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Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 14 mai 2022 16:40
par LOFOTEN
Entre 2017 à 2021, ce quinquennat aura vu 1,337 million de nos concitoyens rejoindre les rangs de l'armée invisible des victimes de coups et blessures volontaires, selon les chiffres même du ministère de l'Intérieur.
Ce 11 mai, une fusillade à Lyon a fait un mort et trois blessés. Pour Judikael Hirel, journaliste au Figaro, ce nouveau fait divers illustre la nécessité de lutter contre l'insécurité grandissante en France.

Et vous, préférez-vous pouvoir remplir votre caddie ou rester en vie ? Le choix peut sembler absurde, mais c'est pourtant ce qui semble se profiler à l'orée de ce nouveau quinquennat. Le «quoi qu'il en coûte» est sans aucun doute plus simple à gérer que l'ensauvagement d'un pays… Entre guerre en Ukraine et retour de l'inflation, le pouvoir d'achat est d'ores et déjà présenté comme la priorité absolue de ce second mandat. C'est «probablement la question sur laquelle on va avancer le plus rapidement», a notamment déclaré Gabriel Attal.

Cinq minutes tous les cinq ans. C'est ce dont des centaines de milliers de victimes de coups et blessures volontaires en France l'an passé devront donc se contenter en termes d'intérêt et de visibilité. Elle était bien courte, pourtant, cette séquence consacrée à la question de l'insécurité lors du débat de l'entre-deux tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le seul moment de la campagne, au fond, où il aurait été possible de dresser le bilan du quinquennat écoulé. Les souffrances, les blessures, parfois la mort d'un proche, ne méritaient donc que 300 secondes par quinquennat ?

Entre 2017 à 2021, ce quinquennat aura vu 1,337 million de nos concitoyens rejoindre les rangs de l'armée invisible des victimes de coups et blessures volontaires, selon les chiffres même du ministère de l'Intérieur.
Judikael Hirel

L'insécurité n'est pas un simple sentiment… Elle ressort d'ailleurs invariablement parmi les principales préoccupations des Français au quotidien. Le mot «ensauvagement» tend désormais à la banalité, tant certaines agressions stupéfient par leur degré de violence et leur gratuité totale. À quel moment le sens moral s'est-il soudain évaporé chez une partie de nos concitoyens ? Il n'est pas une journée sans agression violente, sans démonstration de haine gratuite, sans femmes agressées, violées, blessées, dans les rues comme dans les transports en commun. Entre 2017 à 2021, ce quinquennat aura vu 1,337 million de nos concitoyens rejoindre les rangs de l'armée invisible des victimes de coups et blessures volontaires, selon les chiffres même du ministère de l'Intérieur. C'est énorme, dirait Fabrice Luchini. Parmi elles, 573 400 l'ont été hors du champ des violences intrafamiliales, elles aussi en forte augmentation ces dernières années. Selon les chiffres du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), le nombre de victimes de coups et blessures volontaires est passé de 233.600 en 2017 à 306.700 en 2021, soit une hausse de 31,29%.


Globalement, les agressions volontaires ont bel et bien augmenté d'un tiers depuis 2017. Et encore, ces statistiques ne reflètent que les faits connus de la police et de la justice: combien de Français renoncent tout simplement à porter plainte, estimant que cela ne servirait à rien ? Quel est le chiffre noir de l'insécurité en France ? Il est sans aucun doute bien plus élevé.

Si l'on remonte encore dans le temps, les coups et blessures volontaires en France ont augmenté de 142% depuis l'an 2000. Dit autrement, un Français a plus de deux fois plus de risque de se faire agresser en 2022 qu'en 2000. Mais parle-t-on là de simples vols, plus traumatisants que violents ? Au-delà du fait que cela n'excuse rien, et que le traumatisme demeure tout autant, les faits sont aussi de plus en plus graves, et nombreux. Selon le rapport sur la délinquance en France en 2021, rendu fin janvier 2022 par le ministère de l'Intérieur, on recensait 4386 homicides et tentatives d'homicides en France en 2021, contre 4472 en 2020 et 4209 en 2019. Soit un homicide ou une tentative toutes les deux heures en France. Dans notre pays, le taux d'homicidité (indicateur mesurant le nombre de personnes tuées et le nombre de personnes passées à un cheveu d'être tuées) a plus que doublé entre 2008 et 2020. La comparaison avec nos voisins européens n'est pas plus rassurante: en 2020, on a recensé 863 homicides dans l'Hexagone. Un chiffre assez proche de l'Allemagne (782), mais trois fois plus élevé qu'en Espagne (298) ou en Italie (285). Comment expliquer de tels écarts pour une population quasiment comparable ? Briser le thermomètre ne règle rien, le Ministère de l'Intérieur ayant au passage supprimé il y a peu l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, l'ONDRP.


Face à un ensauvagement de la société impossible à masquer, à une perte de valeurs et de sens moral, il n'est peut-être par encore trop tard pour réagir. Il n'est peut-être par encore trop tard pour rassurer et protéger les Français. Aujourd'hui 67% d'entre eux disent «ne plus se reconnaître dans les valeurs de la société française», selon les résultats du dernier baromètre de la confiance politique. Les trois quarts d'entre eux estiment que «notre pays a perdu sa boussole morale». Ils sont 68% à estimer que, «plutôt que d'accorder de nouveaux droits, ce dont notre pays a besoin, c'est d'une bonne dose d'autorité et d'ordre». Seront-ils entendus ?

C'est un fait: au sein des familles comme dans les rues ou les transports, la violence semble aujourd'hui omniprésente en France. Si l'on se contente des chiffres de 2018, on y recensait bel et bien une agression toutes les 44 secondes, nuit et jour, et une agression physique ou sexuelle toutes les 29 secondes. Quid de ces victimes, chaque année plus nombreuses. Elles demeurent invisibles, car solitaires, chacune emprisonnée dans sa propre histoire. Des victimes qui, bien souvent, faute de moyens pour la justice, doivent patienter des années avant de bénéficier d'une expertise judiciaire, d'un procès ou d'une indemnisation. Emmanuel Macron a déclaré, au soir de sa réélection vouloir être le président de tous. Fasse que, durant les cinq années qui viennent, il n'oublie pas d'être, aussi, celui des victimes.
https://www.lefigaro.fr/vox/societe/fac ... s-20220511

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 14 mai 2022 16:43
par vivarais
macron dans sa tour d'ivoire continuera comme avant
ce qu'il pouvait faire il ne l'a pas fait et donc ce qu'il pourrait faire il ne le fera pas

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 10:03
par danielle49
N'en demandez pas trop ! ;) Macron est déjà le président des riches, c'est beaucoup ! :D Alors pour président des "victimes", faudra attendre un peu. ;)

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 10:08
par sofasurfer
Les violences volontaires ont explosé durant le quinquennat de Macron. Pour à peu près tout, de la réelle provocation au simple hasard, il est devenu fréquent de se faire tabasser pour pas grand chose, voire pour rien : un différend de quelques euros, un accrochage en voiture, un mauvais regard ou même juste tomber sur un individu qui veut passer ses nerfs.

Comment en est on arrivé la? Tout simplement parce que les peines encourues sont très faibles...

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 10:21
par danielle49
On peut aussi arguer que les victimes courent de moins en moins vite ? ;)

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 10:30
par Fonck1
sofasurfer a écrit : 15 mai 2022 10:08 Les violences volontaires ont explosé durant le quinquennat de Macron. Pour à peu près tout, de la réelle provocation au simple hasard, il est devenu fréquent de se faire tabasser pour pas grand chose, voire pour rien : un différend de quelques euros, un accrochage en voiture, un mauvais regard ou même juste tomber sur un individu qui veut passer ses nerfs.

Comment en est on arrivé la? Tout simplement parce que les peines encourues sont très faibles...
les covid et confinement n'y est pas pour rien.

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 10:49
par Fonck1
Pauvre Macron, demain, il va falloir lui faire mettre son costume de policier pour aller secourir les victimes de violences.

alors commentons ces chiffres :


Entre 2017 à 2021, ce quinquennat aura vu 1,337 million de nos concitoyens rejoindre les rangs de l'armée invisible des victimes de coups et blessures volontaires, selon les chiffres même du ministère de l'Intérieur.

ça implique qui au juste? les violences conjugales sont mélangées aux violences de rue?


Parmi elles, 573 400 l'ont été hors du champ des violences intrafamiliales, elles aussi en forte augmentation ces dernières années. Selon les chiffres du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), le nombre de victimes de coups et blessures volontaires est passé de 233.600 en 2017 à 306.700 en 2021, soit une hausse de 31,29%.


donc environ 600 000 personnes ont subi des violences hors champs familial, ce qui représente 0,92% qu'il vous arrive quelque chose dans la rue.



faut relativiser un peu, les chiffres sont réduit à l'emporte pièce, sur le site de l’intérieur, les données sont là :

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Cette hausse aussi doit être regardée avec prudence. Dans sa publication sur l'année 2018, à propos des coups et blessures, le SSMSI rappelle par exemple que «depuis mars 2015, les forces de l'ordre enregistrent systématiquement dans leurs données les victimes même si elles ne portent pas formellement plainte, à partir du moment où l'atteinte est jugée suffisamment grave pour que l'administration judiciaire soit saisie : sont ainsi comptabilisées toutes les victimes dont l'identité a été transmise aux autorités judiciaires.»

Résultat de cette nouvelle pratique d'enregistrement des faits ? «Une hausse du nombre de victimes dans la série, qui a été rétropolée sur le passé», écrit le service statistique du ministère de l'Intérieur, qui y consacre une partie de sa note méthodologique numéro 4 (page 39).

Le SSMSI nous notifie que «les ruptures de série en lien avec les changements dans les logiciels de rédaction des procédures» de la police et de la gendarmerie ont été «corrigées» dans ses statistiques.
https://www.liberation.fr/checknews/202 ... s_1797192/
le c'était pire ou mieux avant....euh.....

puis il y a le tourbillon, ma grand mère, elle ne lisait que les fait divers dans midi libre, et les décès....quel pays instable ! :hehe:

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 10:50
par coincetabulle
sofasurfer a écrit : 15 mai 2022 10:08 Les violences volontaires ont explosé durant le quinquennat de Macron. Pour à peu près tout, de la réelle provocation au simple hasard, il est devenu fréquent de se faire tabasser pour pas grand chose, voire pour rien : un différend de quelques euros, un accrochage en voiture, un mauvais regard ou même juste tomber sur un individu qui veut passer ses nerfs.

Comment en est on arrivé la? Tout simplement parce que les peines encourues sont très faibles...
c'est surtout parce que la société dans son ensemble est de plus en plus violente. après on peut débattre des causes mais si la sévérité des peines avaient un effet dissuasif ça se saurait depuis longtemps et partout sur la planète.

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 10:53
par Fonck1
coincetabulle a écrit : 15 mai 2022 10:50
sofasurfer a écrit : 15 mai 2022 10:08 Les violences volontaires ont explosé durant le quinquennat de Macron. Pour à peu près tout, de la réelle provocation au simple hasard, il est devenu fréquent de se faire tabasser pour pas grand chose, voire pour rien : un différend de quelques euros, un accrochage en voiture, un mauvais regard ou même juste tomber sur un individu qui veut passer ses nerfs.

Comment en est on arrivé la? Tout simplement parce que les peines encourues sont très faibles...
c'est surtout parce que la société dans son ensemble est de plus en plus violente. après on peut débattre des causes mais si la sévérité des peines avaient un effet dissuasif ça se saurait depuis longtemps et partout sur la planète.
alors oui, l'agressivité verbale du verbiage d'aujourd'hui, et un facteur et pas des moindres de l'agressivité ambiante, mais aussi les réseaux sociaux, alimentés par tous les populismes de France et de Navarre qui tirent les marrons du feu.
tout cela est anxiogène.
la TV n'y est pas non plus pour rien.

d'ailleurs, la dernière tuerie de ce jour démontre une fois de plus, qu'à 18 ans, on peut faire n'importe quoi parce qu'on lit et fait n'importe quoi.

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 11:09
par coincetabulle
les réseaux sociaux ont clairement libéré la haine et la colère. pour la télé j'en suis moins convaincu. je suis né en 75, j'ai grandi avec la télé des années 80 tout comme ma génération et on est loin d'être une génération violente. pourtant on regardait des trucs carrément trash à l'époque. je me rappel de goldorak et de ses scènes d'holocauste planétaire, de ken le survivant et de ses combats gore hyper violent sur fond de désolation post hiver nucléaire, de mad max, orange mécanique, etc etc la liste est longue.
à contrario, la génération actuelle a été bercée par des niaiseries façon pokemon and Co.
la télé d'aujourd'hui est infiniment plus soft que ce qu'on a connu. plus soft et surtout plus débile.

Re: Emmanuel Macron ne doit pas oublier d'être le président des victimes»

Posté : 15 mai 2022 11:54
par sofasurfer
Fonck1 a écrit : 15 mai 2022 10:30
sofasurfer a écrit : 15 mai 2022 10:08 Les violences volontaires ont explosé durant le quinquennat de Macron. Pour à peu près tout, de la réelle provocation au simple hasard, il est devenu fréquent de se faire tabasser pour pas grand chose, voire pour rien : un différend de quelques euros, un accrochage en voiture, un mauvais regard ou même juste tomber sur un individu qui veut passer ses nerfs.

Comment en est on arrivé la? Tout simplement parce que les peines encourues sont très faibles...
les covid et confinement n'y est pas pour rien.
Parce qu'il y avait la crise covid en 2017? Il faut peut etre relativiser mais il ne faut pas trouver des excuses a tout...