Héritage de François Mitterrand, 30 ans après sa mort
Posté : 08 janvier 2026 13:47
"Progrès sociaux, construction européenne, diplomatie... Quel est l'héritage de François Mitterrand, trente ans après sa mort ?
L'héritage politique du premier président de gauche de la Ve République, décédé le 8 janvier 1996, est délicat à définir, y compris parmi les socialistes historiques.
Il y a 30 ans jour pour jour, le 8 janvier 1996, François Mitterrand décédait. François Mitterand, élu chef de l'État deux fois d'affilée, a dirigé le pays pendant 14 ans, lorsqu'un mandat durait encore sept ans. Le socialiste arrive au pouvoir pour la première fois en 1981, un bouleversement politique à l'époque, avec son cortège de progrès sociaux. Et pourtant, 30 ans après, même les socialistes historiques ont du mal à définir ce qu'est le "mitterrandisme".
"Je n'en sais rien, pourtant j'ai été le premier collaborateur de François Mitterrand", confesse Laurent Fabius, emblématique Premier ministre de François Mitterrand. Pour lui, le mitterrandisme c'est avant tout "l'alternance, pendant des décennies, on pensait que la gauche ne pouvait pas arriver au pouvoir".
Définir le mitterrandisme n'est pas non plus évident non plus pour Michel Sapin, un autre compagnon de route historique du premier président socialiste de la Ve République : "Le mitterrandisme n'est pas quelque chose de définissable, n'est pas une doctrine. Le mitterrandisme, c'est d'abord une habileté politique, c'est d'abord un art de conquérir le pouvoir."
L'euphorie sociale des premières années
Le 10 mai 1981, jour de son élection, les attentes sont alors énormes envers François Mitterrand. "Celui qui avait promis de changer la vie était arrivé au pouvoir et Barbara chantait 'Un homme, une rose à la main, a ouvert le chemin'. C'était vraiment ce que les gens entendaient, pensaient", raconte l'actuel premier secrétaire des socialistes, Olivier Faure.
Et le bilan des avancées sociales est à la hauteur, estime Olivier Faure, à commencer par l'abolition de la peine de mort, mais pas uniquement. "La dépénalisation de l'homosexualité, tout ce qui relevait des droits syndicaux et des droits sociaux dans l'entreprise, la cinquième semaine de congés payés, les 39 heures...", énumère-t-il.
"Le nationalisme, c'est la guerre"
L'euphorie sociale connait un coup d'arrêt avec le tournant de la rigueur de 1983. Mais François Mitterrand laisse surtout un héritage diplomatique très actuel, souligne Laurent Fabius : "Beaucoup des grandes intuitions de Mitterrand sont parfaitement fondées. Quand on parle par exemple de la diplomatie française, on parle souvent de gaullo-mitterrandisme."
Le gaullo-mitterrandisme consiste en "un non-alignement sur une posture atlantiste, décrypte le député PS Arthur Delaporte, agrégé d'histoire et spécialiste de François Mitterrand. Donc, c'est l'idée que la France est indépendante, qu'elle a une voix à porter. Aujourd'hui, si l'Europe est telle qu'elle est, c'est parce que François Mitterrand a eu la conviction qu'il fallait emmener la France et l'Allemagne dans un renforcement de la construction européenne."
François Mitterrand, d'abord pétainiste puis résistant, reste toute sa vie profondément marqué par la Seconde Guerre mondiale. "Le nationalisme, c'est la guerre. La guerre, ce n'est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir", lance-t-il, telle une mise en garde, en 1995 au Parlement européen.
Dans un livre qui lui est consacré, son ancien ministre Jean Glavany relate un échange entre le socialiste et le président américain George Bush, en 1991 lors d'un sommet de l'Otan à Rome. Le président français parle de l'Ukraine qui devient indépendante et prophétise : "La future guerre est là.".
https://www.franceinfo.fr/politique/fra ... 26858.html
L'héritage politique du premier président de gauche de la Ve République, décédé le 8 janvier 1996, est délicat à définir, y compris parmi les socialistes historiques.
Il y a 30 ans jour pour jour, le 8 janvier 1996, François Mitterrand décédait. François Mitterand, élu chef de l'État deux fois d'affilée, a dirigé le pays pendant 14 ans, lorsqu'un mandat durait encore sept ans. Le socialiste arrive au pouvoir pour la première fois en 1981, un bouleversement politique à l'époque, avec son cortège de progrès sociaux. Et pourtant, 30 ans après, même les socialistes historiques ont du mal à définir ce qu'est le "mitterrandisme".
"Je n'en sais rien, pourtant j'ai été le premier collaborateur de François Mitterrand", confesse Laurent Fabius, emblématique Premier ministre de François Mitterrand. Pour lui, le mitterrandisme c'est avant tout "l'alternance, pendant des décennies, on pensait que la gauche ne pouvait pas arriver au pouvoir".
Définir le mitterrandisme n'est pas non plus évident non plus pour Michel Sapin, un autre compagnon de route historique du premier président socialiste de la Ve République : "Le mitterrandisme n'est pas quelque chose de définissable, n'est pas une doctrine. Le mitterrandisme, c'est d'abord une habileté politique, c'est d'abord un art de conquérir le pouvoir."
L'euphorie sociale des premières années
Le 10 mai 1981, jour de son élection, les attentes sont alors énormes envers François Mitterrand. "Celui qui avait promis de changer la vie était arrivé au pouvoir et Barbara chantait 'Un homme, une rose à la main, a ouvert le chemin'. C'était vraiment ce que les gens entendaient, pensaient", raconte l'actuel premier secrétaire des socialistes, Olivier Faure.
Et le bilan des avancées sociales est à la hauteur, estime Olivier Faure, à commencer par l'abolition de la peine de mort, mais pas uniquement. "La dépénalisation de l'homosexualité, tout ce qui relevait des droits syndicaux et des droits sociaux dans l'entreprise, la cinquième semaine de congés payés, les 39 heures...", énumère-t-il.
"Le nationalisme, c'est la guerre"
L'euphorie sociale connait un coup d'arrêt avec le tournant de la rigueur de 1983. Mais François Mitterrand laisse surtout un héritage diplomatique très actuel, souligne Laurent Fabius : "Beaucoup des grandes intuitions de Mitterrand sont parfaitement fondées. Quand on parle par exemple de la diplomatie française, on parle souvent de gaullo-mitterrandisme."
Le gaullo-mitterrandisme consiste en "un non-alignement sur une posture atlantiste, décrypte le député PS Arthur Delaporte, agrégé d'histoire et spécialiste de François Mitterrand. Donc, c'est l'idée que la France est indépendante, qu'elle a une voix à porter. Aujourd'hui, si l'Europe est telle qu'elle est, c'est parce que François Mitterrand a eu la conviction qu'il fallait emmener la France et l'Allemagne dans un renforcement de la construction européenne."
François Mitterrand, d'abord pétainiste puis résistant, reste toute sa vie profondément marqué par la Seconde Guerre mondiale. "Le nationalisme, c'est la guerre. La guerre, ce n'est pas seulement le passé, cela peut être notre avenir", lance-t-il, telle une mise en garde, en 1995 au Parlement européen.
Dans un livre qui lui est consacré, son ancien ministre Jean Glavany relate un échange entre le socialiste et le président américain George Bush, en 1991 lors d'un sommet de l'Otan à Rome. Le président français parle de l'Ukraine qui devient indépendante et prophétise : "La future guerre est là.".
https://www.franceinfo.fr/politique/fra ... 26858.html
