Guerre en Ukraine, année 2026
Posté : 12 janvier 2026 18:26
L'armée russe continue à lancer des assauts à dos de cheval et ça ne se passe pas bien du tout
"Présentées par les médias d'État comme des preuves d'inventivité, les charges de cavalerie russes semblent surtout révéler l'impasse tactique d'une armée confrontée à la supériorité technologique ukrainienne.
Depuis le début de leur invasion à grande échelle de l'Ukraine, en février 2022, les troupes russes nous ont habitués à des méthodes peu académiques. Chars préhistoriques bricolés renforcés par des troncs d'arbres, attaques en moto et déplacements à dos d'ânes. Charger l'ennemi à cheval est une de ces tactiques qui pose question, comme le prouvent de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Dans la plupart des cas, ces attaques sont rapidement stoppées par les frappes de drones FPV ukrainiens.
Côté russe, les journalistes d'État préfèrent insister sur la «créativité» des troupes, louant l'inventivité remarquable de leurs unités au sol tout en passant sous silence les revers visibles à l'écran. Dans un reportage réalisé depuis le terrain d'entraînement de la 9e brigade pour Russia Today, le journaliste Semyon Pegov ne cache pas sa surprise quant aux nouvelles méthodes employées par l'armée. «J'ai vu des soldats d'assaut formés à l'utilisation des fusils et à la conduite de motos, mais également à l'équitation. Le commandant de l'unité, dont le nom de code est Khan, veut faire revivre la cavalerie», écrivait-il en octobre 2025.
Cette stratégie n'est pourtant pas totalement dénuée de sens. Dotés d'une excellente vue, les équidés peuvent parcourir la distance entre les positions russes et les tranchées «plus rapidement que n'importe quel autre véhicule». Leur instinct naturel leur permettrait par ailleurs d'éviter de marcher sur des mines. Dans son article, Pegov annonçait un retour de la cavalerie au front. Les récents événements semblent lui donner raison, au moins sur le plan de l'expérimentation.
Sur les images, on aperçoit des cavaliers galopant dans les champs, souvent pulvérisés brutalement par des drones. Selon Forbes, ces engins ont pratiquement anéanti toutes les attaques de la cavalerie. Capables de détecter tout mouvement à plusieurs kilomètres de la ligne du front, les systèmes FPV sont des armes redoutables, que les Ukrainiens refusent d'utiliser contre les équidés.
Pas de victimes collatérales
Pour éviter d'abattre des étalons, les militaires ukrainiens ont adopté une tactique ingénieuse: lors d'un premier passage, l'opérateur de drone se contente de survoler le cheval, suffisamment près pour l'effrayer et provoquer la chute du cavalier. À terre, ce dernier est pris pour cible, sans que sa monture ne soit blessée.
«La guerre évolue rapidement et nous offre des exemples étonnants d'adaptation», remarque Samuel Bendett, expert de l'armée russe et conseiller au sein de plusieurs groupes de réflexion dédiés à la sécurité. Selon lui, le recours aux animaux à quatre pattes s'apparente à «une adaptation ad hoc» et ne peut pas être considéré comme le fruit d'une stratégie mûrement réfléchie.
Un mode opératoire assumé
Le nombre d'opérations de cavalerie observées sur le terrain semble plutôt indiquer le contraire. Depuis le début de cette année, les publications montrant des cavaliers désarçonnés par le passage à basse altitude de drones se sont multipliées, suggérant que les charges de cavalerie ne sont plus de simples tests, mais un mode opératoire désormais assumé.
De son côté, Vladimir Poutine s'acharne à faire croire que Moscou est en phase de gagner la guerre, quitte à sacrifier de nombreux soldats. Actuellement, l'armée russe perd environ 30.000 hommes par mois, et en recrute tout autant. Assignées à des assauts meurtriers, les forces du Kremlin avancent difficilement sur la ligne de front. Pour l'année 2025, les gains territoriaux sont estimés à seulement 1% de la surface de l'Ukraine. Mais les médias russes continuent de présenter les avancées militaires comme des succès majeurs.
En parallèle, l'industrie de l'armement s'essouffle. Moscou avait annoncé la production annuelle de centaines de chars modernes T-90M, des véhicules de guerre qui ne sont toujours pas sortis d'usine. Face à cette réalité, Khan et ses équipes misent désormais sur les canassons. Mais il faut le reconnaître: à part les médias d'État, personne ne croit en la réhabilitation des chevaux à des fins guerrières.
«Je ne connais aucune armée victorieuse qui soit passée, après quatre ans de véhicules blindés de pointe, à la cavalerie à cheval», souligne le média Malcontent News sur X. Les dernières charges de cavalerie réussies remontent à la Seconde Guerre mondiale. Une preuve d'obsolescence que le Kremlin fait mine d'ignorer."
https://www.slate.fr/monde/armee-russe- ... ue-poutine
V. Poutine veut nous faire peur pour cacher la faiblesse matérielle de son armée.
"Présentées par les médias d'État comme des preuves d'inventivité, les charges de cavalerie russes semblent surtout révéler l'impasse tactique d'une armée confrontée à la supériorité technologique ukrainienne.
Depuis le début de leur invasion à grande échelle de l'Ukraine, en février 2022, les troupes russes nous ont habitués à des méthodes peu académiques. Chars préhistoriques bricolés renforcés par des troncs d'arbres, attaques en moto et déplacements à dos d'ânes. Charger l'ennemi à cheval est une de ces tactiques qui pose question, comme le prouvent de nombreuses vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Dans la plupart des cas, ces attaques sont rapidement stoppées par les frappes de drones FPV ukrainiens.
Côté russe, les journalistes d'État préfèrent insister sur la «créativité» des troupes, louant l'inventivité remarquable de leurs unités au sol tout en passant sous silence les revers visibles à l'écran. Dans un reportage réalisé depuis le terrain d'entraînement de la 9e brigade pour Russia Today, le journaliste Semyon Pegov ne cache pas sa surprise quant aux nouvelles méthodes employées par l'armée. «J'ai vu des soldats d'assaut formés à l'utilisation des fusils et à la conduite de motos, mais également à l'équitation. Le commandant de l'unité, dont le nom de code est Khan, veut faire revivre la cavalerie», écrivait-il en octobre 2025.
Cette stratégie n'est pourtant pas totalement dénuée de sens. Dotés d'une excellente vue, les équidés peuvent parcourir la distance entre les positions russes et les tranchées «plus rapidement que n'importe quel autre véhicule». Leur instinct naturel leur permettrait par ailleurs d'éviter de marcher sur des mines. Dans son article, Pegov annonçait un retour de la cavalerie au front. Les récents événements semblent lui donner raison, au moins sur le plan de l'expérimentation.
Sur les images, on aperçoit des cavaliers galopant dans les champs, souvent pulvérisés brutalement par des drones. Selon Forbes, ces engins ont pratiquement anéanti toutes les attaques de la cavalerie. Capables de détecter tout mouvement à plusieurs kilomètres de la ligne du front, les systèmes FPV sont des armes redoutables, que les Ukrainiens refusent d'utiliser contre les équidés.
Pas de victimes collatérales
Pour éviter d'abattre des étalons, les militaires ukrainiens ont adopté une tactique ingénieuse: lors d'un premier passage, l'opérateur de drone se contente de survoler le cheval, suffisamment près pour l'effrayer et provoquer la chute du cavalier. À terre, ce dernier est pris pour cible, sans que sa monture ne soit blessée.
«La guerre évolue rapidement et nous offre des exemples étonnants d'adaptation», remarque Samuel Bendett, expert de l'armée russe et conseiller au sein de plusieurs groupes de réflexion dédiés à la sécurité. Selon lui, le recours aux animaux à quatre pattes s'apparente à «une adaptation ad hoc» et ne peut pas être considéré comme le fruit d'une stratégie mûrement réfléchie.
Un mode opératoire assumé
Le nombre d'opérations de cavalerie observées sur le terrain semble plutôt indiquer le contraire. Depuis le début de cette année, les publications montrant des cavaliers désarçonnés par le passage à basse altitude de drones se sont multipliées, suggérant que les charges de cavalerie ne sont plus de simples tests, mais un mode opératoire désormais assumé.
De son côté, Vladimir Poutine s'acharne à faire croire que Moscou est en phase de gagner la guerre, quitte à sacrifier de nombreux soldats. Actuellement, l'armée russe perd environ 30.000 hommes par mois, et en recrute tout autant. Assignées à des assauts meurtriers, les forces du Kremlin avancent difficilement sur la ligne de front. Pour l'année 2025, les gains territoriaux sont estimés à seulement 1% de la surface de l'Ukraine. Mais les médias russes continuent de présenter les avancées militaires comme des succès majeurs.
En parallèle, l'industrie de l'armement s'essouffle. Moscou avait annoncé la production annuelle de centaines de chars modernes T-90M, des véhicules de guerre qui ne sont toujours pas sortis d'usine. Face à cette réalité, Khan et ses équipes misent désormais sur les canassons. Mais il faut le reconnaître: à part les médias d'État, personne ne croit en la réhabilitation des chevaux à des fins guerrières.
«Je ne connais aucune armée victorieuse qui soit passée, après quatre ans de véhicules blindés de pointe, à la cavalerie à cheval», souligne le média Malcontent News sur X. Les dernières charges de cavalerie réussies remontent à la Seconde Guerre mondiale. Une preuve d'obsolescence que le Kremlin fait mine d'ignorer."
https://www.slate.fr/monde/armee-russe- ... ue-poutine
V. Poutine veut nous faire peur pour cacher la faiblesse matérielle de son armée.

