Erdogan perd son procés
Posté : 28 octobre 2020 09:40
https://www.lepoint.fr/societe/immoral- ... 222_23.php
« Immoral », « marchand de religion » : Erdogan perd son procès sur la liberté d'expression
Le président turc, qui avait obtenu la condamnation d'un opposant pour des propos peu amènes à son endroit, a subi un camouflet devant les juges européens. Par Marc Leplongeon
Publié le 27/10/2020 à 15:38 | Le Point.fr
C'est un hasard de calendrier. Alors que Recep Tayyip Erdogan n'a de cesse de critiquer, ces derniers jours, la liberté d'expression en France, qu'il estime être un moyen de stigmatiser les musulmans à travers la publication de caricatures du prophète Mahomet, le président turc vient d'être rappelé à l'ordre par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Dans un arrêt rendu mardi 27 octobre, les juges européens estiment contraire à la liberté d'expression la condamnation d'un opposant politique qui avait osé critiquer celui qui était alors chef du gouvernement.
En janvier et février 2012, Kemal Kılıçdaroğlu, à la tête du Parti républicain du peuple, principal mouvement d'opposition, avait en effet publiquement critiqué les décisions de justice qui avaient frappé des manifestants contre des projets de centrales hydroélectriques, des bombardements turcs ou des affaires judiciaires très médiatisées dans le pays. Monsieur Kılıçdaroğlu avait dénoncé, à cette occasion, un « régime dictatorial postmoderne », disposant de tribunaux à sa botte, « assumant la fonction de répression au nom du pouvoir ».
Erdogan porte plainte
Erdogan avait alors décidé de porter plainte pour atteinte à son honneur personnel et professionnel et à sa réputation. L'homme politique reprochait notamment à son opposant de l'avoir qualifié de voleur et de menteur, d'avoir dit qu'il protégeait les corrompus et de l'avoir accusé de « faire du séparatisme » et de « faire commerce de la religion ». Kemal Kılıçdaroğlu sera condamné à verser en octobre 2012 une indemnité de 10 000 livres turques.
Huit ans plus tard, la CEDH se prononce dans cette affaire dans le sens d'une violation de la liberté d'expression par la Turquie. Les juridictions du pays avaient considéré que les expressions « [le Premier ministre] crée la zizanie », « provoque la haine », « fait du séparatisme », « n'est pas une personne pieuse », « [est] un marchand de religion », « un individu qui exploite les croyances des personnes pieuses », « [a] un manque de morale », « [est] immoral » constituaient des attaques personnelles et avaient dépassé la simple opinion.
es expressions litigieuses reposaient sur une base factuelle suffisante ».
La trumpinette d ' Europe se fait prendre par la patrouille....
« Immoral », « marchand de religion » : Erdogan perd son procès sur la liberté d'expression
Le président turc, qui avait obtenu la condamnation d'un opposant pour des propos peu amènes à son endroit, a subi un camouflet devant les juges européens. Par Marc Leplongeon
Publié le 27/10/2020 à 15:38 | Le Point.fr
C'est un hasard de calendrier. Alors que Recep Tayyip Erdogan n'a de cesse de critiquer, ces derniers jours, la liberté d'expression en France, qu'il estime être un moyen de stigmatiser les musulmans à travers la publication de caricatures du prophète Mahomet, le président turc vient d'être rappelé à l'ordre par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Dans un arrêt rendu mardi 27 octobre, les juges européens estiment contraire à la liberté d'expression la condamnation d'un opposant politique qui avait osé critiquer celui qui était alors chef du gouvernement.
En janvier et février 2012, Kemal Kılıçdaroğlu, à la tête du Parti républicain du peuple, principal mouvement d'opposition, avait en effet publiquement critiqué les décisions de justice qui avaient frappé des manifestants contre des projets de centrales hydroélectriques, des bombardements turcs ou des affaires judiciaires très médiatisées dans le pays. Monsieur Kılıçdaroğlu avait dénoncé, à cette occasion, un « régime dictatorial postmoderne », disposant de tribunaux à sa botte, « assumant la fonction de répression au nom du pouvoir ».
Erdogan porte plainte
Erdogan avait alors décidé de porter plainte pour atteinte à son honneur personnel et professionnel et à sa réputation. L'homme politique reprochait notamment à son opposant de l'avoir qualifié de voleur et de menteur, d'avoir dit qu'il protégeait les corrompus et de l'avoir accusé de « faire du séparatisme » et de « faire commerce de la religion ». Kemal Kılıçdaroğlu sera condamné à verser en octobre 2012 une indemnité de 10 000 livres turques.
Huit ans plus tard, la CEDH se prononce dans cette affaire dans le sens d'une violation de la liberté d'expression par la Turquie. Les juridictions du pays avaient considéré que les expressions « [le Premier ministre] crée la zizanie », « provoque la haine », « fait du séparatisme », « n'est pas une personne pieuse », « [est] un marchand de religion », « un individu qui exploite les croyances des personnes pieuses », « [a] un manque de morale », « [est] immoral » constituaient des attaques personnelles et avaient dépassé la simple opinion.
es expressions litigieuses reposaient sur une base factuelle suffisante ».
La trumpinette d ' Europe se fait prendre par la patrouille....
