Arrestation d’Ukrainiens en Hongrie : les sept employés de banque libérés, Kyiv déconseille tout voyage dans le pays
Posté : 07 mars 2026 05:57
Orban serait pro Russe ?...Ben ça alors !...
Les tensions entre la Hongrie et l’Ukraine au sujet de la reprise des livraisons de pétrole russe ont pris une nouvelle dimension ce vendredi 6 mars, Zelensky déconseillant à ses citoyens de se rendre dans le pays voisin.
Les employés d’une banque ukrainiennes qui avaient été arrêtés par les autorités hongroises ont été libérés et sont rentrés en Ukraine, a annoncé ce vendredi 6 mars le ministre ukrainien des Affaires étrangères. «Nous avons pu obtenir la libération de sept ressortissants ukrainiens qui étaient détenus à Budapest. Ils sont désormais en sécurité et ont déjà franchi la frontière ukrainienne», a écrit le ministre Andriï Sybiga sur X.
Après ces arrestations, le gouvernement ukrainien avait recommandé dans la journée à ses citoyens «de s’abstenir» de se rendre dans le pays voisin, «étant donné l’impossibilité de garantir leur sécurité sur fond d’agissements arbitraires des autorités hongroises». Dans l’après-midi, Kyiv avait convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de Hongrie, dénoncé «des actes illégaux» et «exigé un accès consulaire immédiat aux citoyens ukrainiens détenus illégalement et leur libération rapide, ainsi que la restitution des biens de l’État».
Contexte de tensions
Auparavant, les autorités fiscales hongroises venaient de confirmer l’ouverture d’une enquête pour blanchiment d’argent contre sept Ukrainiens, dont un ancien général des services secrets et un ancien major de l’armée. «Il est tout à fait naturel de se demander s’il ne pourrait pas s’agir en réalité de l’argent de la mafia de guerre ukrainienne», a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjartó, à l’agence MTI, évoquant un total de «900 millions de dollars et 420 millions d’euros» qui auraient été transportés «en liquide» à travers la Hongrie, ainsi que «146 kilos de lingots d’or». La Hongrie a annoncé ce vendredi l’expulsion prochaine de ces sept Ukrainiens .
Dans un contexte de tensions au sujet de la reprise des livraisons de pétrole russe, cette arrestation a été qualifiée de «prise d’otages» par l’Ukraine, ce que Viktor Orbán, le Premier ministre nationaliste hongrois, a assumée, lors d’un entretien à la radio hongroise. «Nous arrêterons de laisser transiter par la Hongrie des choses importantes pour l’Ukraine, jusqu’à ce que nous recevions l’approbation de l’Ukraine pour les livraisons de pétrole», a-t-il dit.
«Il y a certains principes qui n’ont pas de prix»
Si la Hongrie est membre de l’Union européenne et de l’Otan, elle a renforcé ses liens avec Moscou depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et les relations entre la Hongrie et l’Ukraine sont exécrables depuis plusieurs années. Mais elles se détériorent rapidement, alors que Viktor Orbán est à la peine dans la campagne pour sa réélection.
Le Premier ministre hongrois dit notamment vouloir défendre la minorité hongroise en Ukraine et a obtenu cette semaine de Vladimir Poutine la libération de soldats ukraino-hongrois, ce que Kyiv qualifie de manipulation «cynique» des prisonniers de guerre.
Le dirigeant hongrois accuse en retour le président ukrainien Volodymyr Zelensky d’user d’arguments fallacieux pour retarder la reprise des livraisons de pétrole russe par l’oléoduc Droujba, dont la portion qui traverse l’Ukraine a été endommagée par une frappe russe en janvier. Jeudi, Zelensky a assumé sans ambiguïté de bloquer ce transit pour des raisons politiques. «Pour être honnête, je ne le rétablirai pas. C’est ma position», a-t-il déclaré lors d’une réunion avec des responsables gouvernementaux.
«Je l’ai dit à la direction de l’Union européenne. Parce que c’est du pétrole russe. Il y a certains principes qui n’ont pas de prix. Ils sont en train de nous tuer, et nous, nous serions censés fournir du pétrole à Orbán parce que le pauvre Orbán ne peut pas gagner les élections sans ce pétrole», a-t-il expliqué.
«Nous ne devons pas nous y plier»
En représailles, Budapest bloque le prêt de l’UE de 90 milliards d’euros à l’Ukraine et l’adoption d’un nouveau paquet de sanctions contre la Russie. Sur ce sujet, Volodymyr Zelensky s’est montré menaçant jeudi. «Nous espérons qu’une seule personne au sein de l’UE ne bloquera pas les 90 milliards. Sinon, nous donnerons l’adresse de cette personne à nos Forces armées, à nos gars. Qu’ils l’appellent et qu’ils lui parlent dans leur propre langage», a-t-il lancé. Une déclaration condamnée par le gouvernement hongrois comme par l’opposition du pays, d’ordinaire mieux disposée envers Kyiv. Ce vendredi, un porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill, a répondu que «ce type de langage» était «inacceptable». «Il ne doit y avoir aucune menace à l’encontre des Etats membres de l’UE», a-t-il ajouté.
Viktor Orbán a martelé pour sa part qu’il ne céderait pas aux exigences de Kyiv. «Pas même s’ils me font chanter, pas même s’ils menacent ma vie, car au fond, il ne s’agit pas vraiment de moi. Je suis convaincu que nous ne devons pas nous y plier, parce que ce serait mauvais pour le pays», a-t-il dit.
Cette crise est exacerbée par les hausses récentes des cours du pétrole et du gaz, constatées depuis le début des frappes israélo-américaines en Iran. Les prix élevés de l’énergie sont un point noir pour l’économie hongroise, déjà atone, alors que les sondages sont mauvais pour M. Orban après seize ans de pouvoir.
Mise à jour à 21h16 : ajout de la libération des Ukrainiens.
https://www.liberation.fr/international ... PD7Q2LTT4/
Les tensions entre la Hongrie et l’Ukraine au sujet de la reprise des livraisons de pétrole russe ont pris une nouvelle dimension ce vendredi 6 mars, Zelensky déconseillant à ses citoyens de se rendre dans le pays voisin.
Les employés d’une banque ukrainiennes qui avaient été arrêtés par les autorités hongroises ont été libérés et sont rentrés en Ukraine, a annoncé ce vendredi 6 mars le ministre ukrainien des Affaires étrangères. «Nous avons pu obtenir la libération de sept ressortissants ukrainiens qui étaient détenus à Budapest. Ils sont désormais en sécurité et ont déjà franchi la frontière ukrainienne», a écrit le ministre Andriï Sybiga sur X.
Après ces arrestations, le gouvernement ukrainien avait recommandé dans la journée à ses citoyens «de s’abstenir» de se rendre dans le pays voisin, «étant donné l’impossibilité de garantir leur sécurité sur fond d’agissements arbitraires des autorités hongroises». Dans l’après-midi, Kyiv avait convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de Hongrie, dénoncé «des actes illégaux» et «exigé un accès consulaire immédiat aux citoyens ukrainiens détenus illégalement et leur libération rapide, ainsi que la restitution des biens de l’État».
Contexte de tensions
Auparavant, les autorités fiscales hongroises venaient de confirmer l’ouverture d’une enquête pour blanchiment d’argent contre sept Ukrainiens, dont un ancien général des services secrets et un ancien major de l’armée. «Il est tout à fait naturel de se demander s’il ne pourrait pas s’agir en réalité de l’argent de la mafia de guerre ukrainienne», a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjartó, à l’agence MTI, évoquant un total de «900 millions de dollars et 420 millions d’euros» qui auraient été transportés «en liquide» à travers la Hongrie, ainsi que «146 kilos de lingots d’or». La Hongrie a annoncé ce vendredi l’expulsion prochaine de ces sept Ukrainiens .
Dans un contexte de tensions au sujet de la reprise des livraisons de pétrole russe, cette arrestation a été qualifiée de «prise d’otages» par l’Ukraine, ce que Viktor Orbán, le Premier ministre nationaliste hongrois, a assumée, lors d’un entretien à la radio hongroise. «Nous arrêterons de laisser transiter par la Hongrie des choses importantes pour l’Ukraine, jusqu’à ce que nous recevions l’approbation de l’Ukraine pour les livraisons de pétrole», a-t-il dit.
«Il y a certains principes qui n’ont pas de prix»
Si la Hongrie est membre de l’Union européenne et de l’Otan, elle a renforcé ses liens avec Moscou depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et les relations entre la Hongrie et l’Ukraine sont exécrables depuis plusieurs années. Mais elles se détériorent rapidement, alors que Viktor Orbán est à la peine dans la campagne pour sa réélection.
Le Premier ministre hongrois dit notamment vouloir défendre la minorité hongroise en Ukraine et a obtenu cette semaine de Vladimir Poutine la libération de soldats ukraino-hongrois, ce que Kyiv qualifie de manipulation «cynique» des prisonniers de guerre.
Le dirigeant hongrois accuse en retour le président ukrainien Volodymyr Zelensky d’user d’arguments fallacieux pour retarder la reprise des livraisons de pétrole russe par l’oléoduc Droujba, dont la portion qui traverse l’Ukraine a été endommagée par une frappe russe en janvier. Jeudi, Zelensky a assumé sans ambiguïté de bloquer ce transit pour des raisons politiques. «Pour être honnête, je ne le rétablirai pas. C’est ma position», a-t-il déclaré lors d’une réunion avec des responsables gouvernementaux.
«Je l’ai dit à la direction de l’Union européenne. Parce que c’est du pétrole russe. Il y a certains principes qui n’ont pas de prix. Ils sont en train de nous tuer, et nous, nous serions censés fournir du pétrole à Orbán parce que le pauvre Orbán ne peut pas gagner les élections sans ce pétrole», a-t-il expliqué.
«Nous ne devons pas nous y plier»
En représailles, Budapest bloque le prêt de l’UE de 90 milliards d’euros à l’Ukraine et l’adoption d’un nouveau paquet de sanctions contre la Russie. Sur ce sujet, Volodymyr Zelensky s’est montré menaçant jeudi. «Nous espérons qu’une seule personne au sein de l’UE ne bloquera pas les 90 milliards. Sinon, nous donnerons l’adresse de cette personne à nos Forces armées, à nos gars. Qu’ils l’appellent et qu’ils lui parlent dans leur propre langage», a-t-il lancé. Une déclaration condamnée par le gouvernement hongrois comme par l’opposition du pays, d’ordinaire mieux disposée envers Kyiv. Ce vendredi, un porte-parole de la Commission européenne, Olof Gill, a répondu que «ce type de langage» était «inacceptable». «Il ne doit y avoir aucune menace à l’encontre des Etats membres de l’UE», a-t-il ajouté.
Viktor Orbán a martelé pour sa part qu’il ne céderait pas aux exigences de Kyiv. «Pas même s’ils me font chanter, pas même s’ils menacent ma vie, car au fond, il ne s’agit pas vraiment de moi. Je suis convaincu que nous ne devons pas nous y plier, parce que ce serait mauvais pour le pays», a-t-il dit.
Cette crise est exacerbée par les hausses récentes des cours du pétrole et du gaz, constatées depuis le début des frappes israélo-américaines en Iran. Les prix élevés de l’énergie sont un point noir pour l’économie hongroise, déjà atone, alors que les sondages sont mauvais pour M. Orban après seize ans de pouvoir.
Mise à jour à 21h16 : ajout de la libération des Ukrainiens.
https://www.liberation.fr/international ... PD7Q2LTT4/