4 médias sont les relais de la désinformation climatique
Posté : 05 février 2026 07:50
"« Quatre médias sont clairement, aujourd’hui, des relais proactifs de désinformation climatique »
Audiovisuel•Pour la première fois en France, la désinformation climatique dans les médias audiovisuels a été mesurée et analysée sur une année complète. Au total, plus de 600 fake news sur le climat ont été véhiculées par plusieurs rédactions
Emilie Petit
Emilie Petit
Publié le 05/02/2026 à 06h07 • Mis à jour le 05/02/2026 à 06h07
L'essentiel
Six cent soixante-cinq fake news. C’est le décompte qu’a effectué, en 2025, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME). Il publie ce jeudi son premier rapport annuel sur la désinformation climatique dans les médias français.
Pourtant, l’année dernière, seulement 5 % de temps d’antenne des médias audiovisuels français a été consacré à la couverture de sujets liés à l’écologie ou à la problématique climatique dans sa globalité.
« On voit une augmentation de cette désinformation à partir de début 2024, avec la crise agricole. Et depuis, ça ne s’est pas vraiment stabilisé. Ça s’est même plutôt renforcé », analyse pour 20 Minutes Eva Morel, secrétaire générale de l’association QuotaClimat qui a participé à l’élaboration de ce premier bilan.
Six cent soixante-cinq fake news. C’est le décompte qu’a effectué, en 2025, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME). Il publie ce jeudi son premier rapport annuel sur la désinformation climatique dans les médias français. De plus en plus présent dans l’espace médiatique télévisuel et radiophonique, le sujet climatique semble avoir une propension à faire exploser le nombre d’infox.
« Même si 2025 est la première et seule année pleine pour laquelle a pu être réalisé ce bilan, on voit une augmentation de cette désinformation sur les enjeux environnementaux à partir de début 2024, avec la crise agricole. Et depuis, ça ne s’est pas vraiment stabilisé. Ça s’est même plutôt renforcé », analyse pour 20 Minutes Eva Morel, secrétaire générale de l’association QuotaClimat qui a participé à l’élaboration de ce premier bilan.
Une normalisation de la désinformation
L’année dernière, seulement 5 % de temps d’antenne des médias audiovisuels français a été consacré à la couverture de sujets liés à l’écologie ou à la problématique climatique dans sa globalité. Une part minime ayant permis, malgré tout, la prolifération de fake news, ces dernières étant véhiculées à des heures de grande écoute.
« Le phénomène n’est pas négligeable et nous sommes très alarmés par ce volume », confirme Eva Morel, qui affirme que les pratiques de désinformation climatique sont en train de se normaliser. « Nous avons monitoré les temps d’information sur les chaînes généralistes et les chaînes d’information en continu. On voit que ces sujets sont abordés lors des temps d’écoute de plus forte audience, précise-t-elle. Et aussi dans ces émissions qui sont de plus en plus regardées, comme ''l’Heure des Pros'', et qui laissent penser que certains faits établis relèvent, en fait, d’un débat d’opinion. »
Jusqu’à deux cas de désinformation par heure
« Il y a quatre médias qui sont clairement, aujourd’hui, des relais proactifs de désinformation, et pour qui le levier de la régulation est le seul outil qui pourrait les stopper. Il s’agit de Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC », détaille la secrétaire générale de QuotaClimat. La station de radio privée de Courbevoie arrive en tête des médias vecteurs d’une part importante d’infox liées au climat. Au total, deux cas de mésinformation sur le climat par heure ont été décomptés par l’OME, contre un toutes les 35 minutes sur CNews en moyenne.
Parmi les sujets les plus ciblés par la désinformation : les énergies renouvelables et les voitures électriques. Ce qui n’étonne pas vraiment Eva Morel : « Ce sont les deux principales cibles des politiques publiques en matière de décarbonation en France. Et on observe un déplacement de la désinformation vers une décrédibilisation stratégique des solutions.
L’espoir d’une véritable « feuille de route »
Une bonne nouvelle émerge tout de même : « Plus les médias d’information généralistes informent, moins ils désinforment », assure la responsable de QuotaClimat.
Une tendance qu’elle espère voir se poursuivre, renforcée par une résolution adoptée à la mi-janvier par l’Assemblée nationale. Certes non contraignante, elle « vise à garantir l’intégrité de l’information sur le changement climatique face à la désinformation climatique et aux ingérences étrangères ». Et appelle les institutions européennes et le gouvernement français à établir une feuille de route « opérationnelle spécifique » pour lutter contre la désinformation climatique. « Maintenant, bien sûr, comme toujours, il faut que ça soit suivi d’effets », conclut Eva Morel."
https://www.20minutes.fr/planete/rechau ... climatique
Audiovisuel•Pour la première fois en France, la désinformation climatique dans les médias audiovisuels a été mesurée et analysée sur une année complète. Au total, plus de 600 fake news sur le climat ont été véhiculées par plusieurs rédactions
Emilie Petit
Emilie Petit
Publié le 05/02/2026 à 06h07 • Mis à jour le 05/02/2026 à 06h07
L'essentiel
Six cent soixante-cinq fake news. C’est le décompte qu’a effectué, en 2025, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME). Il publie ce jeudi son premier rapport annuel sur la désinformation climatique dans les médias français.
Pourtant, l’année dernière, seulement 5 % de temps d’antenne des médias audiovisuels français a été consacré à la couverture de sujets liés à l’écologie ou à la problématique climatique dans sa globalité.
« On voit une augmentation de cette désinformation à partir de début 2024, avec la crise agricole. Et depuis, ça ne s’est pas vraiment stabilisé. Ça s’est même plutôt renforcé », analyse pour 20 Minutes Eva Morel, secrétaire générale de l’association QuotaClimat qui a participé à l’élaboration de ce premier bilan.
Six cent soixante-cinq fake news. C’est le décompte qu’a effectué, en 2025, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME). Il publie ce jeudi son premier rapport annuel sur la désinformation climatique dans les médias français. De plus en plus présent dans l’espace médiatique télévisuel et radiophonique, le sujet climatique semble avoir une propension à faire exploser le nombre d’infox.
« Même si 2025 est la première et seule année pleine pour laquelle a pu être réalisé ce bilan, on voit une augmentation de cette désinformation sur les enjeux environnementaux à partir de début 2024, avec la crise agricole. Et depuis, ça ne s’est pas vraiment stabilisé. Ça s’est même plutôt renforcé », analyse pour 20 Minutes Eva Morel, secrétaire générale de l’association QuotaClimat qui a participé à l’élaboration de ce premier bilan.
Une normalisation de la désinformation
L’année dernière, seulement 5 % de temps d’antenne des médias audiovisuels français a été consacré à la couverture de sujets liés à l’écologie ou à la problématique climatique dans sa globalité. Une part minime ayant permis, malgré tout, la prolifération de fake news, ces dernières étant véhiculées à des heures de grande écoute.
« Le phénomène n’est pas négligeable et nous sommes très alarmés par ce volume », confirme Eva Morel, qui affirme que les pratiques de désinformation climatique sont en train de se normaliser. « Nous avons monitoré les temps d’information sur les chaînes généralistes et les chaînes d’information en continu. On voit que ces sujets sont abordés lors des temps d’écoute de plus forte audience, précise-t-elle. Et aussi dans ces émissions qui sont de plus en plus regardées, comme ''l’Heure des Pros'', et qui laissent penser que certains faits établis relèvent, en fait, d’un débat d’opinion. »
Jusqu’à deux cas de désinformation par heure
« Il y a quatre médias qui sont clairement, aujourd’hui, des relais proactifs de désinformation, et pour qui le levier de la régulation est le seul outil qui pourrait les stopper. Il s’agit de Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC », détaille la secrétaire générale de QuotaClimat. La station de radio privée de Courbevoie arrive en tête des médias vecteurs d’une part importante d’infox liées au climat. Au total, deux cas de mésinformation sur le climat par heure ont été décomptés par l’OME, contre un toutes les 35 minutes sur CNews en moyenne.
Parmi les sujets les plus ciblés par la désinformation : les énergies renouvelables et les voitures électriques. Ce qui n’étonne pas vraiment Eva Morel : « Ce sont les deux principales cibles des politiques publiques en matière de décarbonation en France. Et on observe un déplacement de la désinformation vers une décrédibilisation stratégique des solutions.
L’espoir d’une véritable « feuille de route »
Une bonne nouvelle émerge tout de même : « Plus les médias d’information généralistes informent, moins ils désinforment », assure la responsable de QuotaClimat.
Une tendance qu’elle espère voir se poursuivre, renforcée par une résolution adoptée à la mi-janvier par l’Assemblée nationale. Certes non contraignante, elle « vise à garantir l’intégrité de l’information sur le changement climatique face à la désinformation climatique et aux ingérences étrangères ». Et appelle les institutions européennes et le gouvernement français à établir une feuille de route « opérationnelle spécifique » pour lutter contre la désinformation climatique. « Maintenant, bien sûr, comme toujours, il faut que ça soit suivi d’effets », conclut Eva Morel."
https://www.20minutes.fr/planete/rechau ... climatique