A droite,la rentrée sera axée sur la question sécuritaire.
Posté : 26 août 2020 11:15
Alors que l’été a été ponctué de faits divers, et que les images des débordements dimanche à Paris ont marqué les esprits, la droite entend se saisir de l’insécurité pour fragiliser l’exécutif.
Christian Jacob, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand accorderont chacun des interviews dans la presse écrite pour étriller le bilan sécuritaire de l’exécutif.
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Christian Jacob, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand accorderont chacun des interviews dans la presse écrite pour étriller le bilan sécuritaire de l’exécutif.
Source:Le Parisien.
Depuis plusieurs mois, la droite se creuse la tête pour élargir les sujets sur lesquels elle souhaite s'investir, comme l'écologie. Mais en cette rentrée politique 2020, c'est sur le très classique dossier de la sécurité qu'elle va attaquer le gouvernement.
Toute la semaine, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, le président de LR Christian Jacob et la présidente de l'Ile-de-France Valérie Pécresse accorderont chacun des interviews dans la presse écrite pour étriller le bilan sécuritaire de l'exécutif après un été émaillé de faits divers retentissants et ponctué par les débordements à Paris, dimanche, en marge du match PSG-Bayern Munich.
« Sur le terrain, on sent le sujet de la délinquance et des incivilités monter, notamment en raison du non-respect du port du masque », observe le patron des députés LR, Damien Abad. « Faire une rentrée régalienne, l'actu y pousse et on est crédible là-dessus », souligne-t-on à la direction du parti.
La sécurité, «trou noir du quinquennat»:
« La crise économique est très liée au coronavirus. Mais l'insécurité n'a rien à voir avec la pandémie. C'est LA grosse faiblesse de Macron », note un stratège LR. Une analyse communément admise à droite où les questions régaliennes, contrairement aux sociales, divisent peu.
« Le trou noir du quinquennat, c'est qu'un désordre généralisé s'est installé dans le pays sur la sécurité, l'immigration, la laïcité et plus généralement la crise de l'autorité », attaquait déjà le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau le 21 août dans la presse quotidienne régionale. Pour la droite, il y a d'autant plus urgence à saisir cette prise facile que le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, issu de ses rangs, multiplie les déclarations musclées avec un vocabulaire qui n'est pas sans rappeler celui d'un certain Nicolas Sarkozy.
Lequel a rappelé lundi depuis Cannes que « notre société a un problème avec l'autorité ». « Le ministre de l'Intérieur se soucie davantage de champ lexical que de politique de prévention et de sécurité », attaque pour sa part l'ancienne garde des Sceaux Rachida Dati.
«L'enjeu majeur» de la prochaine présidentielle:
« Le discours de Darmanin me va bien mais sans changement de la politique pénale, tout cela, c'est du cinéma », complète le député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, qui appelle « à un coup de barre sécuritaire brutal ». « Eric Dupond-Moretti dit qu'il faut vider les prisons, c'est ce que disait Taubira! », s'étrangle le « monsieur sécurité » de LR.
« Le garde des Sceaux a promis un service citoyen pour les mineurs délinquants. On attend toujours! », s'impatiente le député des Alpes-Maritimes. Malgré le Covid-19, la sécurité sera à ses yeux « l'enjeu majeur » de la prochaine présidentielle.
Comme en écho, Jean Castex reconnaît auprès du Parisien que « l'important dans une peine, ce n'est pas sa gravité, c'est sa certitude » et que « l'Etat a organisé depuis des décennies l'incertitude ». Le Premier ministre confirme que le budget de la justice augmentera cet automne et que le gouvernement va créer des juges affectés exclusivement au traitement des contraventions et des petits délits.
Le bras de fer sécuritaire entre la droite et l'exécutif a bel et bien commencé.
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