L’adhésion de l’extrême droite française à la politique migratoire de Donald Trump
Posté : 27 janvier 2026 11:51
"Après la mort de deux manifestants à Minneapolis, la politique migratoire ultra-répressive de Donald Trump divise les États-Unis. En France, une partie de l’extrême droite assume son soutien, malgré la violence des méthodes. Le RN, de son côté, se montre peu prolixe sur le sujet.
Deux manifestants ont été abattus par la police à Minneapolis en trois semaines, et la politique migratoire de Donald Trump déchire les États-Unis. Mais elle a des supporters en France. L’extrême droite applaudit. Marion Maréchal revendique un "combat commun" contre l’immigration avec ce président, qui démontre "que la volonté politique peut reprendre le pas sur la techno-bureaucratie et le gouvernement des juges". Et la nièce de Marine Le Pen, alliée du Rassemblement national, n’a pas un mot de compassion pour les deux victimes, Renée Good et Alex Pretti, de "malheureux accidents" dont ces "militants d’extrême gauche" seraient responsables, dit-elle, lundi 26 janvier. Les images d’une violence inouïe montrent qu’ils ont été abattus sans être menaçants.
Pas de quoi émouvoir non plus le président de Reconquête, Éric Zemmour, qui fait même d’ICE, la police fédérale de l’immigration, un modèle à importer : "Il faudra l’adapter aux structures françaises, mais il faudra être impitoyable." Et il reprend à son compte l’objectif trumpiste de "remigration", ce slogan de l’extrême droite la plus radicale qui promet d’expulser des millions d’étrangers, de gré ou de force.
Le silence de Jordan Bardella
Le Rassemblement national, lui, ne dit rien depuis trois jours. Comme d’habitude, quand la situation est politiquement risquée, Jordan Bardella se planque et le RN se fait discret. Le parti d’extrême droite est gêné aux entournures par la brutalité de la méthode Trump, mais, sur le fond, il approuve sa politique migratoire faite de rafles et d’expulsions massives de sans-papiers parce qu’elle repose sur la même vision du monde que celle du RN. En décembre, dans un document dévoilant la "stratégie de sécurité nationale américaine", Donald Trump prophétisait "l’effacement civilisationnel" d’une Europe "submergée par des immigrés qui arrivent de tous les endroits du monde" et qui "changent le peuple". Une rhétorique digne du fantasme complotiste du "grand remplacement", qui avait été approuvée par Jordan Bardella, comme il avait applaudi, en 2025, le retour à la Maison-Blanche de ce "grand patriote", pour lequel il clamait son "respect" et son "admiration".
Depuis, il a pris ses distances. Tout récemment, la semaine dernière, quand Donald Trump a menacé l’Europe d’intervenir au Groenland et d’imposer de nouveaux droits de douane. Quand on dirige un parti nationaliste, il est assez logique de se démarquer d’un agresseur étranger. Sur l’immigration, en revanche — première priorité de son électorat — le RN aura plus de mal à prendre ses distances avec l’action de Donald Trump, quelles que soient les tragédies qu’elle provoque."
https://www.franceinfo.fr/replay-radio/ ... 38069.html
Deux manifestants ont été abattus par la police à Minneapolis en trois semaines, et la politique migratoire de Donald Trump déchire les États-Unis. Mais elle a des supporters en France. L’extrême droite applaudit. Marion Maréchal revendique un "combat commun" contre l’immigration avec ce président, qui démontre "que la volonté politique peut reprendre le pas sur la techno-bureaucratie et le gouvernement des juges". Et la nièce de Marine Le Pen, alliée du Rassemblement national, n’a pas un mot de compassion pour les deux victimes, Renée Good et Alex Pretti, de "malheureux accidents" dont ces "militants d’extrême gauche" seraient responsables, dit-elle, lundi 26 janvier. Les images d’une violence inouïe montrent qu’ils ont été abattus sans être menaçants.
Pas de quoi émouvoir non plus le président de Reconquête, Éric Zemmour, qui fait même d’ICE, la police fédérale de l’immigration, un modèle à importer : "Il faudra l’adapter aux structures françaises, mais il faudra être impitoyable." Et il reprend à son compte l’objectif trumpiste de "remigration", ce slogan de l’extrême droite la plus radicale qui promet d’expulser des millions d’étrangers, de gré ou de force.
Le silence de Jordan Bardella
Le Rassemblement national, lui, ne dit rien depuis trois jours. Comme d’habitude, quand la situation est politiquement risquée, Jordan Bardella se planque et le RN se fait discret. Le parti d’extrême droite est gêné aux entournures par la brutalité de la méthode Trump, mais, sur le fond, il approuve sa politique migratoire faite de rafles et d’expulsions massives de sans-papiers parce qu’elle repose sur la même vision du monde que celle du RN. En décembre, dans un document dévoilant la "stratégie de sécurité nationale américaine", Donald Trump prophétisait "l’effacement civilisationnel" d’une Europe "submergée par des immigrés qui arrivent de tous les endroits du monde" et qui "changent le peuple". Une rhétorique digne du fantasme complotiste du "grand remplacement", qui avait été approuvée par Jordan Bardella, comme il avait applaudi, en 2025, le retour à la Maison-Blanche de ce "grand patriote", pour lequel il clamait son "respect" et son "admiration".
Depuis, il a pris ses distances. Tout récemment, la semaine dernière, quand Donald Trump a menacé l’Europe d’intervenir au Groenland et d’imposer de nouveaux droits de douane. Quand on dirige un parti nationaliste, il est assez logique de se démarquer d’un agresseur étranger. Sur l’immigration, en revanche — première priorité de son électorat — le RN aura plus de mal à prendre ses distances avec l’action de Donald Trump, quelles que soient les tragédies qu’elle provoque."
https://www.franceinfo.fr/replay-radio/ ... 38069.html