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Covid....La déception d’Antoine, éboueur à Paris....

Posté : 10 décembre 2020 17:43
par LOFOTEN
20 Minutes » se penche sur les vies professionnelles bousculées par le Covid-19. Cette semaine, rencontre avec Antoine, éboueur à Paris. Félicité pendant le premier confinement, il a le sentiment d’avoir ensuite été oublié
« Ça ne servait à rien de nous applaudir pendant le premier confinement si c’était pour nous oublier ensuite », tempête Antoine *, éboueur à Paris. Sa colère aurait pourtant pu être atténuée par la fatigue. Car ce jour-là comme les autres, Antoine s’est levé à 5h du matin pour balayer et nettoyer les trottoirs de la capitale pendant plus de sept heures. Mais il n’en est rien. Les gestes de ce quinquagénaire sont vifs. Ses yeux lancent des éclairs par instants et sa voix tremble d’émotion.

Pourtant, au début de la crise du coronavirus, son métier, habituellement décrié, était regardé autrement. Au lieu d’être brandi par les parents comme une menace d’avenir lorsqu’ils veulent que leurs enfants travaillent bien à l’école, il était qualifié de « profession indispensable » dans les médias. Les éboueurs étaient décrits comme des « premiers de corvée ». Des « héros du quotidien », courageux et œuvrant pour le bien commun en bravant le risque sanitaire. « On parlait de nous en bien pour une fois, ça changeait. Car d’habitude, on nous traite de faignants, juste parce qu’on est fonctionnaire », commente Antoine.

« Des gens nous apportaient des gâteaux pour nos pauses »

Pendant cette période, même l’attitude des riverains a changé : « Ils venaient nous parler, nous saluer. Des jeunes, des vieux, qui savaient qu’on prenait des risques pour notre santé en travaillant. Des gens nous apportaient des gâteaux pour nos pauses. Même si on ne travaille pas pour récolter les "mercis", ça faisait chaud au cœur », confie celui qui travaillait auparavant dans la restauration. Certains de ses collègues qui collectent les déchets avaient même droit à des applaudissements, d’autres à des petits mots scotchés sur les poubelles.

Une reconnaissance du boulot de terrain qui s’était même manifestée par une prime de 35 euros net par jour attribuée aux éboueurs ayant bossé pendant la période du confinement. « Mais je n’étais pas dupe, je me doutais que cela ne durerait pas », tempère Antoine. Car dès la levée du [premier] confinement, finis les mots doux. Les incivilités dans la rue ont repris de plus belle. Et certains Parisiens ont recommencé à jeter leurs mégots ou leurs déchets sur le trottoir, sans un regard pour l’homme en tenue verte. Et même parfois devant lui. « Le 11 mai [date du premier déconfinement], en trois heures, j’avais déjà ramassé 30 masques. Qui étaient possiblement infectés… Pas d’accalmie dans le renouvellement des souillures dans les rues ! Les gens n’en ont plus rien à faire de nous. Ça ne leur viendrait à l’idée de dégueulasser chez eux, alors pourquoi le font-ils à l’extérieur ? », s’interroge-t-il. Et à son passage, certains riverains se sont à nouveau écartés, comme ils le faisaient avant : « C’est comme si j’étais sale moi-même. Alors que je ne fais que ramasser les ordures, je n’en suis pas une », rit-il jaune.
« J’ai choisi ce métier, même s’il est dur physiquement »

Au deuxième confinement, Antoine est encore descendu d’un étage : « Cette fois-ci, nous n’avons pas droit à une prime. Sans doute parce que nous sommes plus nombreux à bosser sur le terrain. Mais le coronavirus n’est pas devenu moins dangereux pour autant », s’offusque-t-il. D’ailleurs, ces dernières semaines, Antoine passe son temps à rassurer son fils adolescent, qui craint pour la sécurité de son père. « Je lui dis que je suis bien protégé. Même si je constate un relâchement des gestes barrières », confie-t-il. Et ses conditions de travail n’ont pas changé : « On a toujours plus de boulot et on est moins nombreux pour le faire. Avec la multiplication des pistes cyclables et l’agrandissement des trottoirs, le nombre de surfaces à nettoyer a beaucoup augmenté ces dernières années. Avec dix-sept ans d’ancienneté, je gagne 1.600 nets par mois, et le point d’indice qui sert à calculer ma rémunération est gelé depuis des années », souligne-t-il. Et comme ses collègues qui ont fait grève récemment, il redoute les conséquences de la loi de transformation de la fonction publique, qui devrait entrer en application à Paris en 2021. « On va perdre des jours de congé et de RTT », s’alarme-t-il.

A plus long terme, il craint aussi une privatisation des services de propreté de la ville. Une perspective à laquelle ne peut se résoudre ce fils d’ouvrier, attaché à la notion de service public. « J’ai la valeur travail chevillée au corps. J’ai choisi ce métier, même s’il est dur physiquement. La salubrité publique, c’est important. Ça participe au bien-être des habitants. Il serait temps que la société entière le comprenne ».
https://www.20minutes.fr/societe/292113 ... ueur-paris

Important de rappeler ceux qui bossent dur et dans de mauvaises conditions de travail.....et surtout ignoré du public.

Re: Covid....La déception d’Antoine, éboueur à Paris....

Posté : 11 décembre 2020 01:35
par gare au gorille
LOFOTEN a écrit : 10 décembre 2020 17:43 20 Minutes » se penche sur les vies professionnelles bousculées par le Covid-19. Cette semaine, rencontre avec Antoine, éboueur à Paris. Félicité pendant le premier confinement, il a le sentiment d’avoir ensuite été oublié
« Ça ne servait à rien de nous applaudir pendant le premier confinement si c’était pour nous oublier ensuite », tempête Antoine *, éboueur à Paris. Sa colère aurait pourtant pu être atténuée par la fatigue. Car ce jour-là comme les autres, Antoine s’est levé à 5h du matin pour balayer et nettoyer les trottoirs de la capitale pendant plus de sept heures. Mais il n’en est rien. Les gestes de ce quinquagénaire sont vifs. Ses yeux lancent des éclairs par instants et sa voix tremble d’émotion.

Pourtant, au début de la crise du coronavirus, son métier, habituellement décrié, était regardé autrement. Au lieu d’être brandi par les parents comme une menace d’avenir lorsqu’ils veulent que leurs enfants travaillent bien à l’école, il était qualifié de « profession indispensable » dans les médias. Les éboueurs étaient décrits comme des « premiers de corvée ». Des « héros du quotidien », courageux et œuvrant pour le bien commun en bravant le risque sanitaire. « On parlait de nous en bien pour une fois, ça changeait. Car d’habitude, on nous traite de faignants, juste parce qu’on est fonctionnaire », commente Antoine.

« Des gens nous apportaient des gâteaux pour nos pauses »

Pendant cette période, même l’attitude des riverains a changé : « Ils venaient nous parler, nous saluer. Des jeunes, des vieux, qui savaient qu’on prenait des risques pour notre santé en travaillant. Des gens nous apportaient des gâteaux pour nos pauses. Même si on ne travaille pas pour récolter les "mercis", ça faisait chaud au cœur », confie celui qui travaillait auparavant dans la restauration. Certains de ses collègues qui collectent les déchets avaient même droit à des applaudissements, d’autres à des petits mots scotchés sur les poubelles.

Une reconnaissance du boulot de terrain qui s’était même manifestée par une prime de 35 euros net par jour attribuée aux éboueurs ayant bossé pendant la période du confinement. « Mais je n’étais pas dupe, je me doutais que cela ne durerait pas », tempère Antoine. Car dès la levée du [premier] confinement, finis les mots doux. Les incivilités dans la rue ont repris de plus belle. Et certains Parisiens ont recommencé à jeter leurs mégots ou leurs déchets sur le trottoir, sans un regard pour l’homme en tenue verte. Et même parfois devant lui. « Le 11 mai [date du premier déconfinement], en trois heures, j’avais déjà ramassé 30 masques. Qui étaient possiblement infectés… Pas d’accalmie dans le renouvellement des souillures dans les rues ! Les gens n’en ont plus rien à faire de nous. Ça ne leur viendrait à l’idée de dégueulasser chez eux, alors pourquoi le font-ils à l’extérieur ? », s’interroge-t-il. Et à son passage, certains riverains se sont à nouveau écartés, comme ils le faisaient avant : « C’est comme si j’étais sale moi-même. Alors que je ne fais que ramasser les ordures, je n’en suis pas une », rit-il jaune.
« J’ai choisi ce métier, même s’il est dur physiquement »

Au deuxième confinement, Antoine est encore descendu d’un étage : « Cette fois-ci, nous n’avons pas droit à une prime. Sans doute parce que nous sommes plus nombreux à bosser sur le terrain. Mais le coronavirus n’est pas devenu moins dangereux pour autant », s’offusque-t-il. D’ailleurs, ces dernières semaines, Antoine passe son temps à rassurer son fils adolescent, qui craint pour la sécurité de son père. « Je lui dis que je suis bien protégé. Même si je constate un relâchement des gestes barrières », confie-t-il. Et ses conditions de travail n’ont pas changé : « On a toujours plus de boulot et on est moins nombreux pour le faire. Avec la multiplication des pistes cyclables et l’agrandissement des trottoirs, le nombre de surfaces à nettoyer a beaucoup augmenté ces dernières années. Avec dix-sept ans d’ancienneté, je gagne 1.600 nets par mois, et le point d’indice qui sert à calculer ma rémunération est gelé depuis des années », souligne-t-il. Et comme ses collègues qui ont fait grève récemment, il redoute les conséquences de la loi de transformation de la fonction publique, qui devrait entrer en application à Paris en 2021. « On va perdre des jours de congé et de RTT », s’alarme-t-il.

A plus long terme, il craint aussi une privatisation des services de propreté de la ville. Une perspective à laquelle ne peut se résoudre ce fils d’ouvrier, attaché à la notion de service public. « J’ai la valeur travail chevillée au corps. J’ai choisi ce métier, même s’il est dur physiquement. La salubrité publique, c’est important. Ça participe au bien-être des habitants. Il serait temps que la société entière le comprenne ».
https://www.20minutes.fr/societe/292113 ... ueur-paris

Important de rappeler ceux qui bossent dur et dans de mauvaises conditions de travail.....et surtout ignoré du public.


Apparemment ce monsieur a un statut de la fonction publique, je pense qu'il n'est pas le plus à plaindre par les temps qui courent. Il peut toujours aller faire un tour dans le privé pour voir si les conditions de travail sont meilleures dans sa profession.

Re: Covid....La déception d’Antoine, éboueur à Paris....

Posté : 11 décembre 2020 05:09
par Crapulax
Covid ou pas je salue tout le temps les éboueurs...Que ce soit l'équipe qui s'occupe de mon quartier ou ailleurs...Peut-être aussi parce que j'en eu connu quelques uns...Il faut dire merci à ceux qui se lèvent tôt tous les jours pour rendre la France propre...Idem pour ceux qui bossent dans le nettoyage,industriel ou pas...Ce ne sont pas des métiers de feignasses...

Re: Covid....La déception d’Antoine, éboueur à Paris....

Posté : 11 décembre 2020 07:46
par Fonck1
gare au gorille a écrit : 11 décembre 2020 01:35
LOFOTEN a écrit : 10 décembre 2020 17:43 20 Minutes » se penche sur les vies professionnelles bousculées par le Covid-19. Cette semaine, rencontre avec Antoine, éboueur à Paris. Félicité pendant le premier confinement, il a le sentiment d’avoir ensuite été oublié



https://www.20minutes.fr/societe/292113 ... ueur-paris

Important de rappeler ceux qui bossent dur et dans de mauvaises conditions de travail.....et surtout ignoré du public.


Apparemment ce monsieur a un statut de la fonction publique, je pense qu'il n'est pas le plus à plaindre par les temps qui courent. Il peut toujours aller faire un tour dans le privé pour voir si les conditions de travail sont meilleures dans sa profession.
la fonction publique a bien changé, il n'y a qu'en utilisant des poncifs que l'on ne peut pas le voir, comme le reste d'ailleurs.

Re: Covid....La déception d’Antoine, éboueur à Paris....

Posté : 11 décembre 2020 08:22
par sofasurfer
gare au gorille a écrit : 11 décembre 2020 01:35
LOFOTEN a écrit : 10 décembre 2020 17:43 20 Minutes » se penche sur les vies professionnelles bousculées par le Covid-19. Cette semaine, rencontre avec Antoine, éboueur à Paris. Félicité pendant le premier confinement, il a le sentiment d’avoir ensuite été oublié



https://www.20minutes.fr/societe/292113 ... ueur-paris

Important de rappeler ceux qui bossent dur et dans de mauvaises conditions de travail.....et surtout ignoré du public.


Apparemment ce monsieur a un statut de la fonction publique, je pense qu'il n'est pas le plus à plaindre par les temps qui courent. Il peut toujours aller faire un tour dans le privé pour voir si les conditions de travail sont meilleures dans sa profession.
Les statut de fonctionnaire ne garantit ni un salaire décent, ni une reconnaissance du travail. D'ailleurs a Paris, il y a des places vacantes d'éboueurs a la mairie, ca ne se bouscule pas au portillon pour bénéficier de la sécurité de l'emploi...

Re: Covid....La déception d’Antoine, éboueur à Paris....

Posté : 11 décembre 2020 12:30
par oups
sofasurfer a écrit : 11 décembre 2020 08:22
gare au gorille a écrit : 11 décembre 2020 01:35



Apparemment ce monsieur a un statut de la fonction publique, je pense qu'il n'est pas le plus à plaindre par les temps qui courent. Il peut toujours aller faire un tour dans le privé pour voir si les conditions de travail sont meilleures dans sa profession.
Les statut de fonctionnaire ne garantit ni un salaire décent, ni une reconnaissance du travail. D'ailleurs a Paris, il y a des places vacantes d'éboueurs a la mairie, ca ne se bouscule pas au portillon pour bénéficier de la sécurité de l'emploi...
Il me semble bien tout de meme que le salaire versé est celui qui est contractualisé nan ?idem pour les taches quiy afferent .
Apres ceux qui au travail sont sensibles aux applaudissements ou aux ptites contrarietes ont a mon avis tort.Le boulot c'est juste......le boulot