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Préhistoire: La femme était l'égal de l'homme ?

Posté : 19 mai 2021 13:56
par Crapulax
..................................Cueillette, cuisine et maternité ? Oubliez tous vos clichés sur les femmes préhistoriques!............................


Qui a dit que les femmes préhistoriques étaient cantonnées au ramassage des baies ou restaient terrées dans leur grotte ? Des archéologues du XIXe siècle. Mais leur analyse genrée ne résiste pas à l’éclairage des nouvelles technologies, qui permettent aujourd’hui aux spécialistes de la préhistoire de brosser un tableau beaucoup plus équilibré des sociétés anciennes.

Chez les Néandertaliens, des squelettes de femmes présentent des lésions au niveau du coude, d’un seul côté, associées à la pratique régulière du lancer, donc de la chasse.


Des femmes se faisant tirer les cheveux par des hommes violents revenus de la chasse, gourdin à la main, et ne s’aventurant hors de la grotte que pour cueillir des baies…

Voilà à quoi ressemble la répartition des rôles dans les sociétés préhistoriques dans l’imaginaire collectif. C’est le fameux « temps des cavernes » qui sert encore aujourd’hui à justifier les stéréotypes de genre, contribuant à modeler des comportements jugés innés. Nos préjugés sexistes trouveraient leur source dans ce très lointain héritage.

Que nenni ! Ils nous viendraient surtout d’une vision de la préhistoire écrite par des hommes, dès la fin du XIXe siècle.

Les nouvelles technologies (ainsi que la féminisation du métier d’archéologue depuis les années 1980), ou encore les travaux de Claudine Cohen, philosophe et historienne des sciences, spécialiste de l’histoire de la paléontologie et des représentations de la Préhistoire, ont pulvérisé ces clichés.

Force est de constater que les voix les battant en brèche, surtout venant d’historiennes, trouvent de nos jours une écoute plus attentive. Le succès littéraire de la rentrée, « L’homme préhistorique est aussi une femme » (Editions Allary) de la spécialiste du Néandertal, Marylène Patou-Mathis, en est l’une des illustrations.

L’ADN fait parler les vestiges archéologiques:

Sur certains points, la société d’aujourd’hui pourrait bien s’inspirer de ce « temps des cavernes ». Dès le Paléolithique, période couvrant les premiers témoins de l’activité humaine il y a plus de trois millions d’années, jusqu’à l’invention de l’agriculture et de l’élevage, on observe déjà des petits groupes humains nomades chez lesquels les tâches sont partagées.

De nouvelles méthodes d’investigations ont en effet permis de faire parler les vestiges archéologiques. Par exemple, l’ADN que nous retrouvons dans les os identifie avec certitude le sexe des individus. Leur étude, la paléoanthropologie, a également fourni des informations précieuses sur la morphologie des individus, leurs maladies et leurs traumatismes liés à certaines activités.

On sait ainsi désormais que les femmes chassaient. Chez les Néandertaliens, des squelettes de femmes présentent en effet des lésions au niveau du coude, d’un seul côté, associées à la pratique régulière du lancer pour la chasse. Elles pouvaient aussi tenir des positions sociales élevées, taillaient les outils, peignaient…

Et pour ce qui est de la « cuisine », « on observe que, dans certaines communautés paléolithiques, les hommes ont utilisé leurs dents pour assouplir des peaux animales ou prémâcher de la viande crue. Le travail des matières souples et les préparations culinaires étaient donc aussi une affaire d’hommes », relate Marylène Patou-Mathis.

Grâce aux vérifications ADN du sexe des squelettes préhistoriques, il est prouvé que des hommes défunts aux corps musclés, puissants et honorés par du mobilier funéraire… étaient en fait des femmes.

Quand « l’homme de Menton » devint « la dame du Cavillon »:

L’un des cas les plus célèbres est la découverte en 1872 d’un squelette inhumé dans l’une des grottes de Grimaldi - dite du Cavillon -, appelé « l’homme de Menton ».

Le squelette, aux caractéristiques proches de celles de l’homme de Cro-Magnon, était robuste et paré d’une coiffe de coquillages, d’un collier de canines de cerfs, de deux lames de silex… Tout un apparat associé à la richesse et au pouvoir. Il n’en fallait pas plus pour que les archéologues en déduisent que ce squelette était masculin.

« Des années plus tard, un réexamen des os a permis de l’identifier comme étant celui d’une femme, malgré la robustesse du squelette et l’opulence de la sépulture. L’homme de Menton est alors devenu la dame du Cavillon ! », ironise Lucile Peytavin, historienne spécialiste du travail des femmes dans l’artisanat et le commerce, dans son récent ouvrage, « Le coût de la virilité » (Editions Anne Carrière).

Elle enfonce d’ailleurs le clou. « Ces erreurs d’interprétation se sont répétées jusqu’au XXe siècle. En 1953 est découverte en Côte-d’Or la tombe de Vix, qui abrite une sépulture à char du VIe siècle av. J.-C.

Compte tenu de la richesse des objets qu’elle contenait, les archéologues ont d’abord pensé que le squelette était celui d’un homme. Au début des années 2000, des analyses ADN ont indiqué qu’il s’agissait en réalité d’une femme, que l’on appelle à présent la princesse de Vix ! »

« Les femmes du Paléolithique étaient d’une grande robustesse »:

De quoi ces exemples sont-ils révélateurs ?

« Du fait que nous projetons à tort sur des populations ayant vécu il y a des millions ou des milliers d’années des schémas d’organisation sociale qui nous sont contemporains », tranche Lucile Peytavin. « Plusieurs travaux paléoanthropologiques montrent que les femmes du Paléolithique étaient d’une grande robustesse. Même si, en moyenne, elles avaient quelques centimètres et kilos de moins que les hommes.

La thèse selon laquelle les femmes étaient moins vigoureuses, car systématiquement privées de nourriture carnée, est réfutée par les analyses de leurs squelettes, qui ne présentent pas plus de pathologies dues à des carences alimentaires que ceux des hommes », pose l’autrice de « L’homme préhistorique est aussi une femme ».

Cette remise en cause archéologique questionne au fond l’idée d’une distinction intemporelle, voire naturelle des activités féminines et masculines dès le berceau de l’humanité. Alors, on sourit en lisant des historiens tels qu’Elie Faure (1873-1937) décrivant une préhistoire dans laquelle « la femme à l’horizon borné reste terrée au fond de la grotte, vouée aux enfants, au foyer, à la reproduction et à la répétition du même...

L’homme, au contraire, s’élève au-dessus de sa condition animale, regarde vers les lointains, va vers l’inconnu, contemple le ciel, invente l’art et transcende la destinée humaine : c’est de lui que procède toute évolution, toute innovation. »
Source:Le Parisien.
https://www.leparisien.fr/sentinelles/c ... XUEJOI.php

Re: Préhistoire: La femme était l'égal de l'homme ?

Posté : 19 mai 2021 15:41
par CrazyMan
Ca parait assez logique finalement. Si on se penche sur le mode de vie des grands mammifères, il n'est pas rare de constater que le mâle est relativement "statique" et s'occupe principalement des affaires de sa meute alors que la femelle part chasser. C'est le cas chez les lions par exemple.

Re: Préhistoire: La femme était l'égal de l'homme ?

Posté : 19 mai 2021 15:46
par jabar
Quand même, on a rien à voir avec les lions niveau organisation sociale.
Cet article réfute une vision dépassée de la préhistoire, une vision que plus personne ne partage depuis longtemps, c'est pas spécialement révolutionnaire.

Re: Préhistoire: La femme était l'égal de l'homme ?

Posté : 19 mai 2021 16:11
par The Rat Pack
.
Une hypothèse de Coppens est pour le moins intéressante:
Les femmes étaient mises à l'écart des activités dangereuses (chasse, guerre) et donc cantonnées à la cuisine et à l'éducation des enfants dans le but de préserver la survie de la tribu. Dans une tribu disons de 50 hommes et 50 femmes, si les femmes sont décimées, celles qui restent ne pouvant avoir qu'un enfant par an, la survie de la tribu est menacée... Par contre, si ce sont les hommes qui sont décimés, ceux qui restent pourront faire un enfant par an à chacune des femmes préservées...

Re: Préhistoire: La femme était l'égal de l'homme ?

Posté : 19 mai 2021 16:43
par Fonck1
The Rat Pack a écrit : 19 mai 2021 16:11 .
Une hypothèse de Coppens est pour le moins intéressante:
Les femmes étaient mises à l'écart des activités dangereuses (chasse, guerre) et donc cantonnées à la cuisine et à l'éducation des enfants dans le but de préserver la survie de la tribu. Dans une tribu disons de 50 hommes et 50 femmes, si les femmes sont décimées, celles qui restent ne pouvant avoir qu'un enfant par an, la survie de la tribu est menacée... Par contre, si ce sont les hommes qui sont décimés, ceux qui restent pourront faire un enfant par an à chacune des femmes préservées...
c'est un peu ce qu'il se passe dans les pays musulmans finalement? ils ont pas la bombe, alors ils procréent un max :lol:

Re: Préhistoire: La femme était l'égal de l'homme ?

Posté : 19 mai 2021 17:36
par jabar
Il existe pas mal d'hypothèses mais franchement, on ne sait pas vraiment quel était la répartition des rôles pour les 2 sexes. Ce qui est absolument sûr, c'est que les articles vulgarisant des papiers scientifiques font presque toujours de la daube et essaient de coller aux standards moraux contemporains.
Il y a quelques décennies, on théorisait que les femmes étaient probablement traitées comme du bétail car on retrouvait des corps de femmes isolés.
Maintenant, les femmes préhistoriques étaient des femmes fortes aussi capables que les hommes.
C'est nawak. Aucun papier scientifique sérieux ne sort des affirmations aussi catégoriques. Il y a eu quelques études modelisant l'intérêt évolutionniste d'une égalité sexuelle mais ça reste très très hypothétique et basé sur des prémisses douteuses (notamment la comparaison des sociétés historiques avec les tribus actuelles de chasseurs-cueilleurs).
Il n'y a pas de tort à ne pas savoir.