RN, Reconquête : les partis d'extrême droite toujours généreux avec leurs dirigeants
Posté : 12 février 2026 17:50
Et à part aimer s'en mettre plein les fouilles à quoi sert l'extrême droite ?...
Les partis les plus à droite de l'échiquier politique sont les seuls à rémunérer leurs chefs. Le RN continue de verser une indemnité à Marine Le Pen, quand Reconquête a augmenté Éric Zemmour en 2024, malgré une situation financière qui se dégrade.
Publié le 12/02/2026 à 6h20
Les comptes des partis politiques pour l'année 2024, mis en ligne mardi (LL du 10/02/26) par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), mettent en évidence un particulier rapport à l'argent des dirigeants des partis d'extrême droite. Ces derniers s'accordent bien plus volontiers que les autres des rémunérations ou frais complémentaires versés par leurs partis, qui se cumulent à celles de leurs mandats.
Quand bien même Marine Le Pen n'est plus présidente du Rassemblement national (RN), elle perçoit toujours une indemnité de 60 000 € nets par an, une somme déclarée à la Haute Autorité de la transparence de la vie publique (HATVP) depuis 2017. À ces 5 000 € mensuels s'ajoutent ses indemnités parlementaires de présidente de groupe à l'Assemblée nationale. Son successeur à la tête du RN, l'eurodéputé Jordan Bardella, ne touche pour sa part pas de rémunération complémentaire, mais bénéficie d'une berline avec chauffeur payée par le parti. Le seul autre membre du Rassemblement national à toucher une rémunération en plus de son mandat de député est le trésorier Kévin Pfeffer, qui reçoit une indemnité de 24 000 € nets par an pour cette fonction. Contacté, le communicant du RN n'a pas répondu à nos questions.
À Reconquête !, la rémunération annuelle du président du parti, Éric Zemmour, a sensiblement augmenté par rapport à 2023. Elle représentait alors 113 184 €, auxquels il fallait ajouter 42 574 € de notes de frais (LL du 31/03/25). En 2024, elle a bondi à 147 054 €, soit une augmentation de 30 %. En parallèle, le montant des notes de frais imputées à Éric Zemmour a fortement baissé, s'établissant à 25 419 € pour l'année. Les élus du parti, comme l'eurodéputée et candidate à la mairie de Paris Sarah Knafo, ne perçoivent plus d'obole de la part de Reconquête !
Pas de rémunération pour Faure, Attal, Retailleau…
Les ressources de la structure ont par ailleurs fortement diminué. En 2022, lors de son lancement dans le contexte de l'élection présidentielle, le parti déclarait 5,7 millions d'euros de cotisations et 5,5 millions d'euros en dons. Depuis, ces chiffres n'ont fait que fondre. Les cotisations d'adhérents sont passées à 1,78 million en 2024 et les dons, de nouveau divisés par deux, ne s'élèvent plus qu'à 1,39 million d'euros. Le parti a aussi connu une chute de son financement public en raison de ses mauvais résultats aux législatives 2024, auxquelles il s'était présenté à l'écart de l'alliance entre le RN et l'Union des droites pour la République (UDR) d'Éric Ciotti. Ces subsides sont passés de 1,5 million à seulement 200 000 € annuels. Après les européennes de 2024, la scission avec Marion Maréchal a également laissé des traces.
En ce qui concerne le microparti de cette dernière, Identité Libertés, il ne rémunère aucun de ses élus. Une ligne de 58 000 € annuels apparaît toutefois dans les comptes 2024. Elle correspond à un ancien cadre, non élu, du temps où le parti s'appelait encore le Mouvement conservateur. Cette structure avait été créée par l'eurodéputée Laurence Trochu, qui a suivi Marion Maréchal quand cette dernière a quitté Reconquête !
Comme dans le cas d'Identité Libertés, la plupart des partis ne rémunèrent pas leurs dirigeants, surtout s'ils disposent d'un mandat national. Olivier Faure (Parti socialiste) et Bruno Retailleau (Les Républicains), tout comme Éric Ciotti (UDR), Gabriel Attal (Renaissance), Manuel Bompard (La France insoumise) ou encore Raphaël Glucksmann (Place publique), exercent leurs fonctions gracieusement. Les Écologistes font figure d'exception, interdisant par leurs statuts à leur secrétaire nationale, aujourd'hui Marine Tondelier, de détenir un mandat de parlementaire. Celle-ci, par ailleurs conseillère régionale des Hauts-de-France, a partagé avec une quinzaine de membres de son ancien bureau exécutif une enveloppe de 166 000 € pour l'année 2024. À Renaissance, la centaine de membres du bureau exécutif ont été remboursés, dans leur ensemble là aussi, à hauteur de 108 000 € de frais.
La vie heureuse de la Manif pour tous
Même s'il ne présente pas de candidats aux élections et malgré sa dénomination, le Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous) est bien un parti politique, tenu comme les autres de déposer ses comptes auprès de l'autorité indépendante chargée de leur contrôle. Là aussi, ses deux principales voix reçoivent un pécule confortable. Le mouvement a octroyé un salaire de 110 000 € annuels en 2024 à sa présidente, Ludovine de La Rochère, et de 25 000 € annuels à son vice-président, Albéric Dumont. Ce dernier est par ailleurs patron d'une entreprise de sécurité, Ultreïa, qui a assuré la sécurité de la campagne présidentielle d'Éric Zemmour et se consacre aujourd'hui à celle de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Il faut dire que le Syndicat de la famille, qui est actif par des conférences et des événements, dispose d'un confortable matelas de donateurs, qui lui permet de récolter plus de 1 million d'euros tous les ans. En 2024, ce chiffre s'élevait à 1,17 million d'euros.
https://www.lalettre.fr/fr/politique_pa ... 626610-eve
Les partis les plus à droite de l'échiquier politique sont les seuls à rémunérer leurs chefs. Le RN continue de verser une indemnité à Marine Le Pen, quand Reconquête a augmenté Éric Zemmour en 2024, malgré une situation financière qui se dégrade.
Publié le 12/02/2026 à 6h20
Les comptes des partis politiques pour l'année 2024, mis en ligne mardi (LL du 10/02/26) par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), mettent en évidence un particulier rapport à l'argent des dirigeants des partis d'extrême droite. Ces derniers s'accordent bien plus volontiers que les autres des rémunérations ou frais complémentaires versés par leurs partis, qui se cumulent à celles de leurs mandats.
Quand bien même Marine Le Pen n'est plus présidente du Rassemblement national (RN), elle perçoit toujours une indemnité de 60 000 € nets par an, une somme déclarée à la Haute Autorité de la transparence de la vie publique (HATVP) depuis 2017. À ces 5 000 € mensuels s'ajoutent ses indemnités parlementaires de présidente de groupe à l'Assemblée nationale. Son successeur à la tête du RN, l'eurodéputé Jordan Bardella, ne touche pour sa part pas de rémunération complémentaire, mais bénéficie d'une berline avec chauffeur payée par le parti. Le seul autre membre du Rassemblement national à toucher une rémunération en plus de son mandat de député est le trésorier Kévin Pfeffer, qui reçoit une indemnité de 24 000 € nets par an pour cette fonction. Contacté, le communicant du RN n'a pas répondu à nos questions.
À Reconquête !, la rémunération annuelle du président du parti, Éric Zemmour, a sensiblement augmenté par rapport à 2023. Elle représentait alors 113 184 €, auxquels il fallait ajouter 42 574 € de notes de frais (LL du 31/03/25). En 2024, elle a bondi à 147 054 €, soit une augmentation de 30 %. En parallèle, le montant des notes de frais imputées à Éric Zemmour a fortement baissé, s'établissant à 25 419 € pour l'année. Les élus du parti, comme l'eurodéputée et candidate à la mairie de Paris Sarah Knafo, ne perçoivent plus d'obole de la part de Reconquête !
Pas de rémunération pour Faure, Attal, Retailleau…
Les ressources de la structure ont par ailleurs fortement diminué. En 2022, lors de son lancement dans le contexte de l'élection présidentielle, le parti déclarait 5,7 millions d'euros de cotisations et 5,5 millions d'euros en dons. Depuis, ces chiffres n'ont fait que fondre. Les cotisations d'adhérents sont passées à 1,78 million en 2024 et les dons, de nouveau divisés par deux, ne s'élèvent plus qu'à 1,39 million d'euros. Le parti a aussi connu une chute de son financement public en raison de ses mauvais résultats aux législatives 2024, auxquelles il s'était présenté à l'écart de l'alliance entre le RN et l'Union des droites pour la République (UDR) d'Éric Ciotti. Ces subsides sont passés de 1,5 million à seulement 200 000 € annuels. Après les européennes de 2024, la scission avec Marion Maréchal a également laissé des traces.
En ce qui concerne le microparti de cette dernière, Identité Libertés, il ne rémunère aucun de ses élus. Une ligne de 58 000 € annuels apparaît toutefois dans les comptes 2024. Elle correspond à un ancien cadre, non élu, du temps où le parti s'appelait encore le Mouvement conservateur. Cette structure avait été créée par l'eurodéputée Laurence Trochu, qui a suivi Marion Maréchal quand cette dernière a quitté Reconquête !
Comme dans le cas d'Identité Libertés, la plupart des partis ne rémunèrent pas leurs dirigeants, surtout s'ils disposent d'un mandat national. Olivier Faure (Parti socialiste) et Bruno Retailleau (Les Républicains), tout comme Éric Ciotti (UDR), Gabriel Attal (Renaissance), Manuel Bompard (La France insoumise) ou encore Raphaël Glucksmann (Place publique), exercent leurs fonctions gracieusement. Les Écologistes font figure d'exception, interdisant par leurs statuts à leur secrétaire nationale, aujourd'hui Marine Tondelier, de détenir un mandat de parlementaire. Celle-ci, par ailleurs conseillère régionale des Hauts-de-France, a partagé avec une quinzaine de membres de son ancien bureau exécutif une enveloppe de 166 000 € pour l'année 2024. À Renaissance, la centaine de membres du bureau exécutif ont été remboursés, dans leur ensemble là aussi, à hauteur de 108 000 € de frais.
La vie heureuse de la Manif pour tous
Même s'il ne présente pas de candidats aux élections et malgré sa dénomination, le Syndicat de la famille (ex-Manif pour tous) est bien un parti politique, tenu comme les autres de déposer ses comptes auprès de l'autorité indépendante chargée de leur contrôle. Là aussi, ses deux principales voix reçoivent un pécule confortable. Le mouvement a octroyé un salaire de 110 000 € annuels en 2024 à sa présidente, Ludovine de La Rochère, et de 25 000 € annuels à son vice-président, Albéric Dumont. Ce dernier est par ailleurs patron d'une entreprise de sécurité, Ultreïa, qui a assuré la sécurité de la campagne présidentielle d'Éric Zemmour et se consacre aujourd'hui à celle de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Il faut dire que le Syndicat de la famille, qui est actif par des conférences et des événements, dispose d'un confortable matelas de donateurs, qui lui permet de récolter plus de 1 million d'euros tous les ans. En 2024, ce chiffre s'élevait à 1,17 million d'euros.
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