Poupée à l’effigie de Jordan Bardella brûlée lors d’un carnaval : le parquet de Bayonne ouvre une enquête
Posté : 14 février 2026 05:53
Plusieurs élus RN ont condamné les faits survenus le 7 février à Hasparren, une petite ville du Pays basque, et dénoncent «une mise en scène de haine politique».
La poupée géante représentant le président du Rassemblement national et enflammée sur la place principale de la petite commune d’Hasparren à l’occasion du carnaval, suscite désormais l’intérêt de la justice. Dans un communiqué publié ce vendredi 13 février, le parquet de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) annonce l’ouverture d’une enquête pour des faits «susceptibles de constituer des infractions». «Une enquête préliminaire a été ouverte le 12 février par mon parquet», a précisé la procureure de la République, Mariel Garrigos.
La polémique est née après la publication sur les réseaux sociaux de vidéos montrant la scène captée par des habitants de cette petite commune d’à peine 8 000 habitants. On y voit le mannequin géant à l’effigie de Jordan Bardella, assis dans un fauteuil bardé de l’oriflamme du parti d’extrême droite, un brassard «I LOVE MARINE» autour du bras.
Sous les yeux d’une petite foule rassemblée, la poupée, ceinturée par des barrières Vauban, se consume dans les flammes. Le feu prend bien et la place publique est rythmée par les notes saturées de la chanson Porcherie des Bérurier noir et son fameux refrain «la jeunesse emmerde le Front National».
La procédure engagée par le parquet de Bayonne vise des faits éventuels d’«outrage sur une personne dépositaire de l’autorité publique», «provocation publique à la commission d’infractions ou à la violence» à l’encontre d’une personne en raison de ses opinions politiques et «menace de commettre un crime ou un délit à l’encontre d’une personne investie d’un mandat public électif».
«Une forme de théâtralisation»
Les images partagées pendant plusieurs jours sur les réseaux ont suscité l’ire de plusieurs élus du parti de Jordan Bardella. A l’instar du député européen Matthieu Valet, qui a accusé sur X «l’extrême gauche» de transformer le carnaval en «tribune de haine». Ou encore du député de l’Oise, Philippe Ballard, qui a condamné une «mise en scène de haine politique». Sur Facebook, Edwige Diaz, la députée de Gironde et vice-présidente du RN, a dénoncé la «violence» de la manifestation. «Dans cette commune où Jordan est arrivé en tête aux européennes 2024, cette violence est une attaque directe contre la démocratie !», fustige-t-elle.
Pourtant, mettre le feu à une poupée de papier mâché représentant une personnalité est une tradition dans ces collines du Pays basque, à Hasparren comme dans d’autres villes de la région. Au-delà du cas de Jordan Bardella, c’est surtout la figure emblématique de Saint Pansart que les carnavaliers brûlent. Selon une fiche de l’Institut culturel basque, cette tradition remonte au moins à 1587.
Organisée un samedi de la «période grasse», qui précède celle du Carême, elle consiste en «une forme de théâtralisation […] où se jouent les règlements de comptes, la mort et le deuil de l’année écoulée». Ainsi, Saint Pansart est représenté sous la forme d’un mannequin, «jugé sur une place publique, symboliquement condamné et brûlé», précise la fiche.
Réalisée en 2020, la publication a été commandée par le ministère de la Culture au titre de la mise en œuvre de la Convention de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Ce n’est pas la première fois que la tradition fait des remous. Il y a dix ans, les carnavaliers de Saint-Jean-de-Luz s’étaient accordés pour mettre le feu à un Saint Pansart à l’effigie de Monseigneur Marc Aillet, l’évêque de Bayonne.
https://www.liberation.fr/societe/polic ... PR2TBSLTI/
La poupée géante représentant le président du Rassemblement national et enflammée sur la place principale de la petite commune d’Hasparren à l’occasion du carnaval, suscite désormais l’intérêt de la justice. Dans un communiqué publié ce vendredi 13 février, le parquet de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) annonce l’ouverture d’une enquête pour des faits «susceptibles de constituer des infractions». «Une enquête préliminaire a été ouverte le 12 février par mon parquet», a précisé la procureure de la République, Mariel Garrigos.
La polémique est née après la publication sur les réseaux sociaux de vidéos montrant la scène captée par des habitants de cette petite commune d’à peine 8 000 habitants. On y voit le mannequin géant à l’effigie de Jordan Bardella, assis dans un fauteuil bardé de l’oriflamme du parti d’extrême droite, un brassard «I LOVE MARINE» autour du bras.
Sous les yeux d’une petite foule rassemblée, la poupée, ceinturée par des barrières Vauban, se consume dans les flammes. Le feu prend bien et la place publique est rythmée par les notes saturées de la chanson Porcherie des Bérurier noir et son fameux refrain «la jeunesse emmerde le Front National».
La procédure engagée par le parquet de Bayonne vise des faits éventuels d’«outrage sur une personne dépositaire de l’autorité publique», «provocation publique à la commission d’infractions ou à la violence» à l’encontre d’une personne en raison de ses opinions politiques et «menace de commettre un crime ou un délit à l’encontre d’une personne investie d’un mandat public électif».
«Une forme de théâtralisation»
Les images partagées pendant plusieurs jours sur les réseaux ont suscité l’ire de plusieurs élus du parti de Jordan Bardella. A l’instar du député européen Matthieu Valet, qui a accusé sur X «l’extrême gauche» de transformer le carnaval en «tribune de haine». Ou encore du député de l’Oise, Philippe Ballard, qui a condamné une «mise en scène de haine politique». Sur Facebook, Edwige Diaz, la députée de Gironde et vice-présidente du RN, a dénoncé la «violence» de la manifestation. «Dans cette commune où Jordan est arrivé en tête aux européennes 2024, cette violence est une attaque directe contre la démocratie !», fustige-t-elle.
Pourtant, mettre le feu à une poupée de papier mâché représentant une personnalité est une tradition dans ces collines du Pays basque, à Hasparren comme dans d’autres villes de la région. Au-delà du cas de Jordan Bardella, c’est surtout la figure emblématique de Saint Pansart que les carnavaliers brûlent. Selon une fiche de l’Institut culturel basque, cette tradition remonte au moins à 1587.
Organisée un samedi de la «période grasse», qui précède celle du Carême, elle consiste en «une forme de théâtralisation […] où se jouent les règlements de comptes, la mort et le deuil de l’année écoulée». Ainsi, Saint Pansart est représenté sous la forme d’un mannequin, «jugé sur une place publique, symboliquement condamné et brûlé», précise la fiche.
Réalisée en 2020, la publication a été commandée par le ministère de la Culture au titre de la mise en œuvre de la Convention de l’Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Ce n’est pas la première fois que la tradition fait des remous. Il y a dix ans, les carnavaliers de Saint-Jean-de-Luz s’étaient accordés pour mettre le feu à un Saint Pansart à l’effigie de Monseigneur Marc Aillet, l’évêque de Bayonne.
https://www.liberation.fr/societe/polic ... PR2TBSLTI/
