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Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 08:33
par papibilou
Il semble que le pouvoir se soit résolu à envisager une statut d'autonomie pour la Corse :
https://www.lefigaro.fr/elections/presi ... e-20220315
Globalement, cela signifie que l'île aurait la main sur un espace législatif plus ou moins vaste et que la Corse aurait un lien avec la métropole essentiellement par la défense et la monnaie.
C'est évidemment un signal dangereux pour tous les mouvements régionaux, risque de démantèlement du pays, mais on ne peut oublier que la puissance de l'Allemagne tient aussi à l'autonomie de ses landers.
Votre avis ?
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 08:51
par vivarais
en espagne , en allemagne , et belgique tous les régions sont autonomes
pourquoi la france s'attache toujours à ce pouvoir centralisé déconnecté des besoins spécifiques de chaque région
les besoins sont différents que l'on soit en corse , en bretagne ou en savoie
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 09:51
par danielle49
Je suis pour un retour au 33 provinces originelles qui ont fait la France avec chacune un statut d'autonomie, qui affranchirait du tout de l'Etat.
En corollaire, suppression des départements, des préfets, des préfectures, tous de véritables pompes à fric des contribuables et repaires de fainéants !
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 09:53
par Fonck1
On va économiser des sous.
ça fait longtemps qu'ils devraient avoir l'autonomie.
je ne les mets pas sur le même pied que la Bretagne, ou le pays basque.
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 09:55
par Fonck1
danielle49 a écrit : 16 mars 2022 09:51
Je suis pour un retour au 33 provinces originelles qui ont fait la France avec chacune un statut d'autonomie, qui affranchirait du
tout de l'Etat.
En corollaire, suppression des départements, des préfets, des préfectures, tous de véritables pompes à fric des contribuables et repaires de fainéants !
comme ça, tu te payeras intégralement écoles, hôpitaux, médecins, routes payantes, ect ect.....
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 09:58
par sofasurfer
Il faut savoir que la Corse est un gouffre financier. Donc quand les pro autonomie verront la facture, ils reviendront sur leur désir d'autonomie.
A moins que ces idéologues désirent l'autonomie financée par la France...
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 10:59
par papibilou
Pour bien connaître l'Espagne, on y trouve effectivement des " autonomias" dont l'autonomie est très variable.
Par exemple le pays basque espagnol vote ses impôts, a sa police, etc.. Et en général chaque autonomie conserve les mêmes problèmes que la métropole avec un bemol par exemple sur la langue ou les basques imposent le basque à l'école comme les catalans avec la leur etc.. Bientôt au lieu d'une langue il y en aura une dizaine et les espagnols auront l'immense avantage de ne plus se comprendre. Vision d'avenir. On verra pour la Corse.
En revanche, ne vous leurrez pas, les chefs politiques de ces mouvements n'aspirent qu'à une chose , être des chefs d'État avec de plus en plus de pouvoirs.
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 11:25
par Anne32
Ce serait une grave erreur, elle serait un exemple pour d'autres régions de France
Nous avons mis des siècles pour faire de la France ce qu'elle est, ne la morcelons pas
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 11:27
par Fonck1
sofasurfer a écrit : 16 mars 2022 09:58
Il faut savoir que la Corse est un gouffre financier. Donc quand les pro autonomie verront la facture, ils reviendront sur leur désir d'autonomie.
A moins que ces idéologues désirent l'autonomie financée par la France...
je lisais que ça rapporte trois milliards et coute 3.6.
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 11:30
par Fonck1
Anne32 a écrit : 16 mars 2022 11:25
Ce serait une grave erreur, elle serait un exemple pour d'autres régions de France
Nous avons mis des siècles pour faire de la France ce qu'elle est, ne la morcelons pas
ce qui est absurde, c'est que je sais que 95% des corses ne sont pas pour l' indépendance.
mais à force de rien dire les 95%, les 5% vont arriver à leurs fins.
la seule chose qui me fait tiquer et je sais qu'à cet exercice ils sont nuls, c'est l'administration qui veut garder sa bienveillance militaire, et à quel cout?
je pense qu'avec les moyens d'aujourd'hui, on les préserve un peu trop, et faudrait tanner ces racailles qui cassent tout, je sais que les corses, ce n'est pas ça.
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 12:01
par Kelenner
Fonck1 a écrit : 16 mars 2022 09:53
On va économiser des sous.
ça fait longtemps qu'ils devraient avoir l'autonomie.
je ne les mets pas sur le même pied que la Bretagne, ou le pays basque.
Au nom de quoi ? Le problème est justement là. Pourquoi pas réfléchir à un nouveau statut pour les régions, mais elles devraient toutes être concernées. Fondamentalement, j’ai du mal à voir ce que ça apporterait dans le quotidien des gens.
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 12:50
par Jiimmy
vivarais a écrit : 16 mars 2022 08:51
en espagne , en allemagne , et belgique tous les régions sont autonomes
pourquoi la france s'attache toujours à ce pouvoir centralisé déconnecté des besoins spécifiques de chaque région
les besoins sont différents que l'on soit en corse , en bretagne ou en savoie
Parce que ce sont des états fédéraux et non unitaires comme la France (à l'exception de l'Espagne qui est entre les deux). La majorité des pays au monde sont des états unitaires par-ailleurs (ce qui ne signifie pas qu'il faut se baser sur cette majorité pour définir notre forme d'organisation).
Cela nous le devons à notre histoire et on ne peut décréter de la sorte que l'on devienne d'un coup une fédération. Je ne crois pas que cela fasse partie de la mentalité des Français. Ca supposerait de grands bouleversements et je crois que nombre de gens descendraient dans la rue pour s'y opposer. De + la décentralisation est une réalité en France. Les régions ont des pouvoirs "autonomes". On peut s'interroger sur la + ou - grande latitude qui leur est laissée mais on ne peut dire que la France est un état centralisé (ce qui est factuellement erroné).
On peut certes améliorer les délégations de pouvoir mais difficile d'imaginer le faire pour une région et pas pour les autres (que vont dire les Bretons, les Basques).
Il ne faut pas se leurrer, cette annonce est essentiellement électoraliste et émane d'esprits malsains qui multiplient les mesures du même ordre (fin du pass, évolution du point des fonctionnaires après 5 ans à avoir refusé, aides sur les carburants etc....) afin de séduire un maximum de gens et d'annuler tout cela une fois le pouvoir "récupéré".
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 13:19
par latresne
Jean guy Talamoni indépendantiste a dit il y a qqs années "c'est nous,les Corses, qui déciderons quand nous prendrons notre indépendance,ce n'est pas encore le moment."Ils savent trés bien qu'ils ne survivraient pas à une guerre des clans et surtout aux pbms financiers qu'ils rencontreraient.Gilles Simeoni Prési.du Conseil exécutif Corse est + intéressé.Conscient,entre autre, du coût des fonctionnaires dans l'île.
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 16:40
par Crapulax
Il semble que le pouvoir se soit résolu à envisager une statut d'autonomie pour la Corse :
Une rumeur la semaine dernière courait comme quoi c'était au "programme d'Emmanuel Macron"...Y verra t-on une opportunité pour faire avaler la pilule?
Notons le silence du président sur cette "sortie" de son ministre de l'Intérieur...A mon avis il n'a pas dit cela au hasard.
Il me semblerait logique de demander un référendum national sur la question..Là c''est l'occase de passer outre...
Re: Corse, vers l'autonomie ?
Posté : 16 mars 2022 16:46
par Crapulax
........................................................La Corse en chemin pour l’autonomie:
Enfin ! Il aura fallu six mois au Premier ministre et au Président de la République pour engager le dialogue avec Gilles Simeoni, le Président de la Collectivité de Corse, après les élections régionales.
Le résultat avait pourtant été d’une clarté et d’une transparence limpide. Des autonomistes à plus de 34% et des nationalistes « purs jus » à 23% soit cumulés 57% d’une participation électorale, la plus forte de France à 63%.
Une droite rétrécie, une gauche inexistante et le Parti du Président effacé ont marqué ces résultats électoraux. Il faut d’ailleurs souligner le particularisme électoral de l’Ile depuis 2017 : autant, à l’élection présidentielle qu’aux législatives et aux régionales, le « dégagisme » qui s’est fait sur l’ensemble du territoire national au profit du parti « En Marche », a profité, en Corse, aux courants autonomiste et nationaliste.
La Corse s’est souvent singularisée, dans l’histoire politique française, par des votes contraires aux tendances nationales du pays.
L’Etat a pris son temps ! Les menaces des radicaux nationalistes, en septembre dernier à l’égard de l’exécutif de la CDC tout comme des représentants de l’Etat, de recourir à nouveau à l’arme de la violence armée si aucune avancée ne répondait aux demandes formulées par leur camp, a probablement incité l’Elysée à ouvrir la discussion avec le plus représentatif de ses opposants.
On imaginait mal le Président de la République prendre le risque de voir le « volcan » corse se réveiller pendant la campagne présidentielle
En effet, Gilles Simeoni a été fortement légitimé par les urnes, et ce d’autant plus qu’il avait osé provoquer une rupture entre les autonomistes et les nationalistes les plus radicaux tel Jean-Guy Talamoni. Pari risqué mais gagnant ! lui permettant d’avoir le contrôle de l’Exécutif et de l’Assemblée de Corse.
Le problème sensible du rapprochement des prisonniers du commando, Pierre Alessandri, Alain Ferrandi et Yvon Colonna, dans le sud ou dans l’Ile —initié par deux députés, le socialiste François Pupponi et l’ex radical de gauche-LRM, Bruno Questel, soutenu par un appel de parlementaires de tous bords politiques— a été abordé et sera solutionné dans les mois qui viennent.
Le drame présent du problème Corse demeure la mort du préfet Claude Erignac. Cet odieux assassinat, condamné par la majorité de la population insulaire, pèse comme une épée de Damoclès dans les relations entre les autorités publiques et les responsables de la CDC.
Pour apaiser, il faudra sûrement dans l’avenir un geste fort entre Gilles Simeoni et la famille Erignac. La paix entre cette famille éprouvée et les camps autonomiste et nationaliste est une des conditions d’un dialogue où la raison l’emporte sur la passion, le rationnel sur l’émotion.La « Pax Corsicana » sera à ce prix!
Il n’est que temps, pour aborder l’essentiel, à savoir le statut de la CDC et sa nécessaire évolution. Deux signes positifs viennent éclairer ce débat : la visite prochaine du Premier Ministre dans l’Ile et le possible retour comme représentant de l’Etat de l’excellent Préfet Franck Robine.
Comme parlementaire et responsable national d’un parti politique, j’ai appartenu, dans les années 1990-2000, au « camp dit républicain » qui s’opposait aux « nationalistes », aux partisans de l’indépendance. Je menais ce combat pour deux raisons : parce qu’en l’état, la Corse, du fait de sa démographie et de son PIB ne pouvait réellement être indépendante, et que celle-ci la placerait sous dépendance au mieux d’autres nations, au pire d’intérêts mafieux ; que la place d’une Corse indépendante demeurait dans la France et l’Union européenne.
Nous y sommes ! Le rapport Mastor, commandé par la CDC, voté et présenté en octobre 2021, trace, à travers 15 propositions, un chemin sur le futur de l’Ile. Cette dernière est déjà une collectivité unique et l’expérimentation de la fusion entre les deux départements et la région a été une réussite, ce dont beaucoup, au sommet de l’Etat, doutaient.
Comment passer « d’une autonomie dans la dépendance » à une autonomie réelle ? Tel sera le cœur de la négociation à venir entre les deux protagonistes, l’un, le Président de la CDC, qui rêve d’une Corse faisant ses propres lois, en place pour les cinq années à venir, l’autre, le chef de l’Etat, dont le nom nous sera connu en avril prochain.
Néanmoins, l’on peut déjà cerner les thèmes qui définiront le futur cadre juridique, financier et économique de la Collectivité de Corse autonome.
Le rapport de la constitutionaliste Wanda Mastor n’a eu -et c’est regrettable- qu’un « écho national à bas bruits » mais il va permettre aux corses de débattre, ainsi qu’à l’opinion publique nationale de s’informer, et aux candidats à l’élection présidentielle (le choix du moment a été habile) de prendre position si tant est qu’ils en prennent le risque.
Ce rapport, qui insiste sur la nécessaire « respiration démocratique » qui doit irriguer les exécutifs et assemblées des collectivités, pose surtout les choix à faire pour inscrire la Corse dans la Constitution, avec trois scénarios autonomistes, du plus basique au plus extrême.
A minima, un pouvoir d’adaptation pour la CDC des normes nationales dans l’article 72-4 ;scénario médian, l’autonomie législative dans l’article 74-2;a maxima, autonomie législative avec perspective d’un référendum d’autodétermination au nouveau Titre XIII bis. D’évidence, probablement, l’Etat choisira le scénario a minima et les nationalistes radicaux, celui a maxima.
La « boîte à outils » étant posée, le débat va se poursuivre avec des personnalités de la société civile, les associations, les différentes religions, la diaspora insulaire, si puissante et si mal utilisée depuis des décennies.
Puis viendra le temps du choix, celui qui permettra à la République et à la Corse de n’être plus l’un contre l’autre, mais d’être côte à côte. Pour bâtir, ensemble, un véritable avenir à la Corse et à sa jeunesse ; un avenir prospère en Méditerranée et en Europe.
Michel Scarbonchi
Ancien Député Européen.
............................................5 Janvier 2022.
