Pau : des avocats portent plainte contre Marine Le Pen et des candidats RN pour des tracts "haineux"
Posté : 11 juin 2021 06:47
Le RN a le mensonge dans la "Pau" !
Selon ces avocats, rassemblés en Association Avocats pour la défense des étrangers, les tracts de campagne du binôme Rassemblement national pour les élections départementales dans le canton de Pau 3, qui visent les mineurs isolés étrangers, sont mensongers et incitent à la violence et à la haine.
L'Association Avocats pour la défense des étrangers, qui rassemble une quinzaine de professionnels du barreau de Pau (Pyrénées-Atlantiques), porte plainte contre Marine Le Pen, son parti le Rassemblement National, et les deux candidats RN aux élections départementales sur le canton de Pau 3, Monique Becker et Jean-Luc Brasse. Une plainte pour incitation à la haine, à la violence ou à la haine raciale et diffamation. Elle vise des propos relayés sur des tracts de campagne des deux candidats palois, distribués dans les boîtes aux lettres des habitants du canton, dont celle de l'une des avocates de l'association.
Cette déshumanisation de l'adversaire ou de celui jugé comme responsable de tous les maux ou qui doit être éliminé, c'est une pratique que l'on retrouve dans les états totalitaires.
Isabelle Casau, avocate au barreau de Pau.
Sur ces tracts de présentation des "candidats de Marine Le Pen" pour les élections départementales, on peut lire, sur un quart de page : "Prise en charge des migrants. Le saviez-vous ? Un mineur isolé étranger coûte 40 000 euros par an au département. 60 % sont en réalité majeurs. Ils sont responsables de l'explosion de l'insécurité. Seuls nos élus mettront un terme à ce scandale." Des propos révoltants pour maîtres Selvinah Pather, Isabelle Casau et Mikele Dumaz Zamora, spécialisées dans le droit des étrangers.
"Ce tract déshumanise totalement les enfants qui arrivent sur le territoire. Il les désigne comme des bouc-émissaires. Tout est incriminant et c'est un appel à la haine. Cette déshumanisation de l'adversaire ou de celui jugé comme responsable de tous les maux ou qui doit être éliminé, c'est une pratique que l'on retrouve dans les états totalitaires. C'est une pratique mise en œuvre par les Nazis !", déplore maître Isabelle Casau. Selon elle, le Rassemblement National, en pleine entreprise de "normalisation", montre là son "vrai visage" : "ils s'attaquent à ceux qui sont les plus faibles. Ce sont des enfants sans leurs parents. On n'a pas le droit de les traiter de cette façon."
Des chiffres "mensongers"
Au-delà d'être révoltants, les propos tenus dans ce tract sont, selon les avocates, "tout simplement mensongers". "Tous les chiffres sont faux !" assurent-elles. Celui du coût de la prise en charge d'un MNA [mineur non-accompagné] pour le département chaque année, par exemple. "Au vu du rapport rendu par la Cour régionale des Comptes en septembre 2020, cela coûterait approximativement 7 300 euros. Ce qui est moins que le coût de prise en charge des enfants 'non-MNA'. De plus, selon les chiffres du Ministère de la Justice, les mineurs non-accompagnés représentent moins de 10 % de l'ensemble des mineurs pris en charge par les services de la protection de l'enfance", relèvent les avocates.
Ce sont des gamins qui font des efforts, sont séparés de leur famille, souffrent énormément, qui souvent ont fui des maltraitances... ce sont des enfants qui ne peuvent que susciter la compassion et l'admiration.
Isabelle Casau
Pour elles, qui côtoient ces jeunes au quotidien dans leur pratique, il est "insupportable de les voir ainsi stigmatisés, montrés du doigt alors que ce sont des enfants remarquables, qui font des efforts pour parler le français, pour trouver un travail dans les domaines les plus difficiles comme la maçonnerie ou la restauration où les patrons peinent à recruter. Ce sont des gamins qui font des efforts, sont séparés de leur famille, souffrent énormément, qui souvent ont fui des maltraitances... ce sont des enfants qui ne peuvent que susciter la compassion et l'admiration", conclut Isabelle Casau.
La plainte de l'Association Avocats pour la défense des étrangers a été déposée ce mercredi auprès de la procureure de la République de Pau. Les candidats Rassemblement National concernés et la fédération départementale du parti n'ont, à ce jour, pas répondu aux sollicitations de France Bleu Béarn Bigorre sur la question.
Manon Claverie
https://www.francebleu.fr/infos/faits-d ... 1623344017
Selon ces avocats, rassemblés en Association Avocats pour la défense des étrangers, les tracts de campagne du binôme Rassemblement national pour les élections départementales dans le canton de Pau 3, qui visent les mineurs isolés étrangers, sont mensongers et incitent à la violence et à la haine.
L'Association Avocats pour la défense des étrangers, qui rassemble une quinzaine de professionnels du barreau de Pau (Pyrénées-Atlantiques), porte plainte contre Marine Le Pen, son parti le Rassemblement National, et les deux candidats RN aux élections départementales sur le canton de Pau 3, Monique Becker et Jean-Luc Brasse. Une plainte pour incitation à la haine, à la violence ou à la haine raciale et diffamation. Elle vise des propos relayés sur des tracts de campagne des deux candidats palois, distribués dans les boîtes aux lettres des habitants du canton, dont celle de l'une des avocates de l'association.
Cette déshumanisation de l'adversaire ou de celui jugé comme responsable de tous les maux ou qui doit être éliminé, c'est une pratique que l'on retrouve dans les états totalitaires.
Isabelle Casau, avocate au barreau de Pau.
Sur ces tracts de présentation des "candidats de Marine Le Pen" pour les élections départementales, on peut lire, sur un quart de page : "Prise en charge des migrants. Le saviez-vous ? Un mineur isolé étranger coûte 40 000 euros par an au département. 60 % sont en réalité majeurs. Ils sont responsables de l'explosion de l'insécurité. Seuls nos élus mettront un terme à ce scandale." Des propos révoltants pour maîtres Selvinah Pather, Isabelle Casau et Mikele Dumaz Zamora, spécialisées dans le droit des étrangers.
"Ce tract déshumanise totalement les enfants qui arrivent sur le territoire. Il les désigne comme des bouc-émissaires. Tout est incriminant et c'est un appel à la haine. Cette déshumanisation de l'adversaire ou de celui jugé comme responsable de tous les maux ou qui doit être éliminé, c'est une pratique que l'on retrouve dans les états totalitaires. C'est une pratique mise en œuvre par les Nazis !", déplore maître Isabelle Casau. Selon elle, le Rassemblement National, en pleine entreprise de "normalisation", montre là son "vrai visage" : "ils s'attaquent à ceux qui sont les plus faibles. Ce sont des enfants sans leurs parents. On n'a pas le droit de les traiter de cette façon."
Des chiffres "mensongers"
Au-delà d'être révoltants, les propos tenus dans ce tract sont, selon les avocates, "tout simplement mensongers". "Tous les chiffres sont faux !" assurent-elles. Celui du coût de la prise en charge d'un MNA [mineur non-accompagné] pour le département chaque année, par exemple. "Au vu du rapport rendu par la Cour régionale des Comptes en septembre 2020, cela coûterait approximativement 7 300 euros. Ce qui est moins que le coût de prise en charge des enfants 'non-MNA'. De plus, selon les chiffres du Ministère de la Justice, les mineurs non-accompagnés représentent moins de 10 % de l'ensemble des mineurs pris en charge par les services de la protection de l'enfance", relèvent les avocates.
Ce sont des gamins qui font des efforts, sont séparés de leur famille, souffrent énormément, qui souvent ont fui des maltraitances... ce sont des enfants qui ne peuvent que susciter la compassion et l'admiration.
Isabelle Casau
Pour elles, qui côtoient ces jeunes au quotidien dans leur pratique, il est "insupportable de les voir ainsi stigmatisés, montrés du doigt alors que ce sont des enfants remarquables, qui font des efforts pour parler le français, pour trouver un travail dans les domaines les plus difficiles comme la maçonnerie ou la restauration où les patrons peinent à recruter. Ce sont des gamins qui font des efforts, sont séparés de leur famille, souffrent énormément, qui souvent ont fui des maltraitances... ce sont des enfants qui ne peuvent que susciter la compassion et l'admiration", conclut Isabelle Casau.
La plainte de l'Association Avocats pour la défense des étrangers a été déposée ce mercredi auprès de la procureure de la République de Pau. Les candidats Rassemblement National concernés et la fédération départementale du parti n'ont, à ce jour, pas répondu aux sollicitations de France Bleu Béarn Bigorre sur la question.
Manon Claverie
https://www.francebleu.fr/infos/faits-d ... 1623344017