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Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 10 février 2021 15:51
par jabar
Je poste ce très bon article en entier, de crainte qu'il devienne payant ensuite.
Pensez-vous que les idées US sur la race aient une influence en France et dans quelle mesure ?

https://www.nytimes.com/fr/2021/02/09/w ... -woke.html

Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Venues des États-Unis, les théories sur la race, le genre et le post-colonialisme sont un affront à l’identité de la France et la république françaises, selon certains politiques et des intellectuels de renom.

By Norimitsu Onishi


PARIS — La menace serait existentielle. Elle nourrit le séparatisme. Ronge l’unité nationale. Encourage l’islamisme. Porte atteinte au patrimoine intellectuel et culturel de la France.

Quelle menace ? “Certaines théories en sciences sociales totalement importées des États-Unis d’Amérique”, affirme le président Emmanuel Macron.

Certains politiciens, d’éminents intellectuels et nombre de journalistes français avertissent que les idées progressistes américaines — notamment sur la race, le genre, le post-colonialisme — sont en train de saper leur société. “Il y a un combat à mener contre une matrice intellectuelle venue des universités américaines”, prévient le ministre de l’éducation de M. Macron.


Enhardis par ces propos, des intellectuels de renom se regroupent pour contrecarrer ce qu’ils perçoivent comme une contamination par le mouvement “woke” gauchiste et incontrôlé venu des campus américains, et la “cancel culture” qui l’accompagne.

Ils font face à une jeune garde plus diversifiée pour qui ces théories sont des outils aidant à éclairer les angles morts d’une nation de plus en plus diversifiée qui rechigne encore à faire mention de la race, qui ne s’est toujours pas confrontée à son passé colonial et qui associe souvent les aspirations des minorités à des politiques identitaires.

Ces conflits qui n’auraient autrement pas attiré beaucoup d’attention ont pris de l’ampleur dans les médias et sur les réseaux sociaux. Le nouveau directeur de l’Opéra de Paris, qui a annoncé lundi son intention de diversifier le recrutement du personnel et d’interdire le “blackface”, s’est vu vivement critiqué non seulement par la cheffe de l’extrême droite Marine Le Pen, mais aussi dans les colonnes du Monde car, bien qu’étant allemand, il a travaillé 10 ans à Toronto et aurait “baigné dix ans dans la culture américaine".

Dans un livre paru ce mois-ci, Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, spécialistes chevronnés en sciences sociales, critiquent le principe des études raciales. L’ouvrage s’est attiré les foudres de jeunes universitaires et a fait l’objet d’une large couverture médiatique. Pour M. Noiriel, la race est devenue un “bulldozer” qui écrase les autres sujets. Dans une réponse par courriel, ce dernier ajoute que l’étude de ce sujet à l’université en France est discutable car la race n’est pas officiellement reconnue par les institutions et n’est qu’une “donnée subjective”.

Alors qu’on assiste au déclin progressif de l’influence américaine dans de nombreux coins du monde, la virulence du débat autour d’une poignées de disciplines universitaires enseignées sur les campus américains peut surprendre. D’une certaine manière, c’est un combat par procuration autour de questions qui sont parmi les plus brûlantes au sein de la société française, celles notamment de l’identité nationale et du partage du pouvoir. Dans un pays où les intellectuels ont toujours une place centrale, les enjeux sont importants.

Si cette bataille qui reflète les guerres culturelles américaines a commencé dans les universités françaises, elle prend désormais de l’ampleur dans les médias. Les hommes politiques s’y engagent de façon croissante, d’autant plus que l’année écoulée a été mouvementée, marquée par une série d’événements qui ont remis en cause les principes de la société française.
ImageDes militantes féministes manifestant l’année dernière contre la nomination par M. Macron d’un ministre de l’intérieur accusé de viol et d’un ministre de la justice qui a critiqué le mouvement #MeToo.
Des militantes féministes manifestant l’année dernière contre la nomination par M. Macron d’un ministre de l’intérieur accusé de viol et d’un ministre de la justice qui a critiqué le mouvement #MeToo.Credit...Francois Mori/Associated Press

En France, des manifestations de grande ampleur contre les violences policières, suscitées par l’assassinat de George Floyd, remettaient en cause la non-reconnaissance institutionnelle de la race et le racisme systémique. Une génération #MeToo de féministes s’est dressée à la fois contre le pouvoir masculin et contre les féministes plus âgées. La répression qui a suivi une série d’attaques islamistes a soulevé des interrogations sur le modèle français de laïcité et l’intégration des immigrés des anciennes colonies de la France.

Certains y voient un écho des politiques identitaires et des théories des sciences sociales américaines. Des parlementaires de centre-droite ont appelé à l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les “excès idéologiques” dans les universités et ciblé sur Twitter des universitaires “coupables”.

M. Macron — qui manifestait jusque-là peu d’intérêt pour ces questions mais courtise la droite à l’approche des élections de l’année prochaine — est intervenu en juin dernier, reprochant aux universités d’encourager “l’ethnicisation de la question sociale”, qui reviendrait à “casser la République en deux”.

“J’ai été agréablement étonnée”, dit Nathalie Heinich, une sociologue qui a participé le mois dernier à la création d’un “observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires”. Réunissant des personnalités de renom, dont beaucoup sont à la retraite, le groupe a lancé des mises en garde contre les théories sociales d’inspiration américaine dans des grands médias comme Le Point et Le Figaro.

Pour Mme Heinich, les événements de l’année dernière sont venus s’ajouter au militantisme qui a importé dans les universités française des controverses nées à l’étranger sur l’appropriation culturelle et le black-face. À la Sorbonne, des militants ont empêché la représentation d’une pièce d’Eschyle car ils y contestaient le port de masques et le maquillage en noir d’acteurs blancs; ailleurs, des conférenciers renommés ont vu leur invitation annulée suite à la pression des étudiants.

“C’est une série d’incidents qui ont été extrêmement traumatisants pour notre communauté et qui tous relèvent de ce qu’on appelle la cancel culture”, regrette Mme Heinich.

Pour d’autres, s’en prendre à ce qu’ils perçoivent comme l’influence américaine a révélé encore autre chose, à savoir que l’establishment français serait incapable de se confronter à un monde en mutation, surtout dans un contexte où la mauvaise gestion par le gouvernement de la pandémie de coronavirus vient renforcer un sentiment de déclin inéluctable de ce qui fut autrefois une grande puissance.


“C’est le symptôme d’une petite république effrayée, déclinante, provincialisée, mais qui par le passé et encore aujourd’hui a cru à sa mission universelle et qui donc cherche les coupables de son déclin,’’ estime François Cusset, expert de la civilisation américaine à l’université de Paris Nanterre.

La France a longtemps revendiqué une identité nationale fondée sur une culture commune, des droits fondamentaux et des valeurs essentielles comme l’égalité et la liberté, rejetant les principes de diversité et de multiculturalisme. Les Français considèrent souvent les États-Unis comme une société fracturée en guerre contre elle-même.

Mais nombre des principaux penseurs à l’origine des théories des genres, de la race, du post-colonialisme et de la théorie queer, loin d’être des Américains, venaient de la France — ainsi que du reste de l’Europe, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Inde, explique Anne Garréta, une écrivaine française qui enseigne la littérature dans des universités en France et à Duke University, aux Etats-Unis.

“C’est tout un monde d’idées qui circule à l’échelle mondiale”, precise-t-elle. “Il se trouve que les campus qui sont les plus cosmopolites et les plus mondialisés à ce stade de l’histoire sont les campus américains. ’’


L’État français ne recueille pas de statistiques raciales, illégales, dans le cadre de son engagement affiché en faveur de l’universalisme et du traitement égal de tous les citoyens au regard de la loi. Mais pour nombre de spécialistes de la question raciale, cette réticence s’inscrit dans une longue histoire de négation du racisme en France, du passé colonial et de la traite négrière du pays.

“Qu’est-ce qu’il y a de plus français que la question raciale dans un pays qui s’est construit autour de ces questions-là?”, s’interroge Mame-Fatou Niang, qui partage son temps entre la France et les États-Unis, où elle enseigne les études françaises à l’université Carnegie Mellon.

Mme Niang a mené campagne pour faire retirer, à l’Assemblée Nationale, une fresque où figurent deux personnages Noirs dépeints avec de grosses lèvres rouges et des yeux globuleux. Les opinions qu’elle exprime en public au sujet de la race ont souvent fait d’elle une cible sur les réseaux sociaux, notamment de la part d’un des législateurs qui a fait pression pour une enquête sur les “excès idéologiques” dans les universités.

L’historien Pap Ndiaye, qui s’efforce de faire établir un cursus de Black Studies en France, estime que ce n’était pas une coïncidence si la vague actuelle de rhétorique anti-américaine est apparue au moment même où se tenaient les premières manifestations contre le racisme et les violences policières, en juin dernier.

“Il y a bien cette idée qu’on parle trop des questions de race en France,” dit-il. “Ça suffit."

Les trois attentats islamistes à l’automne dernier sont venus rappeler que le terrorisme reste une menace en France. Ils ont également fait porter l’attention sur un autre domaine de recherche très sensible, l’islamophobie, et comment l’hostilité envers l’islam en France, ancrée dans son expérience coloniale du monde musulman, continue de marquer la vie des musulmans français.

Abdellali Hajjat, un expert en islamophobie, dit qu’il est de plus en plus difficile de se consacrer à son sujet depuis 2015, date des attaques terroristes dévastatrices qui avaient frappé Paris. Le financement public de la recherche s’est tari. Les chercheurs sur cette matière se voient accusés de faire l’apologie des islamistes et même des terroristes.

Il y a deux ans, fuyant l’ambiance qu’il trouvait oppressante, M. Hajjat est parti enseigner à l’Université libre de Bruxelles, en Belgique, où il dit jouir d’une plus grande liberté académique.

“Sur la question de l’islamophobie, il n’y a qu’en France qu’il y a une telle violence des discours pour rejeter le terme”, affirme-t-il.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation de M. Macron, a accusé les universités, sous influence américaine, d’être complices des terroristes en fournissant une légitimation intellectuelle de leurs actes.

Dans une lettre ouverte de soutien au ministre publiée dans Le Monde, un groupe de 100 universitaires réputés a fustigé les théories “transférées des campus nord-américains”.


L’un des signataires, l’expert de l’islam Gilles Kepel, considère que l’influence américaine a conduit à “une sorte d’interdiction dans les universités de réfléchir au phénomène de l’islam politique au nom d’une idéologie de gauche qui le considère comme la religion des défavorisés".

Avec l’islamophobie, c’est par “l’importation totalement artificielle” en France de la “question noire à l’américaine” que certains tentent de présenter une fausse image d’une France coupable de “racisme systémique” et de “privilège blanc”, renchérit de son côté Pierre-André Taguieff, historien et grand critique de l’influence américaine.

Dans ses réponses envoyées par courriel, M. Taguieff écrit que les chercheurs sur la race, l’islamophobie et le post-colonialisme sont motivés par “la haine de l’Occident, en tant que civilisation blanche”.

“Le programme commun de ces ennemis de la civilisation européenne tient en trois mots: décoloniser, démasculiniser, déseuropéaniser,” résume M. Taguief. “Le ‘mâle blanc hétérosexuel’, voilà le coupable à condamner et l’ennemi à éliminer.”

Derrière les attaques contre les universités américaines — menées par des intellectuels hommes, blancs, âgés — se cachent les tensions d’une société où le pouvoir établi est bousculé, estime de son côté Éric Fassin, un sociologue qui a été l’un des premiers chercheurs, il y a une quinzaine d’années, à s’intéresser à la question raciale et au racisme en France.

À l’époque, les spécialistes des questions raciales étaient généralement des hommes blancs comme lui, explique-t-il. Il ajoute qu’il est souvent traité de traître et a été la cible récemment d’un extrémiste de droite condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir menacé de le décapiter.

Mais l’émergence de jeunes intellectuels — dont certains sont Noirs ou musulmans — nourrit l’assaut contre ce que M. Fassin appelle “l’épouvantail américain”.

“C’est ça qui fait basculer les choses,” résume-t-il. “C’est pas simplement les objets dont on parle, mais c’est aussi les sujets qui parlent.”


Norimitsu Onishi is a foreign correspondent on the International Desk, covering France out of the Paris bureau. He previously served as bureau chief for The Times in Johannesburg, Jakarta, Tokyo and Abidjan, Ivory Coast.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 10 février 2021 16:12
par sofasurfer
Sauf dans les Antilles avec abolition il y a 200 ans, en France nous n'avons jamais importé d'esclaves. Excepté pendant deux ans durant la guerre d'Algérie, en métropole il n'y a pas eu de ségrégation raciale. Donc importer les idées raciales des USA n'a aucun sens en France, si ce n'est de créer un fantasme fabriqué de toute pièce comme prétexte pour victimiser une partie de la population.

La victimisation mène a la souffrance, la souffrance mène a la haine, une haine donc créer a partir d'éléments fictifs...

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 10 février 2021 16:18
par CrazyMan
Le sujet est vraiment intéressant et me touche personnellement.

Les sciences sociales "modernes" mettent en place "l'intersectionnalité". C'est une manière de percevoir l'individu à travers ses différentes caractéristiques, la classe sociale mais également la race et le genre comme il est énoncé dans l'article. Une manière de percevoir les rapports de domination et les relations conflictuelles propres à tout corps social à travers non plus seulement la classe sociale mais aussi le genre et la race.

Ce mouvement a une place privilégiée notamment à l'EHESS qui fait figure d'école d'excellence en sciences sociales.

Je suis curieux de lire les réactions des forumeurs sur le sujet.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 10 février 2021 16:21
par Victor
Quand j'ai abordé la question raciale, de très nombreux forumeurs m'ont indiqué que je me plantais royalement parce que les races n'existaient pas.
Or comment expliquer qu'une notion qui n'existerait pas peut générer autant de débats, de mouvements, de manifestations, de contre-cultures, etc. ?

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 10 février 2021 17:42
par da capo
Je partage tout à fait les avis de Kepel et Taguieff.


Sur ce sujet précisément, je viens de finir le bouquin de P.Bruckner ''un coupable presque parfait'', c''est en gros la critique de
trois discours - néoféministe, antiraciste et décolonial – qui désignent le mâle hétérosexuel blanc comme l'ennemi : son anatomie fait de lui un prédateur par nature, sa couleur de peau, un raciste et sa puissance économique un exploiteur de tous les ''dominés'' de la terre.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 10 février 2021 19:33
par Kelenner
da capo a écrit : 10 février 2021 17:42 Je partage tout à fait les avis de Kepel et Taguieff.


Sur ce sujet précisément, je viens de finir le bouquin de P.Bruckner ''un coupable presque parfait'', c''est en gros la critique de
trois discours - néoféministe, antiraciste et décolonial – qui désignent le mâle hétérosexuel blanc comme l'ennemi : son anatomie fait de lui un prédateur par nature, sa couleur de peau, un raciste et sa puissance économique un exploiteur de tous les ''dominés'' de la terre.
On peut être -largement- plus subtil que ça. C'est un discours "contre-victimaire" qui écarte d'avance toute discussion en employant justement les techniques de victimisation qu'on prétend dénoncer. Il vaut -100 fois- mieux lire les "réflexions sur la question juive" de Sartre que ce type de "penseur" à deux balles niveau Closer, ça permet de beaucoup mieux aborder la problématique.

Au-delà de ça, il y a effectivement dans ce domaine comme dans tant d'autres une "contamination" des débats intra-français par des concepts américains qui y correspondent peu, ou mal : l'Histoire, le rapport à la "race" sont radicalement différents et des mouvements typiquement anglo-saxons type "Black Lives Matters" n'ont pas vraiment de pertinence dans le contexte européen. Je pense qu'il est très important que sur le plan légal la "race" continue à ne pas être reconnue juridiquement, ce serait contraire à toutes nos valeurs et à toute notre Histoire, et ce serait source de dérives et de polémiques à n'en plus finir. Par contre il est tout aussi stupide de persister à nier l'existence de catégories d'identification auxquels les gens se référent, positivement ou négativement, surtout si on veut surmonter des tensions et des préjugés.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 07:29
par jabar
Victor a écrit : 10 février 2021 16:21 Quand j'ai abordé la question raciale, de très nombreux forumeurs m'ont indiqué que je me plantais royalement parce que les races n'existaient pas.
Or comment expliquer qu'une notion qui n'existerait pas peut générer autant de débats, de mouvements, de manifestations, de contre-cultures, etc. ?
Que la race existe ou n'existe pas, tu veux dire sur le plan biologique je suppose, n'a absolument aucune espèce d'importance.
La race comme concept existe dans sa manifestation sociale.

C'est un peu le problème, de l'une cet idéal universaliste qui fait de tous les français des citoyens égaux, de l'autre, une réalité sociale ou la race est un fait très impactant dans le parcours des gens.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 07:48
par jabar
CrazyMan a écrit : 10 février 2021 16:18 Le sujet est vraiment intéressant et me touche personnellement.

Les sciences sociales "modernes" mettent en place "l'intersectionnalité". C'est une manière de percevoir l'individu à travers ses différentes caractéristiques, la classe sociale mais également la race et le genre comme il est énoncé dans l'article. Une manière de percevoir les rapports de domination et les relations conflictuelles propres à tout corps social à travers non plus seulement la classe sociale mais aussi le genre et la race.

Ce mouvement a une place privilégiée notamment à l'EHESS qui fait figure d'école d'excellence en sciences sociales.

Je suis curieux de lire les réactions des forumeurs sur le sujet.
Pourquoi cela te touche ? Je serais intéressé de connaître ton avis.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 08:20
par vivarais
chez certains la race est devenue une obsession
ils assimilent leur religion a une race comme elle etait uniquement nord africaine
en france mous avons toujours été multiraciale sans problèmes
qu'ils soient pondicherien (inde) asiatique ( français indochinois) , vahiné ( polynésiens) , kanack (nouvelle Calédonie)
de descendance africaine (les tom tom) ; nord africain (harkis)
et ils sont tous bien représentés dans la fonction publique
en france nous n'avons jamais eu de problèmes de race car le français n'est pas une race mais une communauté nationale
les seuls qui parlent de racisme sont de nouveaux venus qui haïssent la france et sifflent l'hymne nationale tout en se prétendant français
comme quoi il devient plus que nécessaire de revoir les critères d'accession à la nationalité au mérite et non plus au droit du sol
comme avait dit Chevènement qui avait pourtant fait la loi en faveur des étrangers
la france on l'aime ou on la quitte
alors jabar and Co mettez vous bien dans le crane que la france est une communauté multiraciale et multi confessionnelle
et qui n'est pas raciste
vous n'arriverez pas à diviser les vrais français quel que soit leur origine ethnique

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 09:07
par papibilou
Nous sommes depuis longtemps de plus en plus américanisés dans nos esprits. Nous avons suivi l'élection présidentielle américaine comme si c'était celle de notre pays. Les idées véhiculées par des réseaux sociaux exclusivement américains nous parviennent sans filtres. C'est ainsi que le racisme américain, bien réel lui, vient polluer nos esprits et nous faire croire que nous sommes comme eux. Même chose pour les violences policières, comme si on pouvait assimiler les dérives plutôt rares et jamais mortelles de nos forces de l'ordre à celles des états du sud en particulier.
Cette porosité aux idées d'outre Atlantique entraîne une paranoïa encore plus sensible chez les jeunes.
Il serait grand temps d'apprendre que la France et les USA ce n'est pas pareil. Temps d'apprendre à penser et juger par nous mêmes nos erreurs, nos défauts, mais sans nous prendre pour un pays dont nous ne sommes pas le 51 ème état.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 09:44
par da capo
Kelenner a écrit : 10 février 2021 19:33
da capo a écrit : 10 février 2021 17:42 Je partage tout à fait les avis de Kepel et Taguieff.


Sur ce sujet précisément, je viens de finir le bouquin de P.Bruckner ''un coupable presque parfait'', c''est en gros la critique de
trois discours - néoféministe, antiraciste et décolonial – qui désignent le mâle hétérosexuel blanc comme l'ennemi : son anatomie fait de lui un prédateur par nature, sa couleur de peau, un raciste et sa puissance économique un exploiteur de tous les ''dominés'' de la terre.
On peut être -largement- plus subtil que ça. C'est un discours "contre-victimaire" qui écarte d'avance toute discussion en employant justement les techniques de victimisation qu'on prétend dénoncer. Il vaut -100 fois- mieux lire les "réflexions sur la question juive" de Sartre que ce type de "penseur" à deux balles niveau Closer, ça permet de beaucoup mieux aborder la problématique.

Au-delà de ça, il y a effectivement dans ce domaine comme dans tant d'autres une "contamination" des débats intra-français par des concepts américains qui y correspondent peu, ou mal : l'Histoire, le rapport à la "race" sont radicalement différents et des mouvements typiquement anglo-saxons type "Black Lives Matters" n'ont pas vraiment de pertinence dans le contexte européen. Je pense qu'il est très important que sur le plan légal la "race" continue à ne pas être reconnue juridiquement, ce serait contraire à toutes nos valeurs et à toute notre Histoire, et ce serait source de dérives et de polémiques à n'en plus finir. Par contre il est tout aussi stupide de persister à nier l'existence de catégories d'identification auxquels les gens se référent, positivement ou négativement, surtout si on veut surmonter des tensions et des préjugés.

Le ''penseur à deux balles'' fait l'inventaire de ces concepts venus des universités américaines qu'il connaît plutôt bien et ses réflexions sur cette question coïncident tellement avec ton deuxième paragraphe que c'en est presque drôle.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 15:43
par CrazyMan
jabar a écrit : 11 février 2021 07:48 Pourquoi cela te touche ? Je serais intéressé de connaître ton avis.
Bah en fait quand je suis arrivé à Paris pour terminer mes études j'ai eu beaucoup de séminaires à l'EHESS et j'ai découvert l'importance de ces mouvements à ce moment là.
Il y a eu pas mal de débats enflammés...

Ce qui est drôle dans l'article c'est les intellectuels qui s'opposent à la notion de la race. Nathalie Heinich, Gilles Kepel, Pierre-André Taguieff, c'est quand même un sacré casting d'universitaires très controversés. On rajoute Gérald Bronner et on a la totale. C'est des universitaires qui s'illustrent davantage par leurs frasques médiatiques et les controverses que par leurs travaux.

La race est évidemment un facteur important. La France a un vieux réflexe universaliste, comme si, sous couvert, de politiquement correct il faudrait que nous soyons daltoniens. Je ne pense pas que ce soit un service rendu ou égalitaire de ne pas appeler un noir un noir. Il y a des problèmes sociaux liés à la couleur de peau, c'est une évidence et être daltonien ne peut que nous empêcher de les régler.

En revanche, je connais assez bien le mouvement puisque j'y ai mis les pieds. On trouve pas mal de ces gens que j'appelle les "bourgeois de gauche". Des personnes qui ont une analyse parfois exagérée. C'est un courant récent et les gens s'y engouffrent sans réflexivité.
Un simple exemple, je discutai à l'abris de la pluie avec une thésarde de l'EHESS et une bande de jeune fumait des joints. Cette bande était composé de noirs, d'arabes et de blancs. Entre eux ils se parlaient comme ceci : "vas y fais tourner sale arabe", "tiens négro", etc... Alors que j'en souriais elle m'a dit qu'ils tenaient des propos racistes parce que "le langage patata patati".
Ce que je retire de cette expérience c'est surtout la méconnaissance de nombreux chercheurs des classes populaires. J'ai grandis en cité jusqu'à mes 12 ans, et effectivement on s'insultait entre nous. On s'insultait mais étions-nous pour autant racistes ? Est-ce que c'est à un jeune bourgeois qui n'a jamais vécu dans un quartier populaire de nous dire que nous sommes racistes ? Ce jeune bourgeois vit-il avec des populations immigrés dans son quartier ?
A titre personnel, au-delà d'une critique du raciste j'y ai perçu un dégoût du langage populaire. Le bourgeois, même en étant raciste, se gardera bien de qualifier un noir de "négro", il a un autre rapport au langage. La montée en puissance de l'intersectionnalité et de la réflexion sur le genre et la race est pertinente mais ne doit pas nourrir une myopie du regard sociologique. Les approches sont complémentaires mais il faut faire attention.

Sinon on se retrouve comme De Lasganerie ou Eddy Bellegueule, on se dit intellectuel de la gauche radicale depuis son bureau universitaire, le tout en vomissant sur les classes populaires.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 15:56
par vincent
CrazyMan a écrit : 10 février 2021 16:18
Ce mouvement a une place privilégiée notamment à l'EHESS qui fait figure d'école d'excellence en sciences sociales.

Je suis curieux de lire les réactions des forumeurs sur le sujet.
Sce Po et bien d'autres , ce qu' on peut en penser .......c 'est parti


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Société
États-Unis : l'université Yale accusée de discrimination contre les Blancs et les Asiatiques
VIDÉO. Le ministère américain de la Justice s'appuie sur une enquête menée durant deux ans. L'université rejette « catégoriquement » ces accusations.


Source AFP
Publié le 14/08/2020 à 08h51 - Modifié le 14/08/2020 à 10h58
Alors que le sujet des discriminations raciales bat son plein aux États-Unis, le ministère américain de la Justice a accusé la prestigieuse université Yale, jeudi 13 août, de violer les droits civiques en pratiquant une discrimination contre les candidats blancs et asiatiques.


Les conclusions du ministère, qualifiées de « sans fondement » par Yale, suivent une enquête de deux ans sur le processus d'admission en licence de cet établissement du Connecticut membre de l'Ivy League, club ultra-select regroupant huit excellentes universités du nord-est du pays. La Cour suprême américaine a déjà autorisé les universités à prendre en considération l'origine ethnique des candidats, mais le ministère de la Justice souhaite que cela soit fait « dans des circonstances limitées ».

« Nous nous intéressons à l'ensemble de la personne »
« L'usage de la race [dans le processus d'admission] à Yale est tout sauf limité », accuse le ministère, pour lequel « la race est le facteur déterminant dans des centaines d'admissions chaque année ». « Les Asiatiques et les Blancs ont de quatre à dix fois moins de chances d'être admis, à dossier comparable, que des candidats afro-américains ». « Les bonnes formes de discrimination raciale, ça n'existe pas », a déclaré l'adjoint du ministre de la Justice Eric Dreiband. « Diviser de manière illégale les Américains en catégories raciales et ethniques encourage les stéréotypes, l'amertume et la division », a-t-il ajouté.

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 17:16
par Victor
jabar a écrit : 11 février 2021 07:29
Victor a écrit : 10 février 2021 16:21 Quand j'ai abordé la question raciale, de très nombreux forumeurs m'ont indiqué que je me plantais royalement parce que les races n'existaient pas.
Or comment expliquer qu'une notion qui n'existerait pas peut générer autant de débats, de mouvements, de manifestations, de contre-cultures, etc. ?
Que la race existe ou n'existe pas, tu veux dire sur le plan biologique je suppose, n'a absolument aucune espèce d'importance.
La race comme concept existe dans sa manifestation sociale.

C'est un peu le problème, de l'une cet idéal universaliste qui fait de tous les français des citoyens égaux, de l'autre, une réalité sociale ou la race est un fait très impactant dans le parcours des gens.
C'est exactement ce que j'essayais de montrer. Mais tu l'as fait de manière bien plus clair que moi !

Re: Les idées américaines menacent-elles la cohésion française ?

Posté : 11 février 2021 17:26
par oldeagle
sofasurfer a écrit : 10 février 2021 16:12 Sauf dans les Antilles avec abolition il y a 200 ans, en France nous n'avons jamais importé d'esclaves. Excepté pendant deux ans durant la guerre d'Algérie, en métropole il n'y a pas eu de ségrégation raciale. Donc importer les idées raciales des USA n'a aucun sens en France, si ce n'est de créer un fantasme fabriqué de toute pièce comme prétexte pour victimiser une partie de la population.

La victimisation mène a la souffrance, la souffrance mène a la haine, une haine donc créer a partir d'éléments fictifs...
Tu as raison. Sauf que les idées raciales arrivent via les universités françaises via les mouvement étudiants de l'ultra gauche (donc bolcheviques), bien contente de saper l'unité nationale française.

Les américains, nous voient, surtout les démocrates, comme de gros racistes, et ils veulent changer notre société en nous faisant la morale, en foutant la pression sur nos dirigeants. Dans les sanctions contre la russie, il faut qu'on les suivent, sinon, ils nous considèrent comme leurs ennemis. Hollande a été si faible qu'il a cédé aux pressions des ricains et a suivi comme un petit caniche les ricains dans les sanctions contre les russe. C'est minable et pitoyable.
Par ailleurs, beaucoup de français tombent dans le panneau en se laissant séduire par la culture américaine.
Beaucoup de gens donnent des prénoms américains à leurs mômes. Même les politiques, ces cons là, copie les américains.
Les présidents américains ont un mandat de 4 ans, nous de 5.
Ils font les primaires, on fait les primaires.
Et dire que cet abruti de Raffarin propose un mandat de 4 ans pour les députés ! Pourquoi ne pas devenir le 51ème état américain pendant qu'il y est ?

Je dis, plutôt que de copier les américains, soyons nous même !