dans le «New York Times», Pierre-Edouard Stérin en roue libre
Posté : 24 mars 2026 06:56
Surtout qu'il reste où il "hait".
«Je suis encore plus à droite que l’extrême droite sur l’immigration»
Pour un long portrait, le quotidien américain a rencontré le milliardaire d’extrême droite, exilé fiscal en Belgique, qui rêve tout haut d’une France catholique, xénophobe et ultralibérale.
Il n’est sur aucun bulletin de vote ce dimanche mais Pierre-Edouard Stérin s’imagine comme l’un des acteurs les plus influents de ces élections municipales en France. Ce dimanche, alors qu’une bonne partie du pays vote pour le second tour des municipales, le New York Times consacre un long portrait au milliardaire de 52 ans. Ce dernier y affirme avoir financé la «formation» d’au moins 4 000 candidats maires à travers une école dénommée Politicae, directement financée par son projet Périclès – son tremplin pour les idées d’extrême droite.
Pour cet article, la journaliste du quotidien américain Catherine Porter a rencontré Pierre-Edouard Stérin dans son chalet des Alpes françaises. D’ordinaire plutôt discret avec les médias, le milliardaire – Challenges estime sa fortune à 1,6 milliard d’euros – y livre quelques clés sur sa vision du monde et ses intentions politiques, particulièrement marquées par un catholicisme dévot, une xénophobie décomplexée et un capitalisme jusqu’au-boutiste.
«Je suis encore plus à droite que l’extrême droite sur l’immigration», y affirme-t-il, par exemple, tout en jugeant trop «étatiste» le programme économique du Rassemblement national. Entre autres considérations, Pierre-Edouard Stérin semble aussi reprendre à son compte la théorie conspirationniste du «grand remplacement». Disant ne pas être gêné par le port occasionnel du voile islamique, il plaide quand même pour interdire davantage de pratiques musulmanes dans l’espace public, après avoir aperçu «de nombreux hijabs en conduisant dans les banlieues pauvres de Paris», précise le New York Times. «Si nous ne faisons pas ça, la France deviendra dans cinquante ans la première république islamique d’Europe, ou la deuxième après la Belgique», professe Stérin, qui «ne veut pas que [son] pays devienne une république islamique».
Ultralibéral économiquement, le milliardaire ne se cache pas non plus quand il rêve tout haut d’un gouvernement qui taillerait profondément dans les impôts, abattrait l’Etat-providence, privatiserait l’éducation et la santé, et couperait les subventions à la culture. Le fervent catholique voudrait aussi que l’avortement soit interdit. Et comme il finance des projets chrétiens, il espère, ni plus ni moins, pouvoir être un jour canonisé.
En attendant l’avènement de ce monde merveilleux, l’homme qui a quitté la France pour la Belgique afin d’éviter le fisc se pose volontiers en sauveur d’une patrie où il ne remettra pas les pieds de sitôt : «Je reviendrai en France quand je sentirai que c’est le bon endroit pour vivre. Entretemps, je rêve plus de déménager aux Etats-Unis.» Et pas n’importe lesquels, ceux de Donald Trump.
https://www.liberation.fr/politique/je- ... DQHXTXYX4/
«Je suis encore plus à droite que l’extrême droite sur l’immigration»
Pour un long portrait, le quotidien américain a rencontré le milliardaire d’extrême droite, exilé fiscal en Belgique, qui rêve tout haut d’une France catholique, xénophobe et ultralibérale.
Il n’est sur aucun bulletin de vote ce dimanche mais Pierre-Edouard Stérin s’imagine comme l’un des acteurs les plus influents de ces élections municipales en France. Ce dimanche, alors qu’une bonne partie du pays vote pour le second tour des municipales, le New York Times consacre un long portrait au milliardaire de 52 ans. Ce dernier y affirme avoir financé la «formation» d’au moins 4 000 candidats maires à travers une école dénommée Politicae, directement financée par son projet Périclès – son tremplin pour les idées d’extrême droite.
Pour cet article, la journaliste du quotidien américain Catherine Porter a rencontré Pierre-Edouard Stérin dans son chalet des Alpes françaises. D’ordinaire plutôt discret avec les médias, le milliardaire – Challenges estime sa fortune à 1,6 milliard d’euros – y livre quelques clés sur sa vision du monde et ses intentions politiques, particulièrement marquées par un catholicisme dévot, une xénophobie décomplexée et un capitalisme jusqu’au-boutiste.
«Je suis encore plus à droite que l’extrême droite sur l’immigration», y affirme-t-il, par exemple, tout en jugeant trop «étatiste» le programme économique du Rassemblement national. Entre autres considérations, Pierre-Edouard Stérin semble aussi reprendre à son compte la théorie conspirationniste du «grand remplacement». Disant ne pas être gêné par le port occasionnel du voile islamique, il plaide quand même pour interdire davantage de pratiques musulmanes dans l’espace public, après avoir aperçu «de nombreux hijabs en conduisant dans les banlieues pauvres de Paris», précise le New York Times. «Si nous ne faisons pas ça, la France deviendra dans cinquante ans la première république islamique d’Europe, ou la deuxième après la Belgique», professe Stérin, qui «ne veut pas que [son] pays devienne une république islamique».
Ultralibéral économiquement, le milliardaire ne se cache pas non plus quand il rêve tout haut d’un gouvernement qui taillerait profondément dans les impôts, abattrait l’Etat-providence, privatiserait l’éducation et la santé, et couperait les subventions à la culture. Le fervent catholique voudrait aussi que l’avortement soit interdit. Et comme il finance des projets chrétiens, il espère, ni plus ni moins, pouvoir être un jour canonisé.
En attendant l’avènement de ce monde merveilleux, l’homme qui a quitté la France pour la Belgique afin d’éviter le fisc se pose volontiers en sauveur d’une patrie où il ne remettra pas les pieds de sitôt : «Je reviendrai en France quand je sentirai que c’est le bon endroit pour vivre. Entretemps, je rêve plus de déménager aux Etats-Unis.» Et pas n’importe lesquels, ceux de Donald Trump.
https://www.liberation.fr/politique/je- ... DQHXTXYX4/