En France, sept fermes sur dix sont considérées comme intensives
Posté : 17 février 2026 07:49
""Un quart de la population vit dans une commune où les traitements pesticides ont augmenté ces cinq dernières années", relève notamment le rapport de l'association Terre de Liens publié mardi, que franceinfo et France Inter ont pu consulter.
Sept fermes françaises sur dix sont considérées comme intensives et tournées vers l'international, selon un rapport de l'association Terre de Liens publié mardi 17 février et que franceinfo et France Inter(Nouvelle fenêtre) ont pu consulter. Terre de Liens, mouvement citoyen qui milite pour la préservation du foncier agricole et l'installation de paysans pour faire face à l'agro-industrie, dénonce "une agro-industrie qui accapare autant les terres que les politiques agricoles".
Sur les 400 000 exploitations agricoles en France, 70% commercialisent exclusivement en filière longue, majoritairement pour le commerce international, selon ce rapport. "Ce sont des fermes qui continuent à utiliser des pesticides, des engrais chimiques, et qui vendent leurs produits à des acteurs pour de la transformation ou de l'exportation", explique Coline Sovran, la porte-parole de Terre de Liens.
Des territoires sous forte pression
Ces entreprises agroalimentaires offrent des débouchés aux agriculteurs, mais conduisent à des territoires hyperspécialisés, selon l'association. On trouve ainsi des zones de grandes cultures dans le bassin parisien, les Hauts-de-France, la Haute-Normandie et l'ancienne région Champagne-Ardenne, des élevages spécialisés (porcin, volaille, bovin laitier) dans l'Ouest, ou encore des bovins viande et lait dans le Massif central. La conséquence est que "la moitié des départements français ont une capacité de transformation alimentaire déficitaire par rapport à la consommation de leur population, alors qu'ils disposent d'assez de terres pour nourrir leur habitants", alerte l'association.
Cette "sur-spécialisation" des territoires "condamne la population locale à un environnement pollué", s'inquiète Terre de Liens qui estime que "plus une activité agricole est concentrée, plus elle exerce une pression forte sur les sols, l'eau et les écosystèmes". "Un quart de la population vit dans une commune où les traitements pesticides ont augmenté ces cinq dernières années", relève le rapport.
L'importance des politiques alimentaires locales
L'association dénonce aussi la mainmise des groupes agro-industriels sur les cantines scolaires, et donc un "détournement des politiques alimentaires locales" par l'industrie agroalimentaire. La loi impose un taux d'approvisionnement de 50% d'aliments durables et de qualité dans les cantines scolaires, avec plus de produits bio. Mais peu de restaurants collectifs l'appliquent. Si l'association salue le patriotisme alimentaire prôné par le gouvernement, elle appelle à ne pas oublier la qualité et la manière dont on produit.
L'association veut croire que le poids de l'industrie agro-alimentaire dans les décisions publiques "n'est pas une fatalité" et rappelle que le choix de privilégier tel ou tel producteur dépend directement des politiques locales. "Le renouvellement massif des élus municipaux à l'occasion des élections de mars prochain constitue à cet égard un moment démocratique majeur et une opportunité pour transformer nos systèmes alimentaires", plaide le mouvement citoyen."
https://www.franceinfo.fr/economie/empl ... 10103.html
Sept fermes françaises sur dix sont considérées comme intensives et tournées vers l'international, selon un rapport de l'association Terre de Liens publié mardi 17 février et que franceinfo et France Inter(Nouvelle fenêtre) ont pu consulter. Terre de Liens, mouvement citoyen qui milite pour la préservation du foncier agricole et l'installation de paysans pour faire face à l'agro-industrie, dénonce "une agro-industrie qui accapare autant les terres que les politiques agricoles".
Sur les 400 000 exploitations agricoles en France, 70% commercialisent exclusivement en filière longue, majoritairement pour le commerce international, selon ce rapport. "Ce sont des fermes qui continuent à utiliser des pesticides, des engrais chimiques, et qui vendent leurs produits à des acteurs pour de la transformation ou de l'exportation", explique Coline Sovran, la porte-parole de Terre de Liens.
Des territoires sous forte pression
Ces entreprises agroalimentaires offrent des débouchés aux agriculteurs, mais conduisent à des territoires hyperspécialisés, selon l'association. On trouve ainsi des zones de grandes cultures dans le bassin parisien, les Hauts-de-France, la Haute-Normandie et l'ancienne région Champagne-Ardenne, des élevages spécialisés (porcin, volaille, bovin laitier) dans l'Ouest, ou encore des bovins viande et lait dans le Massif central. La conséquence est que "la moitié des départements français ont une capacité de transformation alimentaire déficitaire par rapport à la consommation de leur population, alors qu'ils disposent d'assez de terres pour nourrir leur habitants", alerte l'association.
Cette "sur-spécialisation" des territoires "condamne la population locale à un environnement pollué", s'inquiète Terre de Liens qui estime que "plus une activité agricole est concentrée, plus elle exerce une pression forte sur les sols, l'eau et les écosystèmes". "Un quart de la population vit dans une commune où les traitements pesticides ont augmenté ces cinq dernières années", relève le rapport.
L'importance des politiques alimentaires locales
L'association dénonce aussi la mainmise des groupes agro-industriels sur les cantines scolaires, et donc un "détournement des politiques alimentaires locales" par l'industrie agroalimentaire. La loi impose un taux d'approvisionnement de 50% d'aliments durables et de qualité dans les cantines scolaires, avec plus de produits bio. Mais peu de restaurants collectifs l'appliquent. Si l'association salue le patriotisme alimentaire prôné par le gouvernement, elle appelle à ne pas oublier la qualité et la manière dont on produit.
L'association veut croire que le poids de l'industrie agro-alimentaire dans les décisions publiques "n'est pas une fatalité" et rappelle que le choix de privilégier tel ou tel producteur dépend directement des politiques locales. "Le renouvellement massif des élus municipaux à l'occasion des élections de mars prochain constitue à cet égard un moment démocratique majeur et une opportunité pour transformer nos systèmes alimentaires", plaide le mouvement citoyen."
https://www.franceinfo.fr/economie/empl ... 10103.html