20 à 30% des jeunes policiers ne sont pas "au niveau" en Ile-de-France.
Posté : 28 décembre 2020 12:50
........................Des commissaires jugent que «20 à 30% des jeunes policiers ne sont pas au niveau» en Ile-de-France...................
Plusieurs commissaires et officiers franciliens que nous avons interrogés constatent un niveau de plus en plus faible de certaines recrues et regrettent une formation insuffisante selon eux.
https://www.leparisien.fr/paris-75/des- ... 416339.php
Plusieurs commissaires et officiers franciliens que nous avons interrogés constatent un niveau de plus en plus faible de certaines recrues et regrettent une formation insuffisante selon eux.
Source:Le Parisien.
Ils ne tiennent pas les comptes. Mais, interrogés sur le niveau des recrues qu'ils ont reçues dans leurs services ces dernières années, quatre commissaires franciliens sont unanimes : « Entre 20 et 30 % de ces jeunes policiers ne sont pas au niveau », affirment ces gradés.
« C'est devenu très faible depuis trois ans », s'emporte l'un d'eux, à la tête d'un service dans le Val-de-Marne.
« Le filtrage n'est pas bon, on a même des recrues qui ne maîtrisent pas le français », renchérit un autre, qui dirige un commissariat en grande couronne. « Ils font presque des faux en écriture sans le vouloir », soupire son collègue à Paris.
« Au quotidien, ça se traduit par des procédures qui sont cassées pour cause de nullité, lâche l'autre commissaire parisien. Certains, avec du travail, pourraient rattraper ce retard, mais pas tous. Et dans notre métier, on doit être capable de tout rédiger, c'est la base. »
L'autre commissaire sur Paris a surtout noté que, sur le terrain, une partie de ces « bleus » n'était « pas capable d'appréhender les situations, de prendre les bonnes décisions ou de montrer suffisamment d'éloquence pour apaiser une situation ». Même bilan dans le 94 : « Certains veulent aller dans une brigade anti-criminalité (Bac) jouer les gros bras, mais n'ont aucune empathie… »
«Certains étaient là pour casser du terroriste»:
En 2015, après les attentats, ces gradés et officiers ont vu arriver des recrues motivées. « Mais certains étaient là pour de mauvaises raisons, pour casser du terroriste, soupire le commissaire parisien. Ce n'est pas ça notre quotidien. C'est louable d'être patriote, de vouloir sauver les gens. On est tous comme ça. Mais souvent derrière il y avait des envies de violence, de vengeance. »
« De toute façon, on ne paye pas bien et on a une mauvaise image, qui voulez-vous attirer dans ces conditions? reprend le commissaire de grande couronne. Et encore, si jamais Paris arme ses policiers municipaux, ça va être une nouvelle hémorragie dans nos rangs. »
Une bonne frange des recrues trouve tout de même grâce à leurs yeux. « On a aussi des gens très érudits, lâchent trois des quatre commissaires. Ils sont précieux, ils ont les bases juridiques. » « Mais s'ils ne grimpent pas rapidement les échelons, ils se démotivent vite car le boulot ne leur plaît pas, poursuit le commissaire de grande couronne. Pourtant, eux savent mettre une contravention, savent qu'il faut une motivation pour procéder à un contrôle. D'autres ne comprennent même pas ce BA-ba du métier. »
La formation remise en cause:
Tous reprochent un manque de travail lors de leur formation. « Il n'y a pas assez de boulot sur les procédures, les PV, pour apprendre les articles de loi », avance un commissaire parisien. « Et ils ne travaillent pas assez les techniques d'interpellation, ils ne passent pas tous en exercice pratique, affirme le commissaire de grande couronne.
Il ne faut pas s'étonner, ensuite, quand certains se retrouvent à tabasser un mec dans un couloir parce qu'ils ont peur pour leur sécurité et ne savent pas maîtriser un homme dans un espace clos. » Une réflexion qui fait inévitablement penser à ce qui est arrivé au producteur de musique Michel Zecler.
Mais dans le Val-de-Marne, ce qui gêne le chef de service, ce serait plutôt l'attitude de certains, ce qu'il appelle la « culture des cités »: «Quand on voit la 258e promotion à Nîmes qui fait la fête pendant le confinement,qui fume des joints,c'est incroyable!On leur confie une arme quand même… »
Et certaines situations confinent à l'absurde. Ainsi, une recrue qui voulait être affectée au commissariat d'Etampes (Essonne) a finalement été redirigée dans une autre circonscription : elle avait déjà été placée deux fois en garde à vue par ses futurs collègues lorsqu'elle était plus jeune…
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