La rencontre de Bardella avec Farage, un « dirigeant qui a régulièrement insulté » la France, étrillée par un ministre
Posté : 10 décembre 2025 12:49
"Jordan Bardella s’est offert une virée à Londres pour rencontrer le nationaliste Nigel Farage.
Par Lucie Oriol
EN BREF
• Jordan Bardella a rencontré le nationaliste Nigel Farage à Londres pour notamment parler d’« immigration massive ».
• Leur entrevue a suscité des critiques du gouvernement français en raison des propos passés de Farage contre la France.
Shocking. Alors que les députés de son parti étaient à 100 % mobilisés à l’Assemblée pour s’opposer au projet de loi de financement de la sécurité sociale, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, s’est offert une virée londonienne. L’eurodéputé a pris l’Eurostar pour aller déjeuner avec la figure nationaliste locale, Nigel Farage, pour qui dit-il, il a « beaucoup de respect ».
Le pedigree du député britannique de Clacton-on-Sea (Essex), est bien connu : partisan d’un Brexit dur pour lequel il a fait campagne avec le UKIP, il a depuis quitté cette formation pour lancer Reform UK. Un parti d’extrême droite dégagiste et anti-immigration, par ailleurs en pleine dynamique ascendante dans les sondages si de prochaines élections générales devaient avoir lieu au Royaume-Uni.
Une popularité que Jordan Bardella scrute de près. « Il sera le prochain Premier ministre du Royaume-Uni », a-t-il glissé à nos confrères de la presse britannique. Lors de leur rencontre, ils ont évoqué « l’amitié entre nos deux Nations et les défis communs qu’il nous faudra relever, à commencer par le retour à la prospérité économique et la lutte contre l’immigration massive », a précisé sur X le bras droit de Marine Le Pen. Outre leur euroscepticisme, les deux leaders ont comme autre point commun de vouloir désosser le service public : France télévision pour l’un, la BBC pour l’autre.
Quand Farage qualifiait de « désastre » le programme de Le Pen
L’amitié évoquée par Jordan Bardella a agacé jusqu’au gouvernement français. « Tout sourire avec un dirigeant qui a régulièrement insulté notre pays, nos pêcheurs. Mais après tout, vous n’êtes pas à cela près, il a qualifié votre programme de “désastre” l’an dernier », s’agace à cet égard Benjamin Haddad, le ministre français délégué à l’Europe. Nigel Farage avait notamment étrillé les accords de pêche post-Brexit, trop favorables selon lui aux pêcheurs français avant de dénoncer plus récemment l’accord migratoire franco-britanique et de qualifier Emmanuel Macron d’« arrogant ». Pas vraiment un francophile.
Quant à son amabilité envers Jordan Bardella, elle appelle a minima à la méfiance tant le populiste britannique a soufflé le chaud et le froid à l’endroit du RN. Il avait jugé en 2017 que Marine Le Pen ferait une « bonne » présidente, tout en estimant que son parti avait l’antisémitisme pour « ADN » et était « enraciné dans Vichy ». Il a aussi étrillé en 2024 le programme économique du RN, le qualifiant de « désastre » potentiel pour la France comme le rappelait Benjamin Haddad.
De l’histoire ancienne veut croire Jordan Bardella, qui reconnaît que Nigel Farage « a pu être dur par le passé », mais qu’il a le droit « d’évoluer ». Alors, justement. Cette « évolution » a récemment été marquée par des polémiques que le RN connaît trop bien et dont il peine encore à se débarrasser. Plusieurs membres de Reform UK sont suspectés d’avoir des liens très étroits avec Moscou. En novembre dernier, un de ses membres a été reconnu coupable d’avoir accepté de l’argent de politiciens ukrainiens à la solde de la Russie.
Quant à Nigel Farage, outre qu’il a lui même suscité un tollé en 2024 en accusant l’Occident d’avoir « provoqué » la Russie, il est rattrapé depuis plusieurs semaines par des accusations d’antisémitisme d’ancien camarade de classe. Ils l’accusent d’avoir déclaré : « Hitler avait raison ». Jordan Bardella balaye l’affaire, c’est bien avec Nigel Farage que le RN, qui n’en est pas à un allié encombrant près, veut « restaurer les frontières de l’Europe »."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 58061.html
Par Lucie Oriol
EN BREF
• Jordan Bardella a rencontré le nationaliste Nigel Farage à Londres pour notamment parler d’« immigration massive ».
• Leur entrevue a suscité des critiques du gouvernement français en raison des propos passés de Farage contre la France.
Shocking. Alors que les députés de son parti étaient à 100 % mobilisés à l’Assemblée pour s’opposer au projet de loi de financement de la sécurité sociale, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, s’est offert une virée londonienne. L’eurodéputé a pris l’Eurostar pour aller déjeuner avec la figure nationaliste locale, Nigel Farage, pour qui dit-il, il a « beaucoup de respect ».
Le pedigree du député britannique de Clacton-on-Sea (Essex), est bien connu : partisan d’un Brexit dur pour lequel il a fait campagne avec le UKIP, il a depuis quitté cette formation pour lancer Reform UK. Un parti d’extrême droite dégagiste et anti-immigration, par ailleurs en pleine dynamique ascendante dans les sondages si de prochaines élections générales devaient avoir lieu au Royaume-Uni.
Une popularité que Jordan Bardella scrute de près. « Il sera le prochain Premier ministre du Royaume-Uni », a-t-il glissé à nos confrères de la presse britannique. Lors de leur rencontre, ils ont évoqué « l’amitié entre nos deux Nations et les défis communs qu’il nous faudra relever, à commencer par le retour à la prospérité économique et la lutte contre l’immigration massive », a précisé sur X le bras droit de Marine Le Pen. Outre leur euroscepticisme, les deux leaders ont comme autre point commun de vouloir désosser le service public : France télévision pour l’un, la BBC pour l’autre.
Quand Farage qualifiait de « désastre » le programme de Le Pen
L’amitié évoquée par Jordan Bardella a agacé jusqu’au gouvernement français. « Tout sourire avec un dirigeant qui a régulièrement insulté notre pays, nos pêcheurs. Mais après tout, vous n’êtes pas à cela près, il a qualifié votre programme de “désastre” l’an dernier », s’agace à cet égard Benjamin Haddad, le ministre français délégué à l’Europe. Nigel Farage avait notamment étrillé les accords de pêche post-Brexit, trop favorables selon lui aux pêcheurs français avant de dénoncer plus récemment l’accord migratoire franco-britanique et de qualifier Emmanuel Macron d’« arrogant ». Pas vraiment un francophile.
Quant à son amabilité envers Jordan Bardella, elle appelle a minima à la méfiance tant le populiste britannique a soufflé le chaud et le froid à l’endroit du RN. Il avait jugé en 2017 que Marine Le Pen ferait une « bonne » présidente, tout en estimant que son parti avait l’antisémitisme pour « ADN » et était « enraciné dans Vichy ». Il a aussi étrillé en 2024 le programme économique du RN, le qualifiant de « désastre » potentiel pour la France comme le rappelait Benjamin Haddad.
De l’histoire ancienne veut croire Jordan Bardella, qui reconnaît que Nigel Farage « a pu être dur par le passé », mais qu’il a le droit « d’évoluer ». Alors, justement. Cette « évolution » a récemment été marquée par des polémiques que le RN connaît trop bien et dont il peine encore à se débarrasser. Plusieurs membres de Reform UK sont suspectés d’avoir des liens très étroits avec Moscou. En novembre dernier, un de ses membres a été reconnu coupable d’avoir accepté de l’argent de politiciens ukrainiens à la solde de la Russie.
Quant à Nigel Farage, outre qu’il a lui même suscité un tollé en 2024 en accusant l’Occident d’avoir « provoqué » la Russie, il est rattrapé depuis plusieurs semaines par des accusations d’antisémitisme d’ancien camarade de classe. Ils l’accusent d’avoir déclaré : « Hitler avait raison ». Jordan Bardella balaye l’affaire, c’est bien avec Nigel Farage que le RN, qui n’en est pas à un allié encombrant près, veut « restaurer les frontières de l’Europe »."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 58061.html