Deep Fake : pour Viktor Orbán tous les coups sont permis pour nuire à ses adversaires politiques
Posté : 06 février 2026 10:31
"En vue des prochaines législatives, Viktor Orbán n’hésite pas à utiliser l’Intelligence artificielle pour attaquer son adversaire Péter Magyar et semer la confusion en lui attribuant des propos qu'il n'a jamais tenu publiquement.
C’est assez grave ce qu’il se passe en ce moment en Hongrie et nous devrions nous y intéresser davantage. Je vous donne le contexte en avril prochain auront lieu les élections législatives, le premier ministre brigue un nouveau mandat mais pour l’instant il est décroché dans les sondages.
L’opposition retrouve des couleurs notamment avec le parti « respect et liberté » dont le président s’appelle Péter Magyar, un ancien diplomate qui a été un temps proche d’Orbán avant de prendre son indépendance en créant son propre parti que nous pouvons situer au centre droit. Il a été élu député européen l’an dernier et il a toutes ses chances pour devenir la nouvelle figure politique du pays en 2026.
De quoi inquiéter Viktor Orbán qui ne goute peu à la contestation de son pouvoir…Alors tous les coups sont permis. Il y a quelques jours, le directeur de campagne du premier ministre a publié sur son compte Facebook, une vidéo ou l’on voit Péter Magyar à un pupitre, derrière lui le logo de son parti et on l’entend tenir des propos sur une réforme des retraites où il annonce une baisse des allocations car le système est trop généreux. Rien n’est authentique ici, il s’agit d’un deep fake, l’image comme la voix sont fausses, reproduites par l’intelligence artificielle pour attribuer à Magyar un discours qu’il n’a jamais tenu.
Et c’est sans doute une première en Europe, la publication sans complexe d’une vidéo par un parti au pouvoir, sans message d’avertissement ou à peine, seule une micro notice est présente dans le commentaire de la vidéo, une mention visible sur Smartphone mais imperceptible lorsqu’on est exposé au contenu sur l’ordinateur. Magyar va porter plainte pour « réalisation d’un faux enregistrement susceptible de porter atteinte à l’honneur d’une personne ».
Mais comme d’habitude le temps qu’une éventuelle enquête s’ouvre, la désinformation fait son œuvre et la vidéo se propage semant doute et confusion sur son passage.
Comment le directeur d’Orbán a t-il justifié cet usage ?
En affirmant que ses propos auraient bien été tenues par certains de ses conseillers, en gros une défense puérile que l’on peut résumer par « c’est pas vrai mais cela aurait pu être » ou « c’est faux mais en fait c’est la réalité », bref nous nageons en pleine post vérité. Et on ne peut pas compter sur Meta pour amener un peu d’éthique. Facebook a laissé la vidéo circuler, considérant que cette notice IA suffisait à prévenir le spectateurs, ce qui est évidemment totalement hypocrite.
Et puis le directeur d’ Orbán ne s’embarrasse pas et considère que l’IA est maintenant un outil à disposition de la communication politique s’inspirant d’un Donald Trump qui en abuse en relayant différents montages comme cette scène où depuis un avion il décharge de la boue sur des manifestants opposés à sa politique.
Un Donald Trump qui vient, vous le savez, d’obtenir indirectement la tête du patron de la BBC après la diffusion dans un reportage d’un montage décontextualisé de ses propos, une faute déontologique flagrante. Mais il me semble tout de même intéressant de mettre en parallèle ces deux événements. D’un côté vous avez des personnalités politiques d’ Orbán à Trump qui jouissent de la dérégulation des réseaux sociaux pour promouvoir le faux en toute impunité et de l’autre des journalistes sanctionnés lourdement à la moindre erreur.
Un deux poids deux mesures à retenir avant nos prochaines élections municipales."
https://www.radiofrance.fr/francecultur ... es-6244617
C’est assez grave ce qu’il se passe en ce moment en Hongrie et nous devrions nous y intéresser davantage. Je vous donne le contexte en avril prochain auront lieu les élections législatives, le premier ministre brigue un nouveau mandat mais pour l’instant il est décroché dans les sondages.
L’opposition retrouve des couleurs notamment avec le parti « respect et liberté » dont le président s’appelle Péter Magyar, un ancien diplomate qui a été un temps proche d’Orbán avant de prendre son indépendance en créant son propre parti que nous pouvons situer au centre droit. Il a été élu député européen l’an dernier et il a toutes ses chances pour devenir la nouvelle figure politique du pays en 2026.
De quoi inquiéter Viktor Orbán qui ne goute peu à la contestation de son pouvoir…Alors tous les coups sont permis. Il y a quelques jours, le directeur de campagne du premier ministre a publié sur son compte Facebook, une vidéo ou l’on voit Péter Magyar à un pupitre, derrière lui le logo de son parti et on l’entend tenir des propos sur une réforme des retraites où il annonce une baisse des allocations car le système est trop généreux. Rien n’est authentique ici, il s’agit d’un deep fake, l’image comme la voix sont fausses, reproduites par l’intelligence artificielle pour attribuer à Magyar un discours qu’il n’a jamais tenu.
Et c’est sans doute une première en Europe, la publication sans complexe d’une vidéo par un parti au pouvoir, sans message d’avertissement ou à peine, seule une micro notice est présente dans le commentaire de la vidéo, une mention visible sur Smartphone mais imperceptible lorsqu’on est exposé au contenu sur l’ordinateur. Magyar va porter plainte pour « réalisation d’un faux enregistrement susceptible de porter atteinte à l’honneur d’une personne ».
Mais comme d’habitude le temps qu’une éventuelle enquête s’ouvre, la désinformation fait son œuvre et la vidéo se propage semant doute et confusion sur son passage.
Comment le directeur d’Orbán a t-il justifié cet usage ?
En affirmant que ses propos auraient bien été tenues par certains de ses conseillers, en gros une défense puérile que l’on peut résumer par « c’est pas vrai mais cela aurait pu être » ou « c’est faux mais en fait c’est la réalité », bref nous nageons en pleine post vérité. Et on ne peut pas compter sur Meta pour amener un peu d’éthique. Facebook a laissé la vidéo circuler, considérant que cette notice IA suffisait à prévenir le spectateurs, ce qui est évidemment totalement hypocrite.
Et puis le directeur d’ Orbán ne s’embarrasse pas et considère que l’IA est maintenant un outil à disposition de la communication politique s’inspirant d’un Donald Trump qui en abuse en relayant différents montages comme cette scène où depuis un avion il décharge de la boue sur des manifestants opposés à sa politique.
Un Donald Trump qui vient, vous le savez, d’obtenir indirectement la tête du patron de la BBC après la diffusion dans un reportage d’un montage décontextualisé de ses propos, une faute déontologique flagrante. Mais il me semble tout de même intéressant de mettre en parallèle ces deux événements. D’un côté vous avez des personnalités politiques d’ Orbán à Trump qui jouissent de la dérégulation des réseaux sociaux pour promouvoir le faux en toute impunité et de l’autre des journalistes sanctionnés lourdement à la moindre erreur.
Un deux poids deux mesures à retenir avant nos prochaines élections municipales."
https://www.radiofrance.fr/francecultur ... es-6244617
