Une banderole anti-IVG déployée au Parlement européen
Posté : 13 février 2026 08:57
"Déployée au Parlement européen, une banderole anti-IVG fait hurler ces eurodéputés français
Marceau Taburet
jeu. 12 février 2026 à 5:38 PM UTC+1
« L’avortement n’est pas un simple choix, c’est un droit. » Avec ces mots clairs, la co-présidente du groupe de la Gauche au Parlement européen, Manon Aubry, a fermement condamné, ce jeudi 12 février, l’initiative prise quelques heures plus tôt par des eurodéputés d’extrême droite de déployer une banderole anti-IVG dans les couloirs de l’institution.
Le happening a été organisé par des élus du groupe ECR, auquel appartient notamment Marion Maréchal, élue sur la liste soutenue par Éric Zemmour en 2024. Sur la banderole apparaît un fœtus, rattaché à sa mère par un cordon ombilical. Et un slogan : « It’s a life, not a choice » (« C’est une vie, pas un choix »). En bas de l’affiche, on peut lire le nom du député européen chypriote Geadis Geadi.
Le groupe ECR assume parfaitement cette action, puisqu’une photo de plusieurs élus posant devant la banderole a été publiée sur les réseaux sociaux. Parmi eux, le Français Nicolas Bay, ex-membre du Front national et ancien porte-parole de Marine Le Pen.
Le « vrai visage » de l’extrême droite
Cela fait écho au vote en décembre d’une résolution qui garantit « l’accès à un avortement sûr et légal dans toute l’Union européenne ». Cette mesure doit permettre aux femmes qui n’ont pas accès à l’avortement dans leur pays de se rendre dans un autre État membre volontaire pour y avoir recours. 358 eurodéputés avaient voté pour, 202 contre et 79 s’étaient abstenus. Jordan Bardella faisait partie de ces derniers. Le groupe de la Gauche avait alors lancé une campagne pro-IVG, accrochant - déjà - une banderole dans les couloirs du Parlement.
« L’extrême droite montre à nouveau aujourd’hui son vrai visage », a dénoncé dans l’hémicycle Manon Aubry, au cours d’un discours très offensif, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article. Selon elle, les eurodéputés ECR « veulent revenir à une société où les femmes ne peuvent pas décider de leur corps. C’est une attaque claire contre le droit à l’avortement, et ce n’est pas la première ».
Puis, s’adressant directement à ses collègues assis sur les bancs opposés : « Das les pays où l’avortement est interdit, comme en Pologne, les femmes meurent encore. Nos mères, nos grands-mères se sont battues pour ce droit ». Une colère partagée par le socialiste Pierre Jouvet, qui estime qu’à travers cette banderole, « les ennemis du progrès ne connaissent pas de répit ». L’occasion pour lui de rappeler les bienfaits de « l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution en France », obtenue en mars 2024, et de la nécessité de l’inscrire désormais dans la Charte des droits fondamentaux en Europe.
« Un droit fondamental »
Tête de liste Renaissance aux dernières élections européennes, Valérie Hayer s’est, elle, dite « absolument indignée qu’une telle banderole anti-avortement ait pu être déployée à l’intérieur du Parlement européen ». « Aujourd’hui, 20 millions de femmes dans l’Union européenne n’ont pas accès à un avortement sûr et légal. Il s’agit d’un problème de santé publique crucial et d’un droit fondamental que nous devons défendre », martèle-t-elle, appelant à des sanctions à l’encontre « du ou des membres du groupe ECR responsables ».
Dans une tribune parue dans Le Monde le 6 février, un collectif d’artistes, d’écrivaines, de chercheuses et de militantes (parmi lesquelles Annie Ernaux, Barbara Pravi, Suzane et Judith Godrèche) demandait à Emmanuel Macron de soutenir le dispositif « Ma voix, mon choix » voté en décembre et examiné par la Commission européenne d’ici au 25 février. Selon elles, « les mouvements féministes sont menacés en Europe et en France, où les promesses d’un quinquennat féministe non tenues par Emmanuel Macron laissent le champ libre aux offensives de l’extrême droite »."
https://fr.news.yahoo.com/d%C3%A9ploy%C ... 08155.html
Marceau Taburet
jeu. 12 février 2026 à 5:38 PM UTC+1
« L’avortement n’est pas un simple choix, c’est un droit. » Avec ces mots clairs, la co-présidente du groupe de la Gauche au Parlement européen, Manon Aubry, a fermement condamné, ce jeudi 12 février, l’initiative prise quelques heures plus tôt par des eurodéputés d’extrême droite de déployer une banderole anti-IVG dans les couloirs de l’institution.
Le happening a été organisé par des élus du groupe ECR, auquel appartient notamment Marion Maréchal, élue sur la liste soutenue par Éric Zemmour en 2024. Sur la banderole apparaît un fœtus, rattaché à sa mère par un cordon ombilical. Et un slogan : « It’s a life, not a choice » (« C’est une vie, pas un choix »). En bas de l’affiche, on peut lire le nom du député européen chypriote Geadis Geadi.
Le groupe ECR assume parfaitement cette action, puisqu’une photo de plusieurs élus posant devant la banderole a été publiée sur les réseaux sociaux. Parmi eux, le Français Nicolas Bay, ex-membre du Front national et ancien porte-parole de Marine Le Pen.
Le « vrai visage » de l’extrême droite
Cela fait écho au vote en décembre d’une résolution qui garantit « l’accès à un avortement sûr et légal dans toute l’Union européenne ». Cette mesure doit permettre aux femmes qui n’ont pas accès à l’avortement dans leur pays de se rendre dans un autre État membre volontaire pour y avoir recours. 358 eurodéputés avaient voté pour, 202 contre et 79 s’étaient abstenus. Jordan Bardella faisait partie de ces derniers. Le groupe de la Gauche avait alors lancé une campagne pro-IVG, accrochant - déjà - une banderole dans les couloirs du Parlement.
« L’extrême droite montre à nouveau aujourd’hui son vrai visage », a dénoncé dans l’hémicycle Manon Aubry, au cours d’un discours très offensif, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article. Selon elle, les eurodéputés ECR « veulent revenir à une société où les femmes ne peuvent pas décider de leur corps. C’est une attaque claire contre le droit à l’avortement, et ce n’est pas la première ».
Puis, s’adressant directement à ses collègues assis sur les bancs opposés : « Das les pays où l’avortement est interdit, comme en Pologne, les femmes meurent encore. Nos mères, nos grands-mères se sont battues pour ce droit ». Une colère partagée par le socialiste Pierre Jouvet, qui estime qu’à travers cette banderole, « les ennemis du progrès ne connaissent pas de répit ». L’occasion pour lui de rappeler les bienfaits de « l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution en France », obtenue en mars 2024, et de la nécessité de l’inscrire désormais dans la Charte des droits fondamentaux en Europe.
« Un droit fondamental »
Tête de liste Renaissance aux dernières élections européennes, Valérie Hayer s’est, elle, dite « absolument indignée qu’une telle banderole anti-avortement ait pu être déployée à l’intérieur du Parlement européen ». « Aujourd’hui, 20 millions de femmes dans l’Union européenne n’ont pas accès à un avortement sûr et légal. Il s’agit d’un problème de santé publique crucial et d’un droit fondamental que nous devons défendre », martèle-t-elle, appelant à des sanctions à l’encontre « du ou des membres du groupe ECR responsables ».
Dans une tribune parue dans Le Monde le 6 février, un collectif d’artistes, d’écrivaines, de chercheuses et de militantes (parmi lesquelles Annie Ernaux, Barbara Pravi, Suzane et Judith Godrèche) demandait à Emmanuel Macron de soutenir le dispositif « Ma voix, mon choix » voté en décembre et examiné par la Commission européenne d’ici au 25 février. Selon elles, « les mouvements féministes sont menacés en Europe et en France, où les promesses d’un quinquennat féministe non tenues par Emmanuel Macron laissent le champ libre aux offensives de l’extrême droite »."
https://fr.news.yahoo.com/d%C3%A9ploy%C ... 08155.html
