«Ce serait une ruine pour la France» : Pascal Demurger, directeur général de la Maif, demande aux patrons français...
Posté : 15 avril 2026 06:06
...de résister au RN
En tant que directeur général de la compagnie d’assurance, il alerte les dirigeants économiques sur leur rapprochement avec le RN, ce qu’il considère comme «une erreur tactique autant qu’une illusion politique».
Dans une tribune publiée dans le Monde dimanche, puis lors d’une interview sur France Inter ce lundi matin, Pascal Demurger, directeur général de l’assureur mutualiste Maif, et coprésident du mouvement patronal Impact France, invite les «dirigeants économiques» du pays à ne pas accepter les invitations du Rassemblement national (RN). La semaine dernière encore, Marine Le Pen dînait avec une quinzaine de dirigeants de plusieurs grandes entreprises françaises, dont Bernard Arnault (LVMH), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), ou encore Sébastien Bazin (Accor). Jordan Bardella déjeunera la semaine prochaine avec le Medef, apprend-on également ce matin sur Inter.
«On a tous reçu des sollicitations du RN depuis deux ans pour rencontrer ses dirigeants. Heureusement, la très grande majorité des patrons a refusé, mais une minorité a accepté, et je pense que c’est une erreur tactique», a asséné Pascal Demurger sur France Inter. Une erreur, selon lui, car, «en faisant cela, les patrons en question font la courte échelle au RN».
Un programme funeste
D’après Pascal Demurger, la présence des chefs d’entreprise à ces dîners n’est pas gage d’adhésion idéologique, comme il l’écrivait dimanche dans les colonnes du Monde : «Ces patrons le font rarement par adhésion aux idées de l’extrême droite, tant ils savent que les proximités internationales douteuses du RN menaceraient notre souveraineté et combien son aspiration est profondément antirépublicaine, incarnée par son projet de réforme constitutionnelle en faveur de la préférence nationale.» Ils savent que «le programme économique [du RN] est funeste», ajoute-t-il. Même s’il est selon lui «flou» : «avec une Marine Le Pen qui est fondamentalement et historiquement étatiste, [et] un Jordan Bardella qui s’est converti très récemment à l’ultralibéralisme». Le résultat : «on a du mal à faire la part entre les deux».
Mais pourquoi les patrons se rendent-ils à ces rendez-vous, alors qu’ils n’adhèrent pas aux idées de l’extrême droite française ? «Beaucoup le font avec le souci de limiter la casse, ou plus cyniquement pour quelques-uns de ménager leurs arrières», pense Pascal Demurger. Et de mettre en garde : «Il est ensuite illusoire de penser pouvoir influer sur une idéologie aussi radicale».
Recherche crédibilité et légitimation
De leur côté, l’intérêt des dirigeants du RN d’accéder au patronat français ne fait pas mystère. Ce dont ils ont «le plus besoin», selon le directeur général de la Maif, c’est de «crédibilité», en raison d’un «programme économique relativement faible», et de «légitimation par le monde des affaires», poursuit-il.
Si le parti lepéniste accède à l’Elysée l’année prochaine, «ce serait une ruine pour la France, ça voudrait dire une explosion des taux d’intérêt et une mise sous tutelle du FMI [Fonds monétaire international, ndlr]», augure Pascal Demurger, avec entre autres une «explosion des dépenses publiques, et l’abaissement de l’âge de départ à la retraite». D’autant que «le Rassemblement national a un programme qui remet en cause fortement un certain nombre de valeurs républicaines auxquelles nous sommes évidemment tous attachés, et en particulier l’Etat de droit», insiste-t-il.
Les chefs d’entreprise qui se soumettent à ces rencontres participeraient donc au «problème», à savoir «qu’on légitime le Rassemblement national, on le banalise d’une certaine manière, on en fait un parti qui devient un parti fréquentable, la preuve, on dîne avec», illustre Pascal Demurger. «Il est nécessaire que les patrons résistent. […] Eux qui sont bien placés pour mesurer le danger de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national», résume Pascal Demurger, qui encourage ses pairs à s’opposer.
https://www.liberation.fr/politique/ce- ... TL6YMGSDQ/
En tant que directeur général de la compagnie d’assurance, il alerte les dirigeants économiques sur leur rapprochement avec le RN, ce qu’il considère comme «une erreur tactique autant qu’une illusion politique».
Dans une tribune publiée dans le Monde dimanche, puis lors d’une interview sur France Inter ce lundi matin, Pascal Demurger, directeur général de l’assureur mutualiste Maif, et coprésident du mouvement patronal Impact France, invite les «dirigeants économiques» du pays à ne pas accepter les invitations du Rassemblement national (RN). La semaine dernière encore, Marine Le Pen dînait avec une quinzaine de dirigeants de plusieurs grandes entreprises françaises, dont Bernard Arnault (LVMH), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), ou encore Sébastien Bazin (Accor). Jordan Bardella déjeunera la semaine prochaine avec le Medef, apprend-on également ce matin sur Inter.
«On a tous reçu des sollicitations du RN depuis deux ans pour rencontrer ses dirigeants. Heureusement, la très grande majorité des patrons a refusé, mais une minorité a accepté, et je pense que c’est une erreur tactique», a asséné Pascal Demurger sur France Inter. Une erreur, selon lui, car, «en faisant cela, les patrons en question font la courte échelle au RN».
Un programme funeste
D’après Pascal Demurger, la présence des chefs d’entreprise à ces dîners n’est pas gage d’adhésion idéologique, comme il l’écrivait dimanche dans les colonnes du Monde : «Ces patrons le font rarement par adhésion aux idées de l’extrême droite, tant ils savent que les proximités internationales douteuses du RN menaceraient notre souveraineté et combien son aspiration est profondément antirépublicaine, incarnée par son projet de réforme constitutionnelle en faveur de la préférence nationale.» Ils savent que «le programme économique [du RN] est funeste», ajoute-t-il. Même s’il est selon lui «flou» : «avec une Marine Le Pen qui est fondamentalement et historiquement étatiste, [et] un Jordan Bardella qui s’est converti très récemment à l’ultralibéralisme». Le résultat : «on a du mal à faire la part entre les deux».
Mais pourquoi les patrons se rendent-ils à ces rendez-vous, alors qu’ils n’adhèrent pas aux idées de l’extrême droite française ? «Beaucoup le font avec le souci de limiter la casse, ou plus cyniquement pour quelques-uns de ménager leurs arrières», pense Pascal Demurger. Et de mettre en garde : «Il est ensuite illusoire de penser pouvoir influer sur une idéologie aussi radicale».
Recherche crédibilité et légitimation
De leur côté, l’intérêt des dirigeants du RN d’accéder au patronat français ne fait pas mystère. Ce dont ils ont «le plus besoin», selon le directeur général de la Maif, c’est de «crédibilité», en raison d’un «programme économique relativement faible», et de «légitimation par le monde des affaires», poursuit-il.
Si le parti lepéniste accède à l’Elysée l’année prochaine, «ce serait une ruine pour la France, ça voudrait dire une explosion des taux d’intérêt et une mise sous tutelle du FMI [Fonds monétaire international, ndlr]», augure Pascal Demurger, avec entre autres une «explosion des dépenses publiques, et l’abaissement de l’âge de départ à la retraite». D’autant que «le Rassemblement national a un programme qui remet en cause fortement un certain nombre de valeurs républicaines auxquelles nous sommes évidemment tous attachés, et en particulier l’Etat de droit», insiste-t-il.
Les chefs d’entreprise qui se soumettent à ces rencontres participeraient donc au «problème», à savoir «qu’on légitime le Rassemblement national, on le banalise d’une certaine manière, on en fait un parti qui devient un parti fréquentable, la preuve, on dîne avec», illustre Pascal Demurger. «Il est nécessaire que les patrons résistent. […] Eux qui sont bien placés pour mesurer le danger de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national», résume Pascal Demurger, qui encourage ses pairs à s’opposer.
https://www.liberation.fr/politique/ce- ... TL6YMGSDQ/