L'Europe des ENERGIES, la dépendance mortelle aux USA de 2025
Posté : 24 janvier 2026 13:01
Un excellent article du Monde du 24 janvier De la défense aux systèmes de paiement, les multiples dépendances de l’Europe à l’égard des Etats-Unis
Décryptage La détérioration des relations transatlantiques met en lumière les fragilités européennes dans de nombreux secteurs économiques stratégiques comme la défense, le spatial, les télécommunications, les services numériques, l’énergie ou encore les réseaux de paiement. ne fait que confirmer les craintes de ceux des Français qui ne se prosternent pas devant les nouveaux fous de dieu, ces Poutine et surtout ce Trump bis.
Le lien https://www.lemonde.fr/economie/article ... _3234.html
J'ai pensé qu'il serait intéressant de lancer le débat en ouvrant un sujet pour chacun des thèmes abordés par les journalistes Marc Angrand, Marie de Vergès, Pierre Manière, Olivier Pinaud et Alexandre Piquard.
Décryptage La détérioration des relations transatlantiques met en lumière les fragilités européennes dans de nombreux secteurs économiques stratégiques comme la défense, le spatial, les télécommunications, les services numériques, l’énergie ou encore les réseaux de paiement. ne fait que confirmer les craintes de ceux des Français qui ne se prosternent pas devant les nouveaux fous de dieu, ces Poutine et surtout ce Trump bis.
Le lien https://www.lemonde.fr/economie/article ... _3234.html
J'ai pensé qu'il serait intéressant de lancer le débat en ouvrant un sujet pour chacun des thèmes abordés par les journalistes Marc Angrand, Marie de Vergès, Pierre Manière, Olivier Pinaud et Alexandre Piquard.
Le gaz américain remplace le gaz russe
En matière d’énergie, l’Europe semble troquer une dépendance contre une autre. Sevrée progressivement du gaz russe, elle se retourne massivement vers les Etats-Unis. Les volumes livrés en 2025 ont couvert un quart des importations européennes, et même près de 60 % pour le seul gaz naturel liquéfié (GNL).
Cette « fausse diversification » expose les Etats européens au « risque de coûts élevés, de volatilité des prix et de pressions géopolitiques », met en garde une étude conjointe de l’Institut des relations internationales de Clingendael, aux Pays-Bas, de l’Ecologic Institute de Berlin et du Norwegian Institute of International Affairs d’Oslo, publiée mercredi 21 janvier. Et l’arrimage énergétique transatlantique devrait encore se renforcer alors que les annonces de contrats se multiplient entre exportateurs américains et fournisseurs européens d’énergie.
En 2030, le GNL américain pourrait représenter jusqu’à 80 % des importations du bloc européen. Une estimation calculée par le groupe de réflexion International Institute for Energy Economics and Financial Analysis en prenant l’hypothèse que tous les accords récemment conclus soient honorés et que l’Union européenne (UE) échoue à réduire comme prévu sa demande de gaz.
Le méthanier « BW Magnolia » décharge du gaz naturel liquéfié américain au terminal Revithoussa, dans le golfe de Mégare, en Grèce, le 1ᵉʳ décembre 2025. NICOLAS KOUTSOKOSTAS/NURPHOTO VIA AFP
L’UE s’approvisionnerait alors à hauteur de 40 % auprès des Etats-Unis pour l’ensemble de ses importations gazières. « Le parallèle est alors assez marquant avec notre dépendance passée vis-à-vis de la Russie », qui fournissait 40 % des importations européennes de gaz en 2021, fait remarquer Phuc-Vinh Nguyen, directeur du Centre énergie à l’Institut Jacques Delors.
Ces projections doivent être néanmoins maniées avec précaution. D’abord du fait de la nature même du GNL, « une source d’approvisionnement qui permet beaucoup plus de flexibilité qu’un gazoduc », rappelle la directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor, dont le groupe a signé plusieurs contrats à long terme pour du GNL américain. Le GNL voyage par bateau et non dans un tuyau fixe. Il peut être redirigé en fonction des prix et des besoins. C’est particulièrement vrai pour le GNL américain, dont les contrats n’imposent généralement pas de clause de destination.
La menace de chantage énergétique semble aussi tempérée par l’organisation du secteur aux Etats-Unis, qui, contrairement à la Russie ou au Qatar, ne disposent pas d’un monopole d’Etat. Le gaz est vendu par de multiples exportateurs privés, guidés par une logique de marché. Pour autant, la loi confère au président américain le pouvoir de restreindre les exportations d’énergie pour des raisons de sécurité nationale. Un scénario qui ne peut être exclu, selon des spécialistes des marchés gaziers, si le prix du gaz augmente trop aux Etats-Unis.
L’administration Trump a déjà prouvé qu’elle était prête à activer le levier énergétique dans ses relations bilatérales. En juillet 2025, les Européens ont dû s’engager à acheter 750 milliards de dollars de produits énergétiques américains sur trois ans, sous peine de représailles commerciales. Sommés de s’approvisionner davantage aux Etats-Unis, courent-ils donc en même temps le risque de voir un jour se tarir les livraisons ? Difficile de le prédire. Mais « au-delà du basculement vers un gaz coûteux et polluant, l’Europe se met dans une position de vulnérabilité vis-à-vis d’une administration installée dans une logique d’impérialisme fossile et totalement imprévisible », estime Phuc-Vinh Nguyen.