nouvelle démonstration de force de l'Amérique anti-Trump lors du troisième «No Kings Day»
Posté : 29 mars 2026 06:33
Qui sème ...
Selon le collectif à l'origine de la mobilisation, au moins huit millions de personnes se sont rassemblées dans plus de 3 300 cortèges partout dans le pays pour protester contre la politique et les méthodes de Donald Trump assimilé à un monarque voulant accaparer tous les pouvoirs, ce samedi 28 mars.
« Pas de roi, pas de voyous, pas de guerre » : tel est le slogan que l'on a pu lire sur de nombreuses pancartes, ce samedi 28 mars, un peu partout aux États-Unis où, pour la troisième fois en moins d'un an, des millions de personnes sont descendues dans les rues du pays pour manifester contre Donald Trump, sa politique anti-immigration et sa guerre contre l'Iran.
Organisateur de cette nouvelle journée de mobilisation, le mouvement « No Kings » (« Pas de rois », en français), qui s'est affirmé comme le plus important fédérateur de contestation depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche, a revendiqué une affluence record avec au moins huit millions de protestataires dans plus de 3 300 cortèges. Cela correspond à une augmentation estimée à un million de participants et 600 cortèges supplémentaires par rapport à la journée précédente, en octobre dernier. Les autorités américaines ne fournissent quant à elles aucun chiffre officiel.
De Boston à Los Angeles en passant par Washington, Miami ou Chicago, des participants ont défilé avec des pancartes arborant messages anti-guerre et symboles de paix, après un mois de conflit au Moyen-Orient et à l'approche des élections de mi-mandat, en novembre prochain.
« J’aimerais presque m’excuser auprès du reste du monde…»
Casquette de vétéran de l’armée vissée sur la tête, Terry, lui, a manifesté à Suwanee, dans l'État de Géorgie. Considérant la guerre menée en Iran comme une répétition des erreurs commises avec l’invasion de l’Irak, il estime qu'il s'agit de la cerise sur le gâteau de toutes les politiques menées par Donald Trump. « J’aimerais presque m’excuser auprès du reste du monde… déclare-t-il depuis le cortège de manifestants à notre correspondant à Atlanta, Edward Maille. Je pense qu'avant tout cela, l’Amérique était vue comme le phare de la démocratie. Mais aujourd'hui, on a failli et j’en ai honte ».
Venue avec ses trois filles, Casey affirme quant à elle que manifester est l’une des seules façons de se faire entendre et de dénoncer les initiatives prises par le président américain. Ce que celle-ci lui reproche le plus ? Sa politique migratoire et les nombreuses arrestations de migrants sur le sol américain, sans aucun doute. « Des gens sont placés dans des camps de concentration... Il faut appeler un chat un chat : des camps de concentration aux États-Unis d’Amérique...! Je suis une vétéran, j’ai prêté serment en jurant que tout ça n’arriverait jamais dans notre pays et pourtant ça arrive. Je suis frustrée et en colère : honnêtement, je bouillonne de rage ! », déclare-t-elle.
Dans les rues de New York, la marche a été ouverte par l'acteur Robert De Niro, farouche critique de Donald Trump. « D'autres présidents ont déjà testé les limites constitutionnelles de leur pouvoir, mais aucun n'a représenté une menace aussi existentielle pour nos libertés et notre sécurité. [...] Il faut l'arrêter », a-t-il notamment exhorté.
La procureure générale de l'État, Laetitia James, mais aussi le pasteur et militant Al Sharpton ont également pris part au défilé aux côtés de dizaines de milliers d'autres personnes qui n'avaient, elles non plus, pas de mots assez durs pour critiquer l'entrée en guerre des États-Unis contre l'Iran ou la police de l'immigration.
« On est tous des immigrés sur cette terre ! »
« On est partis en guerre contre l’Iran et je ne sais même pas pourquoi ! Sans prévenir, sans raison, sans objectifs... c'est juste le chaos ! », a ainsi confié une manifestante à notre correspondante sur place, Loubna Anaki. « Déporter tous les migrants sans respecter les procédures légales, ce n’est pas ça l’Amérique ! L’Amérique a été construite par les immigrés : on est tous des immigrés sur cette terre ! », lui a lancé un autre tandis qu'une troisième a déclaré ne pas pouvoir rester les bras croisé face à la situation actuelle de son pays malgré son âge : « J’ai 88 ans, mais je ne peux pas rester sans rien faire : on perd un peu plus nos droits chaque jour ».
À Minneapolis et à St Paul enfin, les villes jumelles du Minnesota choisies comme point névralgique de cette nouvelle mobilisation après avoir été en début d'année l'épicentre de l'offensive anti-immigration du gouvernement américain, 200 000 personnes ont manifesté, selon « No Kings ». La légende du rock Bruce Springsteen y a interprété sa chanson Streets of Minneapolis, écrite en hommage aux deux Américains tombés sous les balles d'agents fédéraux lors d'opérations de la police de l'immigration, Renee Good et Alex Pretti.
À la tribune de cette ville démocrate du Midwest, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a remercié la population de s'être opposée à un « dictateur en herbe » comme Donald Trump. « Nous n'accepterons jamais un président qui est un menteur pathologique, un kleptocrate et un narcissique qui sape la Constitution des États-Unis et l'État de droit chaque jour », a pour sa part renchéri Bernie Sanders, ancien candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle.
Pendant ce temps là, Donald Trump, lui, a joué au golf dans son club privé de Floride samedi après-midi.
https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20 ... -kings-day
Selon le collectif à l'origine de la mobilisation, au moins huit millions de personnes se sont rassemblées dans plus de 3 300 cortèges partout dans le pays pour protester contre la politique et les méthodes de Donald Trump assimilé à un monarque voulant accaparer tous les pouvoirs, ce samedi 28 mars.
« Pas de roi, pas de voyous, pas de guerre » : tel est le slogan que l'on a pu lire sur de nombreuses pancartes, ce samedi 28 mars, un peu partout aux États-Unis où, pour la troisième fois en moins d'un an, des millions de personnes sont descendues dans les rues du pays pour manifester contre Donald Trump, sa politique anti-immigration et sa guerre contre l'Iran.
Organisateur de cette nouvelle journée de mobilisation, le mouvement « No Kings » (« Pas de rois », en français), qui s'est affirmé comme le plus important fédérateur de contestation depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche, a revendiqué une affluence record avec au moins huit millions de protestataires dans plus de 3 300 cortèges. Cela correspond à une augmentation estimée à un million de participants et 600 cortèges supplémentaires par rapport à la journée précédente, en octobre dernier. Les autorités américaines ne fournissent quant à elles aucun chiffre officiel.
De Boston à Los Angeles en passant par Washington, Miami ou Chicago, des participants ont défilé avec des pancartes arborant messages anti-guerre et symboles de paix, après un mois de conflit au Moyen-Orient et à l'approche des élections de mi-mandat, en novembre prochain.
« J’aimerais presque m’excuser auprès du reste du monde…»
Casquette de vétéran de l’armée vissée sur la tête, Terry, lui, a manifesté à Suwanee, dans l'État de Géorgie. Considérant la guerre menée en Iran comme une répétition des erreurs commises avec l’invasion de l’Irak, il estime qu'il s'agit de la cerise sur le gâteau de toutes les politiques menées par Donald Trump. « J’aimerais presque m’excuser auprès du reste du monde… déclare-t-il depuis le cortège de manifestants à notre correspondant à Atlanta, Edward Maille. Je pense qu'avant tout cela, l’Amérique était vue comme le phare de la démocratie. Mais aujourd'hui, on a failli et j’en ai honte ».
Venue avec ses trois filles, Casey affirme quant à elle que manifester est l’une des seules façons de se faire entendre et de dénoncer les initiatives prises par le président américain. Ce que celle-ci lui reproche le plus ? Sa politique migratoire et les nombreuses arrestations de migrants sur le sol américain, sans aucun doute. « Des gens sont placés dans des camps de concentration... Il faut appeler un chat un chat : des camps de concentration aux États-Unis d’Amérique...! Je suis une vétéran, j’ai prêté serment en jurant que tout ça n’arriverait jamais dans notre pays et pourtant ça arrive. Je suis frustrée et en colère : honnêtement, je bouillonne de rage ! », déclare-t-elle.
Dans les rues de New York, la marche a été ouverte par l'acteur Robert De Niro, farouche critique de Donald Trump. « D'autres présidents ont déjà testé les limites constitutionnelles de leur pouvoir, mais aucun n'a représenté une menace aussi existentielle pour nos libertés et notre sécurité. [...] Il faut l'arrêter », a-t-il notamment exhorté.
La procureure générale de l'État, Laetitia James, mais aussi le pasteur et militant Al Sharpton ont également pris part au défilé aux côtés de dizaines de milliers d'autres personnes qui n'avaient, elles non plus, pas de mots assez durs pour critiquer l'entrée en guerre des États-Unis contre l'Iran ou la police de l'immigration.
« On est tous des immigrés sur cette terre ! »
« On est partis en guerre contre l’Iran et je ne sais même pas pourquoi ! Sans prévenir, sans raison, sans objectifs... c'est juste le chaos ! », a ainsi confié une manifestante à notre correspondante sur place, Loubna Anaki. « Déporter tous les migrants sans respecter les procédures légales, ce n’est pas ça l’Amérique ! L’Amérique a été construite par les immigrés : on est tous des immigrés sur cette terre ! », lui a lancé un autre tandis qu'une troisième a déclaré ne pas pouvoir rester les bras croisé face à la situation actuelle de son pays malgré son âge : « J’ai 88 ans, mais je ne peux pas rester sans rien faire : on perd un peu plus nos droits chaque jour ».
À Minneapolis et à St Paul enfin, les villes jumelles du Minnesota choisies comme point névralgique de cette nouvelle mobilisation après avoir été en début d'année l'épicentre de l'offensive anti-immigration du gouvernement américain, 200 000 personnes ont manifesté, selon « No Kings ». La légende du rock Bruce Springsteen y a interprété sa chanson Streets of Minneapolis, écrite en hommage aux deux Américains tombés sous les balles d'agents fédéraux lors d'opérations de la police de l'immigration, Renee Good et Alex Pretti.
À la tribune de cette ville démocrate du Midwest, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a remercié la population de s'être opposée à un « dictateur en herbe » comme Donald Trump. « Nous n'accepterons jamais un président qui est un menteur pathologique, un kleptocrate et un narcissique qui sape la Constitution des États-Unis et l'État de droit chaque jour », a pour sa part renchéri Bernie Sanders, ancien candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle.
Pendant ce temps là, Donald Trump, lui, a joué au golf dans son club privé de Floride samedi après-midi.
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