Ces Français racontent pourquoi ils n'envisagent pas de devenir parents
Posté : 14 janvier 2026 16:20
""Dans ces conditions, est-ce que ça vaut le coup de faire des enfants ?" : ces Français racontent pourquoi ils n'envisagent pas de devenir parents
Peur de l'avenir, angoisse climatique, inégalités des rôles... Ces jeunes confient au micro de franceinfo plusieurs raisons pour ne pas être parents.
Pour la première fois en France depuis 1944, le solde naturel est négatif en France : c’est-à-dire que le nombre de décès a été plus important que le nombre de naissances l'an dernier. Des chiffres publiés mardi 13 janvier par l'Insee. C'est un fait : les jeunes font de moins en moins d'enfant et cette baisse de la fécondité "semble destinée à se poursuivre". À Paris, des futurs "non-parents" se sont confiés à franceinfo.
Nous rencontrons d'abord ce couple de passage à Paris. Il sort du Muséum d'histoire naturelle. Jérôme, 28 ans, Manon, un an de moins, tiennent une crêperie en Bretagne. Ils sont ensemble depuis quatre ans et illustrent parfaitement la situation. "On parlait tout à l'heure de cette question d'avoir des enfants ou pas, en observant les parents qui étaient au Muséum...", glisse la jeune femme. Avant d'estimer qu'"ils avaient l'air plus heureux que les gens qui avaient des enfants. Ça avait l'air contraignant."
Pour Jérôme, le refus d'enfants se trouve ailleurs : il explique avec une certaine honnêteté qu'il "ne se sent pas prêt". "Il y a le travail... et on est peut-être un peu trop égoïstes pour avoir des enfants." Manon ajoute, pour sa part : "Je suis anxieuse de base. La vie tout court m'angoisse. Alors, avec un enfant ! La vie est dangereuse, les gens sont dangereux, à l'école, les enfants sont méchants, la vie est chère, c'est dur de trouver du travail. Dans ces conditions, est-ce que ça vaut le coup de faire des enfants ?"
"Encore beaucoup trop d'inégalités entre hommes et femmes"
Comme pour ce couple, la crainte de l'avenir est l'une des principales raisons qui explique cette baisse de la fécondité, selon une étude de l'institut national d'études démographiques (Ined)(Nouvelle fenêtre), publiée en juillet dernier. Près de la moitié des 25-39 ans se disent ainsi "très inquiets" concernant le futur. Dans cet échantillon, 35% envisagent d'avoir des enfants contre 46% des personnes moins inquiètes.
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:
Reportage
"Ça m'a permis d'accepter que je ne voulais pas d'enfant" : des groupes de parole pour aider les femmes à questionner leur désir de maternité
Marine, étudiante à la Sorbonne, fait partie de ces Français : "Je n'ai pas du tout envie d'avoir des enfants", tranche-t-elle. Et les raisons sont nombreuses : "Pour des raisons climatiques, pour l'état du monde, où est-ce qu'il va ? Pour les raisons politiques aussi. Et me dire que les enfants peuvent être tristes, pas bien ou qu'ils peuvent subir des choses horribles quand ils vont grandir..." La jeune femme exprime aussi un point de vue plus intime : "Après, ce sont aussi des convictions personnelles, de devoir tomber enceinte, de devoir suivre la grossesse d'un enfant pendant neuf mois, de se dire que, peut-être, le futur papa ne sera pas forcément là pour aider à chaque fois..."
"C'est encore trop la femme qui prend toutes les responsabilités concernant les enfants"
Marine,
à franceinfo
Cette notion est nouvelle, selon l'Ined(Nouvelle fenêtre), par rapport à la dernière effectuée en 2005, qui explique que "ceux qui défendent une conception d'égalité des rôles de genre ont une moindre intention de fécondité". Marine, l'étudiante à la Sorbonne, confirme que certes, sa "génération est en train de changer, mais il reste encore beaucoup trop d'inégalités entre hommes et femmes".La baisse de la fécondité "semble donc destinée à se poursuivre", analyse l'étude.
Un plan pour relancer la natalité ?
Or, cette jeune génération a également bien conscience des conséquences de cette baisse de la natalité. Sacha, 20 ans, également étudiante, confie sa peur de l'avenir : "C'est inquiétant sur un plan économique. Si on considère le fait que les gens qui travaillent vont rapporter de l'argent à la France et que les gens qui ne travaillent pas, ne pourront pas payer les retraites... Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a tout un tas de réformes en France. Mais je pense que le gouvernement va probablement lancer un plan fort pour relancer la natalité, notamment en proposant des aides, un peu comme au Japon ou en Chine."
Précisément : une mesure a été votée fin décembre par l'Assemblée nationale, le congé de naissance. Est-ce que cette mesure peut relancer la natalité ? Sacha en doute : "Ça peut y participer, ais ça ne va pas pousser les gens à faire des enfants juste parce qu'il y a quelques jours de congé. C'est une bonne chose pour ceux qui voulaient déjà faire des enfants, c'est positif pour ces gens-là. Mais de là à inciter les gens à faire des enfants pour un congé..." s'interroge la jeune femme.
Cette question ne touche évidemment pas que la France. Pour l'ensemble de l'Union européenne, le solde naturel est négatif depuis 2012."
https://www.franceinfo.fr/societe/temoi ... 40478.html
Peur de l'avenir, angoisse climatique, inégalités des rôles... Ces jeunes confient au micro de franceinfo plusieurs raisons pour ne pas être parents.
Pour la première fois en France depuis 1944, le solde naturel est négatif en France : c’est-à-dire que le nombre de décès a été plus important que le nombre de naissances l'an dernier. Des chiffres publiés mardi 13 janvier par l'Insee. C'est un fait : les jeunes font de moins en moins d'enfant et cette baisse de la fécondité "semble destinée à se poursuivre". À Paris, des futurs "non-parents" se sont confiés à franceinfo.
Nous rencontrons d'abord ce couple de passage à Paris. Il sort du Muséum d'histoire naturelle. Jérôme, 28 ans, Manon, un an de moins, tiennent une crêperie en Bretagne. Ils sont ensemble depuis quatre ans et illustrent parfaitement la situation. "On parlait tout à l'heure de cette question d'avoir des enfants ou pas, en observant les parents qui étaient au Muséum...", glisse la jeune femme. Avant d'estimer qu'"ils avaient l'air plus heureux que les gens qui avaient des enfants. Ça avait l'air contraignant."
Pour Jérôme, le refus d'enfants se trouve ailleurs : il explique avec une certaine honnêteté qu'il "ne se sent pas prêt". "Il y a le travail... et on est peut-être un peu trop égoïstes pour avoir des enfants." Manon ajoute, pour sa part : "Je suis anxieuse de base. La vie tout court m'angoisse. Alors, avec un enfant ! La vie est dangereuse, les gens sont dangereux, à l'école, les enfants sont méchants, la vie est chère, c'est dur de trouver du travail. Dans ces conditions, est-ce que ça vaut le coup de faire des enfants ?"
"Encore beaucoup trop d'inégalités entre hommes et femmes"
Comme pour ce couple, la crainte de l'avenir est l'une des principales raisons qui explique cette baisse de la fécondité, selon une étude de l'institut national d'études démographiques (Ined)(Nouvelle fenêtre), publiée en juillet dernier. Près de la moitié des 25-39 ans se disent ainsi "très inquiets" concernant le futur. Dans cet échantillon, 35% envisagent d'avoir des enfants contre 46% des personnes moins inquiètes.
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"C'est encore trop la femme qui prend toutes les responsabilités concernant les enfants"
Marine,
à franceinfo
Cette notion est nouvelle, selon l'Ined(Nouvelle fenêtre), par rapport à la dernière effectuée en 2005, qui explique que "ceux qui défendent une conception d'égalité des rôles de genre ont une moindre intention de fécondité". Marine, l'étudiante à la Sorbonne, confirme que certes, sa "génération est en train de changer, mais il reste encore beaucoup trop d'inégalités entre hommes et femmes".La baisse de la fécondité "semble donc destinée à se poursuivre", analyse l'étude.
Un plan pour relancer la natalité ?
Or, cette jeune génération a également bien conscience des conséquences de cette baisse de la natalité. Sacha, 20 ans, également étudiante, confie sa peur de l'avenir : "C'est inquiétant sur un plan économique. Si on considère le fait que les gens qui travaillent vont rapporter de l'argent à la France et que les gens qui ne travaillent pas, ne pourront pas payer les retraites... Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a tout un tas de réformes en France. Mais je pense que le gouvernement va probablement lancer un plan fort pour relancer la natalité, notamment en proposant des aides, un peu comme au Japon ou en Chine."
Précisément : une mesure a été votée fin décembre par l'Assemblée nationale, le congé de naissance. Est-ce que cette mesure peut relancer la natalité ? Sacha en doute : "Ça peut y participer, ais ça ne va pas pousser les gens à faire des enfants juste parce qu'il y a quelques jours de congé. C'est une bonne chose pour ceux qui voulaient déjà faire des enfants, c'est positif pour ces gens-là. Mais de là à inciter les gens à faire des enfants pour un congé..." s'interroge la jeune femme.
Cette question ne touche évidemment pas que la France. Pour l'ensemble de l'Union européenne, le solde naturel est négatif depuis 2012."
https://www.franceinfo.fr/societe/temoi ... 40478.html