Maison-Blanche que de Ron DeSantis, la grogne monte. Le gouverneur s'est fait chahuter dans une conférence de presse il y a quelques jours. Le quotidien The Orlando Sentinel s'est fendu d'un éditorial cinglant : « Si le coronavirus était un ouragan, il aurait, semble-t-il, atteint la catégorie 5 ce week-end. Plus que jamais, la Floride a besoin de directives claires et déterminées pour traverser cette tempête », écrit le journal, qui l'accuse de patauger et d'avoir fait « trop d'erreurs ».