Macron va lancer une étude sur l'impact du numérique sur la démocratie
Posté : 28 octobre 2025 07:43
Le président français va inaugurer un débat sur l'impact d'Internet sur le débat public.
Emmanuel Macron a notamment en ligne de mire le risque d'ingérence lors des prochaines élections.
Mais il s'agit aussi de protéger le débat démocratique, et de fixer une "majorité numérique".
Emmanuel Macron va lancer un débat ce mardi 28 octobre autour de l'impact des réseaux sociaux et d'Internet sur la ""déstructuration"" du débat public et la démocratie, dans la perspective des prochaines élections, a annoncé ce lundi l'Élysée. ""On assiste à une montée en puissance des réseaux sociaux où l’émotion négative est plus virale que l’émotion qui est elle-même plus virale que l'argument"", a relevé un conseiller présidentiel auprès de l'AFP.
""Au fond, on risque d’assister à une disparition de l’espace public, de l'agora, avec un grand risque pour nos modèles démocratiques et républicains"", dit-il. Dans ce contexte, le chef de l'État ""veut dans les mois à venir s’engager, pour créer les conditions d’un débat éclairé et apaisé"", a ajouté ce conseiller. ""L’idée, c'est de faire vivre ce débat dans la société et à terme prendre des décisions sur toute une série de mesures"", en faisant notamment appel aux quelque 200 experts mobilisés sur le sujet.
La démocratie mise à l'épreuve
Emmanuel Macron va présider ainsi ce mardi matin une réunion sur la ""démocratie à l'épreuve des réseaux et des algorithmes"" réunissant les acteurs impliqués sur cette question (associations, chercheurs, médecins, chefs d'entreprise…) afin d'engager un ""mouvement au-delà de l’Élysée"". Seront notamment présents Gérald Bronner, professeur à La Sorbonne et président de la Commission du même nom sur les perturbations de la vie démocratique à l'ère numérique et Hugo Micheron, spécialiste des ingérences islamistes sur les réseaux.
Le chef de l'État réunira ensuite dans l'après-midi un Conseil présidentiel pour la Science sur la santé mentale des jeunes, suivi d'un dîner avec des acteurs de la tech mondiale axé sur la régulation des réseaux, de l'intelligence artificielle (IA) et l'impact de ces technologies sur la ""bonne santé du débat démocratique"".
Ingérences étrangères
Mercredi, il prendra la parole au Forum de la Paix à Paris sur la désinformation et les ingérences étrangères, avant un nouveau dîner à l'Élysée sur ce thème. Le chef de l'État, contraint à plus de réserve sur la scène intérieure sur fond de crises politiques à répétition depuis sa dissolution ratée de 2024, entend néanmoins continuer à se faire entendre et rester à la manœuvre là où il le peut.
""C'est son rôle de garant des institutions, des pouvoirs publics, de l'indépendance nationale de s'emparer de ces sujets-là"", justifie-t-on à l'Élysée. Il est ainsi ""tout à fait dans le périmètre présidentiel tel que défini dans la Constitution"". Emmanuel Macron a notamment en ligne de mire les municipales de mars 2026 et la présidentielle de 2027, sur lesquelles ""beaucoup de risques peuvent peser"", selon l'Élysée, qui rappelle des cas récents en Roumanie ou Moldavie, dont les scrutins ont été entachés de soupçons d'ingérence russe.
La secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et du Service national universel, Sarah El Haïry.
Cela peut se traduire par de multiples formes de désinformation via des algorithmes ou des bots qui instillent des débats erronés, tout cela dans le plus parfait anonymat, sans possibilité de remonter à la source. ""Le chef de l'État n’a lui-même pas d’échéance", "car il ne pourra pas se représenter en 2027, pointe la présidence". "Ça le met en position pour faire en sorte que ces échéances se déroulent le mieux possible"", estime-t-elle.
Emmanuel Macron n'entend pas non plus ""préempter"" les ""véhicules"" qui permettront de mettre en œuvre les mesures décidées, assure-t-elle. Cela peut être ""législatif, administratif, par décret"" ou à l'échelle internationale, assure l'Élysée. ""La palette d'outils est ouverte"", insiste-t-on. Emmanuel Macron ambitionne notamment de créer une" "coalition" "avec d'autres chefs d'État et de gouvernement pour faire émerger une majorité numérique permettant d'accéder aux réseaux – fixée à 15 ans en France – au niveau européen. La Grèce, l'Espagne, Chypre, la Slovénie et le Danemark se sont déjà inscrits dans le mouvement, selon l'Élysée.
https://www.tf1info.fr/politique/ingere ... 03065.html