Les menaces commerciales et «intimidations» de Trump ne sont pas «finies», prévient Macron
Posté : 10 février 2026 10:22
Dans un entretien publié ce mardi 10 février par plusieurs journaux européens, le président français appelle à relancer l’idée d’un endettement commun européen et appelle les pays de l’UE à mieux collaborer sur la défense, l’IA et la transition énergétique pour lutter contre la concurrence chinoise et les menaces américaines.
Les Européens bientôt dépassés par les géants chinois et américains ? Cela pourrait arriver, «for sure», prévient Emmanuel Macron dans un entretien publié ce mardi 10 février par plusieurs journaux européens. Selon le chef de l’Etat, les «menaces» commerciales et «intimidations» des Etats-Unis ne sont pas «finies» et qu’ils «seront balayés» s’ils n’instaurent pas une «préférence européenne» dans des secteurs stratégiques face à la concurrence américaine et chinoise.
Dans le Monde, The Economist et la Süddeutsche Zeitung, le président français met en garde contre «une forme de lâche soulagement» des dirigeants des pays de l’Union européenne «au sortir du pic de la crise» avec Donald Trump. «Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d’un seul coup, Washington recule. Et on pense que c’est fini. Mais n’y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, les menaces sur la pharmacie, le numérique…» dit-il.
Selon lui, «quand il y a une agression caractérisée», «nous ne devons pas courber l’échine ou essayer de trouver un arrangement». «On a essayé cette stratégie pendant des mois, elle n’est pas payante. Mais surtout, elle conduit stratégiquement l’Europe à accroître sa dépendance», estime-t-il.
Alors que se profilent cette semaine des rencontres de dirigeants européens sur la compétitivité et l’industrie, il plaide pour «la simplification» et «l’approfondissement du marché intérieur» de l’UE, et la «diversification» des partenariats commerciaux.
Surtout, il appelle à «protéger notre industrie» sans «être protectionniste», avec une «préférence européenne» sur «certains secteurs stratégiques, comme les cleantechs, la chimie, l’acier, l’automobile ou la défense, sinon les Européens en seront balayés». Tout comme l’intelligence artificielle et la transition écologique. Une proposition qu’il porte de longue date et sur laquelle la Commission européenne a fait lundi des propositions similaires.
Endettement commun
Enfin, il relance l’idée d’un endettement commun européen, défendu par la France depuis des années mais toujours repoussé par d’autres pays, dont l’Allemagne, qui n’a fait de rares exceptions, notamment pour lutter contre le Covid-19. Il évalue les besoins d’investissements publics et privés dans l’UE à «quelque 1 200 milliards d’euros par an» en additionnant les nécessités dans «les technologies vertes et numériques» et «la défense et la sécurité». «C’est le moment de lancer une capacité commune d’endettement pour ces dépenses d’avenir, des eurobonds d’avenir», martèle le président français dans cet entretien publié aussi par le Financial Times ou El País.
Concernant la défense, il estime que le projet de futur avion de combat européen (Scaf) est «un bon projet» et que «les choses doivent avancer», en dépit des tensions entre industriels français et allemands. Il a assuré qu’il en rediscuterait avec le chancelier allemand, Friedrich Merz. L’avion de combat européen est un projet clé de la coopération militaire franco-allemande. Lancé en 2017, il vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d’ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie.
Désigné comme maître d’œuvre, l’avionneur français Dassault réclame plus d’autonomie pour sa fabrication, ce qui irrite l’Allemagne et l’Espagne, qui a rejoint le programme en 2019. A tel point que certains milieux industriels allemands plaident pour un changement d’alliance et que les médias allemands spéculent sur la possibilité que Berlin rejoigne le projet concurrent GCAP avec le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. «Ce que je vis là, sur le Scaf, je l’ai vécu sur Ariane-6. J’entendais, toutes les semaines, les Allemands ne vont pas mettre l’argent, c’est fini, catastrophe. On l’a fait», a relativisé mardi Emmanuel Macron.
https://www.liberation.fr/politique/les ... FDHDBJ7HU/
Les Européens bientôt dépassés par les géants chinois et américains ? Cela pourrait arriver, «for sure», prévient Emmanuel Macron dans un entretien publié ce mardi 10 février par plusieurs journaux européens. Selon le chef de l’Etat, les «menaces» commerciales et «intimidations» des Etats-Unis ne sont pas «finies» et qu’ils «seront balayés» s’ils n’instaurent pas une «préférence européenne» dans des secteurs stratégiques face à la concurrence américaine et chinoise.
Dans le Monde, The Economist et la Süddeutsche Zeitung, le président français met en garde contre «une forme de lâche soulagement» des dirigeants des pays de l’Union européenne «au sortir du pic de la crise» avec Donald Trump. «Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d’un seul coup, Washington recule. Et on pense que c’est fini. Mais n’y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, les menaces sur la pharmacie, le numérique…» dit-il.
Selon lui, «quand il y a une agression caractérisée», «nous ne devons pas courber l’échine ou essayer de trouver un arrangement». «On a essayé cette stratégie pendant des mois, elle n’est pas payante. Mais surtout, elle conduit stratégiquement l’Europe à accroître sa dépendance», estime-t-il.
Alors que se profilent cette semaine des rencontres de dirigeants européens sur la compétitivité et l’industrie, il plaide pour «la simplification» et «l’approfondissement du marché intérieur» de l’UE, et la «diversification» des partenariats commerciaux.
Surtout, il appelle à «protéger notre industrie» sans «être protectionniste», avec une «préférence européenne» sur «certains secteurs stratégiques, comme les cleantechs, la chimie, l’acier, l’automobile ou la défense, sinon les Européens en seront balayés». Tout comme l’intelligence artificielle et la transition écologique. Une proposition qu’il porte de longue date et sur laquelle la Commission européenne a fait lundi des propositions similaires.
Endettement commun
Enfin, il relance l’idée d’un endettement commun européen, défendu par la France depuis des années mais toujours repoussé par d’autres pays, dont l’Allemagne, qui n’a fait de rares exceptions, notamment pour lutter contre le Covid-19. Il évalue les besoins d’investissements publics et privés dans l’UE à «quelque 1 200 milliards d’euros par an» en additionnant les nécessités dans «les technologies vertes et numériques» et «la défense et la sécurité». «C’est le moment de lancer une capacité commune d’endettement pour ces dépenses d’avenir, des eurobonds d’avenir», martèle le président français dans cet entretien publié aussi par le Financial Times ou El País.
Concernant la défense, il estime que le projet de futur avion de combat européen (Scaf) est «un bon projet» et que «les choses doivent avancer», en dépit des tensions entre industriels français et allemands. Il a assuré qu’il en rediscuterait avec le chancelier allemand, Friedrich Merz. L’avion de combat européen est un projet clé de la coopération militaire franco-allemande. Lancé en 2017, il vise à remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols d’ici à 2040, dans un contexte de réarmement européen face aux tensions accrues avec la Russie.
Désigné comme maître d’œuvre, l’avionneur français Dassault réclame plus d’autonomie pour sa fabrication, ce qui irrite l’Allemagne et l’Espagne, qui a rejoint le programme en 2019. A tel point que certains milieux industriels allemands plaident pour un changement d’alliance et que les médias allemands spéculent sur la possibilité que Berlin rejoigne le projet concurrent GCAP avec le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. «Ce que je vis là, sur le Scaf, je l’ai vécu sur Ariane-6. J’entendais, toutes les semaines, les Allemands ne vont pas mettre l’argent, c’est fini, catastrophe. On l’a fait», a relativisé mardi Emmanuel Macron.
https://www.liberation.fr/politique/les ... FDHDBJ7HU/