"On est pris en otage" : Rapport de force inversé au travail
Posté : 05 août 2022 07:54
"On est pris en otage": un directeur de parc d'attractions écœuré par les demandes des saisonniers
Employeur cherche saisonnier désespérément. Près de 200.000 postes sont toujours à pourvoir dans le secteur du tourisme. Le Grand Parc d'Andilly, le plus grand parc d'attraction de Haute-Savoie, n'échappe pas non plus à la crise. Conséquence, il doit fermer deux jours par semaine en plein mois d'août, faute d'employés suffisants.
Pour pouvoir ouvrir en continu, il manque 30 salariés au parc: "Ceux qui viennent travailler chez nous indiquent leurs conditions à leur arrivée", déplore ce jeudi sur RMC Vincent Humbert, président du Grand Parc d'Andilly en Haute-Savoie.
Pas le choix donc. Il a pris la décision de fermer le lundi et le mardi: "On doit fermer le lundi et mardi, à 18h au lieu de 19h, et un tiers des stands de restauration sont fermés".
"On paie au Smic mais avec des qualités de travail exceptionnelles. Il y a une bonne ambiance et ceux qui viennent une première saison, reviennent en général d'année en année", explique-t-il.
"Avant de commencer ils demandent des jours de congés. Quand on signe un contrat de travail, ils s'en foutent, ils n'ont aucun devoir. Ils viennent deux jours et ne viennent plus sans prévenir. La personne qui signe un contrat de travail en tant que salarié n'a aucun devoir. Il n'a aucune valeur juridique, les gens font ce qu'ils veulent de leur contrat de travail. On est pris en otage. Le rapport s'est inversé" ", déplore Vincent Humbert.
Le parc risque de perdre 2 à 3.000 euros par jour estime-t-il. "La solution sera peut-être des contrats de travail plus flexibles, que l'on puisse arrêter du jour au lendemin", conclut Vincent Humbert, déplorant un "phénomène national".
https://www.msn.com/fr-fr/voyage/actual ... li=AAaCKnE
Outre les mensonges/exagérations probables de ce patron qui nous parle de saisonniers demandant des vacances dès le début de leur contrat saisonnier (ben voyons comme dirait Z), cela me semble un grand progrès de voir ce rapport s'inverser dans certains domaines lors meme que depuis le commencement, dans l'extreme majorité des emplois, les travailleurs ont toujours eu à subir des conditions sur lesquelles ils n'avaient pas leur mot à dire.
Les patrons découvrent qu'ils ne sont plus omnipotents et cela les peine fortement puisque le fait d'etre patron, n'a de ce sens à leurs yeux que si l'on peut engranger un maximum de revenus sur le dos des corvéables à merci, en rationalisant à l'extreme par le biais du salaire et des conditions de travail (directement liées à la productivité dans le paradigme du patron qui n'a pas compris, au contraire, que le bien-etre au travail pouvait accroitre cette productivité).
Avec les revendications relatives aux salaires et à des conditions de travail + favorables à l'employé, le patron a l'impression de subir un appauvrissement personnel et une perte inacceptable des droits essentiels liés à sa Seigneurie.
Ceux qui m'apparaissent méprisants dans cette histoire, ce sont tous ces patrons anciens-employés, qui se plaignaient incessamment (comme tout Français qui se respecte) dans l'exercice de leurs fonctions, de leurs conditions de travail, de leur rémunération, de la méchanceté de leur employeur et qui, une fois de leur coté de la barrière, oublient leurs postures passées et se comportement similairement à ce qu'ils dénonçaient jadis.