Ne respire plus si tu veux vivre! L'air nous empoisonne, l'air de rien.
Posté : 30 mars 2026 16:31
On est cuits! En plus d'un tas de saloperies de particules fines, v'là t'il pas qu' ATMO FRANCE vient de publier une première carte des jolies particules issues du génie de la biochimie au service de la FNSEA, de la CR et leurs bonnets jaunes qui rentrent dans nos poumons quand on promène bébé dans sa poussette pour un "bol d'air"

D'un autre côté, pas besoin de faire un jogging à Hénin-Beaumont avec Steeve à côté d'un champ de patates, suffit de les manger
https://www.lemonde.fr/planete/article/ ... _3244.html
Pesticides : une première carte pour connaître les molécules que respirent les Français
Des herbicides, insecticides et fongicides sont présents dans l’air sur l’ensemble du territoire, y compris en zone urbaine, selon les mesures publiées par Atmo France, qui fédère les associations de surveillance de la qualité de l’air.
Par Stéphane Mandard
Aujourd’hui à 08h00, modifié à 14h38
Une manifestation pour défendre l’agriculture, l’environnement et la santé et contre la loi Duplomb, à Paris, le 11 février 2026. BENOIT TESSIER/REUTERS
Les pesticides ne contaminent pas seulement l’eau que nous buvons ou les aliments que nous mangeons. Ils polluent aussi l’air que nous respirons. Egalement problématique pour la santé, cette voie d’exposition est moins connue du grand public. Pour combler cette lacune, Atmo France, qui fédère les associations de surveillance de la qualité de l’air, publie la première carte de France des pesticides dans l’air. « Notre objectif est de fournir une information partagée, objectivée et compréhensible pour nourrir le débat public, éclairer les décisions et renforcer la vigilance collective face à la présence des pesticides dans l’air », explique Catherine Hervieu, la présidente d’Atmo France.
Les premiers résultats montrent que des pesticides (herbicides, insecticides, fongicides) sont présents dans l’air sur l’ensemble du territoire, y compris en zones urbaines. Parmi les 75 substances actives recherchées au niveau national depuis 2021, environ un tiers sont détectées et une sur huit est quantifiée, avec des niveaux qui varient selon les régions et les périodes de traitement.
Contrairement à l’eau et aux aliments, il n’existe pas de valeurs réglementaires à ne pas dépasser dans l’air pour les pesticides. « Mêmes à de très faibles concentrations, ces substances peuvent contribuer à une exposition diffuse et répétée, alimentant les inquiétudes de la population quant à leurs effets potentiels pour la santé », précise Emmanuelle Drab-Sommesous, référente pesticides à Atmo France. Aussi, si les données mises à disposition par l’organisme ne constituent pas une évaluation sanitaire, elles fournissent un « outil de repérage » pour suivre les concentrations en pesticides dans l’air en France métropolitaine et outre-mer.
« Outil de repérage »
A partir des mesures effectuées en 2022 et 2023 (deux ans ont été nécessaires pour consolider les données) sur 18 sites de surveillance répartis sur le territoire et représentatifs d’une variété de cultures (grandes cultures, vignes, maraîchage, vergers-arboriculure), Atmo France a constitué des moyennes nationales par substance, permettant de visualiser ce qu’Emmanuelle Drab-Sommesous nomme des situations pouvant être « de vigilance ».
Cet « outil de repérage » prend la forme d’une jauge qui compare, substance par substance, si un territoire est plus ou moins exposé que la moyenne nationale (calculée à partir de sites dits « de fonds », c’est-à-dire hors de proximité directe de parcelles agricoles) ou par rapport aux valeurs minimales et maximales observées sur une année. A titre d’exemple, le site de mesure situé à Villefranche-sur-Saône (Rhône) révèle des concentrations près de six fois supérieures à la moyenne nationale pour le fluopyram, un fongicide appartenant à la famille des PFAS, ou jusqu’à 29 fois pour la spiroxamine, un fongicide utilisé sur les vignes et soupçonné d’être toxique pour la reproduction.
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Le site de mesure situé près d’Angoulême (Charente) indique, lui, des concentrations en folpel plus de huit fois supérieures à la moyenne nationale. Utilisé massivement contre le mildiou, le « fongicide de la vigne » est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique probable par l’Organisation mondiale de la santé. Il est également retrouvé à des quantités deux fois supérieures à la moyenne sur le site de mesure installé à Bordeaux, confirmant un « transfert des molécules par l’air depuis les surfaces agricoles vers les zones urbaines ».
Persistance dans l’environnement
Le pesticide retrouvé avec les concentrations les plus élevées est le prosulfocarbe. Deuxième pesticide de synthèse le plus vendu en France, cet herbicide est massivement utilisé sur de grandes surfaces de cultures de céréales et les pommes de terre. Très volatil, il peut retomber jusqu’à plusieurs kilomètres du champ où il est épandu. Le prosulfocarbe est la seule substance active pour laquelle la moyenne annuelle dépasse 1 nanogramme par mètre cube. Elle atteint 10,47 ng/m3 sur le site de surveillance de Lille (près de quatre fois la moyenne nationale) où un pic à 72 ng/m3 a été mesuré à l’automne 2022, sur la base d’un prélèvement hebdomadaire effectué en période de traitement.
Parmi les pesticides les plus fréquemment identifiés, on retrouve sans surprise le très controversé glyphosate mais à des niveaux « très faibles » (inférieurs à 0,1 ng/m³) en raison de sa faible volatilité, ou encore le S-métolachlore, cancérogène probable interdit depuis avril 2024 et longtemps utilisé sur le maïs. Plus étonnant, en revanche, des molécules interdites depuis plusieurs années comme le chlorpyriphos-méthyl (neurotoxique) sont toujours détectées dans l’air du fait de leur grande persistance dans l’environnement. Ainsi du lindane, quantifié dans plus de 60 % des prélèvements. Classé cancérogène pour l’homme, cet insecticide est interdit en agriculture depuis 1998 (et dans les préparations antipoux ou antipuces depuis 2006). A la différence d’autres pesticides dont on retrouve des pics de concentration en fonction des types de culture et des périodes d’épandage, le lindane est identifié dans la plupart des régions.
Atmo France souhaiterait élargir la collecte de données à d’autres sites pour affiner la précision de cette première cartographie des pesticides dans l’air en France. Mais la fédération se heurte à un obstacle de taille : « Certaines collectivités proches de zones agricoles refusent que l’on fasse des mesures », regrette Emmanuelle Drab-Sommesous.
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