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Le président de la République s'est exprimé devant la presse.

Posté : 29 août 2020 05:23
par Crapulax
Le chef de l’Etat s’adressait à la presse, ce vendredi, à Paris. Il en a profité pour faire le point sur les sujets brûlants de la rentrée.

Aucune annonce, pas de réforme à l’horizon, mais beaucoup d’explications… Devant la presse, le chef de l’Etat a tenté de justifier ce jeudi son cap économique, social et sanitaire. Et s’est appliqué à dissiper les épais nuages de la rentrée.

A l'extérieur, un temps automnal s'abat sur Paris. A travers les fenêtres monumentales du restaurant « Monsieur Bleu », on voit les feuilles qui tourbillonnent dans l'air. C'est ici, dans cet établissement chic proche de la tour Eiffel, qu'Emmanuel Macron est venu répondre aux questions d'une soixantaine de journalistes de l'Association de la presse présidentielle. Et tenter de dissiper les nuages de la rentrée.

« La vie du pays est rythmée par la crise sanitaire, commence le président, arborant un masque en tissu blanc. Notre stratégie est de vivre avec le virus. »

Il le sait, la généralisation du port du masque, obligatoire dans certaines villes, passe mal. Au micro, le président tente de dépassionner le débat : les masques ne constituent pas « l'alpha et l'omega » de la lutte contre l'épidémie. « Ce sont tous les gestes barrière ensemble qui comptent, fait-il valoir. Si on porte le masque et qu'on ne se lave pas les mains, ce n'est pas efficace. » Il en profite pour lancer un avertissement : attention aux « rassemblements privés », au contact des grands-parents.

Dans son esprit, un reconfinement généralisé est-il tabou?....La réponse est loin d'être catégorique. « On fait tout pour l'éviter », assure-t-il, mais « rien ne peut être en théorie exclu », évoquant même des hypothèses de « confinements nationalisés ou régionalisés ».

Le « débat fou » sur la gratuité des masques:

Dans ce contexte, Emmanuel Macron justifie le report du plan de relance massif, présenté jeudi prochain : « On n'allait pas parler des investissements dans la filière hydrogène, alors que les Français se posent des questions sur les masques. » Au passage, le chef de l'Etat confie sa perplexité devant le « débat fou » sur la gratuité des masques. « Quel pays distribue autant de masques gratuits que nous? », interroge-t-il, affirmant que « 55 millions » de masques ont été distribués aux familles modestes.

Autre source d'inquiétude: La crise sociale.

Emmanuel Macron se fixe deux priorités : L'emploi et l'accompagnement des jeunes, à coups de milliards d'aides publiques. Mais pas question, assure-t-il, de financer ce soutien massif par des hausses d'impôts. Ce serait entraîner une « tétanie des classes moyennes », similaire à celle survenue après la crise de 2008, argumente Emmanuel Macron.

Les efforts seront donc financés par la dette, dont une partie sera payée sur le « très long terme », soit sur plusieurs générations. Dans ce climat, la réforme des retraites attendra, bien qu'elle constitue une « réponse pertinente à remettre sur la table », persiste le locataire de l'Elysée.

Pour l'exécutif, cette rentrée est également percutée par une opposition virulente. Depuis quelques jours, la droite canarde le président sur la montée des violences au quotidien, après une accumulation de faits divers. « Je n'ai pas attendu les commentaires » pour le voir, se défend Emmanuel Macron mais souligne que « dix mille » postes de policiers et gendarmes ont été créés.

Parallèlement, le chef de l'Etat appelle à « une réponse rapide sur le plan judiciaire » face aux débordements, déplorant une justice « paupérisée ». Ne reprenant pas à son compte le terme controversé d'« ensauvagement » cher à son ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, Emmanuel Macron préfère dénoncer une « banalisation de la violence ». Moins clivant…

Cela fait deux heures que le président parle. Il soulève son masque pour boire, puis le remet en place. A l'extérieur, les bourrasques n'ont pas faibli. « J'ai déjà trop philosophé », lâche-t-il entre deux développements théoriques sur l'évolution « anthropologique » de la société.

Le voilà tout à coup interrogé sur un sujet plus terre à terre : ses ambitions pour 2022. « Il y a suffisamment de crises inattendues pour n'avoir qu'un objectif », esquive Emmanuel Macron qui souhaite rester sur une « concentration de court terme » pour ce qui le « concerne ». A chaque jour suffit sa peine.
Source:Le Parisien.
https://www.leparisien.fr/politique/ren ... 374878.php

Re: Le président de la République s'est exprimé devant la presse.

Posté : 29 août 2020 05:58
par Crapulax
...................................Macron dénonce une «banalisation de la violence» et promet d'être «intraitable»...................................


Devant l'association de la presse présidentielle, le chef de l'État n'a pas repris à son compte l'«ensauvagement» de la société dénoncé par son ministre de l'Intérieur, mais a exigé une «une réponse républicaine rapide».

Emmanuel Macron promet «une réponse républicaine rapide».

Il ne reprend pas le mot à son compte. Alors que le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin dénonce l'«ensauvagement» de la société, Emmanuel Macron prend ses distances avec l'expression popularisée par le Rassemblement national de Marine Le Pen.

Le président de la République préfère parler de «banalisation de la violence». Une violence qui est apparue tout au fil de l'enchaînement de faits divers qui ont rythmé l'été. Une violence qui s'est, selon le chef de l'État «durcie à la sortie du confinement» et qui nécessite «une réponse républicaine rapide».

Lors d'une rencontre à Paris avec l'Association de la presse présidentielle, Emmanuel Macron a assuré que le gouvernement se montrerait «intraitable». Il faudra toutefois attendre la semaine prochaine, à l'occasion de l'anniversaire des 150 ans de la République, pour que le président de la République s'exprime plus longuement sur le sujet.

Avant cela, les questions de sécurité et de justice seront inscrites en tête des «priorités» du séminaire gouvernemental de rentrée le 9 septembre prochain. Pour l'occasion, Emmanuel Macron a dit avoir demandé aux ministres de l'Intérieur et de la Justice «quelques éléments additionnels à la stratégie, à la fois pour l'accélérer et répondre plus efficacement».

La droite est montée au créneau:

Emmanuel Macron distingue plusieurs formes de violences dans la société. «Il y a celle qu'on connaît depuis 2016 à l'occasion de manifestations publiques, a-t-il rappelé. Elle est le fait de groupes plutôt organisés, extrémistes, qui ont une approche opportuniste, qui se greffent dans les manifestations pour avoir des gestes de violence».

Une référence aux blacks block qui infiltrent les manifestations contre les réformes du marché du travail, des retraites et plus récemment les gilets jaunes. «On a ensuite la violence liée à la drogue - le Covid a déstabilisé beaucoup de réseaux», a souligné le chef de l'État avant d'en venir à un dernier type de violence : «la violence du quotidien».

La droite monte au créneau depuis plusieurs jours sur l'insécurité, devenue selon elle le «trou noir» du quinquennat d'Emmanuel Macron, plaçant ainsi le curseur sur un sujet régalien qu'elle veut mettre au cœur de la présidentielle de 2022.

«Ceux qui attirent notre attention sont ceux qui ont réduit les moyens de la police et de la gendarmerie...», a ironisé Emmanuel Macron, en visant implicitement Nicolas Sarkozy et Les Républicains, en rappelant l'augmentation des moyens alloués aux forces de l'ordre et l'embauche de 10000 policiers et gendarmes depuis le début de son quinquennat.

Devant la presse présidentielle, Emmanuel a encore souligné «la difficulté à répondre le plus vite possible à toutes les formes de violence», en relevant qu'il s'agissait d'un «symptôme ou d'un malaise de notre société, qui est un problème d'éducation, un problème d'intégration, un problème de modèle économique».
Source:Le Figaro.
https://www.lefigaro.fr/politique/macro ... e-20200828