Les « call bots », ces nouveaux arnaqueurs IA qui vous harcèlent au téléphone
Posté : 11 février 2026 08:53
"« C’est Nicolas, partenaire d’Enedis »… Les « call bots », ces nouveaux arnaqueurs IA qui vous harcèlent au téléphone
IA un problème•De plus en plus souvent, les démarcheurs téléphoniques sont remplacés par des IA conversationelles, y compris pour des campagnes d’appels illégales comme c’est le cas pour Enedis
L'essentiel
Une vaste campagne de démarchage téléphonique frauduleux utilise des call bots. Ces agents IA se présentent comme « partenaires d’Enedis » et combinant plusieurs algorithmes pour mener des conversations naturelles et tromper les victimes.
Ces call bots peuvent être créés gratuitement par quiconque maîtrise la technique, ou via des solutions payantes comme Trillet AI, Bland AI ou Omnia IA, qui permettent de lancer et gérer des appels vocaux et promettent une mise en œuvre en quelques minutes.
L’utilisation de ces agents IA s’explique par leur capacité à passer des milliers d’appels par jour et leur coût réduit par l’absence de téléprospecteurs humains.
«Allô, allô ? Oui, bonjour, c’est Nicolas, nous sommes partenaires d’Enedis… » Il a une voix bien humaine, parfois hésitante, il attend que l’on réponde pour interagir et enchaîne son argumentaire selon ce qu’on lui dit avec un naturel bluffant. Pourtant Nicolas n’est qu’une machine, ou, du moins, une combinaison d’algorithmes d’intelligences artificielles rassemblées dans un agent IA dont le but est d’arnaquer son interlocuteur. Un nouveau level dans le démarchage téléphonique abusif.
La campagne de démarchage téléphonique illégale lancée au nom d’un soi-disant « partenaire d’Enedis » est tellement importante qu’Enedis a bien été obligée de réagir, fin janvier, pour démentir officiellement son implication. On parle pour ce cas de centaines de plaintes, sans compter les personnes contactées qui se sont contentées de raccrocher. Dans tous les cas, le scénario est le même comme 20 Minutes a pu l’expérimenter à plusieurs reprises. Il commence par un appel depuis un numéro en 0424, 0568 ou 0162, des préfixes exclusivement attribués aux démarcheurs téléphoniques.
Un agent IA qui combine plusieurs intelligences artificielles
Au bout du fil, un interlocuteur masculin ou féminin qui se présente par son prénom et comme « partenaire d’Enedis ». Il assure ne pas être dans une démarche commerciale, mais uniquement missionné pour vérifier une éventuelle éligibilité à des aides énergétiques. Si l’on entre dans son jeu et que l’on répond tout bien, il propose d’être rappelé par un conseiller avant de raccrocher.
L’appel ne provient pas d’un call center à l’étranger, mais de ce que l’on appelle un « call bot », ou un robot d’appel. Il s’agit en fait d’un agent IA programmé pour passer massivement des appels de démarchage. Cet agent combine un algorithme chargé de convertir en texte les réponses de la personne contactée. Un autre algorithme, généralement un LLM de type Chat GPT ou Claude, analyse le texte et détermine la réponse à apporter. Un troisième algorithme est enfin chargé de convertir cette réponse dans une voix humaine et naturelle. Le tout est basé sur un script suivi par l’agent IA qui détermine le but de l’appel : vendre un truc, récolter des informations ou encore générer un rappel par un humain.
Plus efficaces et moins cher que l’humain
Pourvu que l’on maîtrise un peu la technique, il est tout à fait possible de créer soi-même, et gratuitement, un agent IA capable de passer des milliers d’appels de démarchage. Si on ne sait pas faire, on trouve facilement de nombreuses parades payantes sur Internet, via Trillet AI, Bland Ai ou le français Omnia IA. Des solutions généralement proposées aux entreprises pour la gestion des appels entrants, la prise de rendez-vous et pour « lancer et gérer des appels vocaux ». Chacun promet une mise en œuvre « en quelques minutes ». Dans une vidéo sur YouTube, le fondateur de Omnia IA explique comment créer son propre call bot « capable de passer plus de 1.000 appels/jour pour qualifier vos leads, prendre des rendez-vous et automatiser l’ensemble de votre processus de prospection commerciale ».
Notre dossier sur l'intelligence artificielle
Il y a deux raisons principales pour motiver les entreprises légales et les escrocs à utiliser ces call bots. Le volume d’appels traités d’abord, « des milliers par jour » et en « simultané », promet-on chez Bland IA par exemple. Ensuite le coût. Le britannique Callabs assure que son IA conversationnelle « remplace idéalement les téléprospecteurs et secrétaires pour une efficacité accrue ». La tarification se fait à la minute comme 20 Minutes a pu le constater avec l’entreprise autrichienne Fonio. Le coût de base ici est de 8 centimes la minute avec toutefois une offre « business » à 790 euros par mois comprenant 8.000 minutes d’appels. Soit l’équivalent d’un emploi de téléprospecteur qui enchaînerait les appels sans aucune pose pendant 35 heures par semaine pour la moitié du smic."
https://www.20minutes.fr/societe/420055 ... -telephone
Il y a peu de temps de cela, je me suis fait littéralement harcelée par des appels de "conseillers" venant soit-disant de Enedis. J'en avais un à deux par jour. Le faux conseiller commençait par se présenter "Bonjour, je m'appelle Dylan" et ensuite prétextait que j'avais une soit-disante une aide sur l'énergie (aide du gouvernement). Bon, cela n'allait jamais plus loin vu que je n'étais pas intéressée.
Seulement, par la suite, ce fut carrément un à deux appels par jour. Jusqu'au jour ou j'ai signifié à mon interlocuteur de prévenir ses p'etits copains d'arrêter de me harceler. Bah, je n'ai pas pu finir ma phrase car on m'a raccroché au nez... Maintenant, je ne réponds même plus, surtout si le numéro commence par 01, 02, 03. J'en ai même qui débute par 390...
Peu après, en consultant les infos internet sur le média 20minutes, j'apprends qu'il s'agit d'escrocs tentant de mettre la main sur nos données bancaires... Avec moi, ils sont mal tombés...
IA un problème•De plus en plus souvent, les démarcheurs téléphoniques sont remplacés par des IA conversationelles, y compris pour des campagnes d’appels illégales comme c’est le cas pour Enedis
L'essentiel
Une vaste campagne de démarchage téléphonique frauduleux utilise des call bots. Ces agents IA se présentent comme « partenaires d’Enedis » et combinant plusieurs algorithmes pour mener des conversations naturelles et tromper les victimes.
Ces call bots peuvent être créés gratuitement par quiconque maîtrise la technique, ou via des solutions payantes comme Trillet AI, Bland AI ou Omnia IA, qui permettent de lancer et gérer des appels vocaux et promettent une mise en œuvre en quelques minutes.
L’utilisation de ces agents IA s’explique par leur capacité à passer des milliers d’appels par jour et leur coût réduit par l’absence de téléprospecteurs humains.
«Allô, allô ? Oui, bonjour, c’est Nicolas, nous sommes partenaires d’Enedis… » Il a une voix bien humaine, parfois hésitante, il attend que l’on réponde pour interagir et enchaîne son argumentaire selon ce qu’on lui dit avec un naturel bluffant. Pourtant Nicolas n’est qu’une machine, ou, du moins, une combinaison d’algorithmes d’intelligences artificielles rassemblées dans un agent IA dont le but est d’arnaquer son interlocuteur. Un nouveau level dans le démarchage téléphonique abusif.
La campagne de démarchage téléphonique illégale lancée au nom d’un soi-disant « partenaire d’Enedis » est tellement importante qu’Enedis a bien été obligée de réagir, fin janvier, pour démentir officiellement son implication. On parle pour ce cas de centaines de plaintes, sans compter les personnes contactées qui se sont contentées de raccrocher. Dans tous les cas, le scénario est le même comme 20 Minutes a pu l’expérimenter à plusieurs reprises. Il commence par un appel depuis un numéro en 0424, 0568 ou 0162, des préfixes exclusivement attribués aux démarcheurs téléphoniques.
Un agent IA qui combine plusieurs intelligences artificielles
Au bout du fil, un interlocuteur masculin ou féminin qui se présente par son prénom et comme « partenaire d’Enedis ». Il assure ne pas être dans une démarche commerciale, mais uniquement missionné pour vérifier une éventuelle éligibilité à des aides énergétiques. Si l’on entre dans son jeu et que l’on répond tout bien, il propose d’être rappelé par un conseiller avant de raccrocher.
L’appel ne provient pas d’un call center à l’étranger, mais de ce que l’on appelle un « call bot », ou un robot d’appel. Il s’agit en fait d’un agent IA programmé pour passer massivement des appels de démarchage. Cet agent combine un algorithme chargé de convertir en texte les réponses de la personne contactée. Un autre algorithme, généralement un LLM de type Chat GPT ou Claude, analyse le texte et détermine la réponse à apporter. Un troisième algorithme est enfin chargé de convertir cette réponse dans une voix humaine et naturelle. Le tout est basé sur un script suivi par l’agent IA qui détermine le but de l’appel : vendre un truc, récolter des informations ou encore générer un rappel par un humain.
Plus efficaces et moins cher que l’humain
Pourvu que l’on maîtrise un peu la technique, il est tout à fait possible de créer soi-même, et gratuitement, un agent IA capable de passer des milliers d’appels de démarchage. Si on ne sait pas faire, on trouve facilement de nombreuses parades payantes sur Internet, via Trillet AI, Bland Ai ou le français Omnia IA. Des solutions généralement proposées aux entreprises pour la gestion des appels entrants, la prise de rendez-vous et pour « lancer et gérer des appels vocaux ». Chacun promet une mise en œuvre « en quelques minutes ». Dans une vidéo sur YouTube, le fondateur de Omnia IA explique comment créer son propre call bot « capable de passer plus de 1.000 appels/jour pour qualifier vos leads, prendre des rendez-vous et automatiser l’ensemble de votre processus de prospection commerciale ».
Notre dossier sur l'intelligence artificielle
Il y a deux raisons principales pour motiver les entreprises légales et les escrocs à utiliser ces call bots. Le volume d’appels traités d’abord, « des milliers par jour » et en « simultané », promet-on chez Bland IA par exemple. Ensuite le coût. Le britannique Callabs assure que son IA conversationnelle « remplace idéalement les téléprospecteurs et secrétaires pour une efficacité accrue ». La tarification se fait à la minute comme 20 Minutes a pu le constater avec l’entreprise autrichienne Fonio. Le coût de base ici est de 8 centimes la minute avec toutefois une offre « business » à 790 euros par mois comprenant 8.000 minutes d’appels. Soit l’équivalent d’un emploi de téléprospecteur qui enchaînerait les appels sans aucune pose pendant 35 heures par semaine pour la moitié du smic."
https://www.20minutes.fr/societe/420055 ... -telephone
Il y a peu de temps de cela, je me suis fait littéralement harcelée par des appels de "conseillers" venant soit-disant de Enedis. J'en avais un à deux par jour. Le faux conseiller commençait par se présenter "Bonjour, je m'appelle Dylan" et ensuite prétextait que j'avais une soit-disante une aide sur l'énergie (aide du gouvernement). Bon, cela n'allait jamais plus loin vu que je n'étais pas intéressée.
Seulement, par la suite, ce fut carrément un à deux appels par jour. Jusqu'au jour ou j'ai signifié à mon interlocuteur de prévenir ses p'etits copains d'arrêter de me harceler. Bah, je n'ai pas pu finir ma phrase car on m'a raccroché au nez... Maintenant, je ne réponds même plus, surtout si le numéro commence par 01, 02, 03. J'en ai même qui débute par 390...
Peu après, en consultant les infos internet sur le média 20minutes, j'apprends qu'il s'agit d'escrocs tentant de mettre la main sur nos données bancaires... Avec moi, ils sont mal tombés...