Une Justice au taquet dans une France inégalitaire
Posté : 14 juin 2021 16:05
https://www.contrepoints.org/2021/06/14 ... egalitaire
Bonjour à tous
Je ne reviendrais pas sur la première parti de cet édito qui fait un historique qui fut commenté mais sur sur la seconde partie qui mérite au-delà réflexion dont le thème :
« Le Deux Poids Deux Mesures s’est tellement installé en France qu’il devient la principale raison des partitions qui s’opèrent dans le pays ». Donc je cite l’auteur :
« On pourrait ainsi s’étonner du calme plat de certaines épopées judiciaires (celle concernant Benalla vient immédiatement à l’esprit, plusieurs années après les faits). On pourrait, de même, s’interroger sur la cohérence d’ensemble de la justice lorsqu’au moment même où le gifleur présidentiel est arrêté, déféré, jugé et incarcéré, se multiplient dans l’actualité les affaires sordides de multirécidivistes qui défrayent la chronique après l’un ou l’autre meurtre, et toutes ces affaires dont les jugements ont permis à tant de (pourtant) condamnés récidivistes de dormir chez eux, à tant de voyous, de racailles, de petites frappes de continuer leurs exactions, à tant de victimes de se retrouver sans le moindre espoir de réparation sinon physique du moins morale.
Ces colonnes et beaucoup d’autres ont déjà fourni de nombreux exemples d’affaires ignobles où la justice aurait dû être au moins à moitié aussi véloce que pour protéger le petit corps présidentiel, et au moins à moitié aussi sévère que pour punir le gifleur que les médias ont déjà agoni de sobriquets (ne manquant pas l’inévitable « complotiste » devenu indispensable par les temps qui courent). Il n’en a rien été et il n’en sera rien une fois que l’écume des jours sera passée et que cette petite péripétie de Macron au full-contact des Territoires sera oubliée de tous.
Et c’est bien l’un des plus graves problèmes de la France actuelle dont certains s’émeuvent (un peu tard) qu’elle se partitionne : les pauvres contre les riches, les provinciaux contre les urbains, les solvables et ceux que la justice ne loupera pas contre les éternels exemptés de ces quartiers émotifs pour lesquels la police n’existe plus, ceux dont on attend fermement qu’ils continuent à se fondre, corps et âme, dans la République contre ceux dont on tolère (surtout par calcul politique) qu’ils se communautarisent, ceux qui payent contre ceux qui touchent…
La France meurt de ces métastases multiples d’un Deux Poids, Deux Mesures que le Moyen-Âge le plus caricatural n’aurait pas renié, de ces passe-droits, privilèges et exonérations distribués à certains et de ces vexations, taxations et coercitions exercées sur les autres, bien distincts des premiers. La France, celle de ces tribuns la bouche toujours ouverte à réclamer l’égalité voire l’égalitarisme jusque dans les chiottes, les pronoms, les taxes et l’orthographe, se meurt de ne voir nulle part les plus essentielles des égalités (devant les devoirs, les ponctions, et les sanctions) respectée et appliquées effectivement.
Cette France partitionnée, inégalitaire semble autoriser sans sourciller de faire charger les CRS sur des jeunes qui s’amusent en groupe sous prétexte qu’est arrivée l’heure du couvre-feu (mesure parfaitement inutile et inique), tandis qu’au même moment, à quelques kilomètres de là, quelques privilégiés bien en cour peuvent apprécier les dépassements d’horaire aux Jeux du Cirque moderne, brisant ainsi ce même couvre-feu qu’il semble indispensable de faire respecter ailleurs à coups de lacrymogènes.
Dans ce cadre, la gifle présidentielle est peut-être la cerise démonstrative sur le gâteau d’iniquités que la France est devenue. Rarement dans l’Histoire du pays de telles inégalités ont ainsi été jetées à la face de ceux qui payent et subissent.
Décidément, « Liberté, égalité, fraternité » : la France de cette devise est morte ».
Bonjour à tous
Je ne reviendrais pas sur la première parti de cet édito qui fait un historique qui fut commenté mais sur sur la seconde partie qui mérite au-delà réflexion dont le thème :
« Le Deux Poids Deux Mesures s’est tellement installé en France qu’il devient la principale raison des partitions qui s’opèrent dans le pays ». Donc je cite l’auteur :
« On pourrait ainsi s’étonner du calme plat de certaines épopées judiciaires (celle concernant Benalla vient immédiatement à l’esprit, plusieurs années après les faits). On pourrait, de même, s’interroger sur la cohérence d’ensemble de la justice lorsqu’au moment même où le gifleur présidentiel est arrêté, déféré, jugé et incarcéré, se multiplient dans l’actualité les affaires sordides de multirécidivistes qui défrayent la chronique après l’un ou l’autre meurtre, et toutes ces affaires dont les jugements ont permis à tant de (pourtant) condamnés récidivistes de dormir chez eux, à tant de voyous, de racailles, de petites frappes de continuer leurs exactions, à tant de victimes de se retrouver sans le moindre espoir de réparation sinon physique du moins morale.
Ces colonnes et beaucoup d’autres ont déjà fourni de nombreux exemples d’affaires ignobles où la justice aurait dû être au moins à moitié aussi véloce que pour protéger le petit corps présidentiel, et au moins à moitié aussi sévère que pour punir le gifleur que les médias ont déjà agoni de sobriquets (ne manquant pas l’inévitable « complotiste » devenu indispensable par les temps qui courent). Il n’en a rien été et il n’en sera rien une fois que l’écume des jours sera passée et que cette petite péripétie de Macron au full-contact des Territoires sera oubliée de tous.
Et c’est bien l’un des plus graves problèmes de la France actuelle dont certains s’émeuvent (un peu tard) qu’elle se partitionne : les pauvres contre les riches, les provinciaux contre les urbains, les solvables et ceux que la justice ne loupera pas contre les éternels exemptés de ces quartiers émotifs pour lesquels la police n’existe plus, ceux dont on attend fermement qu’ils continuent à se fondre, corps et âme, dans la République contre ceux dont on tolère (surtout par calcul politique) qu’ils se communautarisent, ceux qui payent contre ceux qui touchent…
La France meurt de ces métastases multiples d’un Deux Poids, Deux Mesures que le Moyen-Âge le plus caricatural n’aurait pas renié, de ces passe-droits, privilèges et exonérations distribués à certains et de ces vexations, taxations et coercitions exercées sur les autres, bien distincts des premiers. La France, celle de ces tribuns la bouche toujours ouverte à réclamer l’égalité voire l’égalitarisme jusque dans les chiottes, les pronoms, les taxes et l’orthographe, se meurt de ne voir nulle part les plus essentielles des égalités (devant les devoirs, les ponctions, et les sanctions) respectée et appliquées effectivement.
Cette France partitionnée, inégalitaire semble autoriser sans sourciller de faire charger les CRS sur des jeunes qui s’amusent en groupe sous prétexte qu’est arrivée l’heure du couvre-feu (mesure parfaitement inutile et inique), tandis qu’au même moment, à quelques kilomètres de là, quelques privilégiés bien en cour peuvent apprécier les dépassements d’horaire aux Jeux du Cirque moderne, brisant ainsi ce même couvre-feu qu’il semble indispensable de faire respecter ailleurs à coups de lacrymogènes.
Dans ce cadre, la gifle présidentielle est peut-être la cerise démonstrative sur le gâteau d’iniquités que la France est devenue. Rarement dans l’Histoire du pays de telles inégalités ont ainsi été jetées à la face de ceux qui payent et subissent.
Décidément, « Liberté, égalité, fraternité » : la France de cette devise est morte ».