Taïwan: plusieurs facteurs laissent craindre une attaque chinoise dès 2026
Posté : 10 mars 2026 11:36
"Dans les prochains mois, une combinaison de facteurs politiques, militaires et stratégiques pourrait drastiquement modifier l'équilibre fragile autour de Taïwan. Entre les calculs de Pékin, les incertitudes de la politique américaine et l'évolution des conflits ailleurs dans le monde, certains analystes redoutent l'apparition d'une "tempête".
lors que le monde a les yeux rivés vers le Moyen-Orient, de nouvelles tensions apparaissent du côté du Pacifique. En 2021, avant de quitter son poste de chef du commandement américain pour l'Indo-Pacifique, l'amiral Philip Davidson avait averti le Congrès américain que, selon ses informations, la Chine pourrait attaquer Taïwan avant 2027. Pékin pourrait décider d'envahir l'île "durant cette décennie, peut-être même dans les six prochaines années", avait-il expliqué. Sa mise en garde, prise très au sérieux au point d'être surnommée par d'autres experts la "fenêtre Davidson", a poussé les États-Unis à renforcer leur dissuasion militaire dans cette zone et à multiplier les soutiens divers à l'égard de Taïwan.
Des années ont passé depuis l'ouverture de la "fenêtre Davidson" et certains analystes doutent désormais de cette échéance, affirmant que l'armée chinoise ne serait en réalité pas encore prête pour une telle opération.
Plus une priorité ?
Les sceptiques rappellent qu'une attaque de l'île imposerait aux assaillants un débarquement amphibie suivi d'un assaut au sol qui s'annonce dans tous les cas complexe sur ce territoire aux deux tiers montagneux. En outre, le moment ne paraît pas bien choisi pour certains observateurs, expliquent-ils au magazine américain Foreign Affairs. Fin janvier, l'armée de l'Empire du Milieu a été secouée par des purges internes, ayant conduit à la destitution de nombreux généraux de haut rang. Il y a aussi la guerre menée en Ukraine par sa fidèle alliée, la Russie. Ses coûts militaires et économiques comme ses conséquences internationales continuent eux aussi de servir d'avertissement. Ceux qui ne croient pas à une offensive assurent que Taipei n'est plus à l'ordre du jour pour Xi Jinping.
Pourtant, au cours de l'année 2025, Pékin a répété que sa "réunification" avec Taïwan était inévitable et indiscutable. Les spécialistes méfiants arguent que le pays a toujours tenu ce même discours d'intimidation, mais n'est jamais passé à l'acte. D'autres sont convaincus que la Chine prépare réellement une action pour les prochains mois.
Une année symbolique pour Xi Jinping
L'échéance de 2027 n'en serait pas moins symbolique pour Xi Jinping. Cette année-là sera celle du prochain congrès du Parti communiste, un événement politique où l'Armée populaire de libération effectue une véritable démonstration de force, pour impressionner et dissuader les autres puissances. Elle correspondra aussi à la fin de son troisième mandat, et au fur et à mesure d'une éventuelle transmission de ses fonctions. Le chef d'État a toujours clamé vouloir faire de la "réunification" le cœur de son héritage politique. Il pourrait bien être tenté de concrétiser son vœu le plus cher.
L'actualité pourrait lui offrir cette occasion en or. Des experts pékinois estiment que Donald Trump est actuellement peu disposé à défendre l'île asiatique, après avoir envoyé nombre de ses forces autour de l'Iran, tout en continuant à fournir une aide à l'Ukraine. Il est peu probable de voir à l'avenir "un président américain plus indifférent envers Taïwan", jugent-ils. Ouvrir un troisième front serait risqué. Par ailleurs, le président taïwanais Lai Ching-te essuie une lourde baisse de popularité sur son propre territoire, qui pourrait profiter à son ennemi.
Pour l'heure, aucun signe clair de mobilisation militaire n'indique une invasion proche, mais le vent peut vite tourner. Pour Foreign Affairs, cette combinaison de facteurs pourrait former une véritable "tempête parfaite" qui inciterait Pékin à agir à la moindre provocation ou opportunité."
https://www.geo.fr/geopolitique/taiwan- ... 026-231206
lors que le monde a les yeux rivés vers le Moyen-Orient, de nouvelles tensions apparaissent du côté du Pacifique. En 2021, avant de quitter son poste de chef du commandement américain pour l'Indo-Pacifique, l'amiral Philip Davidson avait averti le Congrès américain que, selon ses informations, la Chine pourrait attaquer Taïwan avant 2027. Pékin pourrait décider d'envahir l'île "durant cette décennie, peut-être même dans les six prochaines années", avait-il expliqué. Sa mise en garde, prise très au sérieux au point d'être surnommée par d'autres experts la "fenêtre Davidson", a poussé les États-Unis à renforcer leur dissuasion militaire dans cette zone et à multiplier les soutiens divers à l'égard de Taïwan.
Des années ont passé depuis l'ouverture de la "fenêtre Davidson" et certains analystes doutent désormais de cette échéance, affirmant que l'armée chinoise ne serait en réalité pas encore prête pour une telle opération.
Plus une priorité ?
Les sceptiques rappellent qu'une attaque de l'île imposerait aux assaillants un débarquement amphibie suivi d'un assaut au sol qui s'annonce dans tous les cas complexe sur ce territoire aux deux tiers montagneux. En outre, le moment ne paraît pas bien choisi pour certains observateurs, expliquent-ils au magazine américain Foreign Affairs. Fin janvier, l'armée de l'Empire du Milieu a été secouée par des purges internes, ayant conduit à la destitution de nombreux généraux de haut rang. Il y a aussi la guerre menée en Ukraine par sa fidèle alliée, la Russie. Ses coûts militaires et économiques comme ses conséquences internationales continuent eux aussi de servir d'avertissement. Ceux qui ne croient pas à une offensive assurent que Taipei n'est plus à l'ordre du jour pour Xi Jinping.
Pourtant, au cours de l'année 2025, Pékin a répété que sa "réunification" avec Taïwan était inévitable et indiscutable. Les spécialistes méfiants arguent que le pays a toujours tenu ce même discours d'intimidation, mais n'est jamais passé à l'acte. D'autres sont convaincus que la Chine prépare réellement une action pour les prochains mois.
Une année symbolique pour Xi Jinping
L'échéance de 2027 n'en serait pas moins symbolique pour Xi Jinping. Cette année-là sera celle du prochain congrès du Parti communiste, un événement politique où l'Armée populaire de libération effectue une véritable démonstration de force, pour impressionner et dissuader les autres puissances. Elle correspondra aussi à la fin de son troisième mandat, et au fur et à mesure d'une éventuelle transmission de ses fonctions. Le chef d'État a toujours clamé vouloir faire de la "réunification" le cœur de son héritage politique. Il pourrait bien être tenté de concrétiser son vœu le plus cher.
L'actualité pourrait lui offrir cette occasion en or. Des experts pékinois estiment que Donald Trump est actuellement peu disposé à défendre l'île asiatique, après avoir envoyé nombre de ses forces autour de l'Iran, tout en continuant à fournir une aide à l'Ukraine. Il est peu probable de voir à l'avenir "un président américain plus indifférent envers Taïwan", jugent-ils. Ouvrir un troisième front serait risqué. Par ailleurs, le président taïwanais Lai Ching-te essuie une lourde baisse de popularité sur son propre territoire, qui pourrait profiter à son ennemi.
Pour l'heure, aucun signe clair de mobilisation militaire n'indique une invasion proche, mais le vent peut vite tourner. Pour Foreign Affairs, cette combinaison de facteurs pourrait former une véritable "tempête parfaite" qui inciterait Pékin à agir à la moindre provocation ou opportunité."
https://www.geo.fr/geopolitique/taiwan- ... 026-231206